2020 fut l’année Beethoven. Pourtant, il peut illuminer toute une existence


L’année Beethoven s’achève bientôt, mais celui qui disait « la musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie » soutiendra toujours ceux que sa musique, comme il le souhaitait, touche au cœur.

Une révélation à huit ans

J’avais dans les huit ans. J’étais chez des amis. Ils avaient un électrophone Teppaz près duquel était une grande pochette de disque « 33 tours » sur laquelle figurait un visage puissant, cheveux en tempête, et une vigoureuse signature qui me semblait compliquée à l’extrême. J’avais posé machinalement le saphir sur le disque. Après les quelques secondes de craquements caractéristiques du microsillon, les quatre brefs accords de la Cinquième me cueillirent au plus profond de l’être comme une soudaine révélation.

Il est difficile de décrire ce qu’est une « révélation ». Mais c’est bien de cela qu’il s’agit. Rétrospectivement je pense que, subitement, tout ce qui en moi s’était constitué de trésor de sons, d’images, de sensations et d’interrogations, s’est trouvé comme « précipité », au sens chimique du terme, et révélé, à l’audition de cette bouleversante symphonie.

Une réponse à des questions qu’on ne se posait pas

L’irrésistible progression dynamique de ce premier mouvement m’entraînait comme une vague puissante, toujours plus avant. Je ressentai

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