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Pollueurs: des nazis comme tout le monde?

Dominique Bourg, philosophe climatique hors-sol


Pollueurs: des nazis comme tout le monde?
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Sur France culture, on aime « faire chauffer ses méninges »


« J’espère qu’il y aura un Nuremberg climatique », a déclaré Dominique Bourg sur France Culture le 29 septembre. Le philosophe souhaite donc voir les responsables du réchauffement climatique jugés comme le furent les dirigeants nazis. Encore faudrait-il qu’il y ait crime. Charbon, pétrole et gaz alimentent certes un réchauffement qui fait des victimes. Mais des victimes ne font pas un crime, surtout quand ces combustibles fossiles continuent d’alimenter un développement technologique et économique qui sauve des vies, grâce à des récoltes plus abondantes, des infrastructures plus solides et des soins médicaux plus efficaces. Autant de bénéfices que la hausse des températures n’efface pas.

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Se passer des énergies fossiles sans substituts suffisants pourrait donc faire aussi des victimes. Aussi, avant de crier au crime, faudrait-il montrer qu’une sortie de ces énergies, à un rythme donné, sauverait davantage de vies qu’elle n’en coûterait. Ce que le philosophe ne fait pas. Autre impensé, très concret : les populations veulent se chauffer, se déplacer, manger et se soigner dans de bonnes conditions. Tant que les alternatives bas carbone n’y pourvoient pas à un coût supportable, aucun gouvernement, démocratique ou autoritaire, ne peut ignorer cette dépendance. Gouverner, c’est arbitrer entre des attentes et des risques, avec des moyens nécessairement limités. On peut juger l’arbitrage mauvais ; cela n’en fait pas un crime. Restent la désinvolture, les conflits d’intérêts et les mensonges que dénonce Dominique Bourg. Admettons. Mais il faudrait tout de même établir précisément qui est responsable de quoi. À Nuremberg, justement, il fallut prouver des responsabilités criminelles, accusé par accusé, et trois furent acquittés. Or, ici, la référence à ce procès suggère d’emblée une culpabilité générale des dirigeants politiques. Le philosophe hors-sol enfile donc la robe du procureur sans produire de raisonnement. Un comble pour qui fait profession de penser.

Novembre 2026 - #150

Article extrait du Magazine Causeur




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Essayiste et philosophe des sciences

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