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Vote sans frontières

Le regard libre d’Elisabeth Lévy


Vote sans frontières
Un bureau de vote, au second tour des législatives de 2022. © SYSPEO/SIPA

La France pour tous ! À l’occasion de leur niche parlementaire, jeudi 12 février, les écologistes voulaient remettre sur la table une vieille revendication de l’extrême gauche: accorder le droit de vote aux étrangers non européens aux élections locales – une nouvelle étape dans une redéfinition silencieuse du corps électoral ?


Ils n’en ratent pas une ! Les Verts veulent ouvrir le vote aux élections municipales aux étrangers hors UE. Par ailleurs, une pétition s’y opposant a déjà recueilli plus de 100 000 signatures.

Bons sentiments

Deux tiers des Français pensent que l’immigration sans contrôle est un danger majeur pour le pays, mais les écolos trouvent urgent d’accorder plus de droits aux étrangers. Ils ont inscrit au programme de leur niche parlementaire une vieille proposition de loi constitutionnelle datant de 2000 de Noël Mamère (souvenirs, souvenirs…) – elle accorderait aux étrangers extra-communautaires le droit de vote et d’éligibilité. Toutefois, ils ne pourraient pas être maires, ni sénateurs, mais par exemple conseillers municipaux.

C’est une lubie ancienne de la gauche et une vielle promesse de Mitterrand. Je vous rassure tout de suite : elle ne sera sans doute pas discutée, ni même votée, et encore moins validée par un référendum. C’est juste pour faire du bruit. On nous donne les arguments des bons sentiments. Pourquoi nous et pas eux ? Ils travaillent, payent des impôts, envoient leurs enfants à l’école. Pourquoi ne voteraient-ils pas ? Le maire, c’est l’élu du quotidien, il répare les routes et gère les poubelles… En réalité, le maire exerce un pouvoir de police générale. Et l’écharpe tricolore, ce n’est pas que pour faire joli.

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Mais les ressortissants européens peuvent déjà voter, me rétorque-t-on. Oui, et c’était déjà une erreur. Il n’y a ni citoyenneté, ni peuple européen. Cependant, s’il n’existe pas de nation européenne, il existe déjà dans l’UE un droit singulier (la liberté de circulation et d’établissement). Et les chiffres sont très différents. Nous avons en France 1,2 million d’Européens (dont 320 000 sont inscrits sur les listes électorales), et 6 millions d’étrangers extra-communautaires qui résident légalement, lesquels proviennent essentiellement du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. Pardon, mais s’il y a peu de risque de communautarisation du vote avec les Anglais du Périgord, dans certaines villes, avec l’appoint d’un vote étranger, des listes communautaires, particulièrement crypto-islamistes, pourraient gouverner des communes et en faire leur laboratoire… Et peut-être sans.

Vous voulez voter ? Devenez français ! 

La gauche rêve toujours d’aligner totalement le droit des étrangers sur celui des Français. Or, sans préférence nationale, c’est-à-dire sans droits spécifiques aux citoyens d’un pays, il n’y a pas de nation. Et la première de ces discriminations, c’est le droit de vote. Il n’est pas lié seulement à une situation matérielle, la résidence en France, mais à l’appartenance à une communauté politique qui se donne des règles de gouvernement. Les étrangers que nous choisissons d’accueillir sont les bienvenus, ils peuvent même demander à devenir français, mais ils n’appartiennent pas à cette communauté et n’ont pas à en fixer les règles.

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Derrière la générosité sans-frontiériste se cache un appétit de liquidation. Pour la gauche, le grand remplacement démographique et culturel qui n’existe pas ne va pas assez vite. Il faut accélérer la créolisation. Les Verts savent que leur loi ne passera pas. Si les Verts mélenchonisés sont pressés de voir la nouvelle France prendre la relève, c’est parce qu’ils veulent en finir avec le peuple historique, franchouillard et droitisé.


Cette chronique a été diffusée ce matin sur Sud Radio



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Fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur. Journaliste, elle est chroniqueuse sur CNews, Sud Radio... Auparavant, Elisabeth Lévy a notamment collaboré à Marianne, au Figaro Magazine, à France Culture et aux émissions de télévision de Franz-Olivier Giesbert (France 2). Elle est l’auteur de plusieurs essais, dont le dernier "Les rien-pensants" (Cerf), est sorti en 2017.

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