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Remigration, une chance pour la France?

Remigration, une chance pour la France?
Aéroport Roissy-Charles de Gaulle, 26 août 2010, reconduction d’une centaine de Roms vers la Roumanie à bord de vols affrétés pour Bucarest © BORIS HORVAT / AFP.

 


L’intégration d’une partie des immigrés musulmans en France et de leurs descendants est un échec patent. Pour inverser la vapeur, il faudrait limiter drastiquement l’immigration des pays musulmans et renvoyer dans leurs pays certains binationaux, à commencer par les délinquants. Les «identitaires» proposent des mesures légales et républicaines pour le faire. Nous les passons en revue…


Comme tout le monde ou presque, j’aurais préféré que l’histoire de ces cinquante dernières années donne tort aux prédictions de Jean-Marie Le Pen sur l’immigration. Comme beaucoup de Français indécrottablement idéalistes, j’ai espéré que la France, dans sa grandeur et sa générosité, déjoue les pièges de la fatalité et voie naître en son sein un islam éclairé, pratiqué à bonne distance d’un dogme totalitaire, conquérant et criminel par une majorité très écrasante de nos concitoyens musulmans séduits par les charmes du monde libre. Un islam français dévoyé (mais de quelle voie ?) enrichi de liberté, d’égalité et de fraternité qui, au moment des printemps arabes, aurait poussé de jeunes Français musulmans à partir en Syrie au secours des femmes yézidies, combattre les barbares de Daesh pour leur apprendre la religion de paix et de tolérance. Après tout, les communistes ont bien mis au rencard leurs rêves de dictature du prolétariat, desserré les dents pour laisser tomber le couteau et se changer en assistantes sociales à la tête de municipalités populaires, propalestiniennes certes, mais si on se civilise, on ne se refait pas.

Mais ça ne s’est pas passé comme ça. C’est un autre islam qui est passé. Ça avait pourtant plutôt bien commencé. Dans un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître, à Barbès, les jeunes femmes étaient libres et sexy, le voile qui ne couvrait que leurs vieilles mères était une espèce en voie de disparition. La burqa n’était nulle part, aussi exotique que l’étui pénien chez les Papous. Ceux qu’on appelait les « beurs », par délicatesse, car le mot « arabe » était un peu excluant, portaient des blousons de cuir, jouaient du rock et chantaient « douce France, cher pays de mon enfance ». Mais la mode a changé. Dix ans plus tard, des banlieusards en survêtement et casquette sont venus chanter « qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ? », annonçant en musique les pressions, les intimidations, les destructions, les insultes, les menaces, les agressions et les meurtres qui allaient venir de certains immigrés qui prennent la voie d’un séparatisme pas du tout amish.

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D’autres Français qui ne veulent pas laisser faire se sont alors levés et organisés pour demander à la nation outragée : « Qu’est-ce qu’on attend pour les foutre dehors ? » En quelques décennies, la possibilité de continuer à « vivrensemble » avec des gens dangereux qui nous détestent leur est devenue inenvisageable et le mot « remigration » est apparu. Mais voilà, le mot peut faire peur. Sans plus d’explications, il peut amener les plus vigilants d’entre nous à craindre une épuration ethnique ou religieuse, et personne ne veut voir des familles encadrées par la police, et entassées dans des ports en attendant des bateaux. 

Qu’on se rassure, même proposé par ceux que la vulgate médiatique classe à l’extrême droite, le projet ne ressemble en rien aux rapatriements des Français d’Algérie. Pas d’amalgame. Même pris en charge par nos « fachos », les musulmans en France ont moins à craindre les brutalités et les arbitraires que leurs coreligionnaires chinois ou birmans, ou que les juifs ou les chrétiens d’Orient. Pour tenter de convaincre la nation que la chose pourrait être moins effrayante que le mot, les « identitaires » publiaient en février 2017 « 30 mesures pour une politique d’identité et de remigration ». « Cette remigration peut prendre plusieurs années, voire dix ou vingt ans. Elle sera humaine, mais ferme », annoncent-ils en préambule de 180 pages pleines de chiffres, de stratégies, de méthodes, d’explications sur ce qui ne manquerait pas de coincer et de solutions pour décoincer.

Les mesures ne visent pas les immigrés européens, mais pour les autres, il s’agit de transformer les flux en goutte à goutte : finis le droit du sol, le regroupement familial, l’accueil des migrants et la double nationalité, stoppées pour dix ans toutes les naturalisations, même par mariage, sauf pour les hommes de la Légion étrangère, suppression de l’AME, priorité nationale et européenne pour les emplois, exclusivité pour les aides sociales et les logements sociaux, prison pour les patrons qui emploient sciemment des clandestins.

Et pour réduire les stocks : expulsion de tous les sans-papiers, des réfugiés déboutés et de tous les étrangers en prison, déchéance de la nationalité pour les personnes naturalisées depuis moins de dix ans ou les binationaux délinquants ou criminels. Sont prévus des accords avec les pays d’origine, ou des pressions pour rendre tout cela possible. Par ailleurs, une campagne d’incitation pour ceux qui ne se sentent pas chez eux, qui souhaitent nous quitter à l’amiable et de leur plein gré, et pour les accompagner, un fonds d’aide au retour.

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Enfin pour défendre l’identité française, les identitaires proposent de changer le paysage : plus de voiles islamiques dans les rues, de minarets, d’abattage rituel, de prêches en arabe, de financements publics ou étrangers des mosquées, plus d’UOIF, de propagande immigrationniste sur les médias de service public, de financement d’associations d’aide aux immigrés, de lois antidiscrimination, d’interdits alimentaires dans les cantines ou les commerces. Une taxe sur le hallal pour alimenter le fonds d’aide au retour et un grand ministère de l’Identité et de l’Enracinement pour enseigner les fondements de l’identité française et institutionnaliser l’esprit de reconquête.

Ces mesures qui figurent en nombre dans les programmes du RN ou de LR ont le mérite de ne pas tourner autour du pot. Ici, contre le séparatisme, on ferme pour de bon les frontières pour cause de travaux de reconstruction de l’unité nationale et d’assimilation à marche forcée. Ici, contre l’insécurité, on n’interdit pas tantôt les rodéos, tantôt les feux d’artifices, on nous débarrasse directement de la racaille. La déchéance de la nationalité et le retour au pays de leurs aïeux pour les binationaux ou pour les fraichement naturalisés condamnés pour des crimes ou des délits est une solution intéressante. Elle pourrait soulager la France d’une bonne part de ceux qui remplissent ses prisons, de ces petits délinquants qui deviennent de parfaits petits talibans, dissuader tous ceux que la carrière de Mohamed Merah inspire et les ramener par une menace sérieuse dans le droit chemin. À l’objection « mais ils sont Français » qui réduit tout le monde à l’impuissance, les identitaires répondent « mais pas seulement » et nous proposent de sortir de l’impasse par la voie républicaine.

Enfin contre l’islamisation, on bannit du paysage chrétien ou laïque tout ce qui l’enlaidit et le dénature, plus de ces femmes voilées qui affichent obstinément et effrontément leur soumission au pays des hommes et des femmes libres ou qui se pavanent tranquillement dans nos rues dans l’uniforme de l’ennemi. Le projet est radical mais au pays de Mila et des 120 attaques au couteau par jour, quelle est l’alternative ? L’ubérisation ? La déradicalisation ? L’éducation civique ? La remigration pourrait être la seule réponse sérieuse, la seule qui soit une chance pour la France.

Les identitaires, 30 mesures pour une politique d’identité et de remigration, éditions Idées, 2017.

Novembre 2020 – Causeur #84

Article extrait du Magazine Causeur


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Cyril Bennasar, anarcho-réactionnaire, est menuisier. Il est également écrivain. Son dernier livre est sorti en février 2021 : "L'arnaque antiraciste expliquée à ma soeur, réponse à Rokhaya Diallo" aux Éditions Mordicus.

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