Disparition à l’âge de 92 ans d’Annie Cordy, la chanteuse et actrice belge


À quoi reconnait-on une grande professionnelle du music-hall ? À son talent, bien sûr. À son énergie, indispensable pour supporter la rudesse de ce métier-là. Et puis au travail, ces longues d’heures d’apprentissage sur les planches, dans les cabarets et sur les plateaux de télévision à répéter les mêmes gestes. La perfection était sa gymnastique quotidienne, le spectacle son sacerdoce. Une vie à danser, à chanter, à faire la comédie, sans se plaindre, sans dénigrer l’art noble du divertissement, sans outrager le public par des prises de parole absconses, sans pontifier, sans rien divulguer de son intimité, sans médire sur ses confrères, avec cette humilité qui honore et qui élève le public. Aujourd’hui où la célébrité est aussi instantanée qu’éphémère, volatile comme un sondage, Annie Cordy appartenait à une race à part, étrangère aux commérages et aux bassesses. D’une dignité intacte. Solaire et secrète. Qui oserait salir son image, s’attaquer à cette figure populaire, son évocation suffit à calmer toutes les amertumes, à faire taire les procureurs du chobiznesse. Elle balayait les aigreurs. Elle annihilait l’angoisse du dimanche soir. 

Sa présence dans le poste chez les Carpentier ou Michel Drucker, avec Lama, Aznavour ou Dave comme compagnons de scène avait le charme désuet des amours enfantines. Nous étions entre amis. Quelle photo de famille ! C’était au siècle dernier quand nous savions communier ensemble et rire de nos différences. Il y avait dans un coin de la salle, Mort Shuman et sa voix profonde venue d’Amérique, Bourvil et son sourire tendre, Joe et ses pattes d’éph’, Carlos et sa barbe fl

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