Les habitants de la Flèche dans la Sarthe se remettront-ils du boycott de Mazarine Pingeot ? se demande Elisabeth Lévy dans sa chronique matinale. Nous vous proposons de l’écouter.

Mazarine Pingeot annule une rencontre prévue ce dimanche à la Flèche (72), commune qui a élu un maire RN. Les Fléchois doivent être désespérés.
La fille cachée de qui vous savez et écrivain devait les honorer de sa présence dimanche, pour une rencontre sur son dernier livre Inappropriable. Ce que l’IA fait à l’humain. Seulement, les électeurs de la sous-préfecture, qui abrite le cœur d’Henri IV et le meilleur prytanée militaire de France, qui était depuis 80 ans un bastion de gauche, ont eu l’outrecuidance d’élire un maire RN. Romain Lemoigne, 25 ans, a gagné avec 133 voix d’avance et une participation record de 73%.
«Je ne pouvais pas venir parler d’IA alors qu’il y a des sujets bien plus graves» a déclaré Pingeot. En effet, les bouleversements introduits par l’IA ne sont rien à côté de la victoire du RN dans une ville de 15000 habitants. Le parti de Marine Le Pen est bien plus dangereux que le régime de Vichy pour lequel le père de Madame Pingeot a eu une indulgence coupable. Sans surprise, le journaliste de Ouest-France qui devait animer la rencontre a aussi déclaré forfait affirmant qu’il ne pouvait pas accepter l’argent de la municipalité. Cet héroïsme laisse sans voix. Qu’on se le dise, à Saint-Germain-des-Prés, la résistance s’organise !
A lire aussi: La revanche du réel: comment la gauche a fabriqué ce qu’elle ne comprend plus
Cet épisode est évidemment plutôt anecdotique. Anecdotique mais symbolique. Il résume la morgue et le mépris des gens à la mode pour le plouc qui vote RN. Depuis l’enfance, Mazarine Pingeot entend dire que c’est des fachos et que les fachos c’est mal. Pour elle, l’antilepénisme est une religion. Pas sûr qu’elle ferait autant de manières pour aller dans une ville conquise par LFI. Peut-être juge-t-elle la nouvelle France plus digne de son attention que l’ancienne.
L’un des ressorts du vote RN, c’est précisément l’abandon de cette France des sous-préfectures qui va bosser en bagnole. Quand elle entend les vainqueurs de Saint-Denis (93) scander « nous sommes les enfants de Gaza », elle ne reconnait pas son pays. On est chez nous, dit-elle à ceux qui se sentent partout chez eux. Madame Pingeot et ses semblables sont les meilleurs agents électoraux du RN. Peut-être finiront-ils par l’amener à l’Elysée. Comme ça, elle pourra jouer aux résistants et aux nazis pendant cinq ans. Ou demander l’asile politique au maire de New-York.
Cette chronique a été diffusée ce matin sur Sud Radio
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !




