Cendrillon, à l’Opéra Bastille, le 29 octobre, puis les 1, 4, 7, 10, 14 et 16 novembre. Une distribution pas intégralement féérique, mais reste l’enchantement de la musique de Massenet, intact.
Le compositeur du Roi de Lahore (1877), de Manon (1884), de Werther (1892), de Thaïs (1894) a moins de quinze ans à vivre lorsque, pour l’Opéra-Comique de Paris, il compose Cendrillon, au crépuscule du XIXème siècle, d’après le conte de Charles Perrault. Avec Cendrillon, nous ne sommes plus du tout dans le bel canto rossinien (cf. La Cerenentola, ce dramma giocoso millésimé 1817, dont le spectacle vient de triompher ce mois-ci au Théâtre des Champs-Elysées), mais dans les volutes ultra raffinées du « grand opéra » à la française, pastichant plus ou moins la musique du XVIIIème siècle – ainsi que le fera quelques années plus tard Richard Strauss, pour camper en travesti le jeune Octavian du Chevalier à la Rose. Jules Massenet, à 57 ans, est au sommet de son langage mélodique.
L’Opéra Bastille reprend donc, pour sept représentations encore, une production millésimée 2022, dans une mise en scène de Marianne Clément (costumes et décors signés Julia Hansen) qui renvoie à l’âge industriel et à ses usines, à ses filatures aux rouages compliqués, aux architectures de fer et aux resplendissantes verrières arborées de palmiers, dans l’âge d’or des expositions universelles. Mais aussi à la naissance du cinéma et aux fantasmagories de Méliès. La transposition du conte dans l’époque de la fée-électricité, en raccord avec la date de création de l’opéra (1899), fonctionne très bien sur le plan plastique. Sous la plume du librettiste Henri Cain, Cendrillon n’a plus rien d’un conte pour enfants : Madame de La Haltière, génitrice de Lucette (le prénom de Cendrillon) y figure une marâtre bourgeoise, antipathique mère-maquerelle tenaillée par une unique obsession : ravir en faveur de ses filles, Noémie et Dorothée, le parti le plus lucratif.
Il est toujours risqué de repasser les plats avec un nouveau personnel de cuisine. Si, au pupitre, la cheffe canado-ukrainienne Keri-Lynn Wilson, fondatrice et directrice musicale de l’Ukrainian Freedom Orchestra, s’empare avec brio de la partition pour son entrée sous le ciel lyrique parisien, c’est peu dire que Paula Murrihy ne remplace pas à son avantage, dans le rôle travesti du Prince charmant, la mezzo-soprano britannique Anna Stephany qui y faisait merveille en 2022 : vibrato poussif exagérément alenti, manque de netteté dans le phrasé, la mezzo-soprano irlandaise paraît décidément à la peine dans cette partition il est vrai particulièrement exigeante… On retrouve fort heureusement une Madame de La Haltière à son meilleur sous les traits de la mezzo-soprano Daniela Barcellona. Quant à la soprano caribéenne Jeanine de Bique en Cendrillon/Lucette (prenant la succession de l’inoubliable soprano Tara Erraught), elle impose, en dépit d’une émission quelque peu étouffée par la puissance orchestrale, une voix tout à la fois délicate et charnue dont l’intensité dramatique n’est pas moindre que lorsqu’elle campait Alcina, de Haendel, il y a trois ans, dans la mise en scène de Robert Carsen. Marine Chagnon, qu’on vient d’entendre avec bonheur en Zerlina dans Don Giovanni sur le même plateau de la Bastille, reprend le rôle de Dorothée aux côtés d’Emy Gazeilles, qui campe sa sœur Noémie, duo drolatique et sensationnel. La soprano norvégienne Caroline Wettergreen complète cette distribution pas intégralement féérique, comme on l’a vu. Reste l’enchantement de la musique de Massenet, intact.
Cendrillon. Conte de fées en quatre actes et en six tableaux de Jules Massenet (1899). Direction musicale Keri-Lynn Wilson. Mise en scène Marianne Clément. Orchestre et chœurs de l’Opéra de Paris. Avec Jeannine De Bique (Cendrillon), Daniela Barcellona (Madame de La Haltière), Paula Murrihy (Le Prince charmant), Caroline Wettergreen (La Fée), Emy Gazeilles (Noémie), Marine Chagnon (Dorothée), Laurent Naouri (Pandolfe), Philippe Rouillon (Le Roi)…
Opéra Bastille, le 29 octobre à 14h30 ; les 1, 4, 7, 10, 14, 16 novembre à 19h30 Durée : 3h.
Immigration, Pacte vert européen, liberté d’expression, wokisme, services numériques, élargissement… Sur tous ces sujets, les élections de l’année prochaine seront cruciales pour les Français. Si la coalition au pouvoir à Bruxelles n’est pas battue, nous pouvons craindre une radicalisation des politiques actuelles et un appauvrissement des Européens.
La souveraineté nationale n’est plus qu’un mythe. Comme d’autres peuples européens, les Français ne semblent pas avoir compris que la majorité des décisions politiques qui engagent leur avenir se prennent à Bruxelles et Strasbourg, et plus à Paris. Ils débattent peu de ce qui s’y passe, ne connaissent pas leurs représentants au Parlement européen, ne savent pas comment ceux-ci votent et participent peu à ces élections (50% de participation seulement, en 2019). Les prochaines, le 9 juin 2024, seront cruciales. La majorité actuelle allie le PPE, SD et Renew dont les composantes françaises sont respectivement LR, le PS et les macronistes, très souvent de mèche avec les écologistes. Si cette majorité est reconduite nous aurons « plus de la même chose » : l’immigration massive, une réduction du niveau de vie par l’écologie punitive, des limitations croissantes de la liberté d’expression et les progrès du wokisme et de l’islamisme. La rendre mathématiquement impossible est, sans exagération, un impératif vital pour la civilisation européenne, telle que nous la connaissons encore.
Plusieurs enjeux fondamentaux se détachent.
D’abord stopper l’immigration. Depuis trente ans au moins, comme le montrent tous les sondages, la majorité des Européens, dont les Français, refusent la politique migratoire européenne qui consacre presque sans limite le regroupement familial et une conception dévoyée du droit d’asile. Depuis trente ans, à chaque crise, les dirigeants donnent des coups de menton, se rengorgent de formules creuses (« une politique ferme mais humaine ») alors que presque chaque année les chiffres de l’immigration sont en hausse. Tétanisés par le lobby migratoire (médias, ONG et universitaires), ces dirigeants sont complètement déconnectés du vécu des populations. Le jour même où Ursula von der Leyen pontifiait à Strasbourg sur l’état de l’Union européenne en abordant à peine la question, l’île de Lampedusa (6 000 habitants) était envahie par 7 000 migrants en un seul jour !
Ensuite, annuler le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) qui va appauvrir la majorité des Européens. L’interdiction des voitures à moteur thermique dès 2035 est un coup de Jarnac porté à l’industrie automobile européenne et un cadeau à l’industrie chinoise qui n’en espérait pas tant ! Les fonctionnaires à l’origine de cette folle mesure ont-ils par exemple réfléchi aux investissements nécessaires pour augmenter la production électrique et la capacité du réseau, installer sur les trottoirs des bornes de recharge électrique ? La directive logement en cours d’examen a pour objectif de pénaliser les propriétaires qui n’auront pas rénové, à grands frais, leurs biens. La crise du logement va encore s’aggraver. En réalité, il résultera de ces deux politiques phares, interdiction des moteurs thermiques et directive logement, une baisse drastique du niveau de vie de la grande majorité des Européens.
Revoir le Digital Services Act (DSA). Même s’il comporte des aspects positifs, le règlement sur les services numériques (plus connu sous le nom de DSA), en application depuis quelques mois, constitue un danger majeur pour la liberté d’expression. Exemple typique de texte complexe dont les citoyens ne perçoivent pas forcément les dangers, il « responsabilise » les plateformes (Facebook, X, Youtube…) en ce qui concerne les contenus diffusés. Dans le doute et afin d’éviter des amendes colossales, elles auront tendance à censurer a priori, ce qu’elles font déjà ! Avec la fable de l’attaque israélienne sur un hôpital de Gaza, nous venons de vivre un exemple de désinformation mondiale massive par les médias mainstream, mais ils ne sont pas concernés par ce texte qui ne vise que les réseaux sociaux, notre ultime espace de liberté ! Le but de la DSA n’est pas de lutter contre la « désinformation », mais contre toute information contradictoire au récit officiel. Pourtant, les exemples de « désinformation », donnés par la Commission, pendant la crise du Covid-19, ont été nombreux. Et on peut aussi s’inquiéter qu’il ne soit demain plus possible d’entendre les voix de ceux qui suspectent des irrégularités lors des élections américaines, par exemple. En revanche, quand Gérald Darmanin nous parle des supporteurs anglais (pour les incidents au stade de France) ou de Kevin et Mattéo (après les émeutes), il s’agit bien sûr d’informations objectives !
Au plan institutionnel, la Commission, qui a le monopole des initiatives législatives, soutient avec des budgets considérables des associations musulmanes polémiques, le wokisme, la théorie du genre ou la panique climatique afin de relayer son idéologie climato-immigratio-progressiste.
Madame von der Leyen, qui n’est pas élue, a en réalité plus de pouvoir que le président Macron. Sans mandat pour cela, elle élargit sans cesse le périmètre d’action de son institution et veut admettre à brève échéance de nouveaux pays dans l’Union dont l’Ukraine et la Moldavie, sans consulter les populations européennes. La Commission doit être bridée, contrôlée dans ses moindres dépenses ; le Conseil européen et le Conseil des ministres doivent être renforcés pour en revenir à la philosophie d’une Europe des patries chère au général de Gaulle.
Sur toutes ces questions, les candidats et les partis devront être interrogés et se positionner et il conviendra de soutenir ceux qui veulent rompre avec cette Europe non démocratique qui s’impose contre la volonté de ses peuples.
Dans une exhibition de sentiments pro-Hamas d’une rare obscénité, des étudiants et des profs de fac partout aux Etats-Unis ont dévoilé leur vrai visage. En prêchant des leçons de « paix » et de « résistance » depuis leurs bibliothèques et bureaux cossus, ces terroristes en pantoufles s’avèrent être les idiots utiles et les jouets des vrais terroristes. Enquête au pays de l’abjection.
Nous savions déjà que l’extrême-gauche révolutionnaire – trotskyste, maoïste et autre – des années 1970-1990 avait partie liée avec les organisations terroristes qui se flattaient de libérer les peuples du tiers-monde courbés sous le joug de l’oppression capitaliste et néocoloniale. La focalisation spéciale sur la cause dite « palestinienne », telle qu’elle était définie par ces apologistes de la violence insurrectionnelle, représentait une feuille de vigne qui cachait à peine leur antisémitisme. L’extrême-gauche wokiste d’aujourd’hui, qui lutte pour les revendications les plus extravagantes des transgenres, la « déconstruction » de tous les hommes, la discrimination « positive » sans complexe et le versement de réparations par les Blancs aux non-Blancs, se prétend très différente. Son terreau étant les campus américains, où des étudiants respectueux de la loi ne feraient qu’exprimer leur inquiétude concernant des questions d’égalité, de diversité et de genre, elle proclame sans cesse qu’elle n’a rien à voir avec le terrorisme. Les violences commises lors des manifestations BLM ont permis de douter de ce pacifisme affiché, ainsi que les accointances entres activistes wokistes et militants antifa. Mais les atrocités commises par le Hamas viennent de jeter une lumière crue sur la sympathie profonde qu’éprouvent les intellos engagés et les enfants gâtés des universités nord-américaines pour les jihadistes les plus sanguinaires de la planète.
Comme dans le passé, c’est encore la cause « palestinienne » qui sert de révélateur, mettant à nu une haine aussi destructrice qu’irresponsable qui, chez ces idéologues, se dissimule mal sous le voile de l’hypocrisie. Mais cette fois la distinction est plus claire que jamais entre ce que pourrait être une vraie « cause » des Palestiniens qui, comme tout peuple, ont droit à la vie, à la liberté et à la quête du bonheur, et la cause des terroristes du Hamas. Certaines déclarations d’étudiants et de professeurs américains ont été rapportées dans les médias français, mais le nombre et la gravité de ces incidents méritent être soulignés dans la mesure où ils révèlent l’enracinement profond dans une certaine culture universitaire des attitudes les plus inhumaines déguisées sous les oripeaux d’un humanisme pacifique.
Florilège de l’indécence
C’est un groupe d’étudiants « alliés » de la Palestine à Harvard qui a eu la gâchette la plus facile, bricolant un texte de soutien le jour même où le Hamas a déclenché son opération infernale. Le soir du 7 octobre, donc, ils ont publié sur Instagram une déclaration conjointe, contresignée par plus de 30 autres associations d’étudiants de l’université, affirmant que « Nous […] tenons le régime israélien pour entièrement responsable de la violence en cours ». Devant l’esclandre public qui a accueilli cette déclaration, certains représentants d’association ont fait marche arrière, prétendant qu’ils n’avaient pas lu la déclaration.
The New York Post, 26/10/2023
Le même jour, Zareena Grewal, professeur d’anthropologie historique à Yale, se qualifiant elle-même de « musulmane radicale », publiait sur X : « Israël est un État meurtrier, génocidaire, colonialiste et les Palestiniens ont parfaitement le droit de résister par la lutte armée, solidarité #FreePalestine ». En réponse à la publication d’une journaliste britannique protestant que « des civils sont des civils », elle a commenté sèchement : « Des colons ne sont pas des civils. Ce n’est pas dur à comprendre ». Une pétition ayant récolté plus de 50 000 signatures exige qu’elle soit renvoyée. Jusqu’à ce jour, en vain. Sans surprise, son « islam radical » se double d’anticapitalisme – c’est normal dans une université prestigieuse financée par les grandes entreprises et les fortunes familiales de ses alumni.
Compte X de Zareena Grewal, aujourd’hui il faut lui demander un abonnement pour avoir accès à ses postes.
Le lendemain, Joseph Massad, professeur d’études du Moyen Orient à l’université de Columbia, s’est révélé plus disert. D’origine jordanienne et de foi chrétienne, il a publié un article dans la revue en ligne, The Electronic Intifada, pour célébrer la grande réussite de l’action du Hamas. Saluant leur usage de parapentes comme « innovant », comme s’il s’agissait de la mise sur le marché d’un nouveau format de capsules à café, il a conclu que le « plus grand succès » de cette opération a été de porter « un coup mortel à la confiance que les colons israéliens pouvaient avoir dans leurs forces militaires et la capacité de ces dernières à les protéger ». Une pétition signée par presque 50 000 personnes a demandé son renvoi. Toujours en vain.
Grewal et Massad, pourtant, se sont cantonnés dans le triomphalisme et les encouragements. A Stanford, le surlendemain, un professeur invité, qui n’a pas été nommé mais qui a été suspendu depuis par les autorités universitaires, a préféré l’action. Tentant de justifier l’opération du Hamas devant une classe de 18 étudiants, il a demandé combien de personnes sont mortes dans la Shoah. A l’étudiant qui a répondu six millions, il a riposté que plus de gens étaient morts sous la colonisation (on suppose qu’il s’agit des empires britanniques, français etc.). Avant d’asséner : « Et Israël est un pays colonisateur ! ». Ensuite, demandant aux étudiants de s’identifier selon leur ethnicité, il aurait envoyé tous les juifs au fond de la salle avec le commentaire : « Voilà ce que fait Israël aux Palestiniens ». Un véritable cours pratique dans l’art d’humilier et de terroriser des innocents qu’on présume coupables.
Le même jour, toujours en Californie mais à l’université sise à Davis, Jemma Decristo, une femme trans de couleur, professeur d’études afro-américaines, a publié sur Twitter un post, depuis effacé, attirant l’attention sur la vulnérabilité des « journalistes sionistes » comme boucs emissaires potentiels : « ils ont des maisons avec des adresses et des enfants scolarisés […] ils peuvent avoir peur de leurs chefs, mais ils devraient avoir plus peur de nous ». Afin de dissiper tout vestige d’ambiguïté, le texte était suivi des emojis pour un couteau, une hache et des gouttes de sang. L’auteur est toujours en poste.
Capture d’écran reproduite par Campus Reform, 19/10/2023.
Le 17 octobre – à une date où tout le monde aurait dû avoir le temps de bien réfléchir sur la nature des événements en cours – Mika Tosca, encore une femme trans, militante anticapitaliste et climatologue à l’École de l’Art Institute of Chicago, n’a pas pu s’empêcher de vomir son fiel sur Instagram : « Les Israéliens sont des cochons. Des sauvages. Des gens très, très méchants. Des excréments irrécupérables ». Elle a présenté ses excuses par la suite, ce qui est apparemment tout à son honneur, mais cette explosion de haine sans retenue révèle l’atmosphère délétère dans laquelle baignent ces militants déguisés en enseignants-chercheurs.
Capture d’écran reproduite par The New York Post, 18/10/23
Entretemps, le 15 octobre, un spécialiste de la culture politique afro-américaine, surtout radicale, à Cornell, Russell Rickford, a pris la parole devant un meeting pro-palestinien sur un des campus de son université. Devant des banderoles proclamant que l’antisionisme n’est pas l’antisémitisme (une précaution purement oratoire), il a harangué la foule, célébrant les actions du Hamas comme « un défi au monopole de la violence » qui « a changé le rapport de forces », et criant, d’une voix tremblante d’émotion, que ces actions étaient exhilarating (« exaltantes ») et energizing (« dynamisantes »).
The New York Post, 16/10/2023
Face à des appels à son renvoi de la faculté, il a essayé de faire amende honorable, trois jours plus tard, avouant que son langage était « répréhensible » et présentant des excuses « pour le choix de mots abominable que j’ai employé dans une partie d’un discours qui avait pour objectif de souligner les traditions populaires afro-américaine, juive et palestinienne de résistance à l’oppression ». Un tel écuménisme brillait plutôt par son absence dans son allocution. Finalement, malgré une manifestation d’étudiants en sa faveur, le 21 octobre, il a annoncé qu’il partait en congé.
Les sybarites de la haine
Le cas de Russell Rickford est particulièrement instructif. Né en 1975, ses parents étaient tous les deux des professeurs d’études afro-américaines. Il a grandi dans un milieu universitaire, étudiant lui-même à l’université Howard, la faculté d’élite pour les Afro-américains, et à Columbia, avant de rejoindre Dartmouth et ensuite Cornell comme professeur. Il a co-écrit un livre avec son père sur le parler caractéristique des Afro-américains et, seul, une biographie de Betty Shabazz, la femme de Malcolm X qui, comme son époux, était membre de la Nation of Islam. Rickford a toujours évolué donc dans un milieu très circonscrit, dominé par la cause militante des Noirs mais protégé des vrais problèmes des classes populaires noires. Rickford est de ceux qui croient à une unité fondamentale entre la lutte des Afro-américains et celle des Palestiniens dans une sorte de fraternité mondiale anti-blanche. Dans un article de 2021, il avait exhorté les classes populaires noires à « reconnaître la dimension planétaire de la suprématie blanche » et « le besoin de créer des alliances insurrectionnelles internationales transcendant les frontières de couleur et de culture ». Sauf qu’il est peu probable que beaucoup des membres de ces classes aient lu son texte, car il est clair que sa vie n’a rien à voir avec la leur. Rickford est un révolutionnaire de salon qui prêche la révolte sans avoir à y participer et à en subir les conséquences. Et ce qui vaut dans son cas, vaut dans ceux de tous ces professeurs, qu’ils soient des militants BLM, des femmes trans anticapitalistes ou des personnes nées au Moyen Orient ayant trouvé un poste dans une faculté prestigieuse aux Etats-Unis. Leur milieu matériellement confortable est aux antipodes du régime tyrannique imposé aux Palestiniens par le Hamas. Ils lancent leurs anathèmes depuis leurs « safe spaces », loin des bombardements subis par Israéliens et Palestiniens. L’objet de leur recherche étant leur propre identité, ils vivent dans un monde circulaire où tout les ramène à eux-mêmes et les sépare de la cruelle réalité des zones de guerre. Le souci de l’autre se transforme sans cesse en nombrilisme.
Au cours des décennies, l’action de ces enseignants-chercheurs a fait des campus des camps d’endoctrinement, où une minorité de professeurs et d’étudiants exerce une forme de terreur sur la majorité. Côté élèves, on joue à un simulacre de guerre, de guérilla et de mort, visible dans leurs manifestations récentes. Le 11 octobre, à l’université de Wisconsin-Madison, une réunion publique était rythmée par les slogans « Gloire aux martyrs », « Gloire aux résistants » et « Nous libérerons la terre [la Palestine] par tous les moyens nécessaires ». En clair : en tuant les Israéliens comme l’a fait le Hamas. Ici, scander des menaces se substitue à répétition à leur exécution. Le 18 octobre, les étudiants de Harvard ont organisé un « die-in », en partie en réponse à la « frappe aérienne » contre l’hôpital Al-Ahli la veille. Après avoir marché du campus principal à l’école de commerce en chantant le slogan affectionné par les antifa, « Pas de justice, pas de paix », ils se sont couchés sur la pelouse en faisant les morts en un acte de « résistance ». Ce coup de théâtre ne leur a rien coûté, tandis qu’ailleurs des personnes ont vraiment perdu leur vie.
Le soir du 24 octobre, lors d’une manifestation à l’université George Washington, quatre étudiants masqués ont projeté sur les murs de la bibliothèque principale les slogans: « Gloire à nos martyrs », « GW [l’université George Washington] le sang des Palestiniens est sur vos mains », « Payer vos frais de scolarité, c’est financer le génocide à Gaza », et « Libérez la Palestine de la rivière à la mer », ce dernier étant le langage à peine codé pour la destruction de l’Etat d’Israël.
George Washington University – students are projecting horrifying messages onto a school library building glorifying Hamas terrorists that beheaded babies, raped teenage girls, and murdered 1400+ people.
En jouant avec la lumière, ces étudiants jouaient avec le feu, sans trop de conséquences pour eux-mêmes. Dans tous ces cas, il s’agit de mimer une réalité lointaine sans y participer. Peut-on dire que cette forme de comédie sinistre risque de se transformer en passage à l’acte, en violence véritable? Il y a une histoire d’incidents répréhensibles voire macabres à l’université George Washington. A l’automne 2022, des étudiants juifs se sont plaints d’un professeur de psychologie qui aurait pratiqué une forme de discrimination contre eux. En novembre 2021, des étudiants ont été accusés d’avoir posté une vidéo sur Snapchat où une femme déclare: « Nous allons bombarder Israël, mec ». Peu avant, quelqu’un était entré par effraction dans le dortoir d’une fraternité où 25% des étudiants étaient juifs pour profaner un rouleau de la Torah. Dans le cas les projections récentes, ce qui était particulièrement sinistre, c’est que la bibliothèque a reçu des dons importants d’un couple juif, Estelle et Melvin Gelman, dont elle porte le nom. Elle possède une collection importante de documents judaïques. Autrement dit, les manifestants simulent par tous les moyens possibles la destruction d’Israël ou l’effacement des juifs.
Certes, on n’a pas encore vu de véritable pogrom sur les campus américains, mais on peut dire que ces étudiants jouent littéralement le jeu des terroristes du jihad. Ils normalisent le spectacle de la violence et, en même temps, sur le plan pratique, ils font du lobbying pour la cause et collectent sans doute des fonds. A l’abri de tout danger, ils font le travail de groupes dangereux. Ils sont les jouets d’organisations qui promeuvent l’antisémitisme sous couvert d’antisionisme. Le mouvement « Boycott, Divestment, Sanctions » (BDS), appelant à boycotter, à sanctionner et à priver d’investissements les Israéliens, leurs institutions et leurs entreprises, a été créé en 2005 par quelque 170 organismes palestiniens. Dirigé par un comité palestinien, il est très actif dans les universités où il somme régulièrement les autorités académiques de ne pas investir en Israël – jusqu’ici en vain. Students for Justice in Palestine a plus d’universitaires dans son administration – comme Judith Butler – et Jewish Voice for Peace se présente comme un organisme juif antisioniste, mais tous les deux font le même travail que BDS. Les étudiants sont-ils naïfs, inconscients ? Ce sont surtout les marionnettes impuissantes mais utiles de manipulateurs sans aucune humanité.
Bas les masques !
Les événements récents ont eu pour effet de faire tomber des masques de manière définitive. La gauche révolutionnaire d’aujourd’hui est semblable à celle d’hier, mais en pire. Le terme woke désigne, plus qu’une idéologie, une alliance contre-intuitive, contre nature même, entre des militants antiracistes, des activistes du genre et certains musulmans. Si jamais elle rencontrait du succès dans sa lutte contre la société capitaliste, une telle alliance ne pourrait pas survivre. Les jihadistes n’ont rien à cirer des revendications LGBT+ ou des Noirs non-musulmans. Allons-nous voir maintenant la désagrégation de cette fédération? Rien n’est moins sûr. Pourtant le spectacle macabre qu’est devenue la vie sur les campus américains permet à tout le monde de voir le vrai visage des idéologues. On a beaucoup parlé de la réaction vigoureuse des chefs d’entreprise et des cabinets d’avocats qui ont refusé d’embaucher les étudiants soutenant le Hamas. C’est un début. Mais il reste beaucoup de travail à faire si on veut réclamer ces territoires perdus de l’humanisme.
Canada. Les garder ou les exclure selon leur «inclusivité»? le grand-remplacement des livres a commencé…
Si l’éducation nécessite que, selon la célèbre affiche pour Gallimard avec Gérard Philipe, l’on « dévore » des livres, certains enfants dans la province d’Ontario au Canada sont restés sur leur faim à la rentrée : des rayons entiers de la bibliothèque de leur école étaient vides. Selon Reina Takata, étudiante en seconde dans un établissement près de Toronto, plus de la moitié des ouvrages avait disparu. Dans d’autres écoles du district scolaire de Peel, c’était la même histoire. Parmi les volumes désormais introuvables, on citera des romans de la série Harry Potter, le best-seller de science-fiction Hunger Games et Le Journal d’Anne Frank. Les livres en question ont en commun d’avoir été publiés avant 2008.
Comment en est-on arrivé là ? Tout a commencé par une directive du ministère d’Éducation de la province enjoignant au district scolaire de Peel de conduire un audit de la diversité dans ses écoles. En réponse, le district a envoyé à ses établissements des documents concernant le processus de tri des livres dans les bibliothèques scolaires, processus tout à fait normal, appelé weeding (« désherbage ») en anglais, par lequel on enlève les livres endommagés ou très peu consultés. Or, les bibliothécaires ont reçu l’instruction d’évaluer les titres à garder ou à exclure selon leur « inclusivité » et leur potentiel pour promouvoir l’antiracisme. À cette fin, ils devaient se focaliser sur des volumes publiés il y a quinze ans ou plus. Dans certaines écoles, cette recommandation a été interprétée comme une injonction à enlever des milliers de livres uniquement en raison de leur date de publication – d’où l’hécatombe livresque. Cette opération pour favoriser l’« équité » s’est, ô surprise, avérée contre-productive.
Sur CBS News, Reina Takata, elle-même d’ascendance japonaise, s’est inquiétée de l’effacement de l’histoire des Canadiens de même ascendance qu’elle à cause de l’élimination des auteurs ayant écrit sur l’internement par les autorités canadiennes de ses citoyens d’origine japonaise entre 1939 et 1945. Une fois qu’on a lancé la machine à épurer culturelle, il est difficile de l’arrêter.
Pour réduire les émissions de CO2, les écolos sont prêts à tout, sauf à se faire réélire.
Entre la gauche écolo et les classes populaires, la fâcherie ne risque pas de s’arranger. Fin août, le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, a élargi le périmètre de la « zone à très faibles émissions » (ULEZ) de sa ville. Ce, malgré une consultation publique qui a donné 59 % de réponses défavorables. Désormais, les voitures diesel achetées avant 2015 et les voitures essence antérieures à 2006 ne peuvent plus circuler sur une superficie de 1 572 km², soit le double de Paris et la petite couronne réunies. La justification en est une étude scientifique – d’ailleurs contestée – qui prétend qu’une telle mesure permettrait de réduire la mortalité des maladies provoquées par les émissions des pots d’échappement. Conséquence : des Londoniens devront remplacer près de 200 000 véhicules. En bon travailliste, Sadiq Khan a débloqué 126 millions d’euros pour aider au changement de voiture, ce qui en moyenne reviendrait à une subvention de 630 par véhicule. Et pour ceux qui continueront à rouler dans leur vieille auto, un tarif – véritable amende – de 14,4 euros par jour sera imposé, à l’exception du jour de Noël.
Si, à Paris, les vignettes Crit’Air ne sont pas encore contrôlées par « vidéoverbalisation », un tel système est en vigueur depuis longtemps à Londres. L’annonce de l’expansion de l’ULEZ a déjà donné lieu à des actes de révolte populaire : entre avril et août de cette année, 300 caméras ont été dégradées et, pendant la semaine qui a suivi l’introduction de la mesure, 171 radars ont été vandalisés. En juillet, cette réforme a coûté la victoire au candidat travailliste lors de l’élection partielle dans l’ancienne circonscription de Boris Johnson : certain de gagner, il finalement été battu par le candidat tory. Khan est aussi président de l’organisation C40 Cities qui regroupe une centaine de maires autour du monde engagés dans la lutte pour réduire les émissions de CO2. Un rapport commandé par l’organisation préconise la suppression non seulement des voitures privées, mais aussi de la consommation de viande et des produits laitiers. Anne Hidalgo est membre de C40 Cities.
Le Média, site créé en 2017 par Sophia Chikirou et Gérard Miller, qui l’ont quitté depuis, a reçu l’accord de l’Arcom pour la création d’une chaine télévisuelle. «Le 20 octobre, on est là. C’est une révolution médiatique! Pour la première fois, une chaîne d’info indépendante débarque à la TV!» proclamait la publicité sur le site. Forcément, Causeur s’est branché pour assister à cette grande et prestigieuse soirée de lancement…
De nature curieuse, j’ai regardé le lancement de cette nouvelle chaîne d’info prévue pour être « un média indépendant des forces politiques ». Après avoir écouté les chroniqueurs et journalistes du Média TV, découvert leur manière d’aborder l’histoire et l’actualité et entendu les humoristes maison – ces derniers ayant la particularité d’être encore plus à gauche et moins drôles que Guillaume Meurice, ce qui relève d’une sorte d’exploit ! – je puis affirmer que, comme prévu, le Média TV est strictement, idéologiquement et radicalement d’obédience LFI-woko-décolonialiste.
Vite, une analyse islamo-gauchiste sur le Proche Orient !
Après une introduction laborieuse durant laquelle sont mises en avant, comme c’est original, les « valeurs de gauche antiracistes, féministes et écologistes » du Média, Julien Théry, historien à Lyon 2, ouvre les hostilités. À propos de l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre, le prof d’extrême gauche renvoie (presque) dos à dos les deux parties : les atrocités commises par le Hamas ne doivent pas faire oublier les « atrocités commises et assumées par l’État d’Israël contre la population palestinienne », en particulier contre les Palestiniens demeurant sur la bande de Gaza depuis « le milieu des années 2000 », affirme l’historien qui omet de dire que l’État d’Israël n’a jamais déclenché d’opération terroriste ni n’a jamais cherché à tuer intentionnellement des civils dans ses opérations militaires, et que la population palestinienne de Gaza vit surtout, depuis 2005 et le retrait d’Israël, sous le joug d’un Hamas n’hésitant pas à martyriser ses coreligionnaires pour atteindre ses objectifs officiels qui sont la destruction d’Israël, la mort des Juifs et l’instauration d’un califat régional, siège d’un djihad internationalisé. Gageons que cet oubli sera réparé lors d’une prochaine émission.
Apparaît alors le premier « humoriste » de la soirée. Samir Benyoucef est content que l’équipe de France de rugby ait été battue par les Sud-Africains. Pourquoi ? Parce que le sélectionneur avait osé maintenir dans son équipe Bastien Chalureau, joueur soupçonné d’avoir proféré des insultes racistes lors d’une bagarre dans un bar. Suivent quelques pitreries inévitables sur CNews et Zemmour qui peinent à arracher l’ombre du début d’un sourire à un public pourtant acquis à la cause.
Chic, Jean-Baptiste Rivoire et Nadiya Lazzouni sont de l’aventure
Jean-Baptiste Rivoire, créateur du site “Off investigation”, fera partie de l’aventure télévisuelle. Il y a quelques mois, sur le même Média, ce journaliste s’était ému de la décision de la direction de France Inter de retirer l’émission de Charline Vanhoenacker, émission qu’il considérait être « un des derniers bastions » contre le RN, de la grille quotidienne. Il disait être effrayé : « Je ne sais pas ce que la direction de France Inter aurait fait en 1942 en France, mais ça m’inquiète carrément. » Là, il a juste parlé de l’autoroute A69 prévue entre Castres et Toulouse en relayant les slogans écologistes et en négligeant de faire le rapprochement, pourtant évident pour qui cherche systématiquement des poux Godwin dans la tête de ses adversaires, avec les autoroutes allemandes inaugurées en 1937 par Hitler. Ce sera pour une prochaine fois.
Après ça, la journaliste Nadiya Lazzouni reçoit Johann Pavec, animateur du site “Le canard réfractaire”. M. Pavec est heureux de la création du Média TV car il considère que « la couverture du conflit israélo-palestinien est médiocre dans la presse mainstream ». Heureusement, dans Le Média, « on accueille des experts et on apporte des clefs de compréhension qui sont essentielles et, surtout, sérieuses ». Au sujet de ce conflit, M. Pavec dit vouloir proposer une contre-propagande à la « propagande de l’unité bourgeoise ». Attention Johann, on a dit « essentiel » et « sérieux ». Dans la foulée, le chroniqueur Kamil Abderrahman « trouve d’une hypocrisie incroyable de traiter de ce conflit sans jamais rappeler le colonialisme que vivent les Palestiniens » – M. Abderrahman n’a pas dû écouter attentivement les nombreux médias qui, dès le lendemain de l’attentat terroriste du Hamas, n’ont pas manqué de rappeler l’implantation des colonies en Cisjordanie, la politique jugée désastreuse du gouvernement de Benyamin Netanyahou, etc. – éléments qui sont de toute manière rabâchés dès qu’il est question d’Israël. Au passage, notons, sur le plateau, le désintérêt et l’absence totale de compassion pour les centaines d’Israéliens et les 31 Français massacrés par les terroristes, ainsi que pour les otages, y compris les otages français, enlevés et retenus par le Hamas, Dieu seul sait dans quelles conditions.
Il faut sauver le soldat Benzema et la « science écologique »
Nous l’attendions avec impatience, voici le deuxième « humoriste » de la soirée. Il s’appelle Lounès Bachir et commence très fort : « Nous sommes le 20 octobre 2023 et Jean-Marie Le Pen n’est toujours pas mort ! » (Nous laissons les lecteurs imaginer ce qui se passerait si un humoriste « de droite » commençait une de ses chroniques par : « Nous sommes le… et Jean-Luc Mélenchon n’est toujours pas mort ! »). Après ce début tonitruant, M. Bachir prend la défense de Karim Benzema. La chute est à la hauteur du début du sketch : « Benzema, y’a pas plus français, c’est un patriote. La preuve : chaque année, il paie ses impôts et après il se paie les fachos. »
Après cette belle tranche de rigolade, revenons aux choses sérieuses. La nouvelle chaine TV passe l’extrait d’un débat entre Mathieu Slama et Paul Elek, chroniqueur politique du Média. Slama, c’est le seul charme de cet extrait, ne peut pour une fois pas en placer une. Elek assène son discours sur le mode « le peuple colonisé a le droit de se défendre par tous les moyens. » L’organisation terroriste du Hamas ne pose aucun problème à ce journaliste qui tient à démonter « la réécriture de l’État israélien comme un État agressé » et qui a tweeté le jour même de l’agression terroriste du Hamas : « Dans un conflit colonial, le niveau de violence est fixé par l’occupant. » En clair : Israël n’a eu que ce qu’il mérite.
Voici venu le tour de Laury-Anne Cholez, journaliste du site d’actualité écolo Reporterre. Si les médias comme Libé et Le Monde et « même les chaines de télé s’y mettent un peu » et ont « étoffé leurs rubriques sur l’écologie », il y a quand même des « biais » embêtants, déplore Mme Cholez. Par exemple, lorsque sur BFMTV, pour parler de la canicule, on montre « des enfants qui mangent des glaces comme si c’était quelque chose de sympa ». Heureusement, les journalistes écolos de Reporterre font un travail se basant sur « des faits scientifiques, c’est pas de l’opinion, en fait c’est de la science écologique (sic), etc’est ça où souvent il faut un peu le rappeler (resic), moi je ne donne pas mon avis, je rapporte des faits scientifiques, le GIEC, y’a un consensus scientifique (et sic de der) autour de ces questions d’écologie ». Mathieu Slama, prétendant allié à toutes les causes à la noix, est très ému en entendant Mme Cholez car il se souvient avoir été confronté « à trois mois d’intervalle » à deux « climatosceptiques » qui ne croyaient pas à la théorie de l’origine humaine du réchauffement climatique. C’est à ce moment-là, dit-il, qu’il s’est aperçu qu’il y a « des gens qui font de la désinformation » et qu’il s’est promis de continuer à « lutter contre ce fléau ». Sur le plateau, on est au bord des larmes.
La chaîne du racisme anti-Blanc ?
Bertrand Badie a rejoint Le Média depuis des mois, apprend-on sans surprise. Ce professeur des relations internationales est parvenu à participer à l’émission “L’esprit public” sur France Culture, le lendemain de l’attaque terroriste du Hamas à laquelle était consacrée l’émission, sans dire une seule fois les mots islamisme ou terrorisme mais en s’émouvant que la ville de Paris ait décidé d’illuminer la Tour Eiffel aux seules couleurs du drapeau israélien et pas à celles du drapeau palestinien. Sur le plateau du Média, on sent un Bertrand Badie très à l’aise. Les circonlocutions habituelles laissent place à d’autres, tout aussi alambiquées et finalement quand même compréhensibles – le Badie se comprend à demi-mot. L’islamo-gauchisme ? C’est un terme qui « mériterait d’être défini, ce qui n’a jamais été le cas. C’est un terme qui n’est utilisé que dans un sens polémique, et même synonyme d’une injure que l’on jette à la figure de tous ceux dans lesquels on ne se reconnaît pas et à qui on prête des intentions autres que le conformisme politique étroit tel qu’on le connaît aujourd’hui ». Les peuples ? Les peuples sont vilains. Étrangement, d’après Bertrand Badie, ils ont peur de « l’altérité, de l’immigration et de la mondialisation », sources d’un avenir radieux, comme chacun sait. Irving Magi, journaliste du Média jaspinant comme un étudiant zadiste, est catégorique : « La lecture pointue de la politique mondiale deBertrand Badie diffère grandement de celle des toutologues de télé qui parlent de tout et de qu’importe quoi, surtout de n’importe quoi ! » Irving Magi, lui, élève l’art de dire des âneries à des sommets hallucinants – art qui, pour le coup, ne diffère guère de celui des étudiants en études de genre, des représentants d’EELV ou des sociologues de Paris-VIII.
« L’humoriste » Émilie Simonnet clôt cette longue soirée. Ceux qui « doutaient de ne pas être sur une chaine de droite », dit-elle, savent maintenant qu’ils sont bien sur une « télé artisanale de gauche » car « il y a eu quelques petits soucis techniques de captation ». En fait, explique la comique troupière, au milieu de ce « casting de visages très différents (sous-entendu « de toutes les couleurs »), ces bugs n’étaient pas vraiment des bugs – c’est des “blancs” qu’on a rajouté au montage ». Certains esprits chagrins pourraient penser que cette blague est un tantinet raciste – mais cela ne se peut pas car, comme l’a expliqué M. Pap Ndiaye, le racisme anti-Blancs n’existe pas1. Et le journaliste Irving Magi de conclure : « Ça donne une idée de ce que sera l’humour sur Le Média. » Effectivement, ça promet !
Lors d’une conférence tenue à Sciences Po en 2019, Pap Ndiaye déclare : « Du côté des sciences sociales, je ne connais pas un chercheur ou une chercheuse qui validerait la notion de racisme anti-Blancs. Donc la notion de racisme anti-Blancs, elle est ridicule ; elle est même, si vous voulez, biaisée d’un point de vue analytique. » Reprenant les thèses racialistes américaines, M. Ndiaye sous-entend que le racisme anti-Blancs ne peut pas exister à cause de la « position dominante » des Blancs dans les sociétés occidentales. ↩︎
Si la situation géopolitique n’était pas si grave, cela prêterait à sourire. Le Club de Médiapart vient de relayer une tribune, signée par plus de 70 organisations féministes et LGBTQI+, qui dénonce «le massacre en cours à Gaza», et soutient «la libération de la Palestine».
Même si ce genre de bizarrerie n’est pas tout à fait nouveau, on ne se lasse pas de s’étonner et de s’interroger sur les ressorts de ces tribunes loufoques qui estiment que la libération de la Palestine s’inscrit dans le même agenda militant que la cause féministe.
Parmi nos signataires, on retrouve les différents collectifs locaux de l’association féministe Nous Toutes, créée par Caroline de Haas, mais aussi le Planning familial ou la Pride des banlieues. Et bien d’autres groupuscules aux noms évocateurs tels que : Label Gouine, Mauvais Genre(s), Les Ours à plumes, Vénus s’épilait-elle la chatte, Les mains paillettes association sourd.e.s queer et signant.e.s. Bien sûr, l’ex-actrice, Adèle Haenel, devenue égérie du militantisme LGBT, figure également en bonne place parmi tous ces joyeux militants. Mais, curieusement, pas une seule association musulmane n’est en revanche mentionnée dans la liste !
Un inquiétant gloubi-boulga
À lire cette tribune, la guerre à Gaza n’a qu’un seul coupable : l’État d’Israël. Si les auteurs condamnent les meurtres des civils israéliens du 7 octobre, ils expliquent que ces pogroms du Hamas ne servent que de prétexte pour envahir Gaza (« Pour justifier son projet mortifère, le gouvernement israélien s’appuie sur les nombreux meurtres de civils perpétrés par le Hamas »). Par ailleurs, sous leur plume, la diversité des victimes juives de la gent féminine de 0 à 99 ans disparaît sous l’évocation du terme global « des civils israélienNEs». Ils se gardent bien de dénoncer dans le détail les viols, éventrements et autres exactions sur des femmes enceintes ou des bébés en Israël. Seuls le peuple palestinien et les femmes palestiniennes semblent à présent préoccuper les signataires.
Par ailleurs, on a déjà pu l’observer, tous ces militants féministes et LGBT d’extrême gauche ne font pas que signer des tribunes ou lancer des pétitions ; ils se retrouvent aussi dans les manifestations pro-palestiniennes organisées en France et dans d’autres métropoles occidentales. Comme à New York, le week-end dernier, où des militants de « Gays 4 Gaza » et de « Queers for Palestine », portant masque sanitaire et cheveux fluo, ont défilé en brandissant des pancartes aux couleurs du drapeau palestinien et du drapeau arc-en ciel en hurlant « Free Palestine », « The occupation has to go » et « Fuck Israël », le tout ponctué de discours mobilisateurs expliquant que la lutte pour la libération de la Palestine serait la même que celle pour les droits civiques, que les Palestiniens vivraient sous occupation et subiraient une ségrégation raciale semblable à celle vécue par les noirs américains autrefois. Voilà le résultat du grand gloubi-boulga où règnent anachronismes, confusion et relativisme inhérents à l’idéologie woke. Pour ces militants, Israël représente l’Occident blanc patriarcal et néocolonial coupable de tous les maux de la Terre. Peu importe si depuis l’opération du grand démantèlement opéré par Ariel Sharon, en 2005, il n’y a plus de colonies juives dans la bande de Gaza ! Par ignorance crasse et aveuglement idéologique, ces militants ultra-« progressistes » ne se rendent pas compte qu’ils soutiennent en réalité ceux qui seraient leurs potentiels bourreaux s’ils vivaient à Gaza. Ils sont loin de réaliser qu’ils ne sont que les idiots utiles du terrorisme islamiste, qui se sert d’eux pour montrer aux peuples du « Sud global » à quel point l’Occident sombre dans la dégénérescence ou légitimer la charia comme une fantastique barrière imperméable à ce qu’ils considèrent comme de la dépravation.
La réalité de la situation des homosexuels et des femmes palestiniennes
Un petit séjour à Gaza ou en Cisjordanie permet de voir qu’il ne fait pas bon y vivre lorsqu’on est une femme, ou lorsque l’on fait partie de la grande famille des minorités sexuelles. Le mariage homo n’y est évidemment pas légalisé, contrairement à Israël qui reconnait le mariage entre personnes du même sexe lorsqu’il est contracté à l’étranger et qui a légalisé l’adoption pour les couples homosexuels et autorisé en juillet 2021 la GPA pour ces mêmes couples.
En revanche, la dernière gay pride qui s’est déroulée à Jérusalem, le 1er juillet, fut évidemment condamné par le Hamas palestinien. Dans un communiqué, le groupe terroriste qualifiait la Marche des fiertés de « perverse et abominable » et appelait le peuple palestinien à s’y opposer afin de défendre « l’identité arabe de Jérusalem et de l’islam de la mosquée Al-Aqsa » devant laquelle la Marche passait. Et cette condamnation de l’homosexualité est partagée par la grande majorité des Palestiniens à la tolérance aussi mince que le papier coranique… Seuls 5% d’entre eux jugerait l’homosexualité acceptable. En Palestine, les LGBT doivent faire profil bas s’ils ne veulent pas être persécutés. Ahmad Abou Markhia, un jeune homme qui avait fui sa ville natale d’Hébron pour trouver refuge en Israël en attendant de s’exiler au Canada, a été kidnappé et décapité il y à peine un an. Voilà pour les homosexuels.
Quant aux pseudos féministes de Mediapart qui ont pris le parti du « peuple palestinien » dans leur texte, et qui voient en Israël un Etat oppresseur et patriarcal, elles devraient se pencher sur le droit des femmes palestiniennes à mener une vie libre sexuellement ou indépendante financièrement, une vie sans voile ni mari… Elles verraient que ce droit n’existe pas, que les Palestiniennes sont évidemment soumises à la charia, et que 38% des malheureuses vivant dans la bande de Gaza y ont déjà subi une forme de violence (physique, sexuelle ou psychologique), qu’elles sont réduites à être des utérus, le conflit avec Israël se jouant aussi dans les berceaux. Et que si elles veulent avorter, elles doivent se rendre… en Israël.
Il est fascinant et effrayant de voir combien tous ces militants qui se disent « éveillés » sont à ce point endormis. Les réveiller, c’est ce qu’a tenté de faire l’animateur télé iconoclaste Michael Youn, avec le ton tonitruant qui le caractérise : « Les féministes, gay, lesbiennes, nympho, fêtards, queutards, athées, artistes, drôles, intellectuels ou juste libres… », avec le Hamas tout ce peuple de rigolos progressistes finirait « au bout d’une pique », vient-il de twitter en guise d’avertissement.
Le président Macron a su quitter le « en même temps ». Notre chroniqueur nous explique pourquoi il pense cela, et lui dit bravo!
Beaucoup, dont moi le premier, ne donnaient pas cher d’un voyage présidentiel si tardif en Israël et dans le Proche-Orient. Certes Emmanuel Macron nous avait expliqué qu’il le voulait « utile » mais comment satisfaire une telle exigence alors que d’autres chefs d’État ou chefs de gouvernement, et pas des moindres, étaient déjà passés, notamment le président Joe Biden, et qu’ils semblaient avoir très peu obtenu ? Pourtant le président de la République a relevé le défi brillamment. J’use à dessein de cet adverbe, par contraste, car si on peut le créditer d’une réussite admise par à peu près tous, cela tient précisément au fait que, pour une fois, dans le fond et la forme il a échappé avec une sobriété remarquable à cette légère touche de narcissisme qui souvent a altéré ses propos en France, même les plus émouvants, à la suite des tragédies ayant endeuillé notre pays. Comme s’il s’écoutait pleurer et parler en même temps ! Aussi bien devant le Premier ministre israélien que face à Mahmoud Abbas, à la tête d’une Autorité palestinienne ne représentant plus rien mais incontournable dans le cadre d’une visite officielle, Emmanuel Macron a su, avec clarté, sans la moindre fausse note, en ayant pesé chaque mot – la moindre erreur aurait engendré les pires effets diplomatiques -, tenir une balance subtile, un équilibre délicat entre la barbarie absolue dont Israël avait été victime et l’apitoiement sur les souffrances, les morts et les blessés causés par sa riposte intense et durable contre le Hamas dans la bande de Gaza.
Une balance subtile mais surtout pas égale
Le Hamas a massacré des Juifs de tous âges, jusqu’aux plus petits, parce qu’ils étaient juifs et les civils ont été assassinés en pleine connaissance de cause. Israël n’a jamais eu cette volonté initiale et criminelle de violer les règles du droit de la guerre. C’est une différence capitale dont le président a pris toute la mesure. Pourtant, en l’occurrence, ce n’était pas simple de placer sur un plateau une horreur totale, inexcusable, appelant un soutien inconditionnel, sans la moindre équivoque, et sur l’autre une commisération simplement humaine à l’égard des conséquences forcément dramatiques pour la population palestinienne de la volonté d’Israël d’éradiquer le Hamas qui dévoie sa cause au lieu de la servir. C’est à partir de cette approche d’une justesse et d’une justice pleines et entières que la mission que s’était assigné le président a pu engendrer des effets bienfaisants. Le tour de force était déjà là, dans cette manière exigeante de manifester l’absence de tout parallélisme tout en n’oubliant aucune des parties concernées.
Ensuite il est loisible de discuter non pas la position traditionnelle de la France sur les deux États, qu’Emmanuel Macron n’a fait que rappeler, mais sa proposition d’élargir la coalition internationale pour y intégrer la lutte contre le Hamas. Il est clair qu’aucun pays arabe n’y participerait, ce qui enlèverait à l’initiative toute sa vigueur et son intérêt, même si le président a précisé qu’il ne s’agirait pas d’opérations militaires à Gaza. Par ailleurs, les États-Unis n’ont pas prêté la moindre attention à l’idée française. La voix de la France n’est évidemment plus celle d’antan, elle peut être écoutée mais je ne suis pas sûr qu’elle soit respectée, ce qui n’est pas la même chose. Le président de la République va rencontrer le roi de Jordanie et le président égyptien, ce que le président Biden n’avait pu faire à la suite de l’attaque de l’hôpital de Gaza, prétendument par Israël, avec une quarantaine de morts et non pas la multitude de victimes mensongèrement invoquée par le Hamas. On a vu à l’occasion du tir de roquette, dont Israël était innocent, la partialité à l’encontre de cet Etat et la présomption de culpabilité qui pesait sur lui avant toute vérification.
La situation nationale également préoccupante
Emmanuel Macron réclame l’union nationale et on doit constater qu’il a été peu suivi dans ce souhait. Il me semble même que l’intensité belliqueuse sur le plan politique augmentait à proportion de ses désirs d’apaisement. Pourtant, s’il y a un domaine capital où son souci est légitime, c’est celui qui a trouvé son paroxysme horrible avec l’attaque contre Israël le 7 octobre par le Hamas. Malheureusement on ne peut que regretter l’obsession de Jean-Luc Mélenchon de faire bande à part dans une sorte de trotskisme échevelé, sa volonté de dissidence à tout prix le mettant sans précaution sous le risque de l’antisémitisme, avec une impérieuse domination sur un petit cercle condamné à d’effarantes arguties pour suivre le « maître ». Elles sont souvent pathétiques : je songe à Manon Aubry questionnée par Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio. Ce n’est pas la même chose de déplorer les souffrances palestiniennes, les morts, les victimes civiles en étant en permanence gangrené par la perversion d’une équivalence entre la barbarie du 7 octobre et la légitime défense qu’elle a suscitée ou de procéder comme a su le faire notre président. Bravo à lui pour avoir su quitter le « en même temps »…
Les parents sont bien seuls face au mal-être existentiel, voire aux troubles psychologiques de leur enfant en transition de genre. Le système qui privilégie l’accompagnement des adolescents dans leur démarche ne fait qu’encourager leur « radicalisation » et les isole davantage de leur famille. Témoignages.
Coralie et Myriam[1] appartiennent à Ypomoni, une association regroupant des parents d’enfants en transition. Au-delà des difficultés liées à l’accompagnement d’un enfant – même adulte – vivant un processus complexe et douloureux, ces parents ont un autre combat à mener : maintenir le lien avec leurs enfants. Car ils se heurtent à une sorte de « radicalisation », tellement brutale qu’elle aboutit le plus souvent à une rupture, les enfants en transition rejetant leurs parents avec leur ancien genre.
Diagnostic très rapidement posé
Pour Coralie, le basculement s’est produit alors que son fils était mineur et entrait en première. Le fils de Myriam était quant à lui âgé d’une trentaine d’années lorsqu’il lui a annoncé sa transition. Toutes deux ont été étonnées de découvrir que leur histoire et celles des autres parents d’Ypomoni présentaient de singulières récurrences : brutalité de l’annonce, rapidité de la rupture familiale et similarité des profils de la grande majorité des enfants concernés. Plus intelligents que la moyenne mais aussi plus fragiles, leur transgenrisme est souvent accompagné d’interrogations au niveau de leur sexualité (cas d’homophobie intériorisé) et/ou de traits autistiques, de problèmes psychologiques, de tendance dépressive, voire de pathologies mentales.
Coralie raconte ainsi qu’en trois mois, son fils, très complexé par son physique, a développé une fascination pour les drag-queens et s’est mis à porter perruques et talons. Elle lui a demandé s’il était homosexuel, en lui disant que cela ne posait pas de problème. Il n’a jamais répondu. Comme elle le trouvait mal dans sa peau, elle l’a amené consulter. Le diagnostic de transidentité a été très rapidement posé et toute idée de thérapie a été alors rejetée, puisque le seul problème du jeune homme se résumait à la transphobie de la société. Tout refus de céder à une exigence de l’enfant entraînait une crise et l’accusation tombait : transphobie ! Comme souvent, la communauté éducative ainsi que les professionnels de la santé mentale ont laissé cette mère seule, préférant « accompagner le choix » de l’adolescent, pourtant visiblement en détresse.
Achats compulsifs
Le dialogue rompu, Coralie a dû laisser la garde du jeune homme à son père. Lequel n’a pas réussi à cohabiter avec son fils, dont les symptômes de dépression s’accentuaient. Devenu majeur, ce dernier s’est installé loin de sa famille. Les photos de sa nouvelle vie postées sur les réseaux sociaux ont inquiété Coralie. Elle est allée le voir et l’a trouvé sale, sous-alimenté, isolé, vivant dans un appartement envahi de déchets où s’accumulaient des sacs entiers de vêtements, fruits d’achats compulsifs. Mais alors qu’elle tentait de renouer le contact, elle a été appelée au téléphone par un « ami » de son fils qui lui intimait de cesser son « harcèlement », la menaçant d’appeler la police. Depuis, le jeune homme a été placé en ALD (affection longue durée[2]) pour son transitionnement, a effectué une opération de chirurgie faciale pour se féminiser et se fournit en hormones sur internet. Une partie de la famille de Coralie, qui la rendait responsable de la rupture, s’est alors rendu compte que la transidentité ne se résumait pas à porter des couettes et à s’habiller en jupe. Aujourd’hui, Coralie s’inquiète des choix irréversibles de ce jeune homme en souffrance, qui croit trouver une nouvelle vie et la résolution de tout son mal-être dans la chirurgie et la prise d’hormones.
Discours stéréotypé, références identiques
Pour Myriam, la rupture a aussi été brutale. Après l’annonce de son fils, elle aussi a essayé de dialoguer, de se faire aider par des psychologues, de proposer une thérapie familiale. Elle évoque un fils aussi brillant que fragile, présentant des traits autistiques. Le décès tragique d’un frère, la révélation d’une maladie mentale du père, l’indisponibilité de sa mère accaparée par les difficultés familiales ont empêché le jeune homme de faire son deuil. Proche de sa mère, il nourrissait un profond ressentiment contre son père. C’est dans ce contexte difficile que la question de son identité a fait surface. Et là aussi, l’annonce de la transidentité s’est faite dans la violence et la rupture. De plus, ce jeune homme, terrorisé à l’idée d’hériter de la maladie mentale de son père, avait toujours refusé d’être condamné à prendre à vie des médicaments. Elle ne comprend pas qu’aujourd’hui il ingère si facilement des hormones.
Chez les membres d’Ypomoni, ce schéma est très commun. Ces parents dénoncent une forme d’emprise qu’ils constatent sur leurs enfants : un discours stéréotypé, des références identiques. Le chantage au suicide comme moyen d’exiger un soutien total est rituel. Toute contrariété est prise pour une violence et la rupture familiale est souvent encouragée par l’intégration rapide à une « famille » militante. Myriam raconte qu’elle a ressenti de l’empathie pour ces parents, dont les enfants se sont radicalisés et ont rejoint la Syrie, car elle a le sentiment de vivre un processus similaire et d’être aussi impuissante qu’eux.
Nombre de familles ont le sentiment d’être désavouées par les pouvoirs publics. Ceux-ci paraissent considérer que la transidentité ne peut être qu’une démarche positive. Les inquiétudes des parents sont négligées, car vues comme une volonté de contrôler leur enfant. « J’aurais aimé que l’on reconnaisse davantage la transition comme un symptôme, ou une sorte d’effacement de soi ; un moyen de gérer les traumatismes et les difficultés de santé mentale, plutôt que comme un remède à ces dernières », explique une personne qui a choisi de détransitionner[3]. À entendre le témoignage de ces mères, on comprend que cette sage position est ignorée par les institutions et peu défendue par le corps médical, pour le plus grand malheur des adolescents les plus fragiles.
[2] Dispositif concernant des personnes atteintes d’une maladie dont la gravité et/ou le caractère chronique nécessite un traitement prolongé et particulièrement coûteux.
Par crainte du terrorisme, la génération Z préfère abandonner des acquis occidentaux, jusqu’à sacrifier une partie de l’art de vivre à la française. Cela traduit l’échec de notre modèle, et la difficulté de lutter contre l’islamisme international. Analyse.
En causant la mort de plus de 260 personnes en France depuis les attentats de Merah ou de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015,le terrorisme islamiste est le terrorisme le plus meurtrier depuis la guerre d’Algérie. Seulement, l’ampleur de cette terreur et la difficulté des pouvoirs publics à appréhender les menaces ont traumatisé une nouvelle génération née entre 1996 et 2010. En effet, la génération Z est plus encline à changer ses comportements à cause du terrorisme que les générations précédentes, au point de consentir à abandonner une partie de ses libertés. Cette « génération attentats » symbolise le déclin occidental qui a pourtant érigé la défense des libertés fondamentales comme un pilier de son modèle de société.
Le camion qui a foncé sur la foule à Nice, le 14 juillet 2016 (Photo : AFP VALERY HACHE)
Une guerre totale contre le terrorisme islamique
La guerre contre le terrorisme islamiste est totale. D’une part, nous affrontons le totalitarisme islamique qui nous mène une guerre sur le plan culturel avec sa doctrine d’entrisme dans tous les domaines (vestimentaire, alimentaire, sportif, etc.) et sur le plan militaire, sur notre sol et dans le monde. D’autre part, les attentats et leurs objectifs se sont diversifiés depuis 2015. Charlie Hebdo et Samuel Paty sont des attaques stratégiques ciblées contre des valeurs françaises (liberté d’expression, laïcité). Les tueries de masse du 13 novembre 2015, au Bataclan et sur des terrasses de cafés parisiens, ou du 14 juillet 2016, sur la Promenade des Anglais à Nice, ont surtout vocation de semer la terreur au sein de toute la population. Enfin, les attaques isolées sur des cibles « aléatoires » sont plus fréquentes, comme à Annecy l’été dernier ou en Isère en 2020. Ces derniers attentats sont le symbole d’un risque terroriste qui touche désormais tout le territoire, notamment les villes moyennes et non plus seulement les grandes métropoles.
Les ennemis de l’intérieur ont des profils plus diversifiés aujourd’hui. En 2015, il s’agissait de terroristes étrangers provenant de pays étrangers, ou de Français issus de l’immigration recrutés et formés, soit à distance via les réseaux sociaux, soit directement sur les théâtres d’opération du djihad en Syrie et en Irak par des groupes terroristes comme l’État islamique. Cela répondait davantage à une logique de réseau. En 2023, ce n’est plus toujours le cas. En effet, l’apparition d’individus isolés rend leur surveillance plus ardue. Identifier la cible, le motif exact ou encore le momentum du passage à l’acte diversifie la menace et crée un « djihadisme d’atmosphère » au sens de Gilles Kepel.
Impossible de répondre comme en 2015
Ce « djihadisme d’atmosphère » rend le terrorisme islamiste impossible à appréhender comme en 2015. Après les événements du 13 novembre 2015 ayant fait 131 victimes, le président François Hollande avait décrété un état d’urgence donnant des moyens exceptionnels à l’administration pour museler les réseaux terroristes. La saisie d’armes lourdes, les perquisitions administratives pour se passer de la décision d’un juge, les assignations à résidence, ou les moyens de surveillance accrus étaient utiles pour appréhender des réseaux. Or, le glissement vers un terrorisme low cost, avec ses profils isolés dotés de moyens rudimentaires (couteaux ou véhicules) rend la menace plus difficile à anticiper. Ces individus sont à la marge de la société, déjà présents sur le sol européen et français, et ont leur propre logique de passage à l’acte qui peut reposer sur un événement national, international ou encore lié à leur situation personnelle, comme ce pourrait être le cas de l’assassinat de Dominique Bernard à Arras.
De plus, les puissances islamistes ont changé depuis 2015. Avant, il a été possible, pour la France, de frapper l’État islamique – né en Irak des suites de l’intervention américaine de 2003 et en Syrie après le Printemps Arabe – qui était une puissance soutenant le djihad mondial. À ce titre, il s’était mis à dos toutes les puissances du Conseil de sécurité de l’ONU. En effet, les tueries d’Orlando aux États-Unis, le Bataclan en France, les attentats de Londres au Royaume-Uni, le terrorisme dans le Caucase en Russie ou à travers les Ouighours en Chine les ont conduits à frapper le même ennemi. Seulement, la quasi-disparition de l’État islamique au Proche-Orient a reconfiguré le terrorisme islamiste. Il serait davantage soutenu par deux États intouchables : la Turquie, membre de l’OTAN et l’Iran allié de la Russie et de la Chine.
Une « génération attentats »
La nouvelle génération préfère abandonner des acquis occidentaux par crainte du terrorisme. Selon une étude Elabe publiée le 18 octobre 2023, 81% des 18-24 ans se disent inquiets face à la menace terroriste en France tout comme le reste de la population (84%). Pourtant, ce sont les plus jeunes qui sont les plus susceptibles de changer leurs habitudes de vie. 52% des 18-24 ans le déclarent contre 43% en moyenne globale, soit 9 points de plus. Cela traduit l’échec de notre modèle, avec des jeunes qui assument de vivre avec cette menace depuis toujours, quitte à sacrifier une partie de l’art de vivre à la française.
Le modèle occidental n’attire plus suffisamment. Comment expliquer que des jeunes Français puissent être enrôlés dans une idéologie qui tue leurs camarades d’école ? La liberté occidentale et l’originalité laïque du modèle français convainquent moins les jeunes générations de Français de confession musulmane. Selon une étude IFOP parue en 2020, 74% des jeunes Français de confession musulmane mettent les lois islamiques devant les lois de la République, contre 25% de leurs aînés. Ces fractures au sein des jeunesses françaises expliquent qu’il y ait 183 élèves qui n’ont pas respecté l’hommage à Dominique Bernard.
Loin des réponses apportées en 2015, la France s’habitue au terrorisme. Seulement, cela pose le risque qu’une « génération attentats » côtoie, voire vive face à une génération gagnée par l’entrisme, au détriment de la France du XXIe siècle.
Cendrillon, à l’Opéra Bastille, le 29 octobre, puis les 1, 4, 7, 10, 14 et 16 novembre. Une distribution pas intégralement féérique, mais reste l’enchantement de la musique de Massenet, intact.
Le compositeur du Roi de Lahore (1877), de Manon (1884), de Werther (1892), de Thaïs (1894) a moins de quinze ans à vivre lorsque, pour l’Opéra-Comique de Paris, il compose Cendrillon, au crépuscule du XIXème siècle, d’après le conte de Charles Perrault. Avec Cendrillon, nous ne sommes plus du tout dans le bel canto rossinien (cf. La Cerenentola, ce dramma giocoso millésimé 1817, dont le spectacle vient de triompher ce mois-ci au Théâtre des Champs-Elysées), mais dans les volutes ultra raffinées du « grand opéra » à la française, pastichant plus ou moins la musique du XVIIIème siècle – ainsi que le fera quelques années plus tard Richard Strauss, pour camper en travesti le jeune Octavian du Chevalier à la Rose. Jules Massenet, à 57 ans, est au sommet de son langage mélodique.
L’Opéra Bastille reprend donc, pour sept représentations encore, une production millésimée 2022, dans une mise en scène de Marianne Clément (costumes et décors signés Julia Hansen) qui renvoie à l’âge industriel et à ses usines, à ses filatures aux rouages compliqués, aux architectures de fer et aux resplendissantes verrières arborées de palmiers, dans l’âge d’or des expositions universelles. Mais aussi à la naissance du cinéma et aux fantasmagories de Méliès. La transposition du conte dans l’époque de la fée-électricité, en raccord avec la date de création de l’opéra (1899), fonctionne très bien sur le plan plastique. Sous la plume du librettiste Henri Cain, Cendrillon n’a plus rien d’un conte pour enfants : Madame de La Haltière, génitrice de Lucette (le prénom de Cendrillon) y figure une marâtre bourgeoise, antipathique mère-maquerelle tenaillée par une unique obsession : ravir en faveur de ses filles, Noémie et Dorothée, le parti le plus lucratif.
Il est toujours risqué de repasser les plats avec un nouveau personnel de cuisine. Si, au pupitre, la cheffe canado-ukrainienne Keri-Lynn Wilson, fondatrice et directrice musicale de l’Ukrainian Freedom Orchestra, s’empare avec brio de la partition pour son entrée sous le ciel lyrique parisien, c’est peu dire que Paula Murrihy ne remplace pas à son avantage, dans le rôle travesti du Prince charmant, la mezzo-soprano britannique Anna Stephany qui y faisait merveille en 2022 : vibrato poussif exagérément alenti, manque de netteté dans le phrasé, la mezzo-soprano irlandaise paraît décidément à la peine dans cette partition il est vrai particulièrement exigeante… On retrouve fort heureusement une Madame de La Haltière à son meilleur sous les traits de la mezzo-soprano Daniela Barcellona. Quant à la soprano caribéenne Jeanine de Bique en Cendrillon/Lucette (prenant la succession de l’inoubliable soprano Tara Erraught), elle impose, en dépit d’une émission quelque peu étouffée par la puissance orchestrale, une voix tout à la fois délicate et charnue dont l’intensité dramatique n’est pas moindre que lorsqu’elle campait Alcina, de Haendel, il y a trois ans, dans la mise en scène de Robert Carsen. Marine Chagnon, qu’on vient d’entendre avec bonheur en Zerlina dans Don Giovanni sur le même plateau de la Bastille, reprend le rôle de Dorothée aux côtés d’Emy Gazeilles, qui campe sa sœur Noémie, duo drolatique et sensationnel. La soprano norvégienne Caroline Wettergreen complète cette distribution pas intégralement féérique, comme on l’a vu. Reste l’enchantement de la musique de Massenet, intact.
Cendrillon. Conte de fées en quatre actes et en six tableaux de Jules Massenet (1899). Direction musicale Keri-Lynn Wilson. Mise en scène Marianne Clément. Orchestre et chœurs de l’Opéra de Paris. Avec Jeannine De Bique (Cendrillon), Daniela Barcellona (Madame de La Haltière), Paula Murrihy (Le Prince charmant), Caroline Wettergreen (La Fée), Emy Gazeilles (Noémie), Marine Chagnon (Dorothée), Laurent Naouri (Pandolfe), Philippe Rouillon (Le Roi)…
Opéra Bastille, le 29 octobre à 14h30 ; les 1, 4, 7, 10, 14, 16 novembre à 19h30 Durée : 3h.
Immigration, Pacte vert européen, liberté d’expression, wokisme, services numériques, élargissement… Sur tous ces sujets, les élections de l’année prochaine seront cruciales pour les Français. Si la coalition au pouvoir à Bruxelles n’est pas battue, nous pouvons craindre une radicalisation des politiques actuelles et un appauvrissement des Européens.
La souveraineté nationale n’est plus qu’un mythe. Comme d’autres peuples européens, les Français ne semblent pas avoir compris que la majorité des décisions politiques qui engagent leur avenir se prennent à Bruxelles et Strasbourg, et plus à Paris. Ils débattent peu de ce qui s’y passe, ne connaissent pas leurs représentants au Parlement européen, ne savent pas comment ceux-ci votent et participent peu à ces élections (50% de participation seulement, en 2019). Les prochaines, le 9 juin 2024, seront cruciales. La majorité actuelle allie le PPE, SD et Renew dont les composantes françaises sont respectivement LR, le PS et les macronistes, très souvent de mèche avec les écologistes. Si cette majorité est reconduite nous aurons « plus de la même chose » : l’immigration massive, une réduction du niveau de vie par l’écologie punitive, des limitations croissantes de la liberté d’expression et les progrès du wokisme et de l’islamisme. La rendre mathématiquement impossible est, sans exagération, un impératif vital pour la civilisation européenne, telle que nous la connaissons encore.
Plusieurs enjeux fondamentaux se détachent.
D’abord stopper l’immigration. Depuis trente ans au moins, comme le montrent tous les sondages, la majorité des Européens, dont les Français, refusent la politique migratoire européenne qui consacre presque sans limite le regroupement familial et une conception dévoyée du droit d’asile. Depuis trente ans, à chaque crise, les dirigeants donnent des coups de menton, se rengorgent de formules creuses (« une politique ferme mais humaine ») alors que presque chaque année les chiffres de l’immigration sont en hausse. Tétanisés par le lobby migratoire (médias, ONG et universitaires), ces dirigeants sont complètement déconnectés du vécu des populations. Le jour même où Ursula von der Leyen pontifiait à Strasbourg sur l’état de l’Union européenne en abordant à peine la question, l’île de Lampedusa (6 000 habitants) était envahie par 7 000 migrants en un seul jour !
Ensuite, annuler le Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) qui va appauvrir la majorité des Européens. L’interdiction des voitures à moteur thermique dès 2035 est un coup de Jarnac porté à l’industrie automobile européenne et un cadeau à l’industrie chinoise qui n’en espérait pas tant ! Les fonctionnaires à l’origine de cette folle mesure ont-ils par exemple réfléchi aux investissements nécessaires pour augmenter la production électrique et la capacité du réseau, installer sur les trottoirs des bornes de recharge électrique ? La directive logement en cours d’examen a pour objectif de pénaliser les propriétaires qui n’auront pas rénové, à grands frais, leurs biens. La crise du logement va encore s’aggraver. En réalité, il résultera de ces deux politiques phares, interdiction des moteurs thermiques et directive logement, une baisse drastique du niveau de vie de la grande majorité des Européens.
Revoir le Digital Services Act (DSA). Même s’il comporte des aspects positifs, le règlement sur les services numériques (plus connu sous le nom de DSA), en application depuis quelques mois, constitue un danger majeur pour la liberté d’expression. Exemple typique de texte complexe dont les citoyens ne perçoivent pas forcément les dangers, il « responsabilise » les plateformes (Facebook, X, Youtube…) en ce qui concerne les contenus diffusés. Dans le doute et afin d’éviter des amendes colossales, elles auront tendance à censurer a priori, ce qu’elles font déjà ! Avec la fable de l’attaque israélienne sur un hôpital de Gaza, nous venons de vivre un exemple de désinformation mondiale massive par les médias mainstream, mais ils ne sont pas concernés par ce texte qui ne vise que les réseaux sociaux, notre ultime espace de liberté ! Le but de la DSA n’est pas de lutter contre la « désinformation », mais contre toute information contradictoire au récit officiel. Pourtant, les exemples de « désinformation », donnés par la Commission, pendant la crise du Covid-19, ont été nombreux. Et on peut aussi s’inquiéter qu’il ne soit demain plus possible d’entendre les voix de ceux qui suspectent des irrégularités lors des élections américaines, par exemple. En revanche, quand Gérald Darmanin nous parle des supporteurs anglais (pour les incidents au stade de France) ou de Kevin et Mattéo (après les émeutes), il s’agit bien sûr d’informations objectives !
Au plan institutionnel, la Commission, qui a le monopole des initiatives législatives, soutient avec des budgets considérables des associations musulmanes polémiques, le wokisme, la théorie du genre ou la panique climatique afin de relayer son idéologie climato-immigratio-progressiste.
Madame von der Leyen, qui n’est pas élue, a en réalité plus de pouvoir que le président Macron. Sans mandat pour cela, elle élargit sans cesse le périmètre d’action de son institution et veut admettre à brève échéance de nouveaux pays dans l’Union dont l’Ukraine et la Moldavie, sans consulter les populations européennes. La Commission doit être bridée, contrôlée dans ses moindres dépenses ; le Conseil européen et le Conseil des ministres doivent être renforcés pour en revenir à la philosophie d’une Europe des patries chère au général de Gaulle.
Sur toutes ces questions, les candidats et les partis devront être interrogés et se positionner et il conviendra de soutenir ceux qui veulent rompre avec cette Europe non démocratique qui s’impose contre la volonté de ses peuples.
Bibliothèque de la George Washington University, dans la capitale américaine. DR.
Dans une exhibition de sentiments pro-Hamas d’une rare obscénité, des étudiants et des profs de fac partout aux Etats-Unis ont dévoilé leur vrai visage. En prêchant des leçons de « paix » et de « résistance » depuis leurs bibliothèques et bureaux cossus, ces terroristes en pantoufles s’avèrent être les idiots utiles et les jouets des vrais terroristes. Enquête au pays de l’abjection.
Nous savions déjà que l’extrême-gauche révolutionnaire – trotskyste, maoïste et autre – des années 1970-1990 avait partie liée avec les organisations terroristes qui se flattaient de libérer les peuples du tiers-monde courbés sous le joug de l’oppression capitaliste et néocoloniale. La focalisation spéciale sur la cause dite « palestinienne », telle qu’elle était définie par ces apologistes de la violence insurrectionnelle, représentait une feuille de vigne qui cachait à peine leur antisémitisme. L’extrême-gauche wokiste d’aujourd’hui, qui lutte pour les revendications les plus extravagantes des transgenres, la « déconstruction » de tous les hommes, la discrimination « positive » sans complexe et le versement de réparations par les Blancs aux non-Blancs, se prétend très différente. Son terreau étant les campus américains, où des étudiants respectueux de la loi ne feraient qu’exprimer leur inquiétude concernant des questions d’égalité, de diversité et de genre, elle proclame sans cesse qu’elle n’a rien à voir avec le terrorisme. Les violences commises lors des manifestations BLM ont permis de douter de ce pacifisme affiché, ainsi que les accointances entres activistes wokistes et militants antifa. Mais les atrocités commises par le Hamas viennent de jeter une lumière crue sur la sympathie profonde qu’éprouvent les intellos engagés et les enfants gâtés des universités nord-américaines pour les jihadistes les plus sanguinaires de la planète.
Comme dans le passé, c’est encore la cause « palestinienne » qui sert de révélateur, mettant à nu une haine aussi destructrice qu’irresponsable qui, chez ces idéologues, se dissimule mal sous le voile de l’hypocrisie. Mais cette fois la distinction est plus claire que jamais entre ce que pourrait être une vraie « cause » des Palestiniens qui, comme tout peuple, ont droit à la vie, à la liberté et à la quête du bonheur, et la cause des terroristes du Hamas. Certaines déclarations d’étudiants et de professeurs américains ont été rapportées dans les médias français, mais le nombre et la gravité de ces incidents méritent être soulignés dans la mesure où ils révèlent l’enracinement profond dans une certaine culture universitaire des attitudes les plus inhumaines déguisées sous les oripeaux d’un humanisme pacifique.
Florilège de l’indécence
C’est un groupe d’étudiants « alliés » de la Palestine à Harvard qui a eu la gâchette la plus facile, bricolant un texte de soutien le jour même où le Hamas a déclenché son opération infernale. Le soir du 7 octobre, donc, ils ont publié sur Instagram une déclaration conjointe, contresignée par plus de 30 autres associations d’étudiants de l’université, affirmant que « Nous […] tenons le régime israélien pour entièrement responsable de la violence en cours ». Devant l’esclandre public qui a accueilli cette déclaration, certains représentants d’association ont fait marche arrière, prétendant qu’ils n’avaient pas lu la déclaration.
The New York Post, 26/10/2023
Le même jour, Zareena Grewal, professeur d’anthropologie historique à Yale, se qualifiant elle-même de « musulmane radicale », publiait sur X : « Israël est un État meurtrier, génocidaire, colonialiste et les Palestiniens ont parfaitement le droit de résister par la lutte armée, solidarité #FreePalestine ». En réponse à la publication d’une journaliste britannique protestant que « des civils sont des civils », elle a commenté sèchement : « Des colons ne sont pas des civils. Ce n’est pas dur à comprendre ». Une pétition ayant récolté plus de 50 000 signatures exige qu’elle soit renvoyée. Jusqu’à ce jour, en vain. Sans surprise, son « islam radical » se double d’anticapitalisme – c’est normal dans une université prestigieuse financée par les grandes entreprises et les fortunes familiales de ses alumni.
Compte X de Zareena Grewal, aujourd’hui il faut lui demander un abonnement pour avoir accès à ses postes.
Le lendemain, Joseph Massad, professeur d’études du Moyen Orient à l’université de Columbia, s’est révélé plus disert. D’origine jordanienne et de foi chrétienne, il a publié un article dans la revue en ligne, The Electronic Intifada, pour célébrer la grande réussite de l’action du Hamas. Saluant leur usage de parapentes comme « innovant », comme s’il s’agissait de la mise sur le marché d’un nouveau format de capsules à café, il a conclu que le « plus grand succès » de cette opération a été de porter « un coup mortel à la confiance que les colons israéliens pouvaient avoir dans leurs forces militaires et la capacité de ces dernières à les protéger ». Une pétition signée par presque 50 000 personnes a demandé son renvoi. Toujours en vain.
Grewal et Massad, pourtant, se sont cantonnés dans le triomphalisme et les encouragements. A Stanford, le surlendemain, un professeur invité, qui n’a pas été nommé mais qui a été suspendu depuis par les autorités universitaires, a préféré l’action. Tentant de justifier l’opération du Hamas devant une classe de 18 étudiants, il a demandé combien de personnes sont mortes dans la Shoah. A l’étudiant qui a répondu six millions, il a riposté que plus de gens étaient morts sous la colonisation (on suppose qu’il s’agit des empires britanniques, français etc.). Avant d’asséner : « Et Israël est un pays colonisateur ! ». Ensuite, demandant aux étudiants de s’identifier selon leur ethnicité, il aurait envoyé tous les juifs au fond de la salle avec le commentaire : « Voilà ce que fait Israël aux Palestiniens ». Un véritable cours pratique dans l’art d’humilier et de terroriser des innocents qu’on présume coupables.
Le même jour, toujours en Californie mais à l’université sise à Davis, Jemma Decristo, une femme trans de couleur, professeur d’études afro-américaines, a publié sur Twitter un post, depuis effacé, attirant l’attention sur la vulnérabilité des « journalistes sionistes » comme boucs emissaires potentiels : « ils ont des maisons avec des adresses et des enfants scolarisés […] ils peuvent avoir peur de leurs chefs, mais ils devraient avoir plus peur de nous ». Afin de dissiper tout vestige d’ambiguïté, le texte était suivi des emojis pour un couteau, une hache et des gouttes de sang. L’auteur est toujours en poste.
Capture d’écran reproduite par Campus Reform, 19/10/2023.
Le 17 octobre – à une date où tout le monde aurait dû avoir le temps de bien réfléchir sur la nature des événements en cours – Mika Tosca, encore une femme trans, militante anticapitaliste et climatologue à l’École de l’Art Institute of Chicago, n’a pas pu s’empêcher de vomir son fiel sur Instagram : « Les Israéliens sont des cochons. Des sauvages. Des gens très, très méchants. Des excréments irrécupérables ». Elle a présenté ses excuses par la suite, ce qui est apparemment tout à son honneur, mais cette explosion de haine sans retenue révèle l’atmosphère délétère dans laquelle baignent ces militants déguisés en enseignants-chercheurs.
Capture d’écran reproduite par The New York Post, 18/10/23
Entretemps, le 15 octobre, un spécialiste de la culture politique afro-américaine, surtout radicale, à Cornell, Russell Rickford, a pris la parole devant un meeting pro-palestinien sur un des campus de son université. Devant des banderoles proclamant que l’antisionisme n’est pas l’antisémitisme (une précaution purement oratoire), il a harangué la foule, célébrant les actions du Hamas comme « un défi au monopole de la violence » qui « a changé le rapport de forces », et criant, d’une voix tremblante d’émotion, que ces actions étaient exhilarating (« exaltantes ») et energizing (« dynamisantes »).
The New York Post, 16/10/2023
Face à des appels à son renvoi de la faculté, il a essayé de faire amende honorable, trois jours plus tard, avouant que son langage était « répréhensible » et présentant des excuses « pour le choix de mots abominable que j’ai employé dans une partie d’un discours qui avait pour objectif de souligner les traditions populaires afro-américaine, juive et palestinienne de résistance à l’oppression ». Un tel écuménisme brillait plutôt par son absence dans son allocution. Finalement, malgré une manifestation d’étudiants en sa faveur, le 21 octobre, il a annoncé qu’il partait en congé.
Les sybarites de la haine
Le cas de Russell Rickford est particulièrement instructif. Né en 1975, ses parents étaient tous les deux des professeurs d’études afro-américaines. Il a grandi dans un milieu universitaire, étudiant lui-même à l’université Howard, la faculté d’élite pour les Afro-américains, et à Columbia, avant de rejoindre Dartmouth et ensuite Cornell comme professeur. Il a co-écrit un livre avec son père sur le parler caractéristique des Afro-américains et, seul, une biographie de Betty Shabazz, la femme de Malcolm X qui, comme son époux, était membre de la Nation of Islam. Rickford a toujours évolué donc dans un milieu très circonscrit, dominé par la cause militante des Noirs mais protégé des vrais problèmes des classes populaires noires. Rickford est de ceux qui croient à une unité fondamentale entre la lutte des Afro-américains et celle des Palestiniens dans une sorte de fraternité mondiale anti-blanche. Dans un article de 2021, il avait exhorté les classes populaires noires à « reconnaître la dimension planétaire de la suprématie blanche » et « le besoin de créer des alliances insurrectionnelles internationales transcendant les frontières de couleur et de culture ». Sauf qu’il est peu probable que beaucoup des membres de ces classes aient lu son texte, car il est clair que sa vie n’a rien à voir avec la leur. Rickford est un révolutionnaire de salon qui prêche la révolte sans avoir à y participer et à en subir les conséquences. Et ce qui vaut dans son cas, vaut dans ceux de tous ces professeurs, qu’ils soient des militants BLM, des femmes trans anticapitalistes ou des personnes nées au Moyen Orient ayant trouvé un poste dans une faculté prestigieuse aux Etats-Unis. Leur milieu matériellement confortable est aux antipodes du régime tyrannique imposé aux Palestiniens par le Hamas. Ils lancent leurs anathèmes depuis leurs « safe spaces », loin des bombardements subis par Israéliens et Palestiniens. L’objet de leur recherche étant leur propre identité, ils vivent dans un monde circulaire où tout les ramène à eux-mêmes et les sépare de la cruelle réalité des zones de guerre. Le souci de l’autre se transforme sans cesse en nombrilisme.
Au cours des décennies, l’action de ces enseignants-chercheurs a fait des campus des camps d’endoctrinement, où une minorité de professeurs et d’étudiants exerce une forme de terreur sur la majorité. Côté élèves, on joue à un simulacre de guerre, de guérilla et de mort, visible dans leurs manifestations récentes. Le 11 octobre, à l’université de Wisconsin-Madison, une réunion publique était rythmée par les slogans « Gloire aux martyrs », « Gloire aux résistants » et « Nous libérerons la terre [la Palestine] par tous les moyens nécessaires ». En clair : en tuant les Israéliens comme l’a fait le Hamas. Ici, scander des menaces se substitue à répétition à leur exécution. Le 18 octobre, les étudiants de Harvard ont organisé un « die-in », en partie en réponse à la « frappe aérienne » contre l’hôpital Al-Ahli la veille. Après avoir marché du campus principal à l’école de commerce en chantant le slogan affectionné par les antifa, « Pas de justice, pas de paix », ils se sont couchés sur la pelouse en faisant les morts en un acte de « résistance ». Ce coup de théâtre ne leur a rien coûté, tandis qu’ailleurs des personnes ont vraiment perdu leur vie.
Le soir du 24 octobre, lors d’une manifestation à l’université George Washington, quatre étudiants masqués ont projeté sur les murs de la bibliothèque principale les slogans: « Gloire à nos martyrs », « GW [l’université George Washington] le sang des Palestiniens est sur vos mains », « Payer vos frais de scolarité, c’est financer le génocide à Gaza », et « Libérez la Palestine de la rivière à la mer », ce dernier étant le langage à peine codé pour la destruction de l’Etat d’Israël.
George Washington University – students are projecting horrifying messages onto a school library building glorifying Hamas terrorists that beheaded babies, raped teenage girls, and murdered 1400+ people.
En jouant avec la lumière, ces étudiants jouaient avec le feu, sans trop de conséquences pour eux-mêmes. Dans tous ces cas, il s’agit de mimer une réalité lointaine sans y participer. Peut-on dire que cette forme de comédie sinistre risque de se transformer en passage à l’acte, en violence véritable? Il y a une histoire d’incidents répréhensibles voire macabres à l’université George Washington. A l’automne 2022, des étudiants juifs se sont plaints d’un professeur de psychologie qui aurait pratiqué une forme de discrimination contre eux. En novembre 2021, des étudiants ont été accusés d’avoir posté une vidéo sur Snapchat où une femme déclare: « Nous allons bombarder Israël, mec ». Peu avant, quelqu’un était entré par effraction dans le dortoir d’une fraternité où 25% des étudiants étaient juifs pour profaner un rouleau de la Torah. Dans le cas les projections récentes, ce qui était particulièrement sinistre, c’est que la bibliothèque a reçu des dons importants d’un couple juif, Estelle et Melvin Gelman, dont elle porte le nom. Elle possède une collection importante de documents judaïques. Autrement dit, les manifestants simulent par tous les moyens possibles la destruction d’Israël ou l’effacement des juifs.
Certes, on n’a pas encore vu de véritable pogrom sur les campus américains, mais on peut dire que ces étudiants jouent littéralement le jeu des terroristes du jihad. Ils normalisent le spectacle de la violence et, en même temps, sur le plan pratique, ils font du lobbying pour la cause et collectent sans doute des fonds. A l’abri de tout danger, ils font le travail de groupes dangereux. Ils sont les jouets d’organisations qui promeuvent l’antisémitisme sous couvert d’antisionisme. Le mouvement « Boycott, Divestment, Sanctions » (BDS), appelant à boycotter, à sanctionner et à priver d’investissements les Israéliens, leurs institutions et leurs entreprises, a été créé en 2005 par quelque 170 organismes palestiniens. Dirigé par un comité palestinien, il est très actif dans les universités où il somme régulièrement les autorités académiques de ne pas investir en Israël – jusqu’ici en vain. Students for Justice in Palestine a plus d’universitaires dans son administration – comme Judith Butler – et Jewish Voice for Peace se présente comme un organisme juif antisioniste, mais tous les deux font le même travail que BDS. Les étudiants sont-ils naïfs, inconscients ? Ce sont surtout les marionnettes impuissantes mais utiles de manipulateurs sans aucune humanité.
Bas les masques !
Les événements récents ont eu pour effet de faire tomber des masques de manière définitive. La gauche révolutionnaire d’aujourd’hui est semblable à celle d’hier, mais en pire. Le terme woke désigne, plus qu’une idéologie, une alliance contre-intuitive, contre nature même, entre des militants antiracistes, des activistes du genre et certains musulmans. Si jamais elle rencontrait du succès dans sa lutte contre la société capitaliste, une telle alliance ne pourrait pas survivre. Les jihadistes n’ont rien à cirer des revendications LGBT+ ou des Noirs non-musulmans. Allons-nous voir maintenant la désagrégation de cette fédération? Rien n’est moins sûr. Pourtant le spectacle macabre qu’est devenue la vie sur les campus américains permet à tout le monde de voir le vrai visage des idéologues. On a beaucoup parlé de la réaction vigoureuse des chefs d’entreprise et des cabinets d’avocats qui ont refusé d’embaucher les étudiants soutenant le Hamas. C’est un début. Mais il reste beaucoup de travail à faire si on veut réclamer ces territoires perdus de l’humanisme.
Canada. Les garder ou les exclure selon leur «inclusivité»? le grand-remplacement des livres a commencé…
Si l’éducation nécessite que, selon la célèbre affiche pour Gallimard avec Gérard Philipe, l’on « dévore » des livres, certains enfants dans la province d’Ontario au Canada sont restés sur leur faim à la rentrée : des rayons entiers de la bibliothèque de leur école étaient vides. Selon Reina Takata, étudiante en seconde dans un établissement près de Toronto, plus de la moitié des ouvrages avait disparu. Dans d’autres écoles du district scolaire de Peel, c’était la même histoire. Parmi les volumes désormais introuvables, on citera des romans de la série Harry Potter, le best-seller de science-fiction Hunger Games et Le Journal d’Anne Frank. Les livres en question ont en commun d’avoir été publiés avant 2008.
Comment en est-on arrivé là ? Tout a commencé par une directive du ministère d’Éducation de la province enjoignant au district scolaire de Peel de conduire un audit de la diversité dans ses écoles. En réponse, le district a envoyé à ses établissements des documents concernant le processus de tri des livres dans les bibliothèques scolaires, processus tout à fait normal, appelé weeding (« désherbage ») en anglais, par lequel on enlève les livres endommagés ou très peu consultés. Or, les bibliothécaires ont reçu l’instruction d’évaluer les titres à garder ou à exclure selon leur « inclusivité » et leur potentiel pour promouvoir l’antiracisme. À cette fin, ils devaient se focaliser sur des volumes publiés il y a quinze ans ou plus. Dans certaines écoles, cette recommandation a été interprétée comme une injonction à enlever des milliers de livres uniquement en raison de leur date de publication – d’où l’hécatombe livresque. Cette opération pour favoriser l’« équité » s’est, ô surprise, avérée contre-productive.
Sur CBS News, Reina Takata, elle-même d’ascendance japonaise, s’est inquiétée de l’effacement de l’histoire des Canadiens de même ascendance qu’elle à cause de l’élimination des auteurs ayant écrit sur l’internement par les autorités canadiennes de ses citoyens d’origine japonaise entre 1939 et 1945. Une fois qu’on a lancé la machine à épurer culturelle, il est difficile de l’arrêter.
Pour réduire les émissions de CO2, les écolos sont prêts à tout, sauf à se faire réélire.
Entre la gauche écolo et les classes populaires, la fâcherie ne risque pas de s’arranger. Fin août, le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, a élargi le périmètre de la « zone à très faibles émissions » (ULEZ) de sa ville. Ce, malgré une consultation publique qui a donné 59 % de réponses défavorables. Désormais, les voitures diesel achetées avant 2015 et les voitures essence antérieures à 2006 ne peuvent plus circuler sur une superficie de 1 572 km², soit le double de Paris et la petite couronne réunies. La justification en est une étude scientifique – d’ailleurs contestée – qui prétend qu’une telle mesure permettrait de réduire la mortalité des maladies provoquées par les émissions des pots d’échappement. Conséquence : des Londoniens devront remplacer près de 200 000 véhicules. En bon travailliste, Sadiq Khan a débloqué 126 millions d’euros pour aider au changement de voiture, ce qui en moyenne reviendrait à une subvention de 630 par véhicule. Et pour ceux qui continueront à rouler dans leur vieille auto, un tarif – véritable amende – de 14,4 euros par jour sera imposé, à l’exception du jour de Noël.
Si, à Paris, les vignettes Crit’Air ne sont pas encore contrôlées par « vidéoverbalisation », un tel système est en vigueur depuis longtemps à Londres. L’annonce de l’expansion de l’ULEZ a déjà donné lieu à des actes de révolte populaire : entre avril et août de cette année, 300 caméras ont été dégradées et, pendant la semaine qui a suivi l’introduction de la mesure, 171 radars ont été vandalisés. En juillet, cette réforme a coûté la victoire au candidat travailliste lors de l’élection partielle dans l’ancienne circonscription de Boris Johnson : certain de gagner, il finalement été battu par le candidat tory. Khan est aussi président de l’organisation C40 Cities qui regroupe une centaine de maires autour du monde engagés dans la lutte pour réduire les émissions de CO2. Un rapport commandé par l’organisation préconise la suppression non seulement des voitures privées, mais aussi de la consommation de viande et des produits laitiers. Anne Hidalgo est membre de C40 Cities.
Le Média, site créé en 2017 par Sophia Chikirou et Gérard Miller, qui l’ont quitté depuis, a reçu l’accord de l’Arcom pour la création d’une chaine télévisuelle. «Le 20 octobre, on est là. C’est une révolution médiatique! Pour la première fois, une chaîne d’info indépendante débarque à la TV!» proclamait la publicité sur le site. Forcément, Causeur s’est branché pour assister à cette grande et prestigieuse soirée de lancement…
De nature curieuse, j’ai regardé le lancement de cette nouvelle chaîne d’info prévue pour être « un média indépendant des forces politiques ». Après avoir écouté les chroniqueurs et journalistes du Média TV, découvert leur manière d’aborder l’histoire et l’actualité et entendu les humoristes maison – ces derniers ayant la particularité d’être encore plus à gauche et moins drôles que Guillaume Meurice, ce qui relève d’une sorte d’exploit ! – je puis affirmer que, comme prévu, le Média TV est strictement, idéologiquement et radicalement d’obédience LFI-woko-décolonialiste.
Vite, une analyse islamo-gauchiste sur le Proche Orient !
Après une introduction laborieuse durant laquelle sont mises en avant, comme c’est original, les « valeurs de gauche antiracistes, féministes et écologistes » du Média, Julien Théry, historien à Lyon 2, ouvre les hostilités. À propos de l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre, le prof d’extrême gauche renvoie (presque) dos à dos les deux parties : les atrocités commises par le Hamas ne doivent pas faire oublier les « atrocités commises et assumées par l’État d’Israël contre la population palestinienne », en particulier contre les Palestiniens demeurant sur la bande de Gaza depuis « le milieu des années 2000 », affirme l’historien qui omet de dire que l’État d’Israël n’a jamais déclenché d’opération terroriste ni n’a jamais cherché à tuer intentionnellement des civils dans ses opérations militaires, et que la population palestinienne de Gaza vit surtout, depuis 2005 et le retrait d’Israël, sous le joug d’un Hamas n’hésitant pas à martyriser ses coreligionnaires pour atteindre ses objectifs officiels qui sont la destruction d’Israël, la mort des Juifs et l’instauration d’un califat régional, siège d’un djihad internationalisé. Gageons que cet oubli sera réparé lors d’une prochaine émission.
Apparaît alors le premier « humoriste » de la soirée. Samir Benyoucef est content que l’équipe de France de rugby ait été battue par les Sud-Africains. Pourquoi ? Parce que le sélectionneur avait osé maintenir dans son équipe Bastien Chalureau, joueur soupçonné d’avoir proféré des insultes racistes lors d’une bagarre dans un bar. Suivent quelques pitreries inévitables sur CNews et Zemmour qui peinent à arracher l’ombre du début d’un sourire à un public pourtant acquis à la cause.
Chic, Jean-Baptiste Rivoire et Nadiya Lazzouni sont de l’aventure
Jean-Baptiste Rivoire, créateur du site “Off investigation”, fera partie de l’aventure télévisuelle. Il y a quelques mois, sur le même Média, ce journaliste s’était ému de la décision de la direction de France Inter de retirer l’émission de Charline Vanhoenacker, émission qu’il considérait être « un des derniers bastions » contre le RN, de la grille quotidienne. Il disait être effrayé : « Je ne sais pas ce que la direction de France Inter aurait fait en 1942 en France, mais ça m’inquiète carrément. » Là, il a juste parlé de l’autoroute A69 prévue entre Castres et Toulouse en relayant les slogans écologistes et en négligeant de faire le rapprochement, pourtant évident pour qui cherche systématiquement des poux Godwin dans la tête de ses adversaires, avec les autoroutes allemandes inaugurées en 1937 par Hitler. Ce sera pour une prochaine fois.
Après ça, la journaliste Nadiya Lazzouni reçoit Johann Pavec, animateur du site “Le canard réfractaire”. M. Pavec est heureux de la création du Média TV car il considère que « la couverture du conflit israélo-palestinien est médiocre dans la presse mainstream ». Heureusement, dans Le Média, « on accueille des experts et on apporte des clefs de compréhension qui sont essentielles et, surtout, sérieuses ». Au sujet de ce conflit, M. Pavec dit vouloir proposer une contre-propagande à la « propagande de l’unité bourgeoise ». Attention Johann, on a dit « essentiel » et « sérieux ». Dans la foulée, le chroniqueur Kamil Abderrahman « trouve d’une hypocrisie incroyable de traiter de ce conflit sans jamais rappeler le colonialisme que vivent les Palestiniens » – M. Abderrahman n’a pas dû écouter attentivement les nombreux médias qui, dès le lendemain de l’attentat terroriste du Hamas, n’ont pas manqué de rappeler l’implantation des colonies en Cisjordanie, la politique jugée désastreuse du gouvernement de Benyamin Netanyahou, etc. – éléments qui sont de toute manière rabâchés dès qu’il est question d’Israël. Au passage, notons, sur le plateau, le désintérêt et l’absence totale de compassion pour les centaines d’Israéliens et les 31 Français massacrés par les terroristes, ainsi que pour les otages, y compris les otages français, enlevés et retenus par le Hamas, Dieu seul sait dans quelles conditions.
Il faut sauver le soldat Benzema et la « science écologique »
Nous l’attendions avec impatience, voici le deuxième « humoriste » de la soirée. Il s’appelle Lounès Bachir et commence très fort : « Nous sommes le 20 octobre 2023 et Jean-Marie Le Pen n’est toujours pas mort ! » (Nous laissons les lecteurs imaginer ce qui se passerait si un humoriste « de droite » commençait une de ses chroniques par : « Nous sommes le… et Jean-Luc Mélenchon n’est toujours pas mort ! »). Après ce début tonitruant, M. Bachir prend la défense de Karim Benzema. La chute est à la hauteur du début du sketch : « Benzema, y’a pas plus français, c’est un patriote. La preuve : chaque année, il paie ses impôts et après il se paie les fachos. »
Après cette belle tranche de rigolade, revenons aux choses sérieuses. La nouvelle chaine TV passe l’extrait d’un débat entre Mathieu Slama et Paul Elek, chroniqueur politique du Média. Slama, c’est le seul charme de cet extrait, ne peut pour une fois pas en placer une. Elek assène son discours sur le mode « le peuple colonisé a le droit de se défendre par tous les moyens. » L’organisation terroriste du Hamas ne pose aucun problème à ce journaliste qui tient à démonter « la réécriture de l’État israélien comme un État agressé » et qui a tweeté le jour même de l’agression terroriste du Hamas : « Dans un conflit colonial, le niveau de violence est fixé par l’occupant. » En clair : Israël n’a eu que ce qu’il mérite.
Voici venu le tour de Laury-Anne Cholez, journaliste du site d’actualité écolo Reporterre. Si les médias comme Libé et Le Monde et « même les chaines de télé s’y mettent un peu » et ont « étoffé leurs rubriques sur l’écologie », il y a quand même des « biais » embêtants, déplore Mme Cholez. Par exemple, lorsque sur BFMTV, pour parler de la canicule, on montre « des enfants qui mangent des glaces comme si c’était quelque chose de sympa ». Heureusement, les journalistes écolos de Reporterre font un travail se basant sur « des faits scientifiques, c’est pas de l’opinion, en fait c’est de la science écologique (sic), etc’est ça où souvent il faut un peu le rappeler (resic), moi je ne donne pas mon avis, je rapporte des faits scientifiques, le GIEC, y’a un consensus scientifique (et sic de der) autour de ces questions d’écologie ». Mathieu Slama, prétendant allié à toutes les causes à la noix, est très ému en entendant Mme Cholez car il se souvient avoir été confronté « à trois mois d’intervalle » à deux « climatosceptiques » qui ne croyaient pas à la théorie de l’origine humaine du réchauffement climatique. C’est à ce moment-là, dit-il, qu’il s’est aperçu qu’il y a « des gens qui font de la désinformation » et qu’il s’est promis de continuer à « lutter contre ce fléau ». Sur le plateau, on est au bord des larmes.
La chaîne du racisme anti-Blanc ?
Bertrand Badie a rejoint Le Média depuis des mois, apprend-on sans surprise. Ce professeur des relations internationales est parvenu à participer à l’émission “L’esprit public” sur France Culture, le lendemain de l’attaque terroriste du Hamas à laquelle était consacrée l’émission, sans dire une seule fois les mots islamisme ou terrorisme mais en s’émouvant que la ville de Paris ait décidé d’illuminer la Tour Eiffel aux seules couleurs du drapeau israélien et pas à celles du drapeau palestinien. Sur le plateau du Média, on sent un Bertrand Badie très à l’aise. Les circonlocutions habituelles laissent place à d’autres, tout aussi alambiquées et finalement quand même compréhensibles – le Badie se comprend à demi-mot. L’islamo-gauchisme ? C’est un terme qui « mériterait d’être défini, ce qui n’a jamais été le cas. C’est un terme qui n’est utilisé que dans un sens polémique, et même synonyme d’une injure que l’on jette à la figure de tous ceux dans lesquels on ne se reconnaît pas et à qui on prête des intentions autres que le conformisme politique étroit tel qu’on le connaît aujourd’hui ». Les peuples ? Les peuples sont vilains. Étrangement, d’après Bertrand Badie, ils ont peur de « l’altérité, de l’immigration et de la mondialisation », sources d’un avenir radieux, comme chacun sait. Irving Magi, journaliste du Média jaspinant comme un étudiant zadiste, est catégorique : « La lecture pointue de la politique mondiale deBertrand Badie diffère grandement de celle des toutologues de télé qui parlent de tout et de qu’importe quoi, surtout de n’importe quoi ! » Irving Magi, lui, élève l’art de dire des âneries à des sommets hallucinants – art qui, pour le coup, ne diffère guère de celui des étudiants en études de genre, des représentants d’EELV ou des sociologues de Paris-VIII.
« L’humoriste » Émilie Simonnet clôt cette longue soirée. Ceux qui « doutaient de ne pas être sur une chaine de droite », dit-elle, savent maintenant qu’ils sont bien sur une « télé artisanale de gauche » car « il y a eu quelques petits soucis techniques de captation ». En fait, explique la comique troupière, au milieu de ce « casting de visages très différents (sous-entendu « de toutes les couleurs »), ces bugs n’étaient pas vraiment des bugs – c’est des “blancs” qu’on a rajouté au montage ». Certains esprits chagrins pourraient penser que cette blague est un tantinet raciste – mais cela ne se peut pas car, comme l’a expliqué M. Pap Ndiaye, le racisme anti-Blancs n’existe pas1. Et le journaliste Irving Magi de conclure : « Ça donne une idée de ce que sera l’humour sur Le Média. » Effectivement, ça promet !
Lors d’une conférence tenue à Sciences Po en 2019, Pap Ndiaye déclare : « Du côté des sciences sociales, je ne connais pas un chercheur ou une chercheuse qui validerait la notion de racisme anti-Blancs. Donc la notion de racisme anti-Blancs, elle est ridicule ; elle est même, si vous voulez, biaisée d’un point de vue analytique. » Reprenant les thèses racialistes américaines, M. Ndiaye sous-entend que le racisme anti-Blancs ne peut pas exister à cause de la « position dominante » des Blancs dans les sociétés occidentales. ↩︎
Manifestation propalestinienne, New-York, 24, octobre 2023. D.R.
Si la situation géopolitique n’était pas si grave, cela prêterait à sourire. Le Club de Médiapart vient de relayer une tribune, signée par plus de 70 organisations féministes et LGBTQI+, qui dénonce «le massacre en cours à Gaza», et soutient «la libération de la Palestine».
Même si ce genre de bizarrerie n’est pas tout à fait nouveau, on ne se lasse pas de s’étonner et de s’interroger sur les ressorts de ces tribunes loufoques qui estiment que la libération de la Palestine s’inscrit dans le même agenda militant que la cause féministe.
Parmi nos signataires, on retrouve les différents collectifs locaux de l’association féministe Nous Toutes, créée par Caroline de Haas, mais aussi le Planning familial ou la Pride des banlieues. Et bien d’autres groupuscules aux noms évocateurs tels que : Label Gouine, Mauvais Genre(s), Les Ours à plumes, Vénus s’épilait-elle la chatte, Les mains paillettes association sourd.e.s queer et signant.e.s. Bien sûr, l’ex-actrice, Adèle Haenel, devenue égérie du militantisme LGBT, figure également en bonne place parmi tous ces joyeux militants. Mais, curieusement, pas une seule association musulmane n’est en revanche mentionnée dans la liste !
Un inquiétant gloubi-boulga
À lire cette tribune, la guerre à Gaza n’a qu’un seul coupable : l’État d’Israël. Si les auteurs condamnent les meurtres des civils israéliens du 7 octobre, ils expliquent que ces pogroms du Hamas ne servent que de prétexte pour envahir Gaza (« Pour justifier son projet mortifère, le gouvernement israélien s’appuie sur les nombreux meurtres de civils perpétrés par le Hamas »). Par ailleurs, sous leur plume, la diversité des victimes juives de la gent féminine de 0 à 99 ans disparaît sous l’évocation du terme global « des civils israélienNEs». Ils se gardent bien de dénoncer dans le détail les viols, éventrements et autres exactions sur des femmes enceintes ou des bébés en Israël. Seuls le peuple palestinien et les femmes palestiniennes semblent à présent préoccuper les signataires.
Par ailleurs, on a déjà pu l’observer, tous ces militants féministes et LGBT d’extrême gauche ne font pas que signer des tribunes ou lancer des pétitions ; ils se retrouvent aussi dans les manifestations pro-palestiniennes organisées en France et dans d’autres métropoles occidentales. Comme à New York, le week-end dernier, où des militants de « Gays 4 Gaza » et de « Queers for Palestine », portant masque sanitaire et cheveux fluo, ont défilé en brandissant des pancartes aux couleurs du drapeau palestinien et du drapeau arc-en ciel en hurlant « Free Palestine », « The occupation has to go » et « Fuck Israël », le tout ponctué de discours mobilisateurs expliquant que la lutte pour la libération de la Palestine serait la même que celle pour les droits civiques, que les Palestiniens vivraient sous occupation et subiraient une ségrégation raciale semblable à celle vécue par les noirs américains autrefois. Voilà le résultat du grand gloubi-boulga où règnent anachronismes, confusion et relativisme inhérents à l’idéologie woke. Pour ces militants, Israël représente l’Occident blanc patriarcal et néocolonial coupable de tous les maux de la Terre. Peu importe si depuis l’opération du grand démantèlement opéré par Ariel Sharon, en 2005, il n’y a plus de colonies juives dans la bande de Gaza ! Par ignorance crasse et aveuglement idéologique, ces militants ultra-« progressistes » ne se rendent pas compte qu’ils soutiennent en réalité ceux qui seraient leurs potentiels bourreaux s’ils vivaient à Gaza. Ils sont loin de réaliser qu’ils ne sont que les idiots utiles du terrorisme islamiste, qui se sert d’eux pour montrer aux peuples du « Sud global » à quel point l’Occident sombre dans la dégénérescence ou légitimer la charia comme une fantastique barrière imperméable à ce qu’ils considèrent comme de la dépravation.
La réalité de la situation des homosexuels et des femmes palestiniennes
Un petit séjour à Gaza ou en Cisjordanie permet de voir qu’il ne fait pas bon y vivre lorsqu’on est une femme, ou lorsque l’on fait partie de la grande famille des minorités sexuelles. Le mariage homo n’y est évidemment pas légalisé, contrairement à Israël qui reconnait le mariage entre personnes du même sexe lorsqu’il est contracté à l’étranger et qui a légalisé l’adoption pour les couples homosexuels et autorisé en juillet 2021 la GPA pour ces mêmes couples.
En revanche, la dernière gay pride qui s’est déroulée à Jérusalem, le 1er juillet, fut évidemment condamné par le Hamas palestinien. Dans un communiqué, le groupe terroriste qualifiait la Marche des fiertés de « perverse et abominable » et appelait le peuple palestinien à s’y opposer afin de défendre « l’identité arabe de Jérusalem et de l’islam de la mosquée Al-Aqsa » devant laquelle la Marche passait. Et cette condamnation de l’homosexualité est partagée par la grande majorité des Palestiniens à la tolérance aussi mince que le papier coranique… Seuls 5% d’entre eux jugerait l’homosexualité acceptable. En Palestine, les LGBT doivent faire profil bas s’ils ne veulent pas être persécutés. Ahmad Abou Markhia, un jeune homme qui avait fui sa ville natale d’Hébron pour trouver refuge en Israël en attendant de s’exiler au Canada, a été kidnappé et décapité il y à peine un an. Voilà pour les homosexuels.
Quant aux pseudos féministes de Mediapart qui ont pris le parti du « peuple palestinien » dans leur texte, et qui voient en Israël un Etat oppresseur et patriarcal, elles devraient se pencher sur le droit des femmes palestiniennes à mener une vie libre sexuellement ou indépendante financièrement, une vie sans voile ni mari… Elles verraient que ce droit n’existe pas, que les Palestiniennes sont évidemment soumises à la charia, et que 38% des malheureuses vivant dans la bande de Gaza y ont déjà subi une forme de violence (physique, sexuelle ou psychologique), qu’elles sont réduites à être des utérus, le conflit avec Israël se jouant aussi dans les berceaux. Et que si elles veulent avorter, elles doivent se rendre… en Israël.
Il est fascinant et effrayant de voir combien tous ces militants qui se disent « éveillés » sont à ce point endormis. Les réveiller, c’est ce qu’a tenté de faire l’animateur télé iconoclaste Michael Youn, avec le ton tonitruant qui le caractérise : « Les féministes, gay, lesbiennes, nympho, fêtards, queutards, athées, artistes, drôles, intellectuels ou juste libres… », avec le Hamas tout ce peuple de rigolos progressistes finirait « au bout d’une pique », vient-il de twitter en guise d’avertissement.
Le président Macron a su quitter le « en même temps ». Notre chroniqueur nous explique pourquoi il pense cela, et lui dit bravo!
Beaucoup, dont moi le premier, ne donnaient pas cher d’un voyage présidentiel si tardif en Israël et dans le Proche-Orient. Certes Emmanuel Macron nous avait expliqué qu’il le voulait « utile » mais comment satisfaire une telle exigence alors que d’autres chefs d’État ou chefs de gouvernement, et pas des moindres, étaient déjà passés, notamment le président Joe Biden, et qu’ils semblaient avoir très peu obtenu ? Pourtant le président de la République a relevé le défi brillamment. J’use à dessein de cet adverbe, par contraste, car si on peut le créditer d’une réussite admise par à peu près tous, cela tient précisément au fait que, pour une fois, dans le fond et la forme il a échappé avec une sobriété remarquable à cette légère touche de narcissisme qui souvent a altéré ses propos en France, même les plus émouvants, à la suite des tragédies ayant endeuillé notre pays. Comme s’il s’écoutait pleurer et parler en même temps ! Aussi bien devant le Premier ministre israélien que face à Mahmoud Abbas, à la tête d’une Autorité palestinienne ne représentant plus rien mais incontournable dans le cadre d’une visite officielle, Emmanuel Macron a su, avec clarté, sans la moindre fausse note, en ayant pesé chaque mot – la moindre erreur aurait engendré les pires effets diplomatiques -, tenir une balance subtile, un équilibre délicat entre la barbarie absolue dont Israël avait été victime et l’apitoiement sur les souffrances, les morts et les blessés causés par sa riposte intense et durable contre le Hamas dans la bande de Gaza.
Une balance subtile mais surtout pas égale
Le Hamas a massacré des Juifs de tous âges, jusqu’aux plus petits, parce qu’ils étaient juifs et les civils ont été assassinés en pleine connaissance de cause. Israël n’a jamais eu cette volonté initiale et criminelle de violer les règles du droit de la guerre. C’est une différence capitale dont le président a pris toute la mesure. Pourtant, en l’occurrence, ce n’était pas simple de placer sur un plateau une horreur totale, inexcusable, appelant un soutien inconditionnel, sans la moindre équivoque, et sur l’autre une commisération simplement humaine à l’égard des conséquences forcément dramatiques pour la population palestinienne de la volonté d’Israël d’éradiquer le Hamas qui dévoie sa cause au lieu de la servir. C’est à partir de cette approche d’une justesse et d’une justice pleines et entières que la mission que s’était assigné le président a pu engendrer des effets bienfaisants. Le tour de force était déjà là, dans cette manière exigeante de manifester l’absence de tout parallélisme tout en n’oubliant aucune des parties concernées.
Ensuite il est loisible de discuter non pas la position traditionnelle de la France sur les deux États, qu’Emmanuel Macron n’a fait que rappeler, mais sa proposition d’élargir la coalition internationale pour y intégrer la lutte contre le Hamas. Il est clair qu’aucun pays arabe n’y participerait, ce qui enlèverait à l’initiative toute sa vigueur et son intérêt, même si le président a précisé qu’il ne s’agirait pas d’opérations militaires à Gaza. Par ailleurs, les États-Unis n’ont pas prêté la moindre attention à l’idée française. La voix de la France n’est évidemment plus celle d’antan, elle peut être écoutée mais je ne suis pas sûr qu’elle soit respectée, ce qui n’est pas la même chose. Le président de la République va rencontrer le roi de Jordanie et le président égyptien, ce que le président Biden n’avait pu faire à la suite de l’attaque de l’hôpital de Gaza, prétendument par Israël, avec une quarantaine de morts et non pas la multitude de victimes mensongèrement invoquée par le Hamas. On a vu à l’occasion du tir de roquette, dont Israël était innocent, la partialité à l’encontre de cet Etat et la présomption de culpabilité qui pesait sur lui avant toute vérification.
La situation nationale également préoccupante
Emmanuel Macron réclame l’union nationale et on doit constater qu’il a été peu suivi dans ce souhait. Il me semble même que l’intensité belliqueuse sur le plan politique augmentait à proportion de ses désirs d’apaisement. Pourtant, s’il y a un domaine capital où son souci est légitime, c’est celui qui a trouvé son paroxysme horrible avec l’attaque contre Israël le 7 octobre par le Hamas. Malheureusement on ne peut que regretter l’obsession de Jean-Luc Mélenchon de faire bande à part dans une sorte de trotskisme échevelé, sa volonté de dissidence à tout prix le mettant sans précaution sous le risque de l’antisémitisme, avec une impérieuse domination sur un petit cercle condamné à d’effarantes arguties pour suivre le « maître ». Elles sont souvent pathétiques : je songe à Manon Aubry questionnée par Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio. Ce n’est pas la même chose de déplorer les souffrances palestiniennes, les morts, les victimes civiles en étant en permanence gangrené par la perversion d’une équivalence entre la barbarie du 7 octobre et la légitime défense qu’elle a suscitée ou de procéder comme a su le faire notre président. Bravo à lui pour avoir su quitter le « en même temps »…
Les parents sont bien seuls face au mal-être existentiel, voire aux troubles psychologiques de leur enfant en transition de genre. Le système qui privilégie l’accompagnement des adolescents dans leur démarche ne fait qu’encourager leur « radicalisation » et les isole davantage de leur famille. Témoignages.
Coralie et Myriam[1] appartiennent à Ypomoni, une association regroupant des parents d’enfants en transition. Au-delà des difficultés liées à l’accompagnement d’un enfant – même adulte – vivant un processus complexe et douloureux, ces parents ont un autre combat à mener : maintenir le lien avec leurs enfants. Car ils se heurtent à une sorte de « radicalisation », tellement brutale qu’elle aboutit le plus souvent à une rupture, les enfants en transition rejetant leurs parents avec leur ancien genre.
Diagnostic très rapidement posé
Pour Coralie, le basculement s’est produit alors que son fils était mineur et entrait en première. Le fils de Myriam était quant à lui âgé d’une trentaine d’années lorsqu’il lui a annoncé sa transition. Toutes deux ont été étonnées de découvrir que leur histoire et celles des autres parents d’Ypomoni présentaient de singulières récurrences : brutalité de l’annonce, rapidité de la rupture familiale et similarité des profils de la grande majorité des enfants concernés. Plus intelligents que la moyenne mais aussi plus fragiles, leur transgenrisme est souvent accompagné d’interrogations au niveau de leur sexualité (cas d’homophobie intériorisé) et/ou de traits autistiques, de problèmes psychologiques, de tendance dépressive, voire de pathologies mentales.
Coralie raconte ainsi qu’en trois mois, son fils, très complexé par son physique, a développé une fascination pour les drag-queens et s’est mis à porter perruques et talons. Elle lui a demandé s’il était homosexuel, en lui disant que cela ne posait pas de problème. Il n’a jamais répondu. Comme elle le trouvait mal dans sa peau, elle l’a amené consulter. Le diagnostic de transidentité a été très rapidement posé et toute idée de thérapie a été alors rejetée, puisque le seul problème du jeune homme se résumait à la transphobie de la société. Tout refus de céder à une exigence de l’enfant entraînait une crise et l’accusation tombait : transphobie ! Comme souvent, la communauté éducative ainsi que les professionnels de la santé mentale ont laissé cette mère seule, préférant « accompagner le choix » de l’adolescent, pourtant visiblement en détresse.
Achats compulsifs
Le dialogue rompu, Coralie a dû laisser la garde du jeune homme à son père. Lequel n’a pas réussi à cohabiter avec son fils, dont les symptômes de dépression s’accentuaient. Devenu majeur, ce dernier s’est installé loin de sa famille. Les photos de sa nouvelle vie postées sur les réseaux sociaux ont inquiété Coralie. Elle est allée le voir et l’a trouvé sale, sous-alimenté, isolé, vivant dans un appartement envahi de déchets où s’accumulaient des sacs entiers de vêtements, fruits d’achats compulsifs. Mais alors qu’elle tentait de renouer le contact, elle a été appelée au téléphone par un « ami » de son fils qui lui intimait de cesser son « harcèlement », la menaçant d’appeler la police. Depuis, le jeune homme a été placé en ALD (affection longue durée[2]) pour son transitionnement, a effectué une opération de chirurgie faciale pour se féminiser et se fournit en hormones sur internet. Une partie de la famille de Coralie, qui la rendait responsable de la rupture, s’est alors rendu compte que la transidentité ne se résumait pas à porter des couettes et à s’habiller en jupe. Aujourd’hui, Coralie s’inquiète des choix irréversibles de ce jeune homme en souffrance, qui croit trouver une nouvelle vie et la résolution de tout son mal-être dans la chirurgie et la prise d’hormones.
Discours stéréotypé, références identiques
Pour Myriam, la rupture a aussi été brutale. Après l’annonce de son fils, elle aussi a essayé de dialoguer, de se faire aider par des psychologues, de proposer une thérapie familiale. Elle évoque un fils aussi brillant que fragile, présentant des traits autistiques. Le décès tragique d’un frère, la révélation d’une maladie mentale du père, l’indisponibilité de sa mère accaparée par les difficultés familiales ont empêché le jeune homme de faire son deuil. Proche de sa mère, il nourrissait un profond ressentiment contre son père. C’est dans ce contexte difficile que la question de son identité a fait surface. Et là aussi, l’annonce de la transidentité s’est faite dans la violence et la rupture. De plus, ce jeune homme, terrorisé à l’idée d’hériter de la maladie mentale de son père, avait toujours refusé d’être condamné à prendre à vie des médicaments. Elle ne comprend pas qu’aujourd’hui il ingère si facilement des hormones.
Chez les membres d’Ypomoni, ce schéma est très commun. Ces parents dénoncent une forme d’emprise qu’ils constatent sur leurs enfants : un discours stéréotypé, des références identiques. Le chantage au suicide comme moyen d’exiger un soutien total est rituel. Toute contrariété est prise pour une violence et la rupture familiale est souvent encouragée par l’intégration rapide à une « famille » militante. Myriam raconte qu’elle a ressenti de l’empathie pour ces parents, dont les enfants se sont radicalisés et ont rejoint la Syrie, car elle a le sentiment de vivre un processus similaire et d’être aussi impuissante qu’eux.
Nombre de familles ont le sentiment d’être désavouées par les pouvoirs publics. Ceux-ci paraissent considérer que la transidentité ne peut être qu’une démarche positive. Les inquiétudes des parents sont négligées, car vues comme une volonté de contrôler leur enfant. « J’aurais aimé que l’on reconnaisse davantage la transition comme un symptôme, ou une sorte d’effacement de soi ; un moyen de gérer les traumatismes et les difficultés de santé mentale, plutôt que comme un remède à ces dernières », explique une personne qui a choisi de détransitionner[3]. À entendre le témoignage de ces mères, on comprend que cette sage position est ignorée par les institutions et peu défendue par le corps médical, pour le plus grand malheur des adolescents les plus fragiles.
[2] Dispositif concernant des personnes atteintes d’une maladie dont la gravité et/ou le caractère chronique nécessite un traitement prolongé et particulièrement coûteux.
Par crainte du terrorisme, la génération Z préfère abandonner des acquis occidentaux, jusqu’à sacrifier une partie de l’art de vivre à la française. Cela traduit l’échec de notre modèle, et la difficulté de lutter contre l’islamisme international. Analyse.
En causant la mort de plus de 260 personnes en France depuis les attentats de Merah ou de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015,le terrorisme islamiste est le terrorisme le plus meurtrier depuis la guerre d’Algérie. Seulement, l’ampleur de cette terreur et la difficulté des pouvoirs publics à appréhender les menaces ont traumatisé une nouvelle génération née entre 1996 et 2010. En effet, la génération Z est plus encline à changer ses comportements à cause du terrorisme que les générations précédentes, au point de consentir à abandonner une partie de ses libertés. Cette « génération attentats » symbolise le déclin occidental qui a pourtant érigé la défense des libertés fondamentales comme un pilier de son modèle de société.
Le camion qui a foncé sur la foule à Nice, le 14 juillet 2016 (Photo : AFP VALERY HACHE)
Une guerre totale contre le terrorisme islamique
La guerre contre le terrorisme islamiste est totale. D’une part, nous affrontons le totalitarisme islamique qui nous mène une guerre sur le plan culturel avec sa doctrine d’entrisme dans tous les domaines (vestimentaire, alimentaire, sportif, etc.) et sur le plan militaire, sur notre sol et dans le monde. D’autre part, les attentats et leurs objectifs se sont diversifiés depuis 2015. Charlie Hebdo et Samuel Paty sont des attaques stratégiques ciblées contre des valeurs françaises (liberté d’expression, laïcité). Les tueries de masse du 13 novembre 2015, au Bataclan et sur des terrasses de cafés parisiens, ou du 14 juillet 2016, sur la Promenade des Anglais à Nice, ont surtout vocation de semer la terreur au sein de toute la population. Enfin, les attaques isolées sur des cibles « aléatoires » sont plus fréquentes, comme à Annecy l’été dernier ou en Isère en 2020. Ces derniers attentats sont le symbole d’un risque terroriste qui touche désormais tout le territoire, notamment les villes moyennes et non plus seulement les grandes métropoles.
Les ennemis de l’intérieur ont des profils plus diversifiés aujourd’hui. En 2015, il s’agissait de terroristes étrangers provenant de pays étrangers, ou de Français issus de l’immigration recrutés et formés, soit à distance via les réseaux sociaux, soit directement sur les théâtres d’opération du djihad en Syrie et en Irak par des groupes terroristes comme l’État islamique. Cela répondait davantage à une logique de réseau. En 2023, ce n’est plus toujours le cas. En effet, l’apparition d’individus isolés rend leur surveillance plus ardue. Identifier la cible, le motif exact ou encore le momentum du passage à l’acte diversifie la menace et crée un « djihadisme d’atmosphère » au sens de Gilles Kepel.
Impossible de répondre comme en 2015
Ce « djihadisme d’atmosphère » rend le terrorisme islamiste impossible à appréhender comme en 2015. Après les événements du 13 novembre 2015 ayant fait 131 victimes, le président François Hollande avait décrété un état d’urgence donnant des moyens exceptionnels à l’administration pour museler les réseaux terroristes. La saisie d’armes lourdes, les perquisitions administratives pour se passer de la décision d’un juge, les assignations à résidence, ou les moyens de surveillance accrus étaient utiles pour appréhender des réseaux. Or, le glissement vers un terrorisme low cost, avec ses profils isolés dotés de moyens rudimentaires (couteaux ou véhicules) rend la menace plus difficile à anticiper. Ces individus sont à la marge de la société, déjà présents sur le sol européen et français, et ont leur propre logique de passage à l’acte qui peut reposer sur un événement national, international ou encore lié à leur situation personnelle, comme ce pourrait être le cas de l’assassinat de Dominique Bernard à Arras.
De plus, les puissances islamistes ont changé depuis 2015. Avant, il a été possible, pour la France, de frapper l’État islamique – né en Irak des suites de l’intervention américaine de 2003 et en Syrie après le Printemps Arabe – qui était une puissance soutenant le djihad mondial. À ce titre, il s’était mis à dos toutes les puissances du Conseil de sécurité de l’ONU. En effet, les tueries d’Orlando aux États-Unis, le Bataclan en France, les attentats de Londres au Royaume-Uni, le terrorisme dans le Caucase en Russie ou à travers les Ouighours en Chine les ont conduits à frapper le même ennemi. Seulement, la quasi-disparition de l’État islamique au Proche-Orient a reconfiguré le terrorisme islamiste. Il serait davantage soutenu par deux États intouchables : la Turquie, membre de l’OTAN et l’Iran allié de la Russie et de la Chine.
Une « génération attentats »
La nouvelle génération préfère abandonner des acquis occidentaux par crainte du terrorisme. Selon une étude Elabe publiée le 18 octobre 2023, 81% des 18-24 ans se disent inquiets face à la menace terroriste en France tout comme le reste de la population (84%). Pourtant, ce sont les plus jeunes qui sont les plus susceptibles de changer leurs habitudes de vie. 52% des 18-24 ans le déclarent contre 43% en moyenne globale, soit 9 points de plus. Cela traduit l’échec de notre modèle, avec des jeunes qui assument de vivre avec cette menace depuis toujours, quitte à sacrifier une partie de l’art de vivre à la française.
Le modèle occidental n’attire plus suffisamment. Comment expliquer que des jeunes Français puissent être enrôlés dans une idéologie qui tue leurs camarades d’école ? La liberté occidentale et l’originalité laïque du modèle français convainquent moins les jeunes générations de Français de confession musulmane. Selon une étude IFOP parue en 2020, 74% des jeunes Français de confession musulmane mettent les lois islamiques devant les lois de la République, contre 25% de leurs aînés. Ces fractures au sein des jeunesses françaises expliquent qu’il y ait 183 élèves qui n’ont pas respecté l’hommage à Dominique Bernard.
Loin des réponses apportées en 2015, la France s’habitue au terrorisme. Seulement, cela pose le risque qu’une « génération attentats » côtoie, voire vive face à une génération gagnée par l’entrisme, au détriment de la France du XXIe siècle.