Nos amis de la revue l’Incorrect ont vu leur « une » censurée!


Les Parisiens sortent à peine de chez eux. En cette fin de pandémie, masqués, parfois gantés, tâtonnant dans des rues encombrées par des terrasses sauvages, ils sont encore peu nombreux à s’aventurer jusqu’à un kiosque à journaux. Dommage pour eux. Outre l’excellent magazine Causeur consacré aux ravages du tourisme de masse, la revue amie l’Incorrect y est également présente, avec son numéro de juin et son dossier sur le thème « sulfureux » bien connu de l’immigration.

JC Decaux cloue le bec au canard droitard

En couverture, un avion, et ce titre pour faire rire les droitards : « Remigration. Sauvez des vies, rentrez chez vous ! ». À l’intérieur, le magazine se demande si la remigration de populations immigrées vers leur pays d’origine est souhaitable.

Le slogan de la revue est “Faites-le taire !” Il semble que Mediakiosk, filiale de JC Decaux, l’ait pris au pied de la lettre. Le fondateur de l’Incorrect, Jacques de Guillebon, nous explique sa mésaventure : « Nous nous sommes dit qu’étant donné qu’il y avait très peu d’affichage à la sortie du confinement, c’était le bon moment de faire la publicité pour cette couverture que nous aimons bien. C’est aussi notre modeste effort en faveur des kiosques qui sont en difficulté ! Cela représente quelques milliers d’euros. Nous devions apparaitre sur 160 kiosques pendant quatre jours. C’est une petite opération ».

Mais quand Guillebon et sa clique se réjouissent de voir leur travail enfin affiché sur les kiosques, rien. « On s’est aperçu du problème jeudi dernier, le jour même où les affiches devaient être déployées. Ne voyant pas nos affiches, nous avons contacté notre régleur, Pagure Presse, pour savoir ce qui se passait ».

Silence gêné chez Mediakiosk… On finit par découvrir que c’est bien la régie publicitaire qui a décidé de ne pas diffuser les affiches, étant donné le contexte des manifestations autour d’Adama Traoré.

Même pas prévenus!

« Nous avons un contrat, nous avons payé, et nous n’avons même pas été prévenus ! » s’indigne Jacques de Guillebon. Il ajoute : « Nous estimons que Mediakiosk n’a pas le droit de décider cela. Ce n’est pas la Préfecture de police qui a demandé que les affiches soient retirées par crainte de troubles, que je sache ! » Et s’il est vrai que le sujet est politiquement incorrect, la « une » du mensuel n’est pas un appel à la haine, et ne tombe en rien sous le coup de la loi.

A relire, du même auteur: Facebook, Causeur et moi…

Des titres proches de l’Incorrect comme Valeurs actuelles, Boulevard Voltaire (et désormais Causeur) parlent bien de cet épisode embêtant, mais l’équipe de l’Incorrect déplore que les grands médias ne se soient pas encore emparés de ce cas d’atteinte à la liberté de la presse. Une publicité similaire du même magazine sur l’Islam, en janvier 2019, avait bien été diffusée sur les kiosques sans incident. Ce serait le terme « remigration » qui pose problème à la régie publicitaire. « Nous allons attaquer Mediakiosk en justice, conclut Guillebon. En plus, cette thématique interdite est tout de même très fréquente dans les discussions de toute une partie de la droite. Personne ne l’avait prise à bras le corps, que je sache. On ne sait pas encore si nous allons en référé, ou si cela prendra plus de temps. » Une chose est sûre, comme l’opération de communication visait un numéro spécifique, elle est tuée dans l’œuf et le journal a déjà perdu un peu d’argent suite à une décision prise en toute opacité… À suivre.

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