«Manifestement, c’est un acte de terrorisme islamiste», a annoncé hier Gérald Darmanin au 20 heures de France 2. Alors que le procès des attentats est en cours pour porter justice aux 12 innocents massacrés en 2015, le terrorisme est venu hier rouvrir la plaie en bas des anciens locaux du journal Charlie Hebdo


Deux employés d’une société de production de documentaires télévisés (agence Premières Lignes) ont été attaqués au hachoir hier. Deux suspects ont été interpellés l’après-midi, dont l’un, un Pakistanais présent depuis peu de temps sur le territoire national, aurait reconnu les faits. Céline Pina analyse la situation et s’indigne du manque de courage politique. Pendant que la société française perd son temps à débattre de l’islamophobie, l’islamisme progresse en son sein. Des forfaitures intellectuelles et des sondages récents en témoignent.

L’écho est terrible. Alors que le procès Charlie est en train de jeter une lumière crue sur la réalité des meurtres politiques et témoigne du recul de nos libertés dans notre pays, un demandeur d’asile pakistanais a donc poignardé deux personnes qui fumaient leur cigarette devant les anciens locaux qui abritaient le journal satirique, et qui accueillent encore les équipes de Cash Investigation.

Ce drame démontre, pour ceux qui en doutaient encore, que Charlie, symbole de la liberté d’expression et du refus de céder face à la menace terroriste est encore et toujours un journal à abattre pour les islamistes. Il l’est même plus que jamais. 

Des paroles et peu d’actes

Pourquoi ? Parce qu’alors que les ouvrages et témoignages s’accumulent, l’État continue à garder les yeux mi-clos. Sa prise de conscience dépasse rarement le stade des paroles.

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De Jean-Pierre Obin qui rapporte l’infiltration de l’école dans un rapport de 2004, consciencieusement mis de côté par l’Éducation nationale, à Didier Daeninckx qui raconte le clientélisme en Seine-Saint-Denis, d’Eric Diard qui a enquêté sur la radicalisation au sein des services de l’État, au rapport d’enquête du Sénat sur l’état de la radicalisation en France, le dossier est fourni et les preuves s’accumulent, mais l’action de l’État reste hésitante quand elle n’est pas inefficace. Ainsi pour les activistes islamistes qui rêvent d’installer la charia en Europe et de conquérir le pouvoir en déstabilisant nos sociétés et en radicalisant leur communauté, cet attentat a été une démonstration de force, mais elle leur a surtout révélé à quelle point notre société politique était fragile et nos dirigeants pusillanimes. Alors que les grands périls normalement déclenchent les unions sacrées, c’est le sacre de l’aveuglement et de la lâcheté que les années après 2015 ont consacré. Aujourd’hui encore, l’État refuse de vraiment s’attaquer aux causes dont les Français subissent les conséquences. On combat le terrorisme tout en pactisant sur certains territoires avec son terreau, l’islamisme, ou en feignant de ne pas voir le lien entre la propagande de l’islam politique de la multiplication des passages à l’acte. Pendant que la police essaie d’éviter les attentats, le travail de propagande des islamistes lui n’est pas combattu, et le fait que ce travail porte ses fruits est nié ou n’est pas pris en compte dans les politiques publiques.

Pourquoi ? Parce que ceux qui ensemencent les têtes de ceux qui passent à l’acte sont aussi des interlocuteurs des pouvoirs publics : l’UOIF ou le CCIF par exemple appartiennent à la nébuleuse Frères musulmans mais réussissent à être partenaires de l’État, voire sont très introduits auprès de l’Union européenne et ils ne sont pas les seuls. Tariq Ramadan, l’un des leaders de la secte, était porté aux nues par Edwy Plenel, soutenu par la Ligue de l’enseignement et celle des Droits de l’Homme, sans que cela ne dérange quiconque. 

On parle de l’affaire Mila, où la garde des Sceaux avait défendu l’idée de blasphème et renvoyé dos à dos une jeune fille et ceux qui la menaçaient de viol et de mort parce qu’elle avait critiqué l’islam ?

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