Donald Trump a finalement décidé de frapper Téhéran, samedi, alors que les Etats-Unis n’étaient pas directement menacés par l’Iran. La France et l’OTAN doivent choisir leur camp.
La mort de l’ayatollah Khamenei et de plusieurs hauts dirigeants iraniens constitue un succès indéniable. Le cœur du pouvoir théocratique a été frappé de plein fouet. Pourtant, la riposte iranienne dépasse les anticipations. Téhéran s’était manifestement préparé de longue date non seulement à l’attaque, mais aussi à la disparition de son guide suprême.
Les missiles iraniens ont plu sur Israël, la Jordanie, Oman, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït et le nord de l’Irak. Si la plupart, imprécis, n’ont provoqué que des dommages spectaculaires plus que meurtriers, d’autres ont atteint des cibles sensibles : aéroports, installations pétrolières, et même des radars américains de haute technologie.
Cette riposte, qui montre à quel point le régime iranien aurait pu, laissé à lui-même, devenir plus menaçant au cours des prochaines années (décennies ?), justifie au contraire plus impérieusement sa destruction.
Quelle résilience du régime ?
Les frappes alliées, promises pour durer au moins une semaine, se poursuivent sans que l’on discerne, à ce stade, des signes tangibles d’effondrement du régime. Comment imaginer que les mêmes manifestants désarmés, fauchés par balles réelles il y a deux mois dans les rues des villes iraniennes, puissent aujourd’hui l’emporter par la seule force de leur protestation ?
Une large frange de la population aspire sans doute à la fin de ce joug islamiste. Reste qu’un appareil militaro-religieux-étatique, solidement enraciné, n’entend à ce stade nullement déposer les armes. Les répercussions au sein du monde chiite hors d’Iran demeurent, elles aussi, une inconnue majeure.
Répercussions mondiales
Les ondes de choc de cette crise se propageront partout. Les cours du pétrole vont s’envoler et les Bourses sans doute plonger. La Chine risque de se voir privée d’un de ses principaux fournisseurs de pétrole. Paradoxalement, Vladimir Poutine, allié de Téhéran, pourrait tirer profit de la flambée des prix du pétrole et du gaz pour financer sa guerre en Ukraine.
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Si le conflit s’éternise, il pèsera lourdement sur la politique intérieure américaine et sur l’élection des midterms. L’opinion publique américaine est, on le sait, hostile aux aventures extérieures et Donald Trump a été élu précisément pour rompre avec les guerres de changement de régime.
La France et l’OTAN au pied du mur
Le président Macron et les dirigeants de l’Union européenne, une fois de plus, appellent à la « retenue » et au « respect du droit international » : une posture totalement déphasée, qui les met d’emblée hors-jeu. Si une telle rhétorique diplomatique pouvait encore se défendre avant le déclenchement des hostilités, elle n’a plus aucun sens depuis que la guerre a commencé.
Pour les pays européens de l’OTAN – victimes par le passé du terrorisme islamiste commandité par Téhéran et qui pourraient demain l’être de ses missiles à portée intermédiaire –, qui ne cessent de proclamer leur attachement viscéral au lien transatlantique et à la solidarité américaine, l’heure est venue de soutenir sans réserve, ne serait-ce que verbalement, l’opération américaine. Bien sûr, ils s’en abstiendront, préférant une fois encore laisser les États-Unis (et Israël) assumer seuls le « sale boulot », gaspillant ainsi une occasion historique de consolider ce lien qu’ils affirment si précieux et de défendre, concrètement, la civilisation occidentale face à la menace existentielle que représente l’Iran des ayatollahs.
Même si l’on ignore encore qui le remplacera, le régime doit tomber. Il n’y a plus d’alternative, certainement pas par la diplomatie. Sa survie serait une défaite cuisante pour Israël, pour les États-Unis et pour l’Occident tout entier. Il redeviendrait une menace majeure pour Israël, pour la région et pour l’Europe bien davantage que pour les Etats-Unis.




