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Quand s’attaquer à l’art se double d’un acte antisémite


Honteux, et c’est un euphémisme ! Comment qualifier autrement, en effet, ce geste, particulièrement violent, d’une militante, se revendiquant de « Palestine Action », s’étant attaquée, ce vendredi 8 mars 2024 à l’Université de Cambridge, à un portrait (tableau réalisé en 1914 par Philip Alexius Laszlo) de Lord Arthur Balfour, qu’elle a lacéré, après l’avoir aspergé de peinture rouge, à coups de cutter, ainsi qu’on peut le voir dans une vidéo fièrement mise en ligne, sur X (ex-Twitter), par ce même groupe ?

La barbarie d’un double crime

Car il s’agit là, en réalité, d’un double crime, et non des moindres par la barbarie qu’il recèle : un crime à l’encontre d’une œuvre d’art, acte déjà éminemment répréhensible en soi, certes ; mais aussi, et peut-être plus condamnable encore, un crime attenant, comme pour toute forme de racisme, à l’antisémitisme, plus encore qu’à l’antisionisme, le plus ignoble !

La (dé)raison de pareil geste ? Le fait que Lord Balfour, ancien ministre anglais des Affaires étrangères, ait été le promoteur, en 1917, d’une déclaration exprimant, de manière officielle, le soutien du Royaume-Uni à l’établissement d’un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine : préambule, cette décision, de ce qui deviendra en 1948, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et dans le douloureux sillage de ce crime unique dans les annales de l’(in)humanité que fut la Shoah, la création, sous l’égide de David Ben Gourion, de l’Etat d’Israël !

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C’est dire donc si, par-delà même cet énième acte de vandalisme à l’encontre d’une œuvre d’art (comme déjà, il y a quelques semaines seulement, à l’encontre de « La Joconde » de Léonard de Vinci ou du « Printemps » de Claude Monet), il s’agit cette fois, chose bien plus grave encore, d’un véritable acte d’antisémitisme !

L’université de Cambridge pour l’État d’Israël : de Lord Byron a Lord Balfour

Cette même et prestigieuse université de Cambridge, par ailleurs, ne s’est jamais privée de manifester publiquement sa sympathie, voire son soutien, envers le peuple juif, puisque c’est encore elle qui accueillit généreusement, au début du XIXe siècle, de 1805 à 1808, mon cher Byron, autre célèbre Lord (auquel j’ai naguère consacré, pour les Éditions Gallimard, une ample biographie), lequel écrivit, quant à lui, d’admirables « Hebrew Melodies » (« Mélodies Hébraïques »), recueil datant, pour l’exactitude, de 1814, soit près d’un siècle, déjà, avant la célèbre déclaration, quant à la future naissance de l’Etat d’Israël précisément, du précité Lord Balfour !

Quand salir la culture équivaut à souiller ses propres idées

Certes, le peuple palestinien, dans la bande de Gaza, vit-il aujourd’hui, par la guerre qu’Israël mène actuellement à l’encontre des terroristes du Hamas après l’abominable attaque du 7 octobre dernier, une terrible tragédie sur le plan humain. Et à lui, comme à toutes les victimes dans cet horrible conflit, qu’elles soient juives ou palestiniennes, toute notre sincère compassion ! Mais, tout ceci étant dit, quand, du reste, s’attaquer à l’art, et parfois à ses plus grands chefs-d’œuvre, a-t-il jamais représenté un argument digne de ce nom, rationnel et objectif, pour défendre des idées, aussi nobles soient-elles ? Car, de fait, seuls les régimes dictatoriaux, qu’ils soient d’extrême-gauche ou d’extrême-droite et qu’on les nomme, par-delà tout clivage politico-idéologique, « fascisme », nazisme », communisme ou « stalinisme », se sont honteusement adonnés à ce genre de pratique, particulièrement méprisable sur le plan intellectuel et abject au niveau moral.

Davantage : se rendent-ils donc compte, ces infâmes extrémistes, que c’est tout d’abord leur propre cause, leur parti ou leur organisation, qu’ils souillent et avilissent, par la violence de leur geste, ainsi ? De fait : dégrader la culture ou salir l’art (dans cet odieux cas, au sens premier du terme) était déjà la pratique favorite, de sinistre mémoire, des nazis au siècle dernier lorsqu’ils taxaient certains des meilleurs peintres, en cet obscur temps-là, de « dégénérés » !

Pis : s’en prendre ainsi à l’art, et dans ce cas à des sympathisants de la cause israélienne de surcroît, ne peut hélas que faire penser, sans certes vouloir comparer ici l’incomparable ni verser malencontreusement en un révisionnisme de mauvais aloi, aux pires propagandistes nazis précisément, du style Goebbels ou Göring, lorsqu’ils disaient « sortir leur revolver quand ils entendaient le mot culture » (ce sont du moins là les ignominieuses paroles que le dramaturge allemand Hanns Johst, fervent admirateur d’Hitler, leur attribue glorieusement dans sa pièce de théâtre Schlageter, dédiée un prétendu martyr pré-nazi).

Afficher à ce point son mépris de la culture, tout autant que de l’art, fait effectivement froid dans le dos, surtout par tout ce à quoi renvoie fatalement pareil, fanatique et périlleux réflexe antisémite : la « nazi attitude » !

  

«La Salle des profs», milieu scolaire orthonormé et franchement hostile

Le film d’İlker Çatak, qui fait un tabac en Allemagne et vient de sortir en France avec d’excellentes critiques, ne pouvait pas ne pas interpeller notre chroniqueur, à qui rien de ce qui est turpitude scolaire n’est étranger. Apparemment il n’a pas été déçu. Mais de là à en faire un favori pour l’Oscar du meilleur film étranger, il y a une marge, dit-il.


La Salle des profs est un film profondément allemand — ce qu’on ne lui reprochera pas. Personnages korrekt des pieds à la tête, locaux immaculés, haine larvée des étrangers (pas seulement des immigrés turcs de plus ou moins longue date : on ne manque pas de faire remarquer à l’héroïne, originaire de Gdansk / Dantzig, qu’une Polonaise, en Allemagne, ne sera jamais allemande), et tendance à l’inquisition qui peut aller assez loin. Les invectives volent bas parfois dans ce décor si bien peigné : on se traite de fasciste « à peine qu’on se traite », comme disait Nougaro, mais avec des arrière-pensées évidentes de camps de concentration.

Passe ton Abitur d’abord

Carla Nowak, prof de maths et d’EPS (la bivalence est la règle en Allemagne) d’un Gymnasium (l’équivalent de nos lycées, la seule structure pédagogique qui débouche sur l’Abitur, le Bac allemand), a des méthodes d’un pédagogisme qui peut paraître ici excessif : les élèves obéissent au claquement des mains, ils sont dressés à obéir, et de toute façon l’établissement expérimente la « tolérance zéro » que l’on réclame de ce côté du Rhin.

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Mais voilà : on lui a piqué de l’argent dans son portefeuille, en salle des profs. Elle dispose alors son ordinateur en fonction caméra pour filmer la personne qui a l’indélicatesse de se servir dans la poche de son blouson.


À partir de là l’inquisition se met en place, une secrétaire est désignée (sans qu’on ait vu autre chose à l’image qu’un bout de son chemisier), la prof se retrouve accusée d’espionnage (on sent que le souvenir de la Stasi n’est pas loin, chacun fait avec son histoire), les élèves s’insurgent… Et au terme d’une narration en spirale descendante, les enfers personnels de chacun se retrouvent sur la table.

À travers la métaphore d’une salle des profs ordinaire, c’est évidemment toute la société allemande qui se retrouve sous les projecteurs. Non seulement l’histoire récente de la réunification, l’immigration turque (les petites filles ont le droit de venir au lycée avec la tête couverte d’un voile, les parents parlent un allemand rugueux), les souvenirs de la Seconde guerre mondiale, et au-delà, cette correction politique et morale héritée du luthérianisme. On comprend que le film ait collectionné les récompenses outre-Rhin.

Allez voir « La Zone d’intérêt » avant quand même

Ici, c’est moins évident — nous avons une autre histoire, nos immigrés ne sont pas les mêmes et ne jouent guère la carte de l’intégration, et la tolérance zéro est une espérance plus qu’une réalité. Cela dit, on pique dans nos salles des profs comme dans celles d’Allemagne. Peut-être sommes-nous moins flics dans l’âme, mais les tensions entre enseignants, rapidement palpables quand on fréquente un établissement français, sont les mêmes.

On s’étonnera de l’obéissance des élèves (jusqu’à un certain point), mais c’est parce que le système allemand post-primaire évacue précocement les élèves en difficulté vers Hauptschule et Realschule, collèges alternatifs qui ne destinent pas leurs élèves à l’Abitur : la sélection s’opère très tôt en Allemagne, et vous êtes orienté vers l’enseignement technique et professionnel de façon précoce.

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C’est fort bien interprété. Leonie Benesch joue à fond la pédagogue célibataire, dévouée à ses élèves et sûre de sa moralité exemplaire. Ses collègues sont à l’unisson, les gosses sont parfaitement dirigés. Mais en définitive, c’est un téléfilm soigné (c’est cadré pour passer un jour à la télé) et politiquement correct. Pas exactement ce que l’on peut attendre d’un film que l’on présente pourtant aujourd’hui comme l’un des favoris à l’Oscar du meilleur film étranger, dimanche soir (encore que La Zone d’intérêt soit un candidat autrement redoutable).

Quant à la structure en crescendo, elle est empruntée à ce film danois autrement remarquable qu’était La Chasse (2012), de Thomas Vinterberg, où un instituteur (Mads Mikkelsen) était accusé (à tort) d’attouchements par une petite fille, et pourchassé par toute une communauté : l’ombre du M le Maudit de Fritz Lang passait sur ce thriller dérangeant. Mais l’un dans l’autre, La Salle des profs fait passer deux heures qui séduiront les enseignants qui baignent dans ces nœuds de vipères, et renseigneront les autres sur ce qui se passe dans ce lieu clos par excellence qu’est une salle des profs.

Grâce à LFI, le Hamas fera-t-il son entrée au Parlement européen?

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Née près d’Alep en Syrie, la candidate du ressentiment Rima Hassan, 7e sur la liste LFI, est en position éligible aux élections européennes de juin. L’extrême gauche française se vautre un peu plus dans le communautarisme.


La septième sur la liste aux Européennes de la France Insoumise fait couler beaucoup d’encre. Il faut dire qu’elle est vue comme une offre politique destinée à faire voter une catégorie en pleine explosion depuis le 7 octobre 2023 : les antisémites.

Conflit au Proche-Orient : plus c’est gros, plus ça passe

Et Rima Hassan a tout pour leur plaire. D’abord parce que cette activiste française qui met en avant une identité de « réfugiée palestinienne » est une alchimiste hors pair. Avec elle, l’antisémitisme devient un mélange de haine d’Israël (ce qui permet d’haïr les Juifs en faisant semblant de ne s’opposer qu’à la politique d’un pays), de falsification historique et d’exaltation d’une cause palestinienne qui veut libérer la Palestine du Jourdain jusqu’à la Méditerranée. Ce mot d’ordre est une façon d’appeler à la destruction d’Israël dans les cercles militants tout en s’en défendant auprès des journalistes et des élites. Pour cela, il suffit d’expliquer qu’il s’agit d’un appel pour constituer un État unique multiconfessionnel et vous pourrez le répéter ad nauseam pour exciter le ressentiment de vos militants. Or tout le monde en Orient comme ici sait que cette proposition est une vaste blague et que si l’OLP et le Hamas ont popularisé ce slogan, c’est pour appeler à l’élimination d’Israël.

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De la même manière, Rima Hassan ne peut ignorer que pour les Frères musulmans auxquels le Hamas appartient, détruire Israël est un devoir sacré, un fiqh. La présence de Juifs en terre d’islam, non réduits à la dhimmitude, est un sacrilège. D’ailleurs Khaled Mashal, un des dirigeants du Hamas l’a dit explicitement : « La Palestine nous appartient, du fleuve à la mer, du nord au sud. Il n’y aura aucune concession, sur un seul pouce de terre. » Et de manière explicite la charte du Hamas, comme celle de l’OLP naguère, appelle à éradiquer l’État juif. C’est ainsi que, pour ne pas avoir à accepter Israël dans cette région du globe, les Arabes ont refusé à trois reprises la création d’un État palestinien. C’est dire à quel point la haine religieuse est profonde. Mais Rima Hassan pense que les occidentaux ne comprennent rien à tout cela et n’hésite pas raconter des énormités…

Falsification historique

Ainsi, elle participe le 10 décembre 2023 à Tunis, à la fameuse conférence ou David Guiraud va raconter des horreurs sur Israël, niant les exactions du Hamas en Israël et faisant retomber la barbarie sur les Juifs qu’il accuse d’avoir éventré une femme enceinte et brûlé un bébé dans un four. Le député insoumis devra faire machine arrière quelques jours après. Or l’autre participante à cette réunion était la fameuse Rima Hassan. Laquelle est venue doctement expliquer que les Musulmans ignoraient tout de l’antisémitisme avant qu’un foyer juif ne soit installé sur leurs terres par les occidentaux qui voulaient soulager la culpabilité de la Shoah : « Ce que ne comprend pas l’Occident, c’est que dans cette région-là, on n’a pas ce passif, on n’a pas cette mémoire de la Shoah. (…) Et ce qui est terrible pour nous, Palestiniens, c’est qu’on se retrouve à traiter une question fondamentale, qui est celle de l’antisémitisme, mais sans avoir contribué à cet antisémitisme. » Là on se pince. La sympathie des sociétés arabes pour le nazisme et le fascisme, en partie liée aux politiques anti-juives de ces régimes, est parfaitement renseignée. Quant à l’antisémitisme arabo-musulman, il n’a pas attendu la Seconde Guerre mondiale pour se manifester. Rima Hassan serait-elle négationniste, inculte ou nous prend-elle pour des lapins de cinq semaines ? Ici la falsification historique est patente.

Rima Hassan n’hésite pas non plus à accuser à longueur de tweet Israël d’être un État génocidaire, de pratiquer l’apartheid… Or ces accusations sont fausses. Cette militante qui se dit juriste mais ne semble pas maîtriser sa discipline oublie que ses mots ont un sens précis, une définition juridique rigoureuse et qu’ils ne sont pas appropriés à ce qui se passe. Mais elle n’en a cure. Ce qui l’intéresse est la charge négative qu’ils ont, leur portée dégradante et la haine qu’ils alimentent et suscitent. Alors elle fait tourner ces condamnations en boucle sur ses réseaux. En revanche, s’étant rendu compte que ne pas condamner les horreurs du 7 octobre pouvait ruiner sa carrière d’influenceuse, elle a fini par le faire avec une discrétion qui lui est peu habituelle, mais c’est pour très vite soutenir le Hamas. Ainsi dans une interview donnée à un média militant, Le Crayon, elle avait à répondre à trois questions : « Le Hamas mène-t-il une action légitime ? L’État d’Israël a-t-il un droit de défense ? La solution à deux États est-elle possible ? ». « Vrai, faux, faux », répond-elle.

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Dire qu’un pogrom est légitime, justifier un tel crime contre l’humanité signifie valider les horreurs qui ont été commises le 7 octobre. Cette femme donne cette interview en novembre. À l’époque les médecins légistes israéliens en étaient encore à essayer d’identifier des corps tellement brûlés, profanés et éparpillés qu’il a fallu des mois pour leur rendre leur identité. C’est également avec beaucoup de compassion qu’elle fait un tweet sur la tragique erreur de soldats de Tsahal qui ont tué trois otages qu’ils avaient pris pour des terroristes voulant les piéger : « Ce qui prouve bien l’intention génocidaire de cette entité coloniale qu’est Israël ».

La candidate du séparatisme

Les Juifs sont ainsi transformés en bourreaux, pour ne pas dire en avatars de nazis. Toujours selon Rima Hassan, « Israël est le QG des suprémacistes blancs de toute la planète ». Cette phrase porte en elle des relents extrêmement douteux. Elle rappelle le fameux, « après le samedi vient le dimanche », qui unit dans une détestation et sous une menace commune, Juifs et Chrétiens. Sur ce point les islamistes rejoignent les woke dans leur vision d’un monde binaire où le mal est incarné par l’Occident blanc, par nature oppresseur. Rima Hassan se fait ainsi le relais de ce ressentiment lourd de menace et qui est en train de ruiner notre cohésion sociale.

Avec elle, c’est la voix des Palestiniens que LFI veut faire entrer au Parlement européen. Mais outre que ce n’est pas sa place, nombre de questions se posent. Pour dire quoi ? Et que dit ce choix ? Que l’antisémitisme est une stratégie électorale comme une autre ? Que cette stratégie puisse fonctionner et que malgré leur soutien au Hamas, les LFI soient en position de faire rentrer une telle femme au Parlement européen en dit long sur la déliquescence de notre société et l’antisémitisme que l’extrême-gauche attise. La haine du Juif comme levier clientéliste, Jean-Marie Le Pen en rêvait, Jean-Luc Mélenchon et la LFI l’ont fait.

Ces biens essentiels

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L’avortement ou la lâcheté des hommes

Petit manifeste pour la vasectomie


Et voilà ! Aujourd’hui nous sommes huit milliards sur le radeau ! Et, comme les fameux grains de riz du jeu d’échec, c’est par bonds de plus en plus considérables que nous risquons de l’alourdir jusqu’à le couler. Reste à légaliser si ce n’est à encourager l’avortement. Seul moyen – je dirai symbolique – en attendant la mainmise de l’homme sur l’utérus artificiel, pour maîtriser une multiplication qu’instinctivement nous savons porteuse d’extinction plus que de vie.

Sagesse hormonale

Sans en avoir décrypté les processus, les biologistes ont découvert qu’en toutes biomasses vivantes existe une sorte de compteur régulateur des naissances. On le sait par le biologiste Jean Rostand, que pour les grenouilles, par exemple, quand dans une mare un certain quota de têtards est dépassé, une sélection hormonale se débarrasse des excédentaires. De même les étourneaux, qui le soir se réunissent par milliers sur quelques arbres. C’est par le niveau d’assourdissement en décibels émis par leurs piaillements que se régulent leurs pontes. Chaque espèce, par des moyens souvent inattendus, possède ce sens du nombre à ne pas dépasser. Aussi bien chez les insectes que chez les vertébrés, ce processus de régulation fonctionne mystérieusement. Et de même, bien que si loin de l’Origine, c’est à croire que l’espèce humaine possède aussi à son insu ce « compteur » (en train de devenir planétaire ?) au point que même l’esprit patriarcal, si jaloux de ses prérogatives, cède peu à peu (instinctivement ?) à cette loi qui l’oblige, bien à contrecœur, sous peine de disparition par excès du nombre, à légaliser l’avortement.

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Ce qui personnellement me choque car je trouve insupportable que les femmes d’aujourd’hui quémandent auprès des hommes le droit à l’avortement. C’est sous une forme insidieuse admettre l’indestructible prédominance masculine jusque dans les recoins secrets, non seulement de l’appareil génital féminin, mais du cerveau féminin.

Le curieux privilège d’avorter

J’entends les réactions scandalisées ! Faut-il être fou et insultant pour affirmer que ce n’est pas aux femmes d’avorter mais aux hommes d’être responsables ? Aux hommes de ne pas être incontinents ? Je suis pour la vasectomie. Et même, autour de la quarantaine, je l’ai mise en pratique à la suite d’un avortement de la femme aimée. Donc j’estime que j’ai droit à la parole sur ce sujet. Oui, je suis pour la vasectomie, et non pour l’avortement ! J’ai accepté qu’un chirurgien s’en prenne à mon sexe sacré ! Et ça ne m’a diminué en rien, rassurez-vous les mecs ! C’était quand même moins sanglant qu’un avortement, non ? Je trouve vraiment à la limite de l’acceptable… et même inacceptable que ce soit les femmes qui se font poser des stérilets, qui se font lier les trompes, qui se détraquent par la pilule, et qui pour finir se font avorter au vif de leurs chairs dans un incroyable irrespect de l’intégrité de leurs corps. Et elles revendiquent ce « privilège » avec des slogans stupides sur ce prétexte : « Notre corps nous appartient ? » Mais c’est faux ! Par l’avortement c’est bien la preuve qu’il appartient encore plus irrespectueusement que jamais à leurs hommes incontinents ! Puisqu’il faut réparer ! Et ces pervers se font prier pour accorder aux femmes la faveur de se faire cureter dans le vif  – tout en s’apitoyant sur l’embryon assassiné ! Et ils prétendent aimer leurs femmes, tout en se débarrassant en leurs corps du trop-plein de leurs pulsions. On se retire, non ? On se protège, non ? On les protège, non ? On musèle le truc, non ? Le vagin d’une femme n’est pas une surverse, non ? À ce sujet je suis violent. Je suis outragé pour les femmes ! Je suis outragé qu’elles acceptent ce retournement au point de remercier cette « faveur » accordée par ceux qui jamais et à aucun instant ne se sentent injustes et coupables… mais magnanimes. Rien ne démontre plus clairement à quel point l’idéologie plurimillénaire du patriarcat gangrène encore le cerveau des femmes les plus intelligentes quand elles revendiquent le droit à l’intrusion du bistouri masculin en leurs corps, comme un acquis, alors que c’est l’homme qui s’est débarrassé en elles de son trop plein.

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Le bourreau de la tribu

Et, non content de ce bref arrêt, ce même juge du ce qui est permis et du ce qui est non permis, continue à agrandir son territoire sexuel de l’une à l’autre en se foutant d’elles. Comment ont-elles pu ? Comment sont-elles encore si généreuses en prétendant que leur corps leur appartient quand plus que jamais il reste soumis aux conséquences de ces inconséquents ? Serait-ce qu’elles sont restées profondément mères envers le masculin ? Je le crois.

Serge Rezvani © Photo : Hannah Assouline

Et que ces mères, malgré elles, finissent par tout passer – et même leurs incontinences – à ceux qui, sans qu’elles le sachent, sont restés viscéralement leurs enfants, leurs bourreaux. Et même chez les plus radicales des femmes « libérées », dans leur inconscient  fémi…niste, leur enfant fantôme auquel on passe tout ! Puisqu’il est acquis, dans toutes les cultures, que le petit mâle a le droit d’être le « bourreau » de sa mère, de ses sœurs, de tout ce qui est féminin dans la tribu. Tant que l’insecte humain ne se sera pas extrait de son humanité ce postulat restera fondamental dans l’inconscient masculin, bien sûr, mais surtout féminin. Bien ! De jour en jour je m’avance vers la centaine ! Et c’est depuis cette proche centaine que j’écris  libéré de ce qui en ce sujet, risquerait de freiner ma pensée. Vu mon âge j’occupe avec tristesse une place particulière pour voir, m’interroger, comprendre, et risquer de m’exprimer. « Je n’ai rien à gagner ou à perdre ». Pourrais-je écrire depuis les limbes que je n’écrirais pas autrement. Et si on s’offusque de ce que j’exprime c’est qu’on m’admet encore ici, parmi les hommes. Et c’est tant mieux si on me le reproche ! Étrange sentiment de liberté ! Étrange solitude intellectuelle ! Toutes les femmes que j’ai aimées sont mortes dans mes bras. Et c’est dans l’échange avec leur intelligence que j’ai toujours trouvé le stimulant d’une pensée non univoque. La femme de ma vie est morte il y a dix-huit ans de cela et j’en souffre à chaque instant des jours vécus sans elle ! Et maintenant ? Où est mon pôle féminin ? Seul me reste du féminin fantasmé auquel dédier en esprit ces pages fantômes ? Quel cruel manque de la parole féminine en retour !

L’homme décalé


Depuis ma première rencontre avec Jean-Paul Enthoven, j’ai su que cet homme avait dans le regard mille tempêtes indomptées. C’était dans son bureau de directeur littéraire chez Grasset. Je venais l’interroger à propos de Paul Morand, pour ma biographie consacrée à l’auteur d’Hécate et ses chiens. Plus tard, lorsque j’ai lu ses Enfants de Saturne, ouvrage où l’on croise quelques grands noms de la littérature universelle, j’ai compris que les tempêtes s’étaient estompées pour céder la place à la mélancolie vive. Tout cela, bien sûr, était diffus, et ne reposait que sur une impression du cœur.

Pays rugueux, « toxique, trafiqué, malsain »

Je viens d’achever son nouveau roman Si le soleil s’en souvient. L’allitération du titre confirme ce que je pressentais : un passé charbonneux sans cesse tempéré par la mélancolie. Il faut du courage pour évoquer ses origines en ne les révérant point. Jean-Paul Enthoven est né en Algérie, lorsque le drapeau tricolore flottait au fronton de la grande poste d’Alger. Ce n’était plus l’ambiance lumineuse des jours limpides décrite par Albert Camus dans Noces ou L’été. Le vent qui y souffle est un vent mauvais chargé de violence, voire de haine. Le ressentiment est à l’œuvre. Le massacre généralisé s’organise. Dès l’incipit du roman, l’ambiance est lourde. Enthoven emploie le conditionnel passé : « L’inauguration du cinéma Vox aurait dû avoir lieu le 24 juin 1960, à Mascara, une petite ville dépourvue de charme sur les hauts plateaux d’une Algérie encore française. » Le décor de la tragédie est planté. Le soleil est noir, cela ne fait aucun doute. Le Vox est un cinéma luxueux, déjà démodé au moment de sa création par l’Histoire. C’est Edmond, le père de Jean-Paul, qui l’a voulu. La date est celle d’un deuil. Elle rappelle la mort de son premier fils, Jean. Gilberte, la mère au prénom proustien, ne souhaite pas cette date. Mais Edmond est un homme autoritaire, régnant sur sa famille et cette partie de l’Oranie. Le film projeté est Moby Dick, de John Huston, tiré du chef d’œuvre de Herman Melville. Le romancier va devenir un fil rouge dans la vie de Jean-Paul Enthoven. Le 24 juin 1960 se transforme en bain de sang par le fanatisme de trois « martyrs ». La description du massacre n’est pas sans rappeler celui du Bataclan, le 13 novembre 2015. La mort accompagne l’adolescent. Elle ne le quitte pas d’une semelle. En voiture, avec son père, il va échapper de peu à des coups de fusil ; sa prof de piano va mourir dans un autocar, assise à côté d’un kamikaze mahométan ; la maison familiale va être plastiquée. Il doit la vie sauve à une énorme bibliothèque en merisier, exacte copie de celle d’Elvire Popesco, commandée par Gilberte. L’adolescent est, de plus, de complexion fragile. Son cœur n’est pas vaillant. Il est chétif, a le teint très pâle. Bref, il ne s’aime pas. Pas plus qu’il n’aime ces hauts plateaux de l’Oranie où le Mektoub l’a fait naître. Il a des mots très durs pour ce pays rugueux, « toxique, trafiqué, malsain », aux odeurs trop fortes ; un pays trompeur. Alors quand l’heure est venue de le quitter et de prendre le bateau pour rejoindre l’autre rive de la Méditerranée, la phrase de l’écrivain qu’il est devenu est sans pathos, ni lyrisme. Partir est une délivrance. Même s’il laisse derrière lui la tombe de son grand-père paternel et hanséatique, aujourd’hui recouverte d’orties. Il se prénomme Edward-Jean. C’est un drôle de loustic, ancien légionnaire, un peu maffieux, qui a eu la mauvaise idée de poser le pied en Afrique, d’y faire des affaires et d’épouser une sorcière prénommée Esther. Enthoven, à propos de sa grand-mère : « (…) je lui dois un bon quart, sans doute la plus mauvaise part de moi-même, de ce que je suis biologiquement. »

La littérature éclaire la vérité

Il faut un certain courage, répétons-le, pour écrire contre son enfance. L’inverse est nettement plus reposant. Mais sur le plan littéraire, ça devient vite ennuyeux. Or, avec ce roman, qui oscille entre vérité et (quelques) arrangements avec la réalité – mais l’un des privilèges de l’écrivain n’est-il pas de mentir pour davantage éclairer la vérité ? – on ne décroche jamais. Et on constate que c’est bien la littérature qui est au cœur – solide – de la vie de Jean-Paul Enthoven. La bibliothèque familiale ne l’a-t-elle pas sauvé de la barbarie aveugle ? N’est-ce pas l’adaptation de l’œuvre de Melville, programmée dans le cinéma d’Edmond, qui l’a conduit à écrire sur la figure autoritaire du père ? J’en veux pour preuve la conclusion de la page 119 : « Je note au passage que c’est toujours le père qui crée l’écrivain, même si à l’arrivée c’est le fils qui décrit le père. »

Les dernières pages de ce roman sur l’invention de soi-même sont bouleversantes. Il y est question du père, une ultime fois. La rencontre a lieu dans les jardins du musée Rodin, devant La Porte de l’Enfer. La mémoire du père s’absente, définitivement. Mais le fils est là. Et le livre doit advenir.

Jean-Paul Enthoven, Si le soleil s’en souvient, Grasset.

Si le soleil s'en souvient: roman

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«C’est gravement attentatoire à la liberté d’expression que de cataloguer politiquement chaque parole sur les chaînes d’info»

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Si les médias audiovisuels ont plus d’obligations que leurs collègues de la presse écrite, ce que demande le Conseil d’Etat le 13 février à l’Arcom met notre gendarme de l’audiovisuel dans une situation des plus inconfortables.


Causeur. Dans son arrêt du 13 février, le Conseil d’État, saisi par RSF, demande à l’Arcom, le gendarme de l’audiovisuel, de prendre en compte le temps de parole des invités, chroniqueurs et animateurs d’une chaîne et non seulement celui des politiques identifiés et reconnus. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Basile Ader. La réflexion doit venir un peu en amont. Il y a un grand principe en droit français, un principe constitutionnel, qui veut que le garant des libertés individuelles, dont la première est la liberté d’expression, soit le juge judiciaire. Cela veut dire qu’il faut offrir un cadre légal bien défini et prévisible pour préserver le juge de ses propres idées politiques, émotions et indignations. Ce principe est mis en œuvre dans la loi de 1881, qui est la grande loi républicaine sur la liberté d’expression. Autrement dit, lorsqu’on soumet à un juge un manquement à une obligation d’un média quel qu’il soit, le juge doit pouvoir se poser la question suivante : « Il y a la loi qui encadre de manière stricte les exceptions au principe de la liberté d’exception (diffamations, injures, atteintes à la vie privée, à la présomption d’innocence, etc.). Est-ce qu’elle a été, ou non, transgressée ? »

En libérant la communication audiovisuelle privée, libre, à partir de 1982, puis 1986, on a institué une autorité administrative indépendante du pouvoir politique pour distribuer les ondes qui n’étaient pas indéfiniment extensibles. Ce faisant, le juge administratif a pris une petite part dans le contentieux de la liberté d’expression. En conséquence, le principe constitutionnel selon lequel le juge judiciaire est le garant des libertés individuelles se trouve un peu entamé.

Donc, à partir des années 1980, l’audiovisuel doit répondre devant un juge de droit commun pour des transgressions comme la diffamation ou l’incitation à la haine, et devant un juge spécifique, administratif, qui décide ce qui concerne les obligations contractuelles consenties pour obtenir les droits d’émettre – dans le cas qui nous intéresse, de faire partie de la TNT ?

Exactement. Le nombre de fréquences étant limité, l’État doit choisir ceux à qui elles sont réservées, ce qui lui permet dans le même temps de leur imposer des conditions qui vont au-delà de la loi de 1881 : déontologie, qualité du contenu, pluralisme. À ce titre, les médias audiovisuels ont plus d’obligations que leurs collègues de la presse écrite.

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Les nouvelles technologies ne rendent-elles pas ce dispositif obsolète ?

Sans doute. Sur internet, tout le monde peut désormais s’inviter et diffuser ses programmes de télévision, exactement comme dans le kiosque à journaux. Cependant, si on veut être inclus dans les bouquets, il faut vous y faire une place, donc on a besoin d’une instance qui soit l’arbitre dans la délivrance des autorisations et qui ensuite veille au respect des obligations consenties en échange par la chaîne. C’est le cas des chaînes d’information continue sur la TNT : LCI, CNews, France Info TV et BFMTV.

Ce qui nous amène à la question des critères : comment cet arbitre – l’Arcom – peut-il qualifier et trier les animateurs, invités et chroniqueurs ?

L’Arcom ne peut pas aller au-delà de ce que la loi lui commande de faire. Comme tout arbitre, elle ne peut que veiller à l’application des règles préexistantes ; elle ne peut en imposer d’autres. À ce titre, elle contrôle traditionnellement la stricte égalité de temps d’antenne des élus et candidats aux élections nationales. Mais elle ne peut aller au-delà. L’Arcom ne peut pas, comme semble le lui demander le Conseil d’État dans cette décision, considérer l’expression des opinions politiques de simples commentateurs qui ne briguent aucun mandat comme de la propagande électorale. C’est évidemment impraticable et surtout gravement attentatoire à la liberté d’expression que de tenter de cataloguer politiquement chaque parole sur les chaînes d’info (chroniques, éditoriaux, interventions d’invités), pour calculer le temps d’antenne et, ainsi, imaginer établir un équilibre « pluraliste ». La décision de rejet de la demande RSF par l’Arcom était, pour ces raisons, la seule possible.

Le caractère impraticable de la surveillance demandée par RSF aurait-il échappé aux magistrats du Conseil d’État ? Peut-être estiment-ils cela possible ?

Ce que je lis dans les motifs de l’arrêt[1] est assez byzantin et, personnellement, je ne suis pas convaincu. J’aurais été curieux de voir si cela aurait été le sens de sa décision si RSF l’avait saisi pour une antenne éditorialement marquée à gauche… Je ne crois pas qu’un juge judiciaire aurait statué dans ce sens, il aurait fait une stricte application de la loi ; comme quoi, c’est le bon juge en la matière.

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Si je vous suis, il est possible que dans six mois l’Arcom dise : « En fait, on a le même sentiment que vous, mais on ne voit pas comment on peut faire quoi que ce soit. »

Je pense que l’Arcom est dans une situation en réalité assez confortable. Elle devrait pouvoir lui répondre : « la loi ne prévoit pas ce que vous souhaitez, ou alors, il faut changer la loi ». Ou alors elle peut considérer que le Conseil a ainsi statué pour « insuffisance de motifs », et qu’il attendait qu’il argumente et explique mieux sa décision de rejeter la saisine de RSF ; ce qui lui sera aisé de faire.

Peut-être aussi que le débat que RSF et la haute juridiction administrative souhaitent engager, c’est la définition de ce qu’est une « chaîne d’information » : est-ce que cela peut être une « chaîne d’opinion en continu » ? Si c’est le pluralisme qui est l’objectif, je ne vois pas le problème. Le pluralisme est assuré par la diversité du kiosque à journaux, et non par l’obligation chimérique qui serait faite à chacun d’y conformer ses colonnes.

Il y a des renouvellements d’autorisations de la TNT prévues en 2025. Existe-t-il un lien entre l’arrêt du Conseil d’État et ce calendrier ? Essaie-t-on de priver CNews de sa place sur la TNT ?

Je ne saurais répondre à cette question ; ce que je sais, c’est qu’il est très compliqué de ne pas renouveler une autorisation. Ce n’est pas discrétionnaire. Il faut établir que des manquements ont été définitivement constatés sans être suivis d’effet.


[1] https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-02-13/463162

Leur guerre

À New York, alors que les violences s’y multiplient au péril des usagers, le gouverneur démocrate Kathy Hochul a décidé de déployer 750 soldats dans le métro. Si sa décision radicale est critiquée par certains là-bas, notre chroniqueur estime que le président Macron pourrait s’en inspirer ici plutôt que de regarder vers l’Est.


Appliquant le principe martial néo-macronien selon quoi « En dynamique rien ne doit être exclu », Madame le Gouverneur de l’État de New York, Kathy Hochul – sommité du parti démocrate, précisons-le – activement suivie en cela par le maire de la Grosse Pomme, Eric Adams, lui aussi membre éminent du parti démocrate, a décidé de déployer des troupes, non pas au sol, mais au sous-sol de la ville. Plus précisément dans le gigantesque dédale des quelque quatre cents stations de métro qu’empruntent chaque jour des millions de personnes de tous âges, de toutes conditions, locaux et touristes. Madame le Gouverneur (on excusera ma réticence à donner dans la mode inclusive, cela d’autant plus que la dame en question fait montre d’un caractère qu’en d’autres temps on n’aurait pas hésité à qualifier de viril) Madame le Gouverneur, disais-je, en ayant plus qu’assez des trafics en tous genres, doublement souterrains, qui gangrènent son réseau métropolitain, lasse de compter, ou plutôt de ne plus compter, les vols, les agressions, les viols, les actes de vandalisme, a pris l’affaire en main. D’une main qui ne tremble pas. Elle fait donc désormais appel à l’armée – des effectifs de la Garde Nationale de l’État. Parallèlement, elle renforce de manière significative les forces de police dédiées au maintien de la paix sous terre. Quelque chose comme mille hommes et femmes supplémentaires. Munis de consignes d’une fermeté elle aussi non tremblante. 

Kathy Hochul y pensait depuis un moment. Une fusillade survenue mi-février dans le Bronx a achevé de la décider. Un mort, cinq blessés. Auparavant, dans Brooklyn, un conducteur avait été attaqué au couteau. Voilà un peu plus d’un an, toujours à Brooklyn, une mitraillade à une heure de pointe avait fait plusieurs dizaines de blessés. L’auteur purge maintenant une peine à vie – à vie pour de bon – jugé et condamné pour terrorisme. À ces faits en eux-mêmes terrifiants, sont venus s’ajouter les bonnes vieilles statistiques sans quoi on ne saurait parler de rien. 50% d’actes de violence en plus dans le métro new yorkais en janvier 2024 par rapport à janvier 2023. C’est beaucoup. C’est trop.

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Le maire, quant à lui, entré en fonction le premier janvier 2022, avait été élu sur la promesse de combattre la criminalité sous toutes ses formes, en surface comme en profondeur. Ainsi, ces deux-là devaient fatalement s’entendre. Ils ont rapidement affiché haut et clair leur doctrine en la matière. Ils n’ont pas craint de faire de la sécurité dans le métro, de la lutte contre les fléaux de la drogue et du crime « leur guerre ».

Or, pendant ce temps, Monsieur Macron, sa guerre, « notre guerre », il la voit ailleurs. Par ailleurs, il conceptualise, il intellectualise la chose, n’est-ce pas. Il ne peut pas s’en empêcher. « En dynamique rien ne doit être exclu ». Tout est dans le « en dynamique », manifestation d’une pensée sophistiquée, élevée qui ne se satisfait pas des réalités de tout un chacun, celles observées au ras du bitume. Cela dit, serait-ce lui manquer gravement de respect que de lui faire remarquer que des lieux d’ici, de chez nous, comme Marseille pour ne prendre que cet exemple, ne sont pas loin, en « dynamique », de se mettre à ressembler à quelque chose qui serait de moins en moins éloigné du Bronx à ses plus fâcheux moments ? Et en conséquence, puisque, selon sa propre vision il ne faut rien exclure, ne pourrait-on lui suggérer d’envisager de déployer des « troupes au sol ». Le sol d’ici, bien sûr, de chez nous. Ici et maintenant. Je sais, on m’objectera que ce n’est pas, originellement, le job de l’armée. Et alors, à la guerre comme à la guerre, non ? À moins bien sûr qu’on se refuse à considérer que le tsunami de drogues mortelles et la déferlante de violence que nous subissons chaque jour un peu plus ne puissent être qualifiés de guerre? Une guerre qui, pourtant, serait bel et bien la nôtre, cette fois…

Benoît «Montjoie» Saint Denis!

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Ancien des forces spéciales, « BSD » va affronter le cador Dustin Poirier, samedi à Miami, en MMA. Un sport à la réputation sulfureuse qui est en plein essor en France et passionne la jeunesse. Le combat, retransmis en France sur RMC Sport, n’est pas prévu avant 4h00 du matin.


Le MMA est en vogue depuis quelques années. Il est même devenu un véritable phénomène de société en France après avoir conquis les bastions traditionnels du combat professionnel que sont les États-Unis, le Japon, le Brésil et l’Europe de l’Est. Cédric Doumbé et Baki se sont ainsi affrontés devant plus de 20 000 personnes à l’Accor Arena le 7 mars, un combat à l’atmosphère assez désagréable qui s’est fini par une déception après que l’ancien champion du Glory a reçu… une écharde dans le pied. Un apéritif pour patienter avant le choc de samedi. Porte-étendard de ce sport en France, l’ancien militaire des forces spéciales Benoit Saint Denis a en effet rendez-vous avec l’histoire samedi à Miami où il affrontera une légende du sport, l’Américain Dustin Poirier.

Un phénomène de société

Sport adoré par les amateurs et conspué par une grande partie de la population qui le trouve trop violent, voire comparé à de modernes jeux du cirque de Rome, le MMA est un paradoxe et une bulle de virilisme dans une société qui se veut libérée des instincts primitifs de l’homme. Sous cet acronyme se cache un sport de combat mixte qui trouve ses racines dans le pancrace mais aussi les différentes luttes occidentales qui faisaient l’attraction lors des foires itinérantes. Proposant des phases de contact debout en boxe anglaise ou en boxe pieds-poings, des phases de préhension proches de la lutte et du judo, ainsi que des moments au sol où l’arsenal des prises de soumission du jiu-jitsu brésilien fait parler la poudre, le MMA est en passe de remplacer les sports qui l’ont précédé. À la fin des années 90 et au début des années 2000, certains jeunes pratiquants comme votre serviteur se levaient en pleine nuit pour admirer Jérôme Le Banner affronter Peter Aerts au K1 Grand Prix de Tokyo. Les gladiateurs officiaient alors dans une version testostéronée du kickboxing offrant quelques points communs avec le muay thaï. L’UFC n’en était alors qu’à ses balbutiements, dominé par les Brésiliens spécialistes du combat au sol et les lutteurs.

Bien que remontant aux antiques Jeux Olympiques grecs – Pythagore était lui-même un pratiquant – le MMA actuel est encore un sport relativement jeune qui n’a été autorisé que tardivement dans l’hexagone, au terme d’années de combat acharné de la fédération de Judo qui voyait d’un mauvais œil une discipline susceptible de lui faire perdre de nombreux licenciés. Ca n’est qu’en 2018 que les premières compétitions professionnelles répondant aux standards américains ont été autorisées. Paradoxalement pourtant, le MMA est moins traumatique que la boxe. Il impressionne par les phases de coups portés au sol, mais l’anglaise est un sport où la cible des jouteurs est principalement la tête, se déroulant en 12 rounds de 3 minutes quand le MMA offre des combats majoritairement en 3 rounds de 5 et exceptionnellement pour les ceintures en 5 rounds de 5.

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C’est justement son premier combat en 5 rounds de 5 que va disputer notre Benoit Saint Denis national à Miami contre Dustin Poirier, l’homme qui a battu par deux fois Conor McGregor et été à un cheveu de l’emporter contre l’invaincu citoyen russe d’origine daghestanaise Khabib Nurmagomedov. Caricaturé en « sport de cités », le MMA offre un visage bien plus complexe qu’il n’y parait désormais. Il est bien entendu très aimé et pratiqué dans les quartiers de l’immigration. Tous les sports de combat sont d’ailleurs particulièrement vifs dans les quartiers difficiles du monde entier, à commencer par la boxe qui a eu de nombreux champions afro-américains, des pays de l’est ou encore issus des populations des gens du voyage. Le MMA ne fait évidemment pas exception, mais il montre désormais une image différente et un paysage renouvelé auquel Benoît Saint Denis contribue grandement. Il peut apporter bien des valeurs humaines s’il est encadré par des coachs qui n’en manquent pas, tels que messieurs Woirin ou Diabaté en France.

Saint Denis, un personnage atypique

Ouvertement patriote et catholique pratiquant, Benoit Saint-Denis est le fils d’un officier supérieur de la Légion étrangère. Son style mutique tranche avec celui des grandes gueules de son sport, à l’image du chambreur Cédric Doumbé. Saint Denis préfère s’exprimer avec ses poings dans la cage et il le fait admirablement bien dans la catégorie la plus disputée des poids légers (70 kilos). Il est actuellement sur une série de cinq victoires d’affilée toutes avant la limite. Son bagage d’ancien militaire d’OPEX lui donne une force mentale hors du commun, ses adversaires sachant par avance qu’ils devront le « tuer » pour espérer sortir victorieux d’une rencontre. Il offre d’ailleurs un style de combat en totale adéquation avec les exigences du MMA moderne, basé sur des phases de transition entre la lutte et le combat debout parfaitement pensées. Alors que certains combattants sont parfois unidimensionnels, misant tout sur un point fort, « BSD » n’est mauvais nulle part.

Son pieds-poings a été peaufiné sous la férule de Daniel Woirin, sacré bonhomme à l’ancienne et expert de la boxe thaïlandaise qui lui a permis de comprendre comment finir un adversaire et utiliser toutes les parties de son corps en clinch rapproché comme à mi-distance. Jonatan Mac Hardy, journaliste MMA pour Winamax et anciennement RMC, me l’a confié il y a quelques semaines : « Benoit est une machine de guerre, il va tout arracher et prend Poirier au bon moment ». Puisse-t-il avoir raison, la France a besoin de ce genre de modèles d’hommes qui se dépassent et se transcendent. Lors de son premier combat UFC, acceptée en dernière minute dans la catégorie supérieure des moins de 77 kilos contre un athlète brésilien dopé, le Dieu de la guerre a dévoilé un cœur de champion comme rarement vu dans le sport français ; celui d’un Marcel Cerdan ou d’un Georges Carpentier. Il était réellement animé par l’esprit des chevaliers et des poilus, possédé par l’adrénaline d’un combat qu’il a refusé de perdre sans honneur.

C’est une fierté de se savoir représenté à l’international par des hommes qui, comme lui, incarnent l’esprit de résistance des Français. Oss !

Le dévoiement du féminisme

Depuis quelques années, le combat féministe donne de lui une drôle d’image. Oui, il peut donner l’impression de se dévoyer, ou de n’être plus qu’une succursale de l’extrême gauche! Anne Zelensky affirme dans cette tribune que son féminisme n’est pas du côté de la séparation des sexes, mais œuvre au contraire à leurs retrouvailles.


Une minorité de femmes depuis quelques années donne une visibilité certaine au féminisme. On les nomme néo-féministes. Elles incarnent le nouveau visage du féminisme. Mais la question qui se pose est : se situent-elles dans le long héritage historique d’un mouvement qui depuis des siècles travaille à la libération des femmes et donc des hommes ? Certaines de leurs revendications s’inscrivent indéniablement dans ce long mouvement. D’autres pas du tout. D’où le désarroi de bon nombre d’entre nous, les féministes dites historiques dont je suis. Sans parler du grand public. On ne s’y retrouve pas.

Où est passé l’esprit du MLF qui a tant bouleversé la société des années 1970 et qui a laissé une trace profonde dans l’imaginaire collectif ? Pour mieux juger de la question, il faut définir de quoi on parle et se tourner vers le passé.

Les néo-féministes rejettent en effet, comme beaucoup de nos contemporains, l’Histoire. Elles se pensent en dehors d’elle et ne se reconnaissent pas toujours dans la longue lignée de leurs prédécesseuses qui depuis quelque 200 ans, ont patiemment conquis des droits. Mon long engagement dans l’action et la pensée féministes me donne quelque légitimité à en parler.

Émancipation des femmes

Qui suis-je ? J’ai créé dès 1966 une des premières associations féministes mixtes, FMA (Féminin Masculin Avenir) qui a contribué à alimenter le MLF créé en 1970. Compagne de lutte et amie de Simone de Beauvoir, avec laquelle nous avons fondé en 1974 la Ligue du Droit des Femmes (pour palier l’inexistence de la question des femmes à la Ligue des Droits de l’Homme), je suis à l’origine du Manifeste des 343. Il réunissait des femmes anonymes et des célébrités qui ont déclaré publiquement en 1971, avoir avorté (c’était alors un délit passible de prison). J’ai même été à l’époque baptisée « sainte Anne de l’avortement » par Valeurs Actuelles. J’ai été présidente du premier refuge pour femmes battues ouvert en 1978 à Clichy et collaboratrice d’Yvette Roudy au Ministère des Droits de la Femme. Et surtout, fondatrice avec d’autres hommes et femmes du premier centre d’accueil des hommes violents. Et j’en passe…

La militante féministe Anne Zelensky, confondatrice en 1966 du groupe Féminin Masculin Avenir (FMA), ancêtre du Mouvement de Libération des Femmes (MLF) ©Hannah Assouline

Cet itinéraire témoigne dans sa singularité des principaux thèmes de la seconde vague du féminisme des années 1970. Cette seconde vague prolonge la première qui a conquis le statut d’égalité avec les hommes. Rappelons que le féminisme en tant que mouvement collectif, s’est organisé à partir de la Révolution française. Il est compagnon de route de la démocratie. Il a bousculé le triptyque républicain « Liberté Egalité Fraternité » en inversant ses termes. Nous avons donc commencé par réclamer un statut d’égalité avec les hommes. Cela a occupé le 19ème siècle et une partie du 20ème (rappelons que le droit de vote n’a été accordé aux femmes françaises qu’en 1944, bien après des pays moins émancipés). Munies de ce vadémécum, nous nous sommes aperçu qu’il était lettre morte sans un droit élémentaire, celui de la Liberté. Liberté de disposer de son corps, de son ventre, de son désir et de dévoiler les différentes violences qu’entraîne la domination masculine. Nous avons tiré le rideau qui masquait la chambre à coucher. Le privé devenait politique. Puis, est venu le temps de la sororité, autre face de la fraternité. Nous qui avions toujours été divisées et rivales, avons accédé à un « Nous » commun. Ensuite, nous avons pu prétendre à sortir des maisons pour revendiquer notre place dans le champ politique. Voilà comment émergea la demande de parité. Les femmes représentant plus de la moitié de l’humanité, pourquoi ne gèreraient-elles pas la cité à parts égales avec les hommes ?

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À travers ce bref rappel de l’histoire du féminisme, nous voyons donc qu’il a une logique, un sens. Les grandes lignes du féminisme sont du côté de « Charité bien ordonnée commence par soi-même ». Partir de soi, rompre avec le dévouement obligatoire, autrement dit prendre son envol, se dégager des tutelles. Le féminisme va bien au-delà des divisions politiciennes.

Nouvelle prison

Or, les néo-féministes semblent toujours prisonnières de l’idéologie de gauche, surtout extrême. Voyons en effet quelles sont leurs revendications :

Intersectionnalité des luttes, wokisme, décolonialisme, transgenrisme, multiculturalisme, focus sur le mâle Blanc comme seul responsable de la domination masculine, antiracisme obsessionnel, liberté de se prostituer, de porter le voile… On dirait une succursale de l’extrême-gauche. Où est là-dedans la spécificité féministe ?

L’actrice Adèle Haenel photographiée lors de la marche contre les violences faites aux femmes à Paris, le 19 novembre 2022 © Gabrielle CEZARD/SIPA

Liberté de porter le voile ? Quelle liberté ? Celle d’arborer un symbole évident d’asservissement qui dans de nombreux pays musulmans conduit celles qui le refusent à la prison ou à la mort ? Liberté dévoyée. Les néo-féministes sont ici victimes d’un piège grossier : les femmes qui en France portent le voile comme un étendard, manifestent en fait leur rejet des valeurs occidentales dont par ailleurs elles profitent. D’autre part, pourquoi cet aveuglement sur le mâle autre que Blanc qui serait exempté de toute sanction pour violences ? Pourquoi ce silence pudique sur les agressions sexistes et sexuelles d’hommes venus d’ailleurs ? La couleur de peau dédouanerait-elle du machisme ? Qu’en pensent les Africaines, les Indiennes, les Iraniennes, les Afghanes… ? En se consacrant autant à la cause de l’Autre, nos néo-féministes en arrivent à s’oublier elles et leurs sœurs et sont victimes de ce qu’elles dénoncent : la tendance millénaire des femmes à se faire passer après. Etre féministe est une gageure : Il faut à la fois prendre de la distance vis-à-vis de l’être le plus proche tout en ne le rejetant pas radicalement. Etre une femme amoureuse et une militante, « c’est pas si facile ».

Ce qui libère la femme libère l’homme

Petites sœurs néo êtes-vous sûres de ne pas prendre des chemins sans issue ? Peut-être avez-vous quitté la grande voie historique pour mieux la rejoindre plus tard ? Mais tout de même… Lâchez la main de votre souteneur historique, la gauche. Osez reprendre le droit fil de la pensée libre. Liberté de pensée plutôt que liberté de se voiler. N’ayez pas peur d’être visionnaires. Levez le nez au-dessus du présent, enlisé trop souvent dans le victimaire et la revanche. La mise en cause des dommages liés à la domination masculine est un passage obligé et incontournable de la libération des femmes.  Nous sommes dans le passage. Turbulences garanties, malaise inévitable des hommes. Mais quand l’eau se trouble, c’est pour mieux s’éclaircir ensuite.

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Des perspectives, il en y a. Elles ne sont pas du côté de l’égalité comme but en soi. C’est le minimum vital pour aller au-delà. L’égalité pour quoi faire, telle est la bonne question. L’avenir est peut-être du côté des hommes. Et si le féminisme était leur affaire ? « Ce qui libère la femme libère l’homme » disait notre chère Simone de Beauvoir. Certains hommes ont déjà compris que la masculinité toxique est un carcan qui les coupe de leur humanité. Déjà, dans les années 1970, des groupes d’hommes se réunissaient pour réfléchir sur la contraception masculine, sur la prison de la virilité, sur la nécessité de changer leur relation avec les femmes. Il y a de l’espoir.

Les hommes et les femmes sont plus semblables que différents. Les poètes l’ont depuis longtemps compris : Rimbaud, Rainer Maria Rilke…Mon féminisme n’est pas du côté de la séparation des sexes, mais œuvre à leurs retrouvailles. La guerre a assez duré, nous ne cherchons pas à la reconduire, mais à aller au-delà. À trouver, hommes et femmes ensemble, une manière d’être, harmonieuse.

Histoire de vivre: Mémoires d'une féministe (C-Levy)

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Célébrons la Journée internationale des femmes!

Notre chroniqueur, qui aime assurément les femmes, a décidé de leur souhaiter une bonne journée dans une sorte de litanie à la Prévert. À toutes ? Eh bien, explique-t-il, il y a quelques exceptions…


Je souhaite une belle journée à toutes les femmes…
Mais je ne la souhaite pas aux femmes grillagées des Talibans, grâce à la retraite précipitée des Américains qui leur ont fait miroiter la liberté et la démocratie avant de se carapater…
Ni aux Iraniennes emprisonnées ou tuées parce qu’elles refusent de porter un voile, et très mollement défendues par l’ONU…
Ni aux Israéliennes violées, torturées et tuées par ces terroristes du Hamas qu’encense Judith Butler, l’idole des bobos et de LFI réunis, qui a inventé la théorie du genre…
Ni aux femmes mariées de force à leur oncle ou à leur cousin, de façon à accoucher de gosses qui se transmettront quelques tares héréditaires en se mariant à leur tour avec leurs cousines…
Ni aux femmes vendues pour quelques chameaux ou un troupeau de chèvres…
Ni aux petites filles excisées ou infibulées çà et là — y compris en Occident…
Ni aux Occidentales violées par des immigrants de plus ou moins fraîche date qu’il ne faudrait quand même pas stigmatiser, les pauvres, de sorte qu’au nom de l’intersectionnalité des luttes…
Ni aux Maghrébines ou aux Africaines violées par des « frères de race », qu’elles ne doivent surtout pas dénoncer, explique Houria Bouteldja…
Ni aux femmes voilées sur injonction de leurs grands frères et de tous les autres — heureusement que les Chiennes de garde françaises se battent pour qu’elles aient le droit de sortir elles aussi empaquetées jusqu’aux yeux dans des sacs-poubelle…
Ni aux filles des syndicats lycéens qui veulent absolument avoir le droit d’arriver en classe en abaya ou en tchador…
Ni aux femmes sans conviction religieuse mais tenues de croire en un dieu auquel elles ne croient pas — sous peine de mort…
Ni aux femmes qui au nom de la religion n’ont droit qu’à une fraction de l’héritage de leurs frères…
Ni aux femmes qui n’étant ni mères ni épouses sont considérées comme des putes…
Ni aux sportives forcées désormais de cohabiter dans les vestiaires et dans les stades ou les piscines avec des hommes transgenres…
Ni aux épouses régulièrement malmenées par leur compagnon — pour celles mortes sous leurs coups, de toute façon, c’est un peu tard…
Ni aux femmes abusées par leur psychanalyste…
Ni aux femmes payées 20% de moins que les hommes alors qu’elles fournissent un travail équivalent, et qui du coup ont le pain quotidien, comme dit Prévert, relativement hebdomadaire…
Ni aux enseignantes que les petits machos auxquels elles expliquent la règle d’accord des participes passés méprisent parce qu’elles sont des femmes…
Ni aux femmes complices de leurs oppresseurs, et qui ne liront jamais La Servitude volontaire d’Etienne de la Boétie…
Ni à celles qui trouvent que Sandrine Rousseau a raison…
Ni à celles qui admirent Mathilde Panot…
Ni à celles qui trouvent normal qu’il n’y ait en tout et pour tout que six femmes au Panthéon…
Ni…

Discours de la servitude volontaire

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Quand s’attaquer à l’art se double d’un acte antisémite

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Honteux, et c’est un euphémisme ! Comment qualifier autrement, en effet, ce geste, particulièrement violent, d’une militante, se revendiquant de « Palestine Action », s’étant attaquée, ce vendredi 8 mars 2024 à l’Université de Cambridge, à un portrait (tableau réalisé en 1914 par Philip Alexius Laszlo) de Lord Arthur Balfour, qu’elle a lacéré, après l’avoir aspergé de peinture rouge, à coups de cutter, ainsi qu’on peut le voir dans une vidéo fièrement mise en ligne, sur X (ex-Twitter), par ce même groupe ?

La barbarie d’un double crime

Car il s’agit là, en réalité, d’un double crime, et non des moindres par la barbarie qu’il recèle : un crime à l’encontre d’une œuvre d’art, acte déjà éminemment répréhensible en soi, certes ; mais aussi, et peut-être plus condamnable encore, un crime attenant, comme pour toute forme de racisme, à l’antisémitisme, plus encore qu’à l’antisionisme, le plus ignoble !

La (dé)raison de pareil geste ? Le fait que Lord Balfour, ancien ministre anglais des Affaires étrangères, ait été le promoteur, en 1917, d’une déclaration exprimant, de manière officielle, le soutien du Royaume-Uni à l’établissement d’un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine : préambule, cette décision, de ce qui deviendra en 1948, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et dans le douloureux sillage de ce crime unique dans les annales de l’(in)humanité que fut la Shoah, la création, sous l’égide de David Ben Gourion, de l’Etat d’Israël !

A lire aussi, Céline Pina: Grâce à LFI, le Hamas fera-t-il son entrée au Parlement européen?

C’est dire donc si, par-delà même cet énième acte de vandalisme à l’encontre d’une œuvre d’art (comme déjà, il y a quelques semaines seulement, à l’encontre de « La Joconde » de Léonard de Vinci ou du « Printemps » de Claude Monet), il s’agit cette fois, chose bien plus grave encore, d’un véritable acte d’antisémitisme !

L’université de Cambridge pour l’État d’Israël : de Lord Byron a Lord Balfour

Cette même et prestigieuse université de Cambridge, par ailleurs, ne s’est jamais privée de manifester publiquement sa sympathie, voire son soutien, envers le peuple juif, puisque c’est encore elle qui accueillit généreusement, au début du XIXe siècle, de 1805 à 1808, mon cher Byron, autre célèbre Lord (auquel j’ai naguère consacré, pour les Éditions Gallimard, une ample biographie), lequel écrivit, quant à lui, d’admirables « Hebrew Melodies » (« Mélodies Hébraïques »), recueil datant, pour l’exactitude, de 1814, soit près d’un siècle, déjà, avant la célèbre déclaration, quant à la future naissance de l’Etat d’Israël précisément, du précité Lord Balfour !

Quand salir la culture équivaut à souiller ses propres idées

Certes, le peuple palestinien, dans la bande de Gaza, vit-il aujourd’hui, par la guerre qu’Israël mène actuellement à l’encontre des terroristes du Hamas après l’abominable attaque du 7 octobre dernier, une terrible tragédie sur le plan humain. Et à lui, comme à toutes les victimes dans cet horrible conflit, qu’elles soient juives ou palestiniennes, toute notre sincère compassion ! Mais, tout ceci étant dit, quand, du reste, s’attaquer à l’art, et parfois à ses plus grands chefs-d’œuvre, a-t-il jamais représenté un argument digne de ce nom, rationnel et objectif, pour défendre des idées, aussi nobles soient-elles ? Car, de fait, seuls les régimes dictatoriaux, qu’ils soient d’extrême-gauche ou d’extrême-droite et qu’on les nomme, par-delà tout clivage politico-idéologique, « fascisme », nazisme », communisme ou « stalinisme », se sont honteusement adonnés à ce genre de pratique, particulièrement méprisable sur le plan intellectuel et abject au niveau moral.

Davantage : se rendent-ils donc compte, ces infâmes extrémistes, que c’est tout d’abord leur propre cause, leur parti ou leur organisation, qu’ils souillent et avilissent, par la violence de leur geste, ainsi ? De fait : dégrader la culture ou salir l’art (dans cet odieux cas, au sens premier du terme) était déjà la pratique favorite, de sinistre mémoire, des nazis au siècle dernier lorsqu’ils taxaient certains des meilleurs peintres, en cet obscur temps-là, de « dégénérés » !

Pis : s’en prendre ainsi à l’art, et dans ce cas à des sympathisants de la cause israélienne de surcroît, ne peut hélas que faire penser, sans certes vouloir comparer ici l’incomparable ni verser malencontreusement en un révisionnisme de mauvais aloi, aux pires propagandistes nazis précisément, du style Goebbels ou Göring, lorsqu’ils disaient « sortir leur revolver quand ils entendaient le mot culture » (ce sont du moins là les ignominieuses paroles que le dramaturge allemand Hanns Johst, fervent admirateur d’Hitler, leur attribue glorieusement dans sa pièce de théâtre Schlageter, dédiée un prétendu martyr pré-nazi).

Afficher à ce point son mépris de la culture, tout autant que de l’art, fait effectivement froid dans le dos, surtout par tout ce à quoi renvoie fatalement pareil, fanatique et périlleux réflexe antisémite : la « nazi attitude » !

Lord Byron

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«La Salle des profs», milieu scolaire orthonormé et franchement hostile

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Carla Nowak dans "La Salle des Profs" (Das Lehrerzimmer) de İlker Çatak, 2023 © Tandem Films

Le film d’İlker Çatak, qui fait un tabac en Allemagne et vient de sortir en France avec d’excellentes critiques, ne pouvait pas ne pas interpeller notre chroniqueur, à qui rien de ce qui est turpitude scolaire n’est étranger. Apparemment il n’a pas été déçu. Mais de là à en faire un favori pour l’Oscar du meilleur film étranger, il y a une marge, dit-il.


La Salle des profs est un film profondément allemand — ce qu’on ne lui reprochera pas. Personnages korrekt des pieds à la tête, locaux immaculés, haine larvée des étrangers (pas seulement des immigrés turcs de plus ou moins longue date : on ne manque pas de faire remarquer à l’héroïne, originaire de Gdansk / Dantzig, qu’une Polonaise, en Allemagne, ne sera jamais allemande), et tendance à l’inquisition qui peut aller assez loin. Les invectives volent bas parfois dans ce décor si bien peigné : on se traite de fasciste « à peine qu’on se traite », comme disait Nougaro, mais avec des arrière-pensées évidentes de camps de concentration.

Passe ton Abitur d’abord

Carla Nowak, prof de maths et d’EPS (la bivalence est la règle en Allemagne) d’un Gymnasium (l’équivalent de nos lycées, la seule structure pédagogique qui débouche sur l’Abitur, le Bac allemand), a des méthodes d’un pédagogisme qui peut paraître ici excessif : les élèves obéissent au claquement des mains, ils sont dressés à obéir, et de toute façon l’établissement expérimente la « tolérance zéro » que l’on réclame de ce côté du Rhin.

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Mais voilà : on lui a piqué de l’argent dans son portefeuille, en salle des profs. Elle dispose alors son ordinateur en fonction caméra pour filmer la personne qui a l’indélicatesse de se servir dans la poche de son blouson.


À partir de là l’inquisition se met en place, une secrétaire est désignée (sans qu’on ait vu autre chose à l’image qu’un bout de son chemisier), la prof se retrouve accusée d’espionnage (on sent que le souvenir de la Stasi n’est pas loin, chacun fait avec son histoire), les élèves s’insurgent… Et au terme d’une narration en spirale descendante, les enfers personnels de chacun se retrouvent sur la table.

À travers la métaphore d’une salle des profs ordinaire, c’est évidemment toute la société allemande qui se retrouve sous les projecteurs. Non seulement l’histoire récente de la réunification, l’immigration turque (les petites filles ont le droit de venir au lycée avec la tête couverte d’un voile, les parents parlent un allemand rugueux), les souvenirs de la Seconde guerre mondiale, et au-delà, cette correction politique et morale héritée du luthérianisme. On comprend que le film ait collectionné les récompenses outre-Rhin.

Allez voir « La Zone d’intérêt » avant quand même

Ici, c’est moins évident — nous avons une autre histoire, nos immigrés ne sont pas les mêmes et ne jouent guère la carte de l’intégration, et la tolérance zéro est une espérance plus qu’une réalité. Cela dit, on pique dans nos salles des profs comme dans celles d’Allemagne. Peut-être sommes-nous moins flics dans l’âme, mais les tensions entre enseignants, rapidement palpables quand on fréquente un établissement français, sont les mêmes.

On s’étonnera de l’obéissance des élèves (jusqu’à un certain point), mais c’est parce que le système allemand post-primaire évacue précocement les élèves en difficulté vers Hauptschule et Realschule, collèges alternatifs qui ne destinent pas leurs élèves à l’Abitur : la sélection s’opère très tôt en Allemagne, et vous êtes orienté vers l’enseignement technique et professionnel de façon précoce.

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C’est fort bien interprété. Leonie Benesch joue à fond la pédagogue célibataire, dévouée à ses élèves et sûre de sa moralité exemplaire. Ses collègues sont à l’unisson, les gosses sont parfaitement dirigés. Mais en définitive, c’est un téléfilm soigné (c’est cadré pour passer un jour à la télé) et politiquement correct. Pas exactement ce que l’on peut attendre d’un film que l’on présente pourtant aujourd’hui comme l’un des favoris à l’Oscar du meilleur film étranger, dimanche soir (encore que La Zone d’intérêt soit un candidat autrement redoutable).

Quant à la structure en crescendo, elle est empruntée à ce film danois autrement remarquable qu’était La Chasse (2012), de Thomas Vinterberg, où un instituteur (Mads Mikkelsen) était accusé (à tort) d’attouchements par une petite fille, et pourchassé par toute une communauté : l’ombre du M le Maudit de Fritz Lang passait sur ce thriller dérangeant. Mais l’un dans l’autre, La Salle des profs fait passer deux heures qui séduiront les enseignants qui baignent dans ces nœuds de vipères, et renseigneront les autres sur ce qui se passe dans ce lieu clos par excellence qu’est une salle des profs.

Grâce à LFI, le Hamas fera-t-il son entrée au Parlement européen?

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Née près d’Alep en Syrie, la candidate du ressentiment Rima Hassan, 7e sur la liste LFI, est en position éligible aux élections européennes de juin. L’extrême gauche française se vautre un peu plus dans le communautarisme.


La septième sur la liste aux Européennes de la France Insoumise fait couler beaucoup d’encre. Il faut dire qu’elle est vue comme une offre politique destinée à faire voter une catégorie en pleine explosion depuis le 7 octobre 2023 : les antisémites.

Conflit au Proche-Orient : plus c’est gros, plus ça passe

Et Rima Hassan a tout pour leur plaire. D’abord parce que cette activiste française qui met en avant une identité de « réfugiée palestinienne » est une alchimiste hors pair. Avec elle, l’antisémitisme devient un mélange de haine d’Israël (ce qui permet d’haïr les Juifs en faisant semblant de ne s’opposer qu’à la politique d’un pays), de falsification historique et d’exaltation d’une cause palestinienne qui veut libérer la Palestine du Jourdain jusqu’à la Méditerranée. Ce mot d’ordre est une façon d’appeler à la destruction d’Israël dans les cercles militants tout en s’en défendant auprès des journalistes et des élites. Pour cela, il suffit d’expliquer qu’il s’agit d’un appel pour constituer un État unique multiconfessionnel et vous pourrez le répéter ad nauseam pour exciter le ressentiment de vos militants. Or tout le monde en Orient comme ici sait que cette proposition est une vaste blague et que si l’OLP et le Hamas ont popularisé ce slogan, c’est pour appeler à l’élimination d’Israël.

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De la même manière, Rima Hassan ne peut ignorer que pour les Frères musulmans auxquels le Hamas appartient, détruire Israël est un devoir sacré, un fiqh. La présence de Juifs en terre d’islam, non réduits à la dhimmitude, est un sacrilège. D’ailleurs Khaled Mashal, un des dirigeants du Hamas l’a dit explicitement : « La Palestine nous appartient, du fleuve à la mer, du nord au sud. Il n’y aura aucune concession, sur un seul pouce de terre. » Et de manière explicite la charte du Hamas, comme celle de l’OLP naguère, appelle à éradiquer l’État juif. C’est ainsi que, pour ne pas avoir à accepter Israël dans cette région du globe, les Arabes ont refusé à trois reprises la création d’un État palestinien. C’est dire à quel point la haine religieuse est profonde. Mais Rima Hassan pense que les occidentaux ne comprennent rien à tout cela et n’hésite pas raconter des énormités…

Falsification historique

Ainsi, elle participe le 10 décembre 2023 à Tunis, à la fameuse conférence ou David Guiraud va raconter des horreurs sur Israël, niant les exactions du Hamas en Israël et faisant retomber la barbarie sur les Juifs qu’il accuse d’avoir éventré une femme enceinte et brûlé un bébé dans un four. Le député insoumis devra faire machine arrière quelques jours après. Or l’autre participante à cette réunion était la fameuse Rima Hassan. Laquelle est venue doctement expliquer que les Musulmans ignoraient tout de l’antisémitisme avant qu’un foyer juif ne soit installé sur leurs terres par les occidentaux qui voulaient soulager la culpabilité de la Shoah : « Ce que ne comprend pas l’Occident, c’est que dans cette région-là, on n’a pas ce passif, on n’a pas cette mémoire de la Shoah. (…) Et ce qui est terrible pour nous, Palestiniens, c’est qu’on se retrouve à traiter une question fondamentale, qui est celle de l’antisémitisme, mais sans avoir contribué à cet antisémitisme. » Là on se pince. La sympathie des sociétés arabes pour le nazisme et le fascisme, en partie liée aux politiques anti-juives de ces régimes, est parfaitement renseignée. Quant à l’antisémitisme arabo-musulman, il n’a pas attendu la Seconde Guerre mondiale pour se manifester. Rima Hassan serait-elle négationniste, inculte ou nous prend-elle pour des lapins de cinq semaines ? Ici la falsification historique est patente.

Rima Hassan n’hésite pas non plus à accuser à longueur de tweet Israël d’être un État génocidaire, de pratiquer l’apartheid… Or ces accusations sont fausses. Cette militante qui se dit juriste mais ne semble pas maîtriser sa discipline oublie que ses mots ont un sens précis, une définition juridique rigoureuse et qu’ils ne sont pas appropriés à ce qui se passe. Mais elle n’en a cure. Ce qui l’intéresse est la charge négative qu’ils ont, leur portée dégradante et la haine qu’ils alimentent et suscitent. Alors elle fait tourner ces condamnations en boucle sur ses réseaux. En revanche, s’étant rendu compte que ne pas condamner les horreurs du 7 octobre pouvait ruiner sa carrière d’influenceuse, elle a fini par le faire avec une discrétion qui lui est peu habituelle, mais c’est pour très vite soutenir le Hamas. Ainsi dans une interview donnée à un média militant, Le Crayon, elle avait à répondre à trois questions : « Le Hamas mène-t-il une action légitime ? L’État d’Israël a-t-il un droit de défense ? La solution à deux États est-elle possible ? ». « Vrai, faux, faux », répond-elle.

A lire aussi, Barbara Lefebvre: Viols du 7 octobre: féministes, où êtes-vous?

Dire qu’un pogrom est légitime, justifier un tel crime contre l’humanité signifie valider les horreurs qui ont été commises le 7 octobre. Cette femme donne cette interview en novembre. À l’époque les médecins légistes israéliens en étaient encore à essayer d’identifier des corps tellement brûlés, profanés et éparpillés qu’il a fallu des mois pour leur rendre leur identité. C’est également avec beaucoup de compassion qu’elle fait un tweet sur la tragique erreur de soldats de Tsahal qui ont tué trois otages qu’ils avaient pris pour des terroristes voulant les piéger : « Ce qui prouve bien l’intention génocidaire de cette entité coloniale qu’est Israël ».

La candidate du séparatisme

Les Juifs sont ainsi transformés en bourreaux, pour ne pas dire en avatars de nazis. Toujours selon Rima Hassan, « Israël est le QG des suprémacistes blancs de toute la planète ». Cette phrase porte en elle des relents extrêmement douteux. Elle rappelle le fameux, « après le samedi vient le dimanche », qui unit dans une détestation et sous une menace commune, Juifs et Chrétiens. Sur ce point les islamistes rejoignent les woke dans leur vision d’un monde binaire où le mal est incarné par l’Occident blanc, par nature oppresseur. Rima Hassan se fait ainsi le relais de ce ressentiment lourd de menace et qui est en train de ruiner notre cohésion sociale.

Avec elle, c’est la voix des Palestiniens que LFI veut faire entrer au Parlement européen. Mais outre que ce n’est pas sa place, nombre de questions se posent. Pour dire quoi ? Et que dit ce choix ? Que l’antisémitisme est une stratégie électorale comme une autre ? Que cette stratégie puisse fonctionner et que malgré leur soutien au Hamas, les LFI soient en position de faire rentrer une telle femme au Parlement européen en dit long sur la déliquescence de notre société et l’antisémitisme que l’extrême-gauche attise. La haine du Juif comme levier clientéliste, Jean-Marie Le Pen en rêvait, Jean-Luc Mélenchon et la LFI l’ont fait.

Ces biens essentiels

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L’avortement ou la lâcheté des hommes

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Image d'illustration.

Petit manifeste pour la vasectomie


Et voilà ! Aujourd’hui nous sommes huit milliards sur le radeau ! Et, comme les fameux grains de riz du jeu d’échec, c’est par bonds de plus en plus considérables que nous risquons de l’alourdir jusqu’à le couler. Reste à légaliser si ce n’est à encourager l’avortement. Seul moyen – je dirai symbolique – en attendant la mainmise de l’homme sur l’utérus artificiel, pour maîtriser une multiplication qu’instinctivement nous savons porteuse d’extinction plus que de vie.

Sagesse hormonale

Sans en avoir décrypté les processus, les biologistes ont découvert qu’en toutes biomasses vivantes existe une sorte de compteur régulateur des naissances. On le sait par le biologiste Jean Rostand, que pour les grenouilles, par exemple, quand dans une mare un certain quota de têtards est dépassé, une sélection hormonale se débarrasse des excédentaires. De même les étourneaux, qui le soir se réunissent par milliers sur quelques arbres. C’est par le niveau d’assourdissement en décibels émis par leurs piaillements que se régulent leurs pontes. Chaque espèce, par des moyens souvent inattendus, possède ce sens du nombre à ne pas dépasser. Aussi bien chez les insectes que chez les vertébrés, ce processus de régulation fonctionne mystérieusement. Et de même, bien que si loin de l’Origine, c’est à croire que l’espèce humaine possède aussi à son insu ce « compteur » (en train de devenir planétaire ?) au point que même l’esprit patriarcal, si jaloux de ses prérogatives, cède peu à peu (instinctivement ?) à cette loi qui l’oblige, bien à contrecœur, sous peine de disparition par excès du nombre, à légaliser l’avortement.

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Ce qui personnellement me choque car je trouve insupportable que les femmes d’aujourd’hui quémandent auprès des hommes le droit à l’avortement. C’est sous une forme insidieuse admettre l’indestructible prédominance masculine jusque dans les recoins secrets, non seulement de l’appareil génital féminin, mais du cerveau féminin.

Le curieux privilège d’avorter

J’entends les réactions scandalisées ! Faut-il être fou et insultant pour affirmer que ce n’est pas aux femmes d’avorter mais aux hommes d’être responsables ? Aux hommes de ne pas être incontinents ? Je suis pour la vasectomie. Et même, autour de la quarantaine, je l’ai mise en pratique à la suite d’un avortement de la femme aimée. Donc j’estime que j’ai droit à la parole sur ce sujet. Oui, je suis pour la vasectomie, et non pour l’avortement ! J’ai accepté qu’un chirurgien s’en prenne à mon sexe sacré ! Et ça ne m’a diminué en rien, rassurez-vous les mecs ! C’était quand même moins sanglant qu’un avortement, non ? Je trouve vraiment à la limite de l’acceptable… et même inacceptable que ce soit les femmes qui se font poser des stérilets, qui se font lier les trompes, qui se détraquent par la pilule, et qui pour finir se font avorter au vif de leurs chairs dans un incroyable irrespect de l’intégrité de leurs corps. Et elles revendiquent ce « privilège » avec des slogans stupides sur ce prétexte : « Notre corps nous appartient ? » Mais c’est faux ! Par l’avortement c’est bien la preuve qu’il appartient encore plus irrespectueusement que jamais à leurs hommes incontinents ! Puisqu’il faut réparer ! Et ces pervers se font prier pour accorder aux femmes la faveur de se faire cureter dans le vif  – tout en s’apitoyant sur l’embryon assassiné ! Et ils prétendent aimer leurs femmes, tout en se débarrassant en leurs corps du trop-plein de leurs pulsions. On se retire, non ? On se protège, non ? On les protège, non ? On musèle le truc, non ? Le vagin d’une femme n’est pas une surverse, non ? À ce sujet je suis violent. Je suis outragé pour les femmes ! Je suis outragé qu’elles acceptent ce retournement au point de remercier cette « faveur » accordée par ceux qui jamais et à aucun instant ne se sentent injustes et coupables… mais magnanimes. Rien ne démontre plus clairement à quel point l’idéologie plurimillénaire du patriarcat gangrène encore le cerveau des femmes les plus intelligentes quand elles revendiquent le droit à l’intrusion du bistouri masculin en leurs corps, comme un acquis, alors que c’est l’homme qui s’est débarrassé en elles de son trop plein.

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Le bourreau de la tribu

Et, non content de ce bref arrêt, ce même juge du ce qui est permis et du ce qui est non permis, continue à agrandir son territoire sexuel de l’une à l’autre en se foutant d’elles. Comment ont-elles pu ? Comment sont-elles encore si généreuses en prétendant que leur corps leur appartient quand plus que jamais il reste soumis aux conséquences de ces inconséquents ? Serait-ce qu’elles sont restées profondément mères envers le masculin ? Je le crois.

Serge Rezvani © Photo : Hannah Assouline

Et que ces mères, malgré elles, finissent par tout passer – et même leurs incontinences – à ceux qui, sans qu’elles le sachent, sont restés viscéralement leurs enfants, leurs bourreaux. Et même chez les plus radicales des femmes « libérées », dans leur inconscient  fémi…niste, leur enfant fantôme auquel on passe tout ! Puisqu’il est acquis, dans toutes les cultures, que le petit mâle a le droit d’être le « bourreau » de sa mère, de ses sœurs, de tout ce qui est féminin dans la tribu. Tant que l’insecte humain ne se sera pas extrait de son humanité ce postulat restera fondamental dans l’inconscient masculin, bien sûr, mais surtout féminin. Bien ! De jour en jour je m’avance vers la centaine ! Et c’est depuis cette proche centaine que j’écris  libéré de ce qui en ce sujet, risquerait de freiner ma pensée. Vu mon âge j’occupe avec tristesse une place particulière pour voir, m’interroger, comprendre, et risquer de m’exprimer. « Je n’ai rien à gagner ou à perdre ». Pourrais-je écrire depuis les limbes que je n’écrirais pas autrement. Et si on s’offusque de ce que j’exprime c’est qu’on m’admet encore ici, parmi les hommes. Et c’est tant mieux si on me le reproche ! Étrange sentiment de liberté ! Étrange solitude intellectuelle ! Toutes les femmes que j’ai aimées sont mortes dans mes bras. Et c’est dans l’échange avec leur intelligence que j’ai toujours trouvé le stimulant d’une pensée non univoque. La femme de ma vie est morte il y a dix-huit ans de cela et j’en souffre à chaque instant des jours vécus sans elle ! Et maintenant ? Où est mon pôle féminin ? Seul me reste du féminin fantasmé auquel dédier en esprit ces pages fantômes ? Quel cruel manque de la parole féminine en retour !

L’homme décalé

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Depuis ma première rencontre avec Jean-Paul Enthoven, j’ai su que cet homme avait dans le regard mille tempêtes indomptées. C’était dans son bureau de directeur littéraire chez Grasset. Je venais l’interroger à propos de Paul Morand, pour ma biographie consacrée à l’auteur d’Hécate et ses chiens. Plus tard, lorsque j’ai lu ses Enfants de Saturne, ouvrage où l’on croise quelques grands noms de la littérature universelle, j’ai compris que les tempêtes s’étaient estompées pour céder la place à la mélancolie vive. Tout cela, bien sûr, était diffus, et ne reposait que sur une impression du cœur.

Pays rugueux, « toxique, trafiqué, malsain »

Je viens d’achever son nouveau roman Si le soleil s’en souvient. L’allitération du titre confirme ce que je pressentais : un passé charbonneux sans cesse tempéré par la mélancolie. Il faut du courage pour évoquer ses origines en ne les révérant point. Jean-Paul Enthoven est né en Algérie, lorsque le drapeau tricolore flottait au fronton de la grande poste d’Alger. Ce n’était plus l’ambiance lumineuse des jours limpides décrite par Albert Camus dans Noces ou L’été. Le vent qui y souffle est un vent mauvais chargé de violence, voire de haine. Le ressentiment est à l’œuvre. Le massacre généralisé s’organise. Dès l’incipit du roman, l’ambiance est lourde. Enthoven emploie le conditionnel passé : « L’inauguration du cinéma Vox aurait dû avoir lieu le 24 juin 1960, à Mascara, une petite ville dépourvue de charme sur les hauts plateaux d’une Algérie encore française. » Le décor de la tragédie est planté. Le soleil est noir, cela ne fait aucun doute. Le Vox est un cinéma luxueux, déjà démodé au moment de sa création par l’Histoire. C’est Edmond, le père de Jean-Paul, qui l’a voulu. La date est celle d’un deuil. Elle rappelle la mort de son premier fils, Jean. Gilberte, la mère au prénom proustien, ne souhaite pas cette date. Mais Edmond est un homme autoritaire, régnant sur sa famille et cette partie de l’Oranie. Le film projeté est Moby Dick, de John Huston, tiré du chef d’œuvre de Herman Melville. Le romancier va devenir un fil rouge dans la vie de Jean-Paul Enthoven. Le 24 juin 1960 se transforme en bain de sang par le fanatisme de trois « martyrs ». La description du massacre n’est pas sans rappeler celui du Bataclan, le 13 novembre 2015. La mort accompagne l’adolescent. Elle ne le quitte pas d’une semelle. En voiture, avec son père, il va échapper de peu à des coups de fusil ; sa prof de piano va mourir dans un autocar, assise à côté d’un kamikaze mahométan ; la maison familiale va être plastiquée. Il doit la vie sauve à une énorme bibliothèque en merisier, exacte copie de celle d’Elvire Popesco, commandée par Gilberte. L’adolescent est, de plus, de complexion fragile. Son cœur n’est pas vaillant. Il est chétif, a le teint très pâle. Bref, il ne s’aime pas. Pas plus qu’il n’aime ces hauts plateaux de l’Oranie où le Mektoub l’a fait naître. Il a des mots très durs pour ce pays rugueux, « toxique, trafiqué, malsain », aux odeurs trop fortes ; un pays trompeur. Alors quand l’heure est venue de le quitter et de prendre le bateau pour rejoindre l’autre rive de la Méditerranée, la phrase de l’écrivain qu’il est devenu est sans pathos, ni lyrisme. Partir est une délivrance. Même s’il laisse derrière lui la tombe de son grand-père paternel et hanséatique, aujourd’hui recouverte d’orties. Il se prénomme Edward-Jean. C’est un drôle de loustic, ancien légionnaire, un peu maffieux, qui a eu la mauvaise idée de poser le pied en Afrique, d’y faire des affaires et d’épouser une sorcière prénommée Esther. Enthoven, à propos de sa grand-mère : « (…) je lui dois un bon quart, sans doute la plus mauvaise part de moi-même, de ce que je suis biologiquement. »

La littérature éclaire la vérité

Il faut un certain courage, répétons-le, pour écrire contre son enfance. L’inverse est nettement plus reposant. Mais sur le plan littéraire, ça devient vite ennuyeux. Or, avec ce roman, qui oscille entre vérité et (quelques) arrangements avec la réalité – mais l’un des privilèges de l’écrivain n’est-il pas de mentir pour davantage éclairer la vérité ? – on ne décroche jamais. Et on constate que c’est bien la littérature qui est au cœur – solide – de la vie de Jean-Paul Enthoven. La bibliothèque familiale ne l’a-t-elle pas sauvé de la barbarie aveugle ? N’est-ce pas l’adaptation de l’œuvre de Melville, programmée dans le cinéma d’Edmond, qui l’a conduit à écrire sur la figure autoritaire du père ? J’en veux pour preuve la conclusion de la page 119 : « Je note au passage que c’est toujours le père qui crée l’écrivain, même si à l’arrivée c’est le fils qui décrit le père. »

Les dernières pages de ce roman sur l’invention de soi-même sont bouleversantes. Il y est question du père, une ultime fois. La rencontre a lieu dans les jardins du musée Rodin, devant La Porte de l’Enfer. La mémoire du père s’absente, définitivement. Mais le fils est là. Et le livre doit advenir.

Jean-Paul Enthoven, Si le soleil s’en souvient, Grasset.

Si le soleil s'en souvient: roman

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«C’est gravement attentatoire à la liberté d’expression que de cataloguer politiquement chaque parole sur les chaînes d’info»

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Si les médias audiovisuels ont plus d’obligations que leurs collègues de la presse écrite, ce que demande le Conseil d’Etat le 13 février à l’Arcom met notre gendarme de l’audiovisuel dans une situation des plus inconfortables.


Causeur. Dans son arrêt du 13 février, le Conseil d’État, saisi par RSF, demande à l’Arcom, le gendarme de l’audiovisuel, de prendre en compte le temps de parole des invités, chroniqueurs et animateurs d’une chaîne et non seulement celui des politiques identifiés et reconnus. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Basile Ader. La réflexion doit venir un peu en amont. Il y a un grand principe en droit français, un principe constitutionnel, qui veut que le garant des libertés individuelles, dont la première est la liberté d’expression, soit le juge judiciaire. Cela veut dire qu’il faut offrir un cadre légal bien défini et prévisible pour préserver le juge de ses propres idées politiques, émotions et indignations. Ce principe est mis en œuvre dans la loi de 1881, qui est la grande loi républicaine sur la liberté d’expression. Autrement dit, lorsqu’on soumet à un juge un manquement à une obligation d’un média quel qu’il soit, le juge doit pouvoir se poser la question suivante : « Il y a la loi qui encadre de manière stricte les exceptions au principe de la liberté d’exception (diffamations, injures, atteintes à la vie privée, à la présomption d’innocence, etc.). Est-ce qu’elle a été, ou non, transgressée ? »

En libérant la communication audiovisuelle privée, libre, à partir de 1982, puis 1986, on a institué une autorité administrative indépendante du pouvoir politique pour distribuer les ondes qui n’étaient pas indéfiniment extensibles. Ce faisant, le juge administratif a pris une petite part dans le contentieux de la liberté d’expression. En conséquence, le principe constitutionnel selon lequel le juge judiciaire est le garant des libertés individuelles se trouve un peu entamé.

Donc, à partir des années 1980, l’audiovisuel doit répondre devant un juge de droit commun pour des transgressions comme la diffamation ou l’incitation à la haine, et devant un juge spécifique, administratif, qui décide ce qui concerne les obligations contractuelles consenties pour obtenir les droits d’émettre – dans le cas qui nous intéresse, de faire partie de la TNT ?

Exactement. Le nombre de fréquences étant limité, l’État doit choisir ceux à qui elles sont réservées, ce qui lui permet dans le même temps de leur imposer des conditions qui vont au-delà de la loi de 1881 : déontologie, qualité du contenu, pluralisme. À ce titre, les médias audiovisuels ont plus d’obligations que leurs collègues de la presse écrite.

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Les nouvelles technologies ne rendent-elles pas ce dispositif obsolète ?

Sans doute. Sur internet, tout le monde peut désormais s’inviter et diffuser ses programmes de télévision, exactement comme dans le kiosque à journaux. Cependant, si on veut être inclus dans les bouquets, il faut vous y faire une place, donc on a besoin d’une instance qui soit l’arbitre dans la délivrance des autorisations et qui ensuite veille au respect des obligations consenties en échange par la chaîne. C’est le cas des chaînes d’information continue sur la TNT : LCI, CNews, France Info TV et BFMTV.

Ce qui nous amène à la question des critères : comment cet arbitre – l’Arcom – peut-il qualifier et trier les animateurs, invités et chroniqueurs ?

L’Arcom ne peut pas aller au-delà de ce que la loi lui commande de faire. Comme tout arbitre, elle ne peut que veiller à l’application des règles préexistantes ; elle ne peut en imposer d’autres. À ce titre, elle contrôle traditionnellement la stricte égalité de temps d’antenne des élus et candidats aux élections nationales. Mais elle ne peut aller au-delà. L’Arcom ne peut pas, comme semble le lui demander le Conseil d’État dans cette décision, considérer l’expression des opinions politiques de simples commentateurs qui ne briguent aucun mandat comme de la propagande électorale. C’est évidemment impraticable et surtout gravement attentatoire à la liberté d’expression que de tenter de cataloguer politiquement chaque parole sur les chaînes d’info (chroniques, éditoriaux, interventions d’invités), pour calculer le temps d’antenne et, ainsi, imaginer établir un équilibre « pluraliste ». La décision de rejet de la demande RSF par l’Arcom était, pour ces raisons, la seule possible.

Le caractère impraticable de la surveillance demandée par RSF aurait-il échappé aux magistrats du Conseil d’État ? Peut-être estiment-ils cela possible ?

Ce que je lis dans les motifs de l’arrêt[1] est assez byzantin et, personnellement, je ne suis pas convaincu. J’aurais été curieux de voir si cela aurait été le sens de sa décision si RSF l’avait saisi pour une antenne éditorialement marquée à gauche… Je ne crois pas qu’un juge judiciaire aurait statué dans ce sens, il aurait fait une stricte application de la loi ; comme quoi, c’est le bon juge en la matière.

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Si je vous suis, il est possible que dans six mois l’Arcom dise : « En fait, on a le même sentiment que vous, mais on ne voit pas comment on peut faire quoi que ce soit. »

Je pense que l’Arcom est dans une situation en réalité assez confortable. Elle devrait pouvoir lui répondre : « la loi ne prévoit pas ce que vous souhaitez, ou alors, il faut changer la loi ». Ou alors elle peut considérer que le Conseil a ainsi statué pour « insuffisance de motifs », et qu’il attendait qu’il argumente et explique mieux sa décision de rejeter la saisine de RSF ; ce qui lui sera aisé de faire.

Peut-être aussi que le débat que RSF et la haute juridiction administrative souhaitent engager, c’est la définition de ce qu’est une « chaîne d’information » : est-ce que cela peut être une « chaîne d’opinion en continu » ? Si c’est le pluralisme qui est l’objectif, je ne vois pas le problème. Le pluralisme est assuré par la diversité du kiosque à journaux, et non par l’obligation chimérique qui serait faite à chacun d’y conformer ses colonnes.

Il y a des renouvellements d’autorisations de la TNT prévues en 2025. Existe-t-il un lien entre l’arrêt du Conseil d’État et ce calendrier ? Essaie-t-on de priver CNews de sa place sur la TNT ?

Je ne saurais répondre à cette question ; ce que je sais, c’est qu’il est très compliqué de ne pas renouveler une autorisation. Ce n’est pas discrétionnaire. Il faut établir que des manquements ont été définitivement constatés sans être suivis d’effet.


[1] https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-02-13/463162

Leur guerre

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Métro new yorkais, gare de Grand Central Terminal, 7 mars 2024 © Mary Altaffer/AP/SIPA

À New York, alors que les violences s’y multiplient au péril des usagers, le gouverneur démocrate Kathy Hochul a décidé de déployer 750 soldats dans le métro. Si sa décision radicale est critiquée par certains là-bas, notre chroniqueur estime que le président Macron pourrait s’en inspirer ici plutôt que de regarder vers l’Est.


Appliquant le principe martial néo-macronien selon quoi « En dynamique rien ne doit être exclu », Madame le Gouverneur de l’État de New York, Kathy Hochul – sommité du parti démocrate, précisons-le – activement suivie en cela par le maire de la Grosse Pomme, Eric Adams, lui aussi membre éminent du parti démocrate, a décidé de déployer des troupes, non pas au sol, mais au sous-sol de la ville. Plus précisément dans le gigantesque dédale des quelque quatre cents stations de métro qu’empruntent chaque jour des millions de personnes de tous âges, de toutes conditions, locaux et touristes. Madame le Gouverneur (on excusera ma réticence à donner dans la mode inclusive, cela d’autant plus que la dame en question fait montre d’un caractère qu’en d’autres temps on n’aurait pas hésité à qualifier de viril) Madame le Gouverneur, disais-je, en ayant plus qu’assez des trafics en tous genres, doublement souterrains, qui gangrènent son réseau métropolitain, lasse de compter, ou plutôt de ne plus compter, les vols, les agressions, les viols, les actes de vandalisme, a pris l’affaire en main. D’une main qui ne tremble pas. Elle fait donc désormais appel à l’armée – des effectifs de la Garde Nationale de l’État. Parallèlement, elle renforce de manière significative les forces de police dédiées au maintien de la paix sous terre. Quelque chose comme mille hommes et femmes supplémentaires. Munis de consignes d’une fermeté elle aussi non tremblante. 

Kathy Hochul y pensait depuis un moment. Une fusillade survenue mi-février dans le Bronx a achevé de la décider. Un mort, cinq blessés. Auparavant, dans Brooklyn, un conducteur avait été attaqué au couteau. Voilà un peu plus d’un an, toujours à Brooklyn, une mitraillade à une heure de pointe avait fait plusieurs dizaines de blessés. L’auteur purge maintenant une peine à vie – à vie pour de bon – jugé et condamné pour terrorisme. À ces faits en eux-mêmes terrifiants, sont venus s’ajouter les bonnes vieilles statistiques sans quoi on ne saurait parler de rien. 50% d’actes de violence en plus dans le métro new yorkais en janvier 2024 par rapport à janvier 2023. C’est beaucoup. C’est trop.

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Le maire, quant à lui, entré en fonction le premier janvier 2022, avait été élu sur la promesse de combattre la criminalité sous toutes ses formes, en surface comme en profondeur. Ainsi, ces deux-là devaient fatalement s’entendre. Ils ont rapidement affiché haut et clair leur doctrine en la matière. Ils n’ont pas craint de faire de la sécurité dans le métro, de la lutte contre les fléaux de la drogue et du crime « leur guerre ».

Or, pendant ce temps, Monsieur Macron, sa guerre, « notre guerre », il la voit ailleurs. Par ailleurs, il conceptualise, il intellectualise la chose, n’est-ce pas. Il ne peut pas s’en empêcher. « En dynamique rien ne doit être exclu ». Tout est dans le « en dynamique », manifestation d’une pensée sophistiquée, élevée qui ne se satisfait pas des réalités de tout un chacun, celles observées au ras du bitume. Cela dit, serait-ce lui manquer gravement de respect que de lui faire remarquer que des lieux d’ici, de chez nous, comme Marseille pour ne prendre que cet exemple, ne sont pas loin, en « dynamique », de se mettre à ressembler à quelque chose qui serait de moins en moins éloigné du Bronx à ses plus fâcheux moments ? Et en conséquence, puisque, selon sa propre vision il ne faut rien exclure, ne pourrait-on lui suggérer d’envisager de déployer des « troupes au sol ». Le sol d’ici, bien sûr, de chez nous. Ici et maintenant. Je sais, on m’objectera que ce n’est pas, originellement, le job de l’armée. Et alors, à la guerre comme à la guerre, non ? À moins bien sûr qu’on se refuse à considérer que le tsunami de drogues mortelles et la déferlante de violence que nous subissons chaque jour un peu plus ne puissent être qualifiés de guerre? Une guerre qui, pourtant, serait bel et bien la nôtre, cette fois…

Benoît «Montjoie» Saint Denis!

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Le combattant français d'arts martiaux mixtes Benoît Saint Denis, New York, novembre 2023 © Frank Franklin II/AP/SIPA

Ancien des forces spéciales, « BSD » va affronter le cador Dustin Poirier, samedi à Miami, en MMA. Un sport à la réputation sulfureuse qui est en plein essor en France et passionne la jeunesse. Le combat, retransmis en France sur RMC Sport, n’est pas prévu avant 4h00 du matin.


Le MMA est en vogue depuis quelques années. Il est même devenu un véritable phénomène de société en France après avoir conquis les bastions traditionnels du combat professionnel que sont les États-Unis, le Japon, le Brésil et l’Europe de l’Est. Cédric Doumbé et Baki se sont ainsi affrontés devant plus de 20 000 personnes à l’Accor Arena le 7 mars, un combat à l’atmosphère assez désagréable qui s’est fini par une déception après que l’ancien champion du Glory a reçu… une écharde dans le pied. Un apéritif pour patienter avant le choc de samedi. Porte-étendard de ce sport en France, l’ancien militaire des forces spéciales Benoit Saint Denis a en effet rendez-vous avec l’histoire samedi à Miami où il affrontera une légende du sport, l’Américain Dustin Poirier.

Un phénomène de société

Sport adoré par les amateurs et conspué par une grande partie de la population qui le trouve trop violent, voire comparé à de modernes jeux du cirque de Rome, le MMA est un paradoxe et une bulle de virilisme dans une société qui se veut libérée des instincts primitifs de l’homme. Sous cet acronyme se cache un sport de combat mixte qui trouve ses racines dans le pancrace mais aussi les différentes luttes occidentales qui faisaient l’attraction lors des foires itinérantes. Proposant des phases de contact debout en boxe anglaise ou en boxe pieds-poings, des phases de préhension proches de la lutte et du judo, ainsi que des moments au sol où l’arsenal des prises de soumission du jiu-jitsu brésilien fait parler la poudre, le MMA est en passe de remplacer les sports qui l’ont précédé. À la fin des années 90 et au début des années 2000, certains jeunes pratiquants comme votre serviteur se levaient en pleine nuit pour admirer Jérôme Le Banner affronter Peter Aerts au K1 Grand Prix de Tokyo. Les gladiateurs officiaient alors dans une version testostéronée du kickboxing offrant quelques points communs avec le muay thaï. L’UFC n’en était alors qu’à ses balbutiements, dominé par les Brésiliens spécialistes du combat au sol et les lutteurs.

Bien que remontant aux antiques Jeux Olympiques grecs – Pythagore était lui-même un pratiquant – le MMA actuel est encore un sport relativement jeune qui n’a été autorisé que tardivement dans l’hexagone, au terme d’années de combat acharné de la fédération de Judo qui voyait d’un mauvais œil une discipline susceptible de lui faire perdre de nombreux licenciés. Ca n’est qu’en 2018 que les premières compétitions professionnelles répondant aux standards américains ont été autorisées. Paradoxalement pourtant, le MMA est moins traumatique que la boxe. Il impressionne par les phases de coups portés au sol, mais l’anglaise est un sport où la cible des jouteurs est principalement la tête, se déroulant en 12 rounds de 3 minutes quand le MMA offre des combats majoritairement en 3 rounds de 5 et exceptionnellement pour les ceintures en 5 rounds de 5.

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C’est justement son premier combat en 5 rounds de 5 que va disputer notre Benoit Saint Denis national à Miami contre Dustin Poirier, l’homme qui a battu par deux fois Conor McGregor et été à un cheveu de l’emporter contre l’invaincu citoyen russe d’origine daghestanaise Khabib Nurmagomedov. Caricaturé en « sport de cités », le MMA offre un visage bien plus complexe qu’il n’y parait désormais. Il est bien entendu très aimé et pratiqué dans les quartiers de l’immigration. Tous les sports de combat sont d’ailleurs particulièrement vifs dans les quartiers difficiles du monde entier, à commencer par la boxe qui a eu de nombreux champions afro-américains, des pays de l’est ou encore issus des populations des gens du voyage. Le MMA ne fait évidemment pas exception, mais il montre désormais une image différente et un paysage renouvelé auquel Benoît Saint Denis contribue grandement. Il peut apporter bien des valeurs humaines s’il est encadré par des coachs qui n’en manquent pas, tels que messieurs Woirin ou Diabaté en France.

Saint Denis, un personnage atypique

Ouvertement patriote et catholique pratiquant, Benoit Saint-Denis est le fils d’un officier supérieur de la Légion étrangère. Son style mutique tranche avec celui des grandes gueules de son sport, à l’image du chambreur Cédric Doumbé. Saint Denis préfère s’exprimer avec ses poings dans la cage et il le fait admirablement bien dans la catégorie la plus disputée des poids légers (70 kilos). Il est actuellement sur une série de cinq victoires d’affilée toutes avant la limite. Son bagage d’ancien militaire d’OPEX lui donne une force mentale hors du commun, ses adversaires sachant par avance qu’ils devront le « tuer » pour espérer sortir victorieux d’une rencontre. Il offre d’ailleurs un style de combat en totale adéquation avec les exigences du MMA moderne, basé sur des phases de transition entre la lutte et le combat debout parfaitement pensées. Alors que certains combattants sont parfois unidimensionnels, misant tout sur un point fort, « BSD » n’est mauvais nulle part.

Son pieds-poings a été peaufiné sous la férule de Daniel Woirin, sacré bonhomme à l’ancienne et expert de la boxe thaïlandaise qui lui a permis de comprendre comment finir un adversaire et utiliser toutes les parties de son corps en clinch rapproché comme à mi-distance. Jonatan Mac Hardy, journaliste MMA pour Winamax et anciennement RMC, me l’a confié il y a quelques semaines : « Benoit est une machine de guerre, il va tout arracher et prend Poirier au bon moment ». Puisse-t-il avoir raison, la France a besoin de ce genre de modèles d’hommes qui se dépassent et se transcendent. Lors de son premier combat UFC, acceptée en dernière minute dans la catégorie supérieure des moins de 77 kilos contre un athlète brésilien dopé, le Dieu de la guerre a dévoilé un cœur de champion comme rarement vu dans le sport français ; celui d’un Marcel Cerdan ou d’un Georges Carpentier. Il était réellement animé par l’esprit des chevaliers et des poilus, possédé par l’adrénaline d’un combat qu’il a refusé de perdre sans honneur.

C’est une fierté de se savoir représenté à l’international par des hommes qui, comme lui, incarnent l’esprit de résistance des Français. Oss !

Le dévoiement du féminisme

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Depuis quelques années, le combat féministe donne de lui une drôle d’image. Oui, il peut donner l’impression de se dévoyer, ou de n’être plus qu’une succursale de l’extrême gauche! Anne Zelensky affirme dans cette tribune que son féminisme n’est pas du côté de la séparation des sexes, mais œuvre au contraire à leurs retrouvailles.


Une minorité de femmes depuis quelques années donne une visibilité certaine au féminisme. On les nomme néo-féministes. Elles incarnent le nouveau visage du féminisme. Mais la question qui se pose est : se situent-elles dans le long héritage historique d’un mouvement qui depuis des siècles travaille à la libération des femmes et donc des hommes ? Certaines de leurs revendications s’inscrivent indéniablement dans ce long mouvement. D’autres pas du tout. D’où le désarroi de bon nombre d’entre nous, les féministes dites historiques dont je suis. Sans parler du grand public. On ne s’y retrouve pas.

Où est passé l’esprit du MLF qui a tant bouleversé la société des années 1970 et qui a laissé une trace profonde dans l’imaginaire collectif ? Pour mieux juger de la question, il faut définir de quoi on parle et se tourner vers le passé.

Les néo-féministes rejettent en effet, comme beaucoup de nos contemporains, l’Histoire. Elles se pensent en dehors d’elle et ne se reconnaissent pas toujours dans la longue lignée de leurs prédécesseuses qui depuis quelque 200 ans, ont patiemment conquis des droits. Mon long engagement dans l’action et la pensée féministes me donne quelque légitimité à en parler.

Émancipation des femmes

Qui suis-je ? J’ai créé dès 1966 une des premières associations féministes mixtes, FMA (Féminin Masculin Avenir) qui a contribué à alimenter le MLF créé en 1970. Compagne de lutte et amie de Simone de Beauvoir, avec laquelle nous avons fondé en 1974 la Ligue du Droit des Femmes (pour palier l’inexistence de la question des femmes à la Ligue des Droits de l’Homme), je suis à l’origine du Manifeste des 343. Il réunissait des femmes anonymes et des célébrités qui ont déclaré publiquement en 1971, avoir avorté (c’était alors un délit passible de prison). J’ai même été à l’époque baptisée « sainte Anne de l’avortement » par Valeurs Actuelles. J’ai été présidente du premier refuge pour femmes battues ouvert en 1978 à Clichy et collaboratrice d’Yvette Roudy au Ministère des Droits de la Femme. Et surtout, fondatrice avec d’autres hommes et femmes du premier centre d’accueil des hommes violents. Et j’en passe…

La militante féministe Anne Zelensky, confondatrice en 1966 du groupe Féminin Masculin Avenir (FMA), ancêtre du Mouvement de Libération des Femmes (MLF) ©Hannah Assouline

Cet itinéraire témoigne dans sa singularité des principaux thèmes de la seconde vague du féminisme des années 1970. Cette seconde vague prolonge la première qui a conquis le statut d’égalité avec les hommes. Rappelons que le féminisme en tant que mouvement collectif, s’est organisé à partir de la Révolution française. Il est compagnon de route de la démocratie. Il a bousculé le triptyque républicain « Liberté Egalité Fraternité » en inversant ses termes. Nous avons donc commencé par réclamer un statut d’égalité avec les hommes. Cela a occupé le 19ème siècle et une partie du 20ème (rappelons que le droit de vote n’a été accordé aux femmes françaises qu’en 1944, bien après des pays moins émancipés). Munies de ce vadémécum, nous nous sommes aperçu qu’il était lettre morte sans un droit élémentaire, celui de la Liberté. Liberté de disposer de son corps, de son ventre, de son désir et de dévoiler les différentes violences qu’entraîne la domination masculine. Nous avons tiré le rideau qui masquait la chambre à coucher. Le privé devenait politique. Puis, est venu le temps de la sororité, autre face de la fraternité. Nous qui avions toujours été divisées et rivales, avons accédé à un « Nous » commun. Ensuite, nous avons pu prétendre à sortir des maisons pour revendiquer notre place dans le champ politique. Voilà comment émergea la demande de parité. Les femmes représentant plus de la moitié de l’humanité, pourquoi ne gèreraient-elles pas la cité à parts égales avec les hommes ?

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À travers ce bref rappel de l’histoire du féminisme, nous voyons donc qu’il a une logique, un sens. Les grandes lignes du féminisme sont du côté de « Charité bien ordonnée commence par soi-même ». Partir de soi, rompre avec le dévouement obligatoire, autrement dit prendre son envol, se dégager des tutelles. Le féminisme va bien au-delà des divisions politiciennes.

Nouvelle prison

Or, les néo-féministes semblent toujours prisonnières de l’idéologie de gauche, surtout extrême. Voyons en effet quelles sont leurs revendications :

Intersectionnalité des luttes, wokisme, décolonialisme, transgenrisme, multiculturalisme, focus sur le mâle Blanc comme seul responsable de la domination masculine, antiracisme obsessionnel, liberté de se prostituer, de porter le voile… On dirait une succursale de l’extrême-gauche. Où est là-dedans la spécificité féministe ?

L’actrice Adèle Haenel photographiée lors de la marche contre les violences faites aux femmes à Paris, le 19 novembre 2022 © Gabrielle CEZARD/SIPA

Liberté de porter le voile ? Quelle liberté ? Celle d’arborer un symbole évident d’asservissement qui dans de nombreux pays musulmans conduit celles qui le refusent à la prison ou à la mort ? Liberté dévoyée. Les néo-féministes sont ici victimes d’un piège grossier : les femmes qui en France portent le voile comme un étendard, manifestent en fait leur rejet des valeurs occidentales dont par ailleurs elles profitent. D’autre part, pourquoi cet aveuglement sur le mâle autre que Blanc qui serait exempté de toute sanction pour violences ? Pourquoi ce silence pudique sur les agressions sexistes et sexuelles d’hommes venus d’ailleurs ? La couleur de peau dédouanerait-elle du machisme ? Qu’en pensent les Africaines, les Indiennes, les Iraniennes, les Afghanes… ? En se consacrant autant à la cause de l’Autre, nos néo-féministes en arrivent à s’oublier elles et leurs sœurs et sont victimes de ce qu’elles dénoncent : la tendance millénaire des femmes à se faire passer après. Etre féministe est une gageure : Il faut à la fois prendre de la distance vis-à-vis de l’être le plus proche tout en ne le rejetant pas radicalement. Etre une femme amoureuse et une militante, « c’est pas si facile ».

Ce qui libère la femme libère l’homme

Petites sœurs néo êtes-vous sûres de ne pas prendre des chemins sans issue ? Peut-être avez-vous quitté la grande voie historique pour mieux la rejoindre plus tard ? Mais tout de même… Lâchez la main de votre souteneur historique, la gauche. Osez reprendre le droit fil de la pensée libre. Liberté de pensée plutôt que liberté de se voiler. N’ayez pas peur d’être visionnaires. Levez le nez au-dessus du présent, enlisé trop souvent dans le victimaire et la revanche. La mise en cause des dommages liés à la domination masculine est un passage obligé et incontournable de la libération des femmes.  Nous sommes dans le passage. Turbulences garanties, malaise inévitable des hommes. Mais quand l’eau se trouble, c’est pour mieux s’éclaircir ensuite.

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Des perspectives, il en y a. Elles ne sont pas du côté de l’égalité comme but en soi. C’est le minimum vital pour aller au-delà. L’égalité pour quoi faire, telle est la bonne question. L’avenir est peut-être du côté des hommes. Et si le féminisme était leur affaire ? « Ce qui libère la femme libère l’homme » disait notre chère Simone de Beauvoir. Certains hommes ont déjà compris que la masculinité toxique est un carcan qui les coupe de leur humanité. Déjà, dans les années 1970, des groupes d’hommes se réunissaient pour réfléchir sur la contraception masculine, sur la prison de la virilité, sur la nécessité de changer leur relation avec les femmes. Il y a de l’espoir.

Les hommes et les femmes sont plus semblables que différents. Les poètes l’ont depuis longtemps compris : Rimbaud, Rainer Maria Rilke…Mon féminisme n’est pas du côté de la séparation des sexes, mais œuvre à leurs retrouvailles. La guerre a assez duré, nous ne cherchons pas à la reconduire, mais à aller au-delà. À trouver, hommes et femmes ensemble, une manière d’être, harmonieuse.

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Célébrons la Journée internationale des femmes!

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Otto Pilny (1866-1936), Le Marché aux esclaves, 1910. DR.

Notre chroniqueur, qui aime assurément les femmes, a décidé de leur souhaiter une bonne journée dans une sorte de litanie à la Prévert. À toutes ? Eh bien, explique-t-il, il y a quelques exceptions…


Je souhaite une belle journée à toutes les femmes…
Mais je ne la souhaite pas aux femmes grillagées des Talibans, grâce à la retraite précipitée des Américains qui leur ont fait miroiter la liberté et la démocratie avant de se carapater…
Ni aux Iraniennes emprisonnées ou tuées parce qu’elles refusent de porter un voile, et très mollement défendues par l’ONU…
Ni aux Israéliennes violées, torturées et tuées par ces terroristes du Hamas qu’encense Judith Butler, l’idole des bobos et de LFI réunis, qui a inventé la théorie du genre…
Ni aux femmes mariées de force à leur oncle ou à leur cousin, de façon à accoucher de gosses qui se transmettront quelques tares héréditaires en se mariant à leur tour avec leurs cousines…
Ni aux femmes vendues pour quelques chameaux ou un troupeau de chèvres…
Ni aux petites filles excisées ou infibulées çà et là — y compris en Occident…
Ni aux Occidentales violées par des immigrants de plus ou moins fraîche date qu’il ne faudrait quand même pas stigmatiser, les pauvres, de sorte qu’au nom de l’intersectionnalité des luttes…
Ni aux Maghrébines ou aux Africaines violées par des « frères de race », qu’elles ne doivent surtout pas dénoncer, explique Houria Bouteldja…
Ni aux femmes voilées sur injonction de leurs grands frères et de tous les autres — heureusement que les Chiennes de garde françaises se battent pour qu’elles aient le droit de sortir elles aussi empaquetées jusqu’aux yeux dans des sacs-poubelle…
Ni aux filles des syndicats lycéens qui veulent absolument avoir le droit d’arriver en classe en abaya ou en tchador…
Ni aux femmes sans conviction religieuse mais tenues de croire en un dieu auquel elles ne croient pas — sous peine de mort…
Ni aux femmes qui au nom de la religion n’ont droit qu’à une fraction de l’héritage de leurs frères…
Ni aux femmes qui n’étant ni mères ni épouses sont considérées comme des putes…
Ni aux sportives forcées désormais de cohabiter dans les vestiaires et dans les stades ou les piscines avec des hommes transgenres…
Ni aux épouses régulièrement malmenées par leur compagnon — pour celles mortes sous leurs coups, de toute façon, c’est un peu tard…
Ni aux femmes abusées par leur psychanalyste…
Ni aux femmes payées 20% de moins que les hommes alors qu’elles fournissent un travail équivalent, et qui du coup ont le pain quotidien, comme dit Prévert, relativement hebdomadaire…
Ni aux enseignantes que les petits machos auxquels elles expliquent la règle d’accord des participes passés méprisent parce qu’elles sont des femmes…
Ni aux femmes complices de leurs oppresseurs, et qui ne liront jamais La Servitude volontaire d’Etienne de la Boétie…
Ni à celles qui trouvent que Sandrine Rousseau a raison…
Ni à celles qui admirent Mathilde Panot…
Ni à celles qui trouvent normal qu’il n’y ait en tout et pour tout que six femmes au Panthéon…
Ni…

Discours de la servitude volontaire

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