Le député lfiste de Sainte-Geneviève-des-Bois (91) est revenu enchanté d’un concert de Theodora, artiste primée et multidiffusée sur France inter, emblématique de cette « Nouvelle France » que Jean-Luc Mélenchon appelle régulièrement de ses vœux – mais malheureusement encore victime de mysoginoir.
Le député LFI Antoine Léaument est allé récemment à un concert et a tenu à partager son émotion sur les réseaux, émotion si grande qu’il en baragouine: « C’était bien Theodora, c’était incroyable… Je suis un petit cœur tendre. Quand il y a trop d’émotion, je pleure, c’est direct. Dès qu’il y a des moments… genre y’a un moment donné, elle était sur une lune et tout, putain, j’étais trop ému. Mélodrama, c’est une chanson, à chaque fois ça me fait pleurer. »
Des formes et des rondeurs, ça sert à réchauffer le cœur
Je déconseille aux âmes sensibles en général et aux amateurs de musique en particulier d’écouter Mélodrama, une bouillie musicale industrielle comme on en produit à la chaîne ces dernières années, un gargouillis incompréhensible nappé grossièrement de sons et de rythmes mécaniques et préfabriqués.
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Je leur déconseille également de regarder ne serait-ce qu’une partie de la vidéo du concert qui a tant ému Antoine Léaument. La dénommée Theodora s’y trémousse, corsetée dans des costumes retenant à grand-peine certaines parties de son anatomie – sur le site du média « féministe et inclusif » Terrafemina[1], dans un article consacré à cette soi-disant « chanteuse iconique », on appelle ça « assumer ses formes » – et simule à de nombreuses reprises l’acte copulatoire sous toutes ses formes – sur le même site, on appelle ça « l’attitude sexy d’une femme sûre de sa sensualité ». Terrafemina affirme que cette « impératrice du style et de la musique » est victime de « misogynoir, cette violence intersectionnelle qui conjugue racisme et sexisme » : ceux qui n’apprécient pas ses performances artistiques seraient des « gros racistes » et des « réacs ». En avant, donc, pour une chronique bien réac…
Chouchou de France inter
Theodora fait un peu penser à Aya Nakamura. En plus vulgaire. Aux dernières Victoires de la Musique, elle a obtenu quatre trophées dont celui de la « révélation scène ». France Inter, jamais en retard quand il s’agit de promouvoir de la daube en tube, lui a consacré trois émissions en un mois. Télérama, le catalogue des crucheries contemporaines, n’a pas manqué d’encenser « l’artiste qui s’affranchit de toutes les barrières » – on reconnaît la production culturelle industrielle à la publicité qui lui est faite et qui s’adosse à une langue elle aussi reproductible et mécanique. Une once de morale politique à deux balles tout aussi fabriquée et automatique agrémente généralement ce genre de publicité. Ainsi, Constance Vilanova nous apprend sur France Info que « Théodora est explicitement engagée politiquement. Dans une interview, elle déclare : “Je suis très contente qu’il n’y ait pas de fachos dans mes concerts”. Et ça, ça ne plaît pas à l’extrême droite, souvent la première à critiquer les artistes racisés ». On comprend mieux l’engouement d’Antoine Léaument.
Drague communautariste ?
Pour complaire à un électorat qu’il connaît bien et qu’il drague depuis des années, le député de l’Essonne s’est mis à sa hauteur, en feignant d’abord d’apprécier les mêmes bouses musicales que lui, en se vantant ensuite, dans la même vidéo, d’avoir « fait entrer les mots “moulaga” et “cheh” à l’Assemblée nationale ». « Moulaga » désigne l’argent ou le cannabis ; « Cheh » est une interjection arabe utilisée pour se réjouir du malheur de quelqu’un ou se moquer de lui, qu’on peut traduire par « bien fait pour toi ! ». Les deux expressions, issues du vocabulaire utilisé principalement par la racaille des cités, prospèrent sur les réseaux sociaux que le député se targue de savoir manipuler. Antoine Léaument ne se contente pas de se plier aux goûts musicaux de ses électeurs les plus jeunes, il parle leur langue, un dialecte mêlant des lambeaux de sa langue natale et des expressions arabes ou africaines – une sorte d’espéranto de la « nouvelle France » qu’il appelle de ses vœux.
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Monsieur Léaument malmène l’art musical, l’histoire et la langue de son pays. Il croit ainsi pouvoir gagner l’estime d’une frange de la population issue de l’immigration qui, espère-t-il, contribuera à la conservation de son siège. Cela durera ce que cela durera – mais sans doute pas aussi longtemps que l’escompte le député. Après avoir accusé la France de tous les maux, déclamé son amour pour l’Autre, l’immigré extra-européen ayant sa préférence, et s’être soumis à ses coutumes voire à sa religion, aboyé son dégoût de l’Histoire de France hors la Terreur révolutionnaire, s’être farci tous les concerts de Theodora, d’Yseult, de Médine ou d’Aya Nakamura, s’être affiché avec Assa Traoré, Rima Hassan et Danièle Obono, s’être plié à tous les abaissements d’un dhimmi en herbe, le « tout moche, tout blanc » Léaument ne sera-t-il pas bientôt considéré comme un idiot inutile, un porte-parole usagé, un allié négligeable, une relique politique par ceux-là mêmes qu’il aura aidés à transformer la société française de fond en comble et qui n’hésiteront pas, le moment voulu, à le remercier sans ménagement et à prendre sa place ? Rima Hassan a prévenu : « Cette époque du porte-parolat est révolue. Nous la voulons derrière nous. » À bon entendeur, salut !
[1] https://www.terrafemina.com/article/un-gigot-bien-ficele-vulgaire-cette-chanteuse-glam-et-iconique-ose-un-look-sexy-et-est-victime-de-misogynoir-les-reacs-sacharnent_a376779/1





