Des petits veinards, ces Anglais. Non seulement ils ont droit de dire des trucs énormes sans se faire traiter de fachos, par exemple, qu’ils aiment leur pays, mais en plus, quand ils votent, leurs gouvernants semblent entendre autre chose qu’un brouhaha lointain et, comble de l’excentricité, il leur arrive même, à ces gouvernants, d’essayer de répondre aux aspirations du populo.

Or, le populo, en Angleterre, dit à peu près la même chose qu’en France. Il veut des frontières et il tient à ces petites manies collectives qu’on appelle les mœurs. Donc il n’aime pas l’Europe de Bruxelles, qui considère que tout ce qui est national est coupable, et qui n’a d’autre « rêve » à proposer (ou à imposer) aux peuples européens que de cesser d’être eux-mêmes.

Ainsi, la progression du vote UKIP, le parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, créé en 1993 et dirigé par Nigel Farage, n’a pas échappé à Cameron, même si, avec 27, 5 % des voix lors des européennes de 2014 mais seulement 12 % des suffrages aux élections législatives de 2015, il n’a qu’un seul siège au Parlement. « Attention, l’UKIP, ce n’est pas le FN, me souffle Daoud Boughezala, mais plutôt une sorte de Dupont-Aignan qui a réussi. » De toute façon, bien au-delà de la formation souverainiste, il existe en Grande-Bretagne de multiples nuances d’euroscepticisme dans tous les partis et dans toutes les classes sociales.

Les Britanniques, donc, veulent rester eux-mêmes, ça ne date pas d’hier. Et ils pensent que c’est précisément ce dont l’Europe ne veut pas. À mon humble avis, ils ont raison.

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Elisabeth Lévy
est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.