Décidément Bachar el-Assad a de sérieux problèmes. Il y a une semaine il s’est vu proposer les services de Maître Vergès, ce qui n’est jamais bon signe, et maintenant, malgré les efforts considérables pour l’enterrer, c’est l’affaire Rafiq Hariri qui refait surface… Ainsi, après un long silence, Detlev Mehlis, le juge allemand qui dirigeait jusqu’à 2009 l’UNIIIC – l’organisme onusien chargé de l’enquête sur cet assassinat – n’a pas hésité à désigner le président syrien comme commanditaire direct du meurtre de l’ancien premier ministre libanais.

Interviewé par une radio allemande, le juge Mehlis a évoqué sans détours les résultats de l’enquête qu’il a dirigée pendant quatre ans. Selon lui, le fond de l’affaire est simple : gêné par la politique d’Hariri, Assad a personnellement et directement donné l’ordre de le liquider. Selon Damas, feu le Premier ministre a manœuvré – en collaboration avec les Etats-Unis et la France – pour mettre fin à la domination syrienne au Liban ainsi qu’à désarmer la milice chiite Hezbollah, alliée principal de Damas dans le pays du Cèdre.
Cette information tombe au moment même où l’on apprend que les services de renseignement américains et saoudiens ont averti Saad Hariri, fils de Rafic et, jusqu’il y a une petite semaine, premier ministre du Liban, qu’au cas d’un retour au pays, sa vie serait menacée par devinez qui. A Damas, on aimerait monter une opération de diversion, et quoi de mieux qu’une nouvelle guerre civile au Liban avec comme bonus un embrasement potentiel de la frontière israélienne ? D’ailleurs, sans attendre ces récents avertissements Hariri junior s’est bien gardé de remettre les pieds au Liban, pays qu’il a quitté il y a presque deux mois déjà.

Tout cela n’empêche bien évidemment pas le Liban, membre non permanent du conseil de sécurité de l’ONU, de s’opposer farouchement à tout tentative d’adopter une résolution condamnant la Syrie pour sa manière d’animer le printemps arabe sur son territoire.

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