Déjà confrontée à une baisse de la demande intérieure, le Brexit inquiète l’économie viticole argentine.


Immense contrée, l’Argentine n’abrite pas seulement la Terre de Feu ou les étoiles du football qui font rêver petits et grands. Ses vastes pâturages produisent une viande rouge des plus savoureuses. Et comme il n’y a pas mieux qu’un Merlot pour accompagner une bonne côte braisée, le pays de Borges s’est taillé une place dans le peloton des nations viticoles. Ni vinasse, ni piquette, ce vin du Nouveau monde s’inspire de nos nobles cépages pour en tirer des tannins sud-américains.

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Objectif rempli : en une décennie, les exportations de vins argentins ont augmenté de 32% pour connaître son apogée l’année dernière. Même avec l’ancien ennemi britannique, le doux commerce a aplani les tensions. Il y a dix ans déjà, les Malbec argentins envahissaient les étals des supérettes britanniques. Que la perte des îles Malouines (1982) semblait loin !

Sale temps pour le commerce

Depuis, le Brexit a rebattu les cartes. « Sans la Grande-Bretagne, les affaires avec l’Union Européenne ne sont plus les mêmes », s’inquiète José Alberto Zuccardi, du groupe Zuccardi Wines. Pour ne rien arranger, la récession a conduit les Argentins à une certaine sobriété : ils ne boivent plus que 18,9 litres de rouge par tête et par an, contre 26,7 litres dix ans plus tôt. Voilà qui sent clairement le bouchon pour le marché intérieur.

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Alors que faire ? « Brexit ou non, le marché avec la Grande-Bretagne va continuer », assure Patricia Ortiz, présidente de la chambre patronale Bodegas d’Argentine, qui évoque des discussions informelles avec les Anglais.

Si l’idylle venait à tourner vinaigre, l’entrepreneuse a une solution alternative pour écouler des stocks de rouge : signer un accord commercial avec l’Union Européenne similaire à celui qu’a obtenu le Chili en 2002. C’est ce qui s’appelle avoir du nez.

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