La police du Royaume-Uni a subi un processus de wokisation hardcore. Formations à l’equity et drapeaux LGBT sont imposés pour expier les péchés d’une institution jugée abusive par le passé. Au point de l’avoir rendue aveugle aux crimes du présent.
Il fait nuit. La caméra embarquée du policier montre l’allée d’un modeste pavillon de banlieue. Étendu sur les gravillons, on devine le corps d’un jeune homme vêtu de noir. Le policier l’interroge : « Qu’est-ce qui vous est arrivé ? » Tandis qu’on menotte un de ses poignets, le jeune répond : « J’ai été poignardé. — « Où ça ? » On retourne la victime sur son ventre pendant que le policier enchaîne : « Je ne le crois pas, mon pote. » Méthodiquement, des mains saisissent l’autre poignet pour le menotter à son tour derrière le dos du jeune. À ce moment-là, la voix de ce dernier, rauque, s’exclame : « Je ne peux pas respirer ! » Ce sont les derniers instants d’Henry Nowak, Britannique blanc de 18 ans, étudiant en finance à l’université de Southampton. Il a expiré juste après que les policiers l’ont mis en état d’arrestation. Il avait été poignardé cinq fois par Vickrum Digwa, 23 ans, un sikh se réclamant d’une secte minoritaire, les Nihang, dont il n’était pas membre, mais dont il portait le couteau rituel ainsi qu’une autre lame, longue de 21 cm, dont il avait lardé le corps de l’étudiant. Digwa et son frère ont menti aux forces de l’ordre, prétendant que le jeune Blanc avait provoqué l’incident par une insulte raciste, mensonge que les policiers ont d’emblée pris pour argent comptant. Le crime a eu lieu le 3 décembre 2025, mais la vidéo n’a été rendue publique que le 2 juin, après le procès de Digwa qui s’est terminé par sa condamnation à la prison à vie.
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Le scandale du « two-tier policing »
Cette publication a déclenché un scandale. À Southampton, elle a provoqué une manifestation qui s’est transformée en émeute. De nombreux commentateurs et politiques se sont hâtés d’incriminer une manipulation par de vagues influenceurs d’extrême droite, plutôt que la frustration populaire, mais personne n’a été dupe. Car le cas d’Henry Nowak constitue l’exemple le plus flagrant de ce qu’on appelle two-tier policing (« le maintien de l’ordre à deux vitesses »), autrement dit la tendance de la police à traiter les Blancs et les non-Blancs de manière différente, en sacrifiant à l’idéologie de la « diversité ». Aujourd’hui, le Royaume-Uni a les forces de l’ordre les plus wokistes du monde. Ces dernières années, la police a choisi de consacrer une partie de ses ressources, non à la détection et à la prévention des crimes, mais à l’exhibition de sa vertu progressiste. En 2023, le public a appris qu’elle avait dépensé 73 000 euros pour faire peindre ses voitures aux couleurs de l’arc-en-ciel, et pour acheter des drapeaux et lacets de chaussures assortis, en un geste de solidarité avec le mouvement LGBTQIA+. Afin de s’assurer que leurs agents adhèrent à l’idéologie progressiste, les forces de police britanniques, décentralisées et jouissant d’une certaine autonomie, ont dépensé des sommes faramineuses pour embaucher des responsables de la diversité et financer des programmes de formation véhiculant des concepts comme « privilège blanc », « biais inconscient » ou « microagression ». La police du West Yorkshire, où le taux d’élucidation de crimes est bas, s’est délestée de 1,6 million d’euros, assez pour payer les salaires de 46 nouveaux agents. En plus du lavage de cerveau idéologique, les policiers comprennent que leur carrière peut être brisée du jour au lendemain par une accusation de racisme, d’islamophobie ou de sexisme.
La conséquence de ces mesures est que la police est soupçonnée de faire preuve d’indulgence à l’égard de manifestations antiracistes ou propalestiniennes. De ne pas poursuivre certains suspects, ou de cacher leur identité, de peur de stigmatiser leur groupe ethnique ou religieux. De favoriser les récits victimaires aux dépens des témoignages des Blancs. Et d’être plus à l’écoute des musulmans se plaignant d’islamophobie que des juifs se plaignant d’antisémitisme.
Les racines de la wokisation policière
Si nous en sommes arrivés là, c’est parce que, depuis une trentaine d’années, les critiques de la police exploitent habilement ses défaillances les plus flagrantes en matière de racisme et de sexisme. Tout remonte à 1993 et l’assassinat d’un autre jeune de 18 ans, Stephen Lawrence, un Noir poignardé à mort par un groupe d’hommes blancs dont seuls deux seront condamnés dix-neuf ans après. Une enquête officielle a conduit, en 1999, à la publication du « rapport Macpherson » (du nom de son auteur) qui a conclu que l’incapacité de la police londonienne à résoudre l’affaire était en partie le résultat de son « racisme institutionnel ». Selon ce concept – précurseur du « biais inconscient » – le racisme chez les policiers ne dépend pas de leurs convictions personnelles, mais est inhérent à leur formation et à leur comportement. Une lecture de plus en plus radicale de ce principe a été promue par des politiques de gauche et des groupes de pression avec l’arrivée de l’idéologie diversitaire américaine vers 2015, et avec les manifestations BLM en 2020. Ensuite, en 2021, des cas choquants de viols commis par des policiers ont fait les gros titres conduisant à un nouveau rapport officiel en 2023 qui a conclu que la police était sexiste et incapable de se réformer elle-même.
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L’élément essentiel de la wokisation volontaire des différentes forces de police est un glissement sémantique de l’égalité, principe inscrit dans la loi qui stipule que tout le monde doit être traité de la même manière, à l’équité, notion consacrée par l’idéologie qui postule que les minorités doivent être traitées de manière différente pour compenser les inégalités dont elles sont censées souffrir. Si le taux d’arrestation des membres de minorités est supérieur à leur proportion de la population générale, il faut le réduire et augmenter celui des Blancs. La police du Hampshire, où se trouve Southampton, a été mise en cause en 2021 quand les détectives d’une unité d’élite ont été enregistrés en train d’insulter un collègue noir. Le scandale a poussé la hiérarchie à dépenser presque un million d’euros en formations à la diversité et à l’équité, avec le résultat qu’on a vu le 3 décembre. La police continue à faire son travail, souvent avec courage et dévouement, pendant que ce qui reste en son sein de racisme et de sexisme ordinaires est masqué par le nouveau racisme antiblanc. Mais ce masque vient de tomber, mettant à nu les contractions « institutionnelles » des « bobbies ».




