Coup dur pour la CDU. Le parti du chancelier Merz ressort très affaibli des élections de dimanche dernier: il s’incline face aux nationalistes en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et cède du terrain face à la gauche radicale dans le Land de Berlin.
Nouvelle bérézina pour Merz
Deux semaines après la victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt, une nouvelle bérézina n’a pu être évitée par le chancelier Merz dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où la CDU a obtenu un maigre score de 4,9 %. Pire encore, selon les données connues à ce jour, la CDU n’entrera même pas au parlement régional du Land. Lors des élections du dimanche 20 septembre, la CDU de Merz a perdu 8,4 points par rapport à son score des élections de 2021. Vraisemblablement, une part significative des électeurs de la CDU s’est tournée vers l’AfD, qui est sortie comme la force politique principale lors des élections de dimanche dernier.
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Pour la première fois, les démocrates-chrétiens ne seront pas représentés au parlement régional. C’est un événement en soi. Le président régional de la CDU, Daniel Peters, après la publication des résultats généraux, a déclaré que son parti avait subi une « défaite cuisante ». Dans une manœuvre politicienne, il a tenté de disculper le chancelier allemand. Sans succès, car, dans les débats politiques des médias ou entre simples citoyens, l’opinion publique considère Friedrich Merz comme directement responsable de la défaite de la CDU.
Ce résultat marque également un autre record historique pour la CDU : il s’agit de son pire résultat aux élections régionales depuis 1951, année où le parti avait obtenu 9 % des voix à Brême. Un résultat si cinglant, avec une telle perte d’électeurs (et de sièges régionaux), atteste d’un séisme politique en Allemagne. Les forces politiques traditionnelles ne peuvent plus contenir les sensibilités des électeurs, qui en sont arrivés à la détestation de personnalités comme le chancelier Friedrich Merz, considéré par une majorité de citoyens comme inapte à l’exercice de hautes responsabilités publiques.
L’AfD comme force politique incontournable
Les sondages, que la Chancellerie fédérale battait en brèche, prévoyaient justement une défaite historique du chancelier Friedrich Merz et la consolidation de la montée en puissance de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD). Ainsi, l’Alternative pour l’Allemagne est arrivée en première position avec 37 à 38 % des voix, soit une croissance de 21,5 % par rapport aux élections de 2021. De l’avis général, cette formation est en passe de devenir un acteur institutionnel du pouvoir en Allemagne.
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Ce score assure à l’Alternative pour l’Allemagne 32 sièges au parlement régional du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (+18), dépassant ainsi le SPD au pouvoir, qui ne disposera que de 29 sièges, soit cinq membres en moins que pendant les cinq dernières années. Malgré cette nette mise en difficulté, l’actuelle ministre-présidente du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Manuela Schwesig, membre du SPD, s’apprête à tenter une alliance avec d’autres partis afin de conserver son poste et d’empêcher l’AfD de gouverner la région.
Razzia sur les électeurs
Lors de cette élection, l’AfD a arraché environ 45 000 électeurs au SPD, tout en mettant la main sur une grande partie des 67 000 électeurs qui votaient pour la première fois, au détriment de la CDU et du SPD. Forts de cette percée, les responsables de l’AfD ont revendiqué un mandat populaire pour gouverner le Land, notant une conquête progressive de l’ensemble de la société allemande par le parti. Le coprésident de l’AfD, Tino Chrupalla, a déclaré que la victoire de l’AfD dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale était un message sans équivoque adressé aux bureaux situés au 1, Willy-Brandt-Straße : Merz doit démissionner.
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Chrupalla a encore déclaré que son parti était disposé à dialoguer avec toutes les forces politiques. Quant à Alice Weidel, autre figure centrale de l’AfD, elle a souligné, outre la montée en puissance de son parti en tant qu’expression fédérale, que « Friedrich Merz devait assumer les conséquences de ses actes. Il doit le faire pour son parti et pour l’Allemagne. » Ces déclarations font suite à un communiqué du chancelier Merz, dont le contenu semblait avoir été rédigé avant même la fin du scrutin, dans lequel il s’abstenait de toute autocritique et encourageait son équipe à poursuivre dans la même voie. Ce message a suscité de nombreuses interrogations de la part d’acteurs de la sphère politique et culturelle. Ils reprochent au chancelier d’être déconnecté de la réalité et de s’accrocher désespérément au pouvoir.
Une diabolisation impossible
Les derniers résultats électoraux prouvent que la diabolisation de l’AfD, encore efficace il y a dix ans, ne porte plus ses fruits. Et, désormais, le scénario d’une interdiction brutale de l’AfD tournerait à son avantage.
En effet, la popularité indéniable de l’AfD transparaît non seulement dans le paysage allemand actuel, mais aussi au travers d’indicateurs émanant de la Große Koalition elle-même, où certains ont estimé, bien que timidement, qu’il ne serait pas approprié, à ce stade, de plaider pour l’inconstitutionnalité de l’AfD. Une telle décision pourrait donner l’impression que l’Allemagne s’est transformée en dictature, où l’opinion et les attentes de millions de citoyens ayant choisi l’AfD sont bafouées.
Pour rappel, depuis plus d’un an, les sondages d’opinion indiquent que plus de la moitié des Allemands sont hostiles à une exclusion de l’AfD des partis légaux et se montrent au contraire favorables à une cohabitation entre l’AfD et les partis traditionnels pour gouverner le pays.




