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Ter Apel: le camp de migrants qui a fait fuir les humanitaires

La correspondance batave de René ter Steege


Ter Apel: le camp de migrants qui a fait fuir les humanitaires
Ter Apel, Pays-Bas, août 2025 © Robin Utrecht/AVTION PRES/SIPA

Malgré les dangers mortels, la Croix-Rouge reste présente dans les pires enfers du monde, y compris la bande de Gaza et le Soudan. Mais elle a jugé plus prudent de quitter un centre de demandeurs d’asile dans le nord des Pays-Bas, n’y pouvant plus garantir la sécurité de ses employés, agressés et volés. Correspondance.


La nouvelle, tombée le samedi 11 juillet, a produit un choc dans un pays incapable, au fil des ans, de rétablir l’ordre dans ledit centre près du village de Ter Apel, devenu bien malgré lui le symbole de l’échec de sa politique d’asile.

Bagarres régulières

Les scènes familières de bagarres en dehors du centre, de combats au couteau, de vols et d’agressions envers ceux venus aider les réfugiés ont atteint leur point culminant vers la fin de la semaine dernière. De jeunes habitants du camp et des « potes » venus d’autres centres ont semé une pagaille si agressive que le personnel de la Croix-Rouge a décidé de replier ses tentes blanches et de déguerpir, tout comme une organisation d’aide aux réfugiés, accusée d’ « immigrationnisme » par la droite de la droite.

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Une défaite devant la racaille qui a plongé la classe politique néerlandaise dans l’embarras. À la veille du retrait des volontaires, le ministre chargé de la politique d’asile et d’immigration avait annulé sa visite au centre, situé non loin de la frontière avec l’Allemagne, la police ne pouvant assurer sa sécurité.

Dans une interview au journal NRC publiée le lundi 13 juillet, le maire de Ter Apel, M. Jaap Velema, a fait le constat de l’existence de bandes itinérantes de jeunes – notamment des Nord-Africains et des Syriens – vivant aux crochets du système d’asile. La plupart n’ont aucune chance d’obtenir le statut légal de réfugié, mais peuvent compter sur des allocations le temps que leur demande soit étudiée. Entre-temps, certains suppléent leurs allocations avec les fruits de larcins dans des magasins tels qu’Action. L’un des malfrats avait réussi à remplir un sac XXL de marchandises de ce leader du discount pour une valeur de 160 euros, a observé le maire, étonné.

Un butin que le voleur avait peut-être destiné aux demandeurs d’asile attendant d’être admis dans le centre de Ter Apel, plein à craquer, qui refuse du monde, prié d’attendre dehors ? Une clientèle de choix pour ces jeunes itinérants, et une source de frictions permanentes que les quelques policiers et agents de sécurité présents, pas plus que les bénévoles de la Croix-Rouge, ne parviennent à calmer. Souvent, ces derniers deviennent la cible d’agressions, à tel point qu’ils ont donc battu en retraite en emportant leurs stocks de repas, de médicaments, de bouteilles d’eau et de chargeurs pour téléphones portables.

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Point de passage obligatoire

Le centre de Ter Apel constitue le point d’enregistrement obligatoire pour tous les demandeurs d’asile aux Pays-Bas. Il héberge quelque deux mille personnes, et les terrains environnants prennent également souvent l’aspect de camps de réfugiés improvisés, ou de bidonvilles, remplis de gens qui attendent leur tour. Ils sont pris pour cibles par un noyau dur de quelque deux cents jeunes hommes, hébergés dans le camp officiel, avides d’y écouler leur commerce illicite et qui, parfois, se livrent à des combats tribaux. Des scènes d’horreur qui remplissent de honte bien des Néerlandais. Et si les fauteurs de troubles, de Ter Apel et d’ailleurs, étaient répartis sur d’autres sites ? Une loi oblige d’autres villes et villages à aider à délester ce centre immense. Mais la rébellion gronde, parfois violente et couronnée de succès, contre cette injonction de l’État central de La Haye. La débandade de la Croix-Rouge ne manquera pas de la doper.



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Journaliste hollandais.

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