L’application du confinement en banlieue a été compliquée. Euphémisme… Covid-19 a en effet apporté de nouvelles illustrations de l’inquiétant séparatisme qui gangrène des quartiers. À la prochaine pandémie, faudra-t-il être intraitable avec les territoires perdus de nos villes?


Déjà, il faut rappeler que les habitants de ces quartiers tout à tour appelés difficiles, de reconquête républicaine, séparatistes ou prioritaires pour la politique de la ville, ne sont pas les seuls à mal respecter les contraintes du confinement. Au début de la pandémie, les foules entassées gare Montparnasse ou les familles en goguette dans les parcs avaient bien des profils ! 

Une fois ceci posé…

Mais toutes les situations ne sont pas comparables. Il y a un monde qui sépare le bobo capricieux des bandes attaquant les patrouilles au mortier. Ce n’est pas n’importe où qu’une policière est grièvement blessée à la tête par un jet de pavé. Ce n’est pas n’importe où que les pompiers ont de plus en plus de difficultés pour intervenir à cause des agressions. Ce n’est pas n’importe où que des « jeunes » tendent des embuscades aux médecins et aux ambulances. Même le plus fervent adepte du politiquement correct sait parfaitement de quoi il est question lorsque Laurent Nuñez dit aux préfets « Ce n’est pas une priorité que de faire respecter dans certains quartiers les fermetures de commerces et de faire cesser les rassemblements. »

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Le refus de se plier aux règles communes, dont le confinement n’est qu’un cas particulier, y est endémique, et les prédateurs qui y prospèrent abjects. Voyez les agressions de soignants aux abords de la gare du Nord, au point que l’hôpital Lariboisière a dû embaucher des gardes du corps pour les escorter ! Démission de l’État ! Catastrophique banalité d’une situation qui à elle seule justifierait le limogeage d’un Préfet de Police et d’un ministre de l’Intérieur se résignant à pareil fiasco.

Pas d’amalgame ?

La tentation est grande de considérer que les forces de l’ordre ont mieux à faire en ce moment que de gérer les caprices de « certains quartiers » et de leur imposer le confinement (sans même parler des autres lois). Tout nous pousse à envisager les habitants de ces quartiers comme une catégorie uniforme, à commencer par le discours victimaire qui en fait les victimes identiques et interchangeables d’une société injuste/néo-coloniale/raciste/islamophobe/etc. Avec ces prémisses, cette catégorie est aussi celle, haïssable, des tags à la gloire de Mohammed Merah, des islamistes, des trafics, des violences urbaines, de l’antisémitisme, du sexisme, de la haine anti-France et du racisme anti-Blancs. Dès lors, qu’ils se débrouillent entre eux et autant emmurer les banlieues, en n’oubliant pas les barbelés, les miradors et des mitrailleuses bien chargées….

Choquant ? Ce n’est que l’aboutissement logique de décennies de renoncements. La « tolérance » envers des normes anthropologiques tribales, le laxisme judiciaire et la « culture de l’excuse », sans parler des multiples communautarismes, aboutissent inéluctablement à ce résultat. Des enclaves, dont le reste de la France ne pourra que vouloir se débarrasser une fois qu’il en aura assez d’y déverser les milliards perdus de la politique de la ville. « Séparatisme » disait Emmanuel Macron. Nous y sommes.

Mais la réalité n’est pas aussi caricaturale que le prétendent les adeptes des assignations identitaires, qu’elles soient racialistes ou sociologisantes. Les individus ne sont pas que des excroissances de leurs origines. La culture, l’éducation, l’environnement sont un point de départ ouvrant sur de vastes horizons, non un mur infranchissable. Ceux qui défendent le déterminisme font preuve d’un mépris incroyable envers la volonté humaine, et nient la liberté pour ne pas avoir à affronter la responsabilité. Trop lâches pour regarder en face la réalité du fait que certains choisissent le mal, ils prétendent qu’il n’y a pas de libre-arbitre. Oui il y a des tendances générales, mais nul n’en est irrémédiablement prisonnier, pas plus les habitants de « certains quartiers » que vous ou moi.

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Même dans ces territoires perdus il y a des gens bien. Majoritaires, minoritaires ? « Supprimeras-tu vraiment le juste avec le méchant ? Peut-être y a-t-il 50 justes dans la ville. Les supprimeras-tu aussi ? » Et s’il n’y a que 40 justes, ou seulement 10 ? « Traiter le juste comme le coupable, ce n’est pas ta manière de faire ! »

Bien sûr, la politique n’est pas la justice divine. Il faut parfois sacrifier des justes pour en sauver d’autres. Bombarder les enfants de Dresde pour sauver les enfants d’Auschwitz, décision terrible. L’heure est-elle venue de sacrifier ceux de nos concitoyens qui vivent dans « certains quartiers » mais respectent nos lois et nos valeurs ? De les abandonner à la sauvagerie des bandes, de trahir l’espoir qu’ils placent dans la République et dans la France ? De voir en eux des dommages collatéraux inévitables pour contrer la menace que les autres habitants de ces mêmes quartiers font peser sur la communauté nationale dans son ensemble ? Résolument, non.

Covid-19 révélateur du “séparatisme” évoqué par Macron

Parce que les gens bien de ces quartiers en valent la peine, mais pas seulement. Le Covid-19 n’est pas la peste noire. Les quartiers seront toujours là demain. La délinquance, l’esprit tribal et le fanatisme seront toujours là. Faut-il trahir aujourd’hui ceux qui demain pourraient être nos alliés ?

On parle de « séparatisme », mais ce n’est pas que cela. L’habitude de se gaver de subventions et d’aides pour ensuite cracher sur la France est un parasitisme. La délinquance qui cherche naturellement à étendre son terrain de chasse est une prédation. L’islam théocratique est un impérialisme, un projet universel, total et totalitaire, et chaque territoire conquis ne fait que l’encourager à conquérir encore plus. Les trois s’ajoutent et se renforcent, ce n’est pas par hasard que la sourate 8 s’appelle « le Butin » et règle le partage des fruits du pillage et des razzias. Nous ne sommes pas aux États-Unis, où les musulmans représentent à peine 1% de la population et où les gangs sont loin de tous partager cet imaginaire de conquête religieuse. En France, emmurons les quartiers islamisés en les laissant à leur propre loi, et tôt ou tard il en sortira une armée – lisez Ibn Khaldoun, David Galula et Driss Ghali.

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Il nous faut contre-attaquer en distinguant les justes des coupables, comme de la « majorité silencieuse » au silence souvent complice. Prouver aux habitants des quartiers qui respectent les lois de la République que la République les protège, et prouver à ceux qui piétinent la France que la France est bien assez forte pour les mettre au pas, au lieu de leur donner une fois encore l’exemple de la pusillanimité de l’État.

L’impuissance de l’État n’est plus une option

Mais est-ce le moment ? Oui, et justement parce que nous sommes en pleine pandémie.

La peur de la contagion brise les tabous, même dans les quartiers beaucoup commencent à craindre pour eux-mêmes, malgré l’obscurantisme de prédicateurs qui voient en leur dieu un génie de la lampe les protégeant de la contagion. Les propos de Laurent Nuñez ont fait scandale, y compris dans une frange de l’opinion qui d’ordinaire hurle au « retour des heures les plus sombres » chaque fois qu’une patrouille de police tente de faire respecter la loi. Le mépris affiché de certains envers des règles nécessaires à la sécurité de tous, les trafics de masques et de médicaments, les agressions contre les soignants, obligent à constater la barbarie de la dérive tribale des dernières décennies.

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Et si cette fermeté provoquait un nouveau 2005 ? Au lieu de trépigner en criant « unité nationale, unité nationale », le gouvernement peut décréter l’état de siège. Comme nos hôpitaux, nos forces armées ont été affaiblies par des décennies de logique comptable à la petite semaine, mais elles restent de grande valeur. L’état de droit est toujours préférable aux tribunaux d’exception (même si depuis le mur des cons d’aucuns pourraient davantage faire confiance à un tribunal militaire qu’à un tribunal du syndicat de la magistrature!!), mais la loi martiale reste préférable à loi des milices. Or, le peuple ne tolère plus les caprices et les exactions de « certains quartiers », et le jour arrive où il prendra les choses en main si l’État ne le fait pas. Et le peuple sera animé par une colère légitime, mais portant hélas le risque d’une violence qui ne se donnera pas la peine d’épargner les 50 justes. Oui, renoncer à employer la force, c’est faire le lit de la violence.

L’impuissance publique n’est pas une fatalité. La seule fatalité, c’est que le choix prolongé de l’impuissance conduit inévitablement à la tyrannie, à la brutalité ou au chaos.

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