Après les graves débordements survenus à Paris lors de la finale de la Ligue des Champions, le candidat de la droite à la présidentielle Bruno Retailleau propose la reconnaissance faciale et la «responsabilité solidaire» des casseurs.
À la suite des violences, des dégradations et des pillages en région parisienne, ainsi que des désordres dans toute la France — qui ont fait plus que gâcher la joie sportive suscitée par un PSG doublement victorieux de la Ligue des champions —, il fallait tout de même un certain culot ministériel pour oser déclarer que « la situation avait été sous contrôle ». Laurent Nuñez a eu cette audace.
Vers une «responsabilité solidaire» des fauteurs de trouble?
Naturellement, mentionner le nom de ce dernier conduit à évoquer Bruno Retailleau, puisque le premier semble n’avoir pour seule ambition que d’affaiblir ou de supprimer ce que le second avait su mettre en œuvre en trop peu de temps.
Bruno Retailleau s’est déclaré favorable à la reconnaissance faciale et, surtout, il a compris que le problème de ces violences collectives résidait dans la difficulté d’incriminer leurs participants dès lors qu’on s’en tenait au principe de la preuve individuelle. Pour que l’efficacité policière soit récompensée et la justice pénale moins impuissante, il convient que les groupes dont la finalité, au-delà du rôle de chacun, est clairement agressive et destructrice soient mis en cause pénalement en tant que tels. Faute de cette globalisation, nous éprouverions le même sentiment d’insatisfaction face au hiatus entre la multitude d’interpellations et la pauvreté ou l’inconsistance des condamnations.
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Bruno Retailleau, depuis qu’il a enclenché un rythme soutenu pour sa campagne présidentielle — au sujet de laquelle il ne cesse d’affirmer qu’il ira jusqu’au bout —, confirme son intention de « renverser la table » et d’élaborer un projet de rupture. Il a eu raison de souligner, par exemple le 1er juin sur CNews face à Laurence Ferrari et Pierre de Vilno, qu’Édouard Philippe et Gabriel Attal portaient, dans leur programme, une large part de continuation du macronisme, même s’ils sont contraints à la fois de s’en distancier et de l’assumer.
Nécessaire rigueur: c’est Retailleau qu’il faut à la droite et au centre!
Lorsque Gérard Larcher reprend dans La Tribune Dimanche cette formule « de la droite et du centre » qui auront besoin de n’être représentés « que par un candidat unique », il n’attire pas assez l’attention sur le risque que représenterait la désignation, par quelque mode que ce soit, d’une personnalité autre que celle de Bruno Retailleau. Car nous assisterions inévitablement à la mise en œuvre d’un processus fatal, et trop souvent observé, où la mollesse du centre viendrait gangrener la nécessaire rigueur et la cohérence de la droite.
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Pour échapper à ce danger, la seule solution sera de confier la destinée du pays à un homme dont la constance, l’intégrité et la radicalité ne seront pas émoussées par le souci tactique de faire de la place à un centre qui se voudrait moins soporifique.
Si M. Retailleau ne parvient pas à tenir son pari d’une droite retrouvant son aurore fulgurante de 2007, si des joutes mesquines assombrissent le futur du président des Républicains, si certains préfèrent sa défaite au redressement de la France, alors le désastre sera imminent. La présence de Jean-Luc Mélenchon au second tour — Bruno Retailleau a eu le courage et la lucidité d’affirmer qu’aujourd’hui LFI était plus dangereuse que le RN — se solderait probablement par une défaite sèche de ce dernier face au RN. Mais dans les deux cas, la France verra son avenir obscurci et bouché. Pour la droite, l’ancien ministre de l’Intérieur ne doit plus être une option, mais une obligation.
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