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Shopping à Londres

photo : LoopZilla

Faire son shoping à Londres, quel plaisir ! Les soldes sont de vraies soldes, pas question là-bas d’attendre les dernières semaines pour bénéficier de remises à 70%. Et quel accueil ! Il n’y a pas à dire, les British savent y faire.

Courtoisie, décence, élégance, art de vivre, tout ce qui faisait de la France le pays défenseur de la civilisation occidentale bien avant d’être celui des Droits de l’homme, se retrouvent chez nos ennemis historiques d’hier. Nelson, perché sur la colonne de Trafalgar, a bien de quoi se réjouir. Son « peuple de boutiquiers » nous donne une leçon de savoir-vivre quand celui-ci, chez nous, subit un sacré revers. « Partout où il y a des mœurs douces, il y a du commerce et partout où il y a du commerce, il y a des mœurs douces[1. L’Esprit des Lois, XX, 1]. » Les remarques de Montesquieu sur la douceur du commerce qui civilise les mœurs semblent encore d’actualité chez les Grands-Bretons, n’en déplaise aux bonnes âmes antilibérales pour qui le mercantilisme anglo-saxon est le Grand Satan à abattre.
Oui, les Anglais sont des commerçants et c’est tant mieux. Ils n’ont pas oublié le double sens du mot « commerce » qui signifie, à la fois, échange de biens mais également la civilité, un comportement policé utile à la vie en société.

C’est bien simple, là-bas vous êtes un véritable client servi par des véritables vendeurs. Vous entrez dans un magasin, vous êtes visible, vous existez. Un vendeur vient vers vous. L’allure est dynamique, le ton agréable. Il vous demande, avec cet accent anglais tellement chantant qui donne tout de suite une tonalité élégante aux propos, s’il peut vous aider à trouver votre bonheur. Et alors là, il faut voir avec quel dévouement il se décarcasse pour que vous repartiez content. Il n’y a pas votre taille, « no problem », les appels fusent entre les magasins. Des retouches sont nécessaires, « no problem », elles seront faites dans journée, ça tombe bien vous êtes à Londres pour le week-end, donc attendre une semaine comme à Paris aurait été difficile. Vous êtes à la National Gallery, votre portable vibre, c’est un texto du magasin vous prévenant que vos emplettes vous attendent : le modèle à votre taille trouvé et les retouches effectuées, vous n’avez plus qu’à passer le payer. Et si vous essayez mille et une choses et que, finalement, vous préférez ne rien acheter, aucune exaspération ne vient crisper le visage du vendeur, mais un élégant « Thank you Madam, have a good day ! » vous est adressé.

C’est ça l’esprit commerçant. Politesse oblige ! Loin d’être réservé au secteur de la mode, ce sens du service est généralisé à toute la société. Vous n’avez qu’à prendre le métro pour vous en apercevoir. Les employés de l’Underground sont à votre disposition pour vous aider et ne se sentent pas humiliés pour autant. Il est impensable qu’ils vous laissent vous dépatouiller tout seul et cela même un dimanche matin. Ils vous aident sans rouspéter ni traîner les pieds, tout simplement par sens du devoir, parce qu’ils ont une certaine idée de l’utilité publique.

Chez nous, tomber sur quelqu’un de serviable et de bien intentionné relève de l’exception. Chez les Brits, ce comportement est absolument normal. Pourquoi diable ? Et bien sans doute parce qu’ils ont une idée claire et précise de leur rôle au sein de la société et qu’ils se sentent estimés et valorisés pour leur utile contribution.
À aucun moment vous n’avez l’impression qu’ils se sentent dégradés par leur travail, comme c’est bien trop souvent le cas en France, où le sentiment conscient ou inconscient d’une humiliation sociale provoque rancœur et ressentiment à l’égard du client.

Aux esprits épris de républicanisme qui sont, en ce moment, taraudés par la question « La France est-elle en déclin ? » j’ai envie de dire : traversez la Manche et vous verrrez que la Perfide Albion nous tend le miroir où se reflète notre décadence.

Soldes

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Nicolas Bedos : NKM réclame l’interdit professionnel

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Les polémiques autour de deux saillies de Nicolas Bedos en fin de semaine dernière – la première dans son sketch chez FOG, où il dépeint Nicolas Sarkozy en VRP cocaïné, la seconde où il attribue un QI de poulpe au policier de patrouille de nuit lambda – ont le mérite de faire tomber certains masques.

Ainsi a t-on pu s’apercevoir que la gentille et tolérante Nathalie Kosciusko-Morizet a cru bon de réclamer son licenciement immédiat en déclarant ce matin sur RMC : « Si j’étais l’animateur, je ne le réinviterai pas« . En revanche, Nicolas Bedos a pu compter sur le soutien des méchants droitards et ringards du Collectif parlementaire pour la liberté d’expression – qui avait pris la défense d’Eric Zemmour il y a deux semaines au moment de son procès – parmi lesquels Christian Vanneste et Lionnel Luca.

Ce dernier a d’ailleurs déclaré, prenant le contrepied des syndicats policiers, que « Nicolas Bedos, comme d’autres, a probablement connu une mauvaise expérience. Elle doit être fondée. Les policiers doivent aussi savoir balayer devant leur porte et je ne manque jamais d’intervenir pour leur rappeler qu’ils doivent être irréprochables ».

Laissons encore la parole au député des Alpes-Maritimes, qui parle d’or: « Tant qu’il n’y a pas de calomnie ou d’insulte, les humoristes ont bien le droit de dire ce qu’ils veulent, de ne pas être d’accord. C’est leur liberté d’expression et c’est précieux, car c’est ce qui enrichit le débat d’idées. Les poursuivre en justice, ça n’est jamais bon, car c’est une forme de totalitarisme qui pourrait conduire à créer une caste d’intouchables. »

À fond les vœux !

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De Nicolas Sarkozy à Dominique de Villepin :
« Etant très occupé par les obligations liées à ma fonction, j’ai chargé mon ami Thierry Herzog de vous transmettre mes meilleurs vœux pour 2011, lors de votre prochaine rencontre dans l’île de la Cité. »[access capability= »lire_inedits »]

De Dominique de Villepin à Nicolas Sarkozy :
« Que cette année se passe, puisqu’il faut qu’elle soit !
Mais qu’advienne au plus vite, au bout de douze mois
L’heure des combats glorieux où le peuple de France
Rejoindra sa grandeur par votre déchéance.
»

De Barack Obama à Sarah Palin :
« Fuck you ! »

De Sarah Palin à Barack Obama :
« Même pas cap ! »

De Martine Aubry à Dominique Strauss-Kahn :
« Hello Dominique !
I wish you another gorgeous year in Washington and, by the way, to remain as long as possible at the head of the IMF where you are doing a fantastic job !
»
Signé : La Carpette anglaise[1. L’Académie de la Carpette anglaise vient de décerner son prix 2010 à Martine Aubry pour son usage immodéré du mot care et son slogan « What would Jaurès do ? »
L’association décerne annuellement, depuis 1999, un prix d’« indignité civique » à un membre des élites françaises qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France et dans les institutions européennes au détriment de la langue française]

De Dominique Strauss-Kahn à Martine Aubry :
« Dors ma p’tite Titine, min p’tite pouchine, min grosse rojine
J’te f’rai du chagrin, mais j’revins ptêt demain
. »

De Dany Cohn-Bendit à DSK :
« Buuuuuuut !!!! »

D’Eva Joly à Nicolas Hulot :
« Che fous prie de bien fouloir me faire parvenir pour le 1erjanvier la comptabilité complète de fotre fondation et les relevés d’heures de fol d’hélicoptères utilisés lors des tournages d’Ushuaïa. »
De Vladimir Poutine à Dmitri Medvedev :
« Dans un an tu dégages, minable !
»

De Dmitri Medvedev à Vladimir Poutine :
« Toi vendrrre trrrop tôt peau de l’ours. Toi relirrre Tolstoï et boirrre vodka, car hiver être long. »

De Christine Ockrent à Alain de Pouzilhac :
« La carte de vœux animée que je vous avais adressée se trouve sur le disque dur de l’ordinateur de Candice Marchal. Je suis désolée. »

De Jean-Luc Mélenchon à David Pujadas :
« Vous trouverez ci-joint l’enveloppe habituelle de vos étrennes de larbin et de carpette. Non…Non… ne me remerciez pas. Dans dix-huit mois, je reprends tout ! »[/access]

Ces Tunisiens effacés de l’Histoire

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la synagogue de Tunis

Depuis le déclenchement de la révolution en Tunisie, les réactions enthousiastes et les innombrables vœux de réussite prolifèrent sur la toile de la part de juifs tunisiens, notamment sur Facebook. Ils émanent essentiellement de ceux et celles de ma génération, les bientôt -ou déjà- soixantenaires qui ont quitté la Tunisie dans l’enfance ou à la fin de l’adolescence.

L’émotion de mes coreligionnaires nés comme moi dans ce pays a atteint son apogée avec les larmes de Michel Boujenah sur Canal +, repassées en boucle sur le zapping. Soit. Je ne suis pas allée jusqu’au lacrymal mais je fais partie des contents. Un peuple qui choisit la liberté mérite un total respect, comme on dit dans les cités.

Comme beaucoup ici, j’ai partagé cette joie avec quelques amis de Tunis par mail et par téléphone. Et comme beaucoup, je suis les événements jour après jour. J’écoute, je lis, je regarde les images. Les rues, les sons, la langue arabe tunisienne, cet accent si caractéristique en français, jusqu’à cet hymne national qui nous émeut, provoquent en nous une avalanche de madeleines inattendues. La révolution de jasmin ! Même son nom nous enivre. Le jasmin, c’est notre odeur.

Mais à part quelques familles juives qui y possèdent encore leur maison et leur travail, depuis 50 ans la Tunisie n’est plus notre pays et ne se souvient pas de nous. Bien sûr, d’actives associations de mémoire du patrimoine juif entretiennent la flamme et quelques personnalités tunisiennes participent à cette mémoire, mais cela ne suffit pas.

Le pays ne nous est pas interdit, loin de là. Nous y séjournons avec joie. Comme de simples touristes. Nous y avons des amis chaleureux. Le tampon d’Israël sur le passeport n’a jamais posé de problèmes. Ben Ali avait même tenté de faire revenir les juifs tunisiens, affirmant qu’ils étaient des citoyens à part entière et qu’ils pouvaient revenir dans leur pays librement. Certains y avaient vu un appel aux investisseurs, d’autres une volonté de valoriser une identité tunisienne propre, loin des clivages religieux. Qui sait. Il faut dire que face à lui l’islamiste Rached Gannouchi, dont on entend parler en ce moment éructait sur « la honteuse poignée de mains entre le ministre des Affaires étrangères de l’entité sioniste et raciste et de son homologue tunisien… » en insistant sur le risque de « saper les fondements de l’identité arabo-musulmane ».

Aujourd’hui faisons le rêve d’une Tunisie nouvelle et libre de tout diktat. Bourguiba en son temps avait su imposer une identité propre à son pays, quitte à « adapter le Coran », comme il le revendiquait fièrement, notamment concernant le droit des femmes et l’avortement, envers et contre tous.
Pour fabriquer un avenir libre, un pays doit réintégrer son passé dans l’enseignement prodigué aux générations présentes et à venir. Or, L’histoire et la présence des juifs en Tunisie sont ignorées par les jeunes là-bas. (Combien de serveurs s’étonnent que vous parliez arabe dans un café quand vous affirmez être juive et tunisienne.)
L’histoire de la Tunisie est imprégnée par la présence bimillénaire de la communauté juive dans tous les domaines. Cette Histoire s’est achevée il y a 50 ans, sous le règne du Combattant suprême.

L’avenir du pays, qui s’écrit aujourd’hui, devra mettre fin au silence sur la présence incontournable de nos ancêtres juifs depuis la nuit des temps ainsi que leur départ.
Cet acte de reconnaissance ne sera que justice.
Et ce jour-là, nous acclamerons les révoltés avec une fraternité encore plus confiante.

Histoire des Juifs de Tunisie: Des origines à nos jours

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L’effet salaire…

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Avec tout ce qui se passé de l’autre côté de la Méditerranée, j’ai failli oublier de vous relater un évènement d’importance survenu outre-Atlantique il y a deux semaines: la dixième édition de No pants subway ride à New York, épicentre d’un phénomène qui touche désormais de nombreuses villes américaines et plus de vingt de pays dans le monde. Cela consiste, à un moment précis, à baisser simultanément jupes et pantalons dans le métro, quelle que soit la température mais en gardant évidemment ses sous-vêtements. On hésite sur les interprétations à donner à cette manifestation : accès de festivisme bobo qui aurait intéressé Muray ? Ou art très anglo-saxon du nonsense ?

A moins que… A moins qu’il ne s’agisse d’une forme de protestation symbolique contre les extrémités auxquelles sont réduits les citoyens américains depuis que les plans de rigueurs portent essentiellement sur ceux qui prennent le métro, justement. Il est donc fort probable que la prochaine édition de No pants subway ride en 2012 s’étende à un certain nombre de pays européens pour ne pas dire à tous. Mais comme les populations grecque, espagnole, irlandaise, portugaise, roumaine, italienne et peut-être bien française seront déjà en slip, cela risque de virer à l’exhibitionnisme continental face à une police en sous-effectif qui ne saura plus où donner du procès-verbal.

En texto, où, c’est nulle part

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Normalement, je n’aime pas trop raconter ma vie. Enfin, pas à mes lecteurs. D’ailleurs, ça tombe bien, parce qu’eux n’ont pas la moindre envie que je les ennuie avec mes crises d’âme. Et pourtant, je vais vous parler à tous d’un truc super intime puisqu’il s’agit du doudou dont aucun adulte ne peut plus se passer, l’« objet transactionnel » universel : le téléphone portable. Mon téléphone portable.[access capability= »lire_inedits »]

Il y a quelques semaines, le mien présentant des signes inquiétants de grave maladie, je me suis laissé convaincre par un vendeur enthousiaste d’adopter un appareil équipé d’un véritable clavier reproduisant celui de mon ordinateur. Au passage, j’ai choisi un appareil de la même marque que le précédent, pensant naïvement que cela faciliterait le transfert de données de l’un à l’autre. C’était oublier que, derrière chaque merveille technologique, se cache un groupe de sadiques décidés à rendre fou l’utilisateur lambda. Après tout, il ne m’a fallu que quelques heures et autant de litres de café pour venir à bout des pièges planqués dans la diabolique petite boîte. Passons.

J’étais donc en passe d’atteindre la félicité : avec cet appareil, pensé-je, j’allais pouvoir écrire en français sans avoir à tapoter frénétiquement sur les touches avec l’application d’un élève de cours préparatoire. Je me réjouissais d’éviter les regards méprisants des détenteurs d’iPhone qui, comme tous les clients de la marque Apple, font penser à des convertis qui n’ont rien de plus urgent que de vous faire entrer dans la communauté des croyants. Parce que là, moi aussi, je possédais un engin dernier cri, dernière génération, usages multiples et variés. La seule « fonctionnalité » qui ne semblait pas prévue, c’était qu’il m’appelle quand personne n’y pense. Mais j’en suis convaincue, ce sera pour le prochain.

À ce stade, chers lecteurs, je vous dois un aveu. Contrairement aux apparences, je vis avec mon temps. Je suis donc devenue une adepte du SMS, également dit « texto » : d’abord, parce qu’il me permet de combattre ma propension coupable au bavardage, ensuite parce que j’aime la chose écrite. Qu’il s’agisse d’envoyer des mots doux, de balancer des vacheries, de prendre un rendez-vous ou d’annoncer courageusement à un rédac’ chef que vous êtes en retard, le texto conjugue l’instantanéité du téléphone et la délicieuse distance de l’écriture.

Je décidai donc d’étrenner mon nouveau jouet en rédigeant un beau message. Je dénichai le point, la virgule, le circonflexe et même le c cédille en majuscule. Le bonheur. Et voilà que tout s’écroula : impossible de repérer le u accent grave, pourtant indispensable à l’adverbe « où » qui désigne un lieu – ex : où es-tu ? Soucieuse de m’épargner la lecture du mode d’emploi écrit en chinois, au propre et au figuré, je filai interroger le vendeur à qui personne n’avait jamais posé une question pareille. Plein de bonne volonté, il tenta de trouver la lettre volée, avant de me dire l’atroce vérité : le u accent grave n’existe pas sur l’appareil que j’avais acheté. Devant mon air incrédule il se risqua : « Mais qu’est-ce que ça peut vous faire ? » Je hoquetai : « Pardon ? Mais c’est très grave ! Je suis allergique aux fautes d’orthographe. » Lui, aggravant son cas : « Mais personne ne vous le reprochera ! » Je m’étranglai : « Mais moi, je me le reprocherai ! » Il me gratifia du sourire bizarre du type qui va appeler l’ambulance et conclut, d’une voix étrangement douce, qu’il ne pouvait rien faire pour moi.

Depuis, je me creuse le citron pour faire des phrases ne comportant pas l’adverbe maudit. Quant aux fadaises sur le fait que, grâce au texto, les jeunes redécouvrent les charmes de l’écriture, mieux vaut les éviter devant moi. Je mords. Parfois, je ne trouve pas mes mots.[/access]

Souriez vous êtes informés

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Le magazine quotidien des médias « Souriez vous êtes informés », diffusé de 9h45 à 10h sur France Inter, existe aussi en version hebdomadaire, enregistrée tous les mercredis et consacré à la Toile. La semaine dernière Guillaume Erner et Elisabeth Lévy y ont parlé avec Mickael Darmon dans sa vie en Sarkozie.
A bon auditeur, salut !


Souriez vous êtes informés Mickael Darmon
envoyé par franceinter. – Regardez les dernières vidéos d'actu.

Le souk des fuites diplomatiques

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Ce qui devait arriver arrive : après la grande braderie Wikileaks cautionnée par des organes de presse européens dits de qualité, la chaine qatarie Al Jazeera et le quotidien britannique The Guardian mettent sur la place publique plusieurs centaines de documents relatifs aux dix dernières années de discussions entre Israël et l’Autorité palestinienne. Cela apparaît comme une suite de Wikileaks, mais ce n’est pas le cas.

À la différence des documents récupérés dans les arcanes de l’Administration américaine par l’organisation de Julian Assange, ces documents proviennent de diverses sources, principalement de membres ou d’anciens membres de la Negociation support unit (NSU) de l’Autorité palestinienne. Cet organisme, composé d’experts juridiques, économiques, cartographiques internationaux a été mis en place en 1998 par le gouvernement de Tony Blair, à la demande de l’Autorité Palestinienne pour servir de support technique aux négociateurs palestiniens qui ne disposaient pas de la puissante logistique diplomatique des Israéliens pour défendre leurs positions. Le financement de la NSU, d’abord uniquement assuré par le Royaume Uni, a été complété par la suite par des fonds venus de Norvège, de Suède et des Pays-Bas. Cette unité, intégrée au ministère palestinien des Négociations, dirigé par Saëb Erekat, a accueilli nombre d’experts d’origine arabe ou palestinienne vivant aux Etats-Unis ou en Europe, comme l’avocat franco-palestinien Ziyad Clot, qui a rapporté, dans un livre[1. Ziyad Clot « Il n’y aura pas d’Etat palestinien » éditions Max Milo] son expérience de son activité au sein de la NSU.

Avant d’en venir au contenu de ces fuites, il faut noter que les documents en question ont tout d’abord été uniquement transmis à la chaîne qatarie Al Jazeera, dont le penchant pour les islamistes radicaux du Hamas et du Hezbollah libanais est clairement affiché. Cette inclination est apparue dans sa couverture des derniers événements de Tunisie, où cette chaîne s’est efforcée de mettre en valeur les islamistes tunisiens, alors que ces derniers n’étaient pas, loin de là, les principaux acteurs de la révolution dite du jasmin.

Pour donner de l’écho à la publication de ces documents, Al Jazeera s’est associé au Guardian, quotidien le plus viscéralement anti-israélien paraissant hors du monde arabo-musulman.
D’après ces « Palestine papers », comme on les appelle désormais, les négociateurs palestiniens, entre l’échec des négociations de Camp David et de Taba en 2000 et l’arrivée au pouvoir de Netanyahou en 2008 auraient tenu un double langage. D’un côté le soutien à l’Intifada, l’intransigeance sur les frontières de 1967 et le droit au retour des réfugiés palestinien, et de l’autre un discours conciliant avec les Israéliens, notamment sur le maintien en Israël, dans le cadre de la solution « deux Etats pour deux peuples », de quartier juifs de Jérusalem construits après 1967 au delà de la « ligne verte », comme French Hill, Pisgat Zeev et Gilo. Cette proposition, faite à Ehoud Olmert et Tzipi Livni en 2008 a été repoussée par ces derniers car elle excluait trois autres implantations : Maale Adoumim, Har Homa et Ariel jugées non négociables par le gouvernement israélien de l’époque. Saeb Erekat et Mahmoud Abbas auraient également accepté, selon ces documents, de limiter à quelques milliers le nombre de réfugiés palestiniens admis à revenir en Israël dans le cadre d’une « action humanitaire », alors que la position officielle palestinienne soutient un droit généralisé au retour dans leurs foyers de tous les réfugiés de 1948 et de leurs descendants…

Dans le contexte actuel, ces révélations portent un tort considérable à l’Autorité palestinienne, faisant passer ses dirigeants pour des funambules du double langage, mentant à leur peuple, et bradant la cause sacrée de la Palestine pour leurs ambitions personnelles.
Elles mettent également en difficulté ces dirigeants israéliens qui proclament qu’il n’y a pas de partenaire palestinien pour la paix, mais les dégâts sont, pour eux de moindre ampleur : le, plan Olmert, fondé sur la cession à Israël des grands blocs de colonies contigües à la ligne verte en échange d’une surface équivalente de territoire israélien remis à l’Etat palestinien était bien connu. De plus, l’opinion publique israélienne ne nourrit aucune illusion sur la possibilité prochaine d’un accord avec les Palestiniens, et soutient, faute de mieux, l’attitude intransigeante de son gouvernement.

Le « réalisme » de Abbas et Erekat, vieux routiers de la négociation avec Israël, est pourtant le seul moyen qui pourrait permettre de sortir d’une impasse que les maladresses de Barack Obama au début de son mandat ont largement contribué à établir. En les « flinguant » aujourd’hui, on les livre pieds et poings liés à la surenchère du Hamas.

Et pourtant, à examiner de plus près ces papers, ce serait plutôt la subtilité des négociateurs palestiniens qu’il faudrait souligner : ils savent bien que Olmert et Livni sont dans l’incapacité politique de « lâcher » Ariel, Maale Adoumim et Har Homa, aussi ne courent-ils aucun risque réel en faisant, oralement, des concessions qui peuvent être utilisées par la suite à des fins propagandistes…

L’objectif de ceux qui ont organisé les fuites vers Al Jazeera et l’idiot utile Guardian est limpide : torpiller les négociations indirectes qui viennent de reprendre entre Israéliens et Palestiniens sous la houlette de Dennis Ross, qui a maintenant pris la main sur ce dossier dans l’Administration Obama. Ce dernier a sans doute passé plus de temps, ces dix dernières années, avec Erekat qu’avec son épouse…

On pourra toujours brandir le drapeau de la transparence du droit de tout un chacun de savoir ce qui se trame dans les arcanes de la diplomatie secrète. Il n’empêche que les conséquences de ces manipulations peuvent être catastrophiques, surtout dans un contexte où la situation libanaise est explosive et où l’Iran vient de faire un nouveau bras d’honneur à Catherine Ashton sur le dossier nucléaire. Al Jazeera, au moins, ne cache pas ses objectifs politiques : elle se fait l’interprète des éradicateurs d’Israël et le fourrier de l’islamisme politique radical. L’embrasement de la région n’est pas pour lui déplaire, bien au contraire. Quant au Guardian, gageons qu’il saura trouver le moyen de dégager sa responsabilité de l’incendie qu’il aura contribué à allumer. En toute bonne foi et toute objectivité.

Pretty burqa

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C’est peut-être la première fois de ma vie que j’éclate de rire devant une vidéo pakistanaise. Postée sur Youtube en décembre Burka Women, la parodie du tube de Roy Orbison Pretty Women, est en train d’exploser les scores de pages vues. L’auteur, Saad Haroon, un comédien et animateur télé pakistanais, y chante son amour pour une femme « ninja », dont il admire, les orteils vernis. Et qui, tous les soirs, « rentre à la maison et flirte avec les rideaux de la salle à manger », et en VO c’est encore plus drôle.
Depuis plusieurs années, Saad Haroon fait rire les salles pakistanaises en Ourdou et en Anglais avec différents spectacles. Il va bientôt présenter le premier show de satire politique sur une télé locale.

Evidemment, au Pakistan où le blasphème est puni par la loi et où on ne compte pas une semaine sans attentat suicide, Saad Haroon a été menacé par les fondamentalistes. Du temps de Salman Rusdie, les barbus condamnaient à mort l’auteur pour un livre qu’il n’avaient pas lu. Là, on espère au moins qu’ils auront vu la vidéo avant de lancer leur fatwa…

Bobby Fischer : de Reykjavik à Reykjavik

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Il y a deux ans mourait Bobby Fischer, le plus fameux joueur d’échecs de l’Histoire. Il aura beaucoup voyagé avant d’atteindre une relative sérénité les trois dernières années de sa vie, passées en Islande. Voilà qui fouette l’imagination : pourquoi diable venir mourir dans un endroit qui n’évoque rien de plus qu’un roman de Pierre Loti ?

L’affaire s’est nouée le 21 mars 2005, lorsque le citoyen américain Robert James Fischer, détenu au Japon pour cause de passeport invalidé, est devenu, par la grâce d’un vote quasi unanime du Parlement islandais, citoyen de ce pays. Le 14 juillet 2004, Fischer, alors qu’il s’apprêtait à quitter le Japon, est arrêté par la police à l’aéroport international de Narita. Il est alors menacé d’un retour express aux Etats-Unis, qui le réclament (sans que ce soit très clair : aucune demande formelle d’extradition n’a été déposée) sur le fondement d’un mandat d’arrêt vieux de près de douze ans (15 décembre 1992) concernant la violation de l’embargo visant la Yougoslavie.

Bobby Fischer avait en effet accepté en 1992, pour la première fois depuis sa disparition vingt ans plus tôt, de jouer à nouveau aux échecs, d’ailleurs contre le même adversaire qu’à l’époque du championnat du monde, Boris Vassilievich Spasski. Il se trouve que ce match a eu lieu à Sveti Stefan, petite station balnéaire du Monténégro, ce qui fit encourir à Fischer la peine modique (pour les standards américains) de dix ans de prison, du fait de la violation des sections 1701, 1702 et 1705 du titre 50 du code des Etats-Unis. Il faut reconnaître que l’Administration américaine avait prévenu Fischer par télégramme, avant le match, de son désir de le poursuivre le cas échéant. Fischer n’avait pas alors fait preuve de beaucoup de diplomatie dans la manière de signifier son rejet du contenu du message.

Le plus effrayant dans cette demande d’incarcération, c’est l’absence de visage du bourreau. Qui a pris la décision de poursuivre Fischer en 1992 ? Qui se cache derrière le « warrant for arrest issued on december 15, 1992 by the United States District Court, District of Columbia. » ? Qui a pris la décision d’invalider le passeport ? Le seul document émanant de l’administration américaine (un courrier du 11 décembre 2003 notifiant à Fischer la révocation de son passeport) laisse entrevoir la sueur besogneuse du juriste de seconde zone de l’ambassade des Etats-Unis à Manille : un modèle de style administratif neutre et glacial.

On a beau chercher un humain, on n’en trouvera pas. Bien entendu, le réflexe de tous ceux qui ont soutenu Fischer à ce moment a été d’écrire au Président des Etats-Unis. Inutile de dire que même le président de la Fédération internationale des échecs n’a bien entendu aucune certitude que son courrier a été ouvert, ne serait-ce que par un bureaucrate de cinquième zone. Le plus lucide fut Spasski, l’adversaire malheureux historique de Fischer, qui finit sa lettre à Bush par l’ironique : « Si vous ne pouvez pas laisser tranquille Fischer, je voudrais vous demander la chose suivante : corrigez je vous prie l’erreur de François Mitterrand en 1992 (NdR Spasski était devenu français à cette époque). Bobby et moi-même avons commis le même crime. Arrêtez-moi. Placez-moi dans la même cellule que Bobby Fischer. Et donnez-nous un échiquier. » Suggestion que Fischer a du reste décliné en précisant qu’il préférerait la compagnie d’une jolie fille.

Il ne faut pas désespérer de l’espèce humaine puisqu’il s’est trouvé un peuple assez courageux pour offrir l’hospitalité à Fischer. Et, devant la mauvaise volonté des Japonais et les menaces des Etats-Unis, pour carrément lui offrir la nationalité. Il y a parfois – chose surprenante – des documents officiels qu’on a plaisir à lire et relire, et celui-là en fait partie: « article 1 : icelandic citizenship shall be granted to : Fischer, Robert James, b 9 March 1943 in the United States. Article 2 : This Act shall enter into force at once. »
L’Islande simplement s’est souvenue de l’année 1972, au cours de laquelle un génial Américain est venu mettre fin à la domination soviétique sur les échecs. Pendant quelques semaines, la presse internationale avait eu les yeux tournés vers… Reykjavik, où le championnat du monde s’était déroulé et, où, apparemment, Bobby Fischer n’avait laissé que de bons souvenirs.

La planète comme un échiquier

S’il y a une morale à retenir, c’est bien qu’il ne faut jamais servir les grandes démocraties (si on peut les appeler ainsi) : elles n’ont pas d’âme, pas d’Histoire, rien du tout. Ce sont des bureaucraties aveugles, mêmes pas méchantes exprès. Car le sort réservé à Bobby Fischer est effrayant, si l’on s’en tient aux faits : en 1972, Fischer a démoralisé les Soviétiques bien plus efficacement que tous les bureaucrates de la CIA. Même à l’époque, si Kissinger a un peu récupéré politiquement la victoire de Fischer, les Américains n’ont pas compris à quel point il leur fallait soutenir leur champion, pour qu’il continue.

Ils ont vu les échecs avec leur propre mentalité, sans comprendre que, pour les Soviétiques, cette défaite n’était nullement circonscrite au jeu : du reste, ils considéraient la planète comme un échiquier. Passe encore que l’Administration se désintéresse de Fischer, mais prononcer un mandat d’arrêt vingt ans après pour le crime d’avoir joué aux échecs, puis intriguer pour le faire arrêter au Japon, menacer l’Islande pour qu’elle retire son offre, s’acharner à faire crever en taule un type de 61 ans en mauvaise santé qui n’a jamais fait de mal à personne mais qui, par contre, a servi le prestige de son pays comme aucun abruti d’homme politique n’aurait été capable de le faire, voilà qui est la marque de nos grandes bureaucraties modernes, dont les Etats-Unis constituent le modèle inégalable, en attendant l’avènement final chez nous d’une Union européenne chaque jour plus monstrueuse.

Finalement, à l’époque de l’URSS, le monde libre était beaucoup plus facile à atteindre. On n’était pas obligé de mourir à Reykjavik.

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Faire son shoping à Londres, quel plaisir ! Les soldes sont de vraies soldes, pas question là-bas d’attendre les dernières semaines pour bénéficier de remises à 70%. Et quel accueil ! Il n’y a pas à dire, les British savent y faire.

Courtoisie, décence, élégance, art de vivre, tout ce qui faisait de la France le pays défenseur de la civilisation occidentale bien avant d’être celui des Droits de l’homme, se retrouvent chez nos ennemis historiques d’hier. Nelson, perché sur la colonne de Trafalgar, a bien de quoi se réjouir. Son « peuple de boutiquiers » nous donne une leçon de savoir-vivre quand celui-ci, chez nous, subit un sacré revers. « Partout où il y a des mœurs douces, il y a du commerce et partout où il y a du commerce, il y a des mœurs douces[1. L’Esprit des Lois, XX, 1]. » Les remarques de Montesquieu sur la douceur du commerce qui civilise les mœurs semblent encore d’actualité chez les Grands-Bretons, n’en déplaise aux bonnes âmes antilibérales pour qui le mercantilisme anglo-saxon est le Grand Satan à abattre.
Oui, les Anglais sont des commerçants et c’est tant mieux. Ils n’ont pas oublié le double sens du mot « commerce » qui signifie, à la fois, échange de biens mais également la civilité, un comportement policé utile à la vie en société.

C’est bien simple, là-bas vous êtes un véritable client servi par des véritables vendeurs. Vous entrez dans un magasin, vous êtes visible, vous existez. Un vendeur vient vers vous. L’allure est dynamique, le ton agréable. Il vous demande, avec cet accent anglais tellement chantant qui donne tout de suite une tonalité élégante aux propos, s’il peut vous aider à trouver votre bonheur. Et alors là, il faut voir avec quel dévouement il se décarcasse pour que vous repartiez content. Il n’y a pas votre taille, « no problem », les appels fusent entre les magasins. Des retouches sont nécessaires, « no problem », elles seront faites dans journée, ça tombe bien vous êtes à Londres pour le week-end, donc attendre une semaine comme à Paris aurait été difficile. Vous êtes à la National Gallery, votre portable vibre, c’est un texto du magasin vous prévenant que vos emplettes vous attendent : le modèle à votre taille trouvé et les retouches effectuées, vous n’avez plus qu’à passer le payer. Et si vous essayez mille et une choses et que, finalement, vous préférez ne rien acheter, aucune exaspération ne vient crisper le visage du vendeur, mais un élégant « Thank you Madam, have a good day ! » vous est adressé.

C’est ça l’esprit commerçant. Politesse oblige ! Loin d’être réservé au secteur de la mode, ce sens du service est généralisé à toute la société. Vous n’avez qu’à prendre le métro pour vous en apercevoir. Les employés de l’Underground sont à votre disposition pour vous aider et ne se sentent pas humiliés pour autant. Il est impensable qu’ils vous laissent vous dépatouiller tout seul et cela même un dimanche matin. Ils vous aident sans rouspéter ni traîner les pieds, tout simplement par sens du devoir, parce qu’ils ont une certaine idée de l’utilité publique.

Chez nous, tomber sur quelqu’un de serviable et de bien intentionné relève de l’exception. Chez les Brits, ce comportement est absolument normal. Pourquoi diable ? Et bien sans doute parce qu’ils ont une idée claire et précise de leur rôle au sein de la société et qu’ils se sentent estimés et valorisés pour leur utile contribution.
À aucun moment vous n’avez l’impression qu’ils se sentent dégradés par leur travail, comme c’est bien trop souvent le cas en France, où le sentiment conscient ou inconscient d’une humiliation sociale provoque rancœur et ressentiment à l’égard du client.

Aux esprits épris de républicanisme qui sont, en ce moment, taraudés par la question « La France est-elle en déclin ? » j’ai envie de dire : traversez la Manche et vous verrrez que la Perfide Albion nous tend le miroir où se reflète notre décadence.

Soldes

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Nicolas Bedos : NKM réclame l’interdit professionnel

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Les polémiques autour de deux saillies de Nicolas Bedos en fin de semaine dernière – la première dans son sketch chez FOG, où il dépeint Nicolas Sarkozy en VRP cocaïné, la seconde où il attribue un QI de poulpe au policier de patrouille de nuit lambda – ont le mérite de faire tomber certains masques.

Ainsi a t-on pu s’apercevoir que la gentille et tolérante Nathalie Kosciusko-Morizet a cru bon de réclamer son licenciement immédiat en déclarant ce matin sur RMC : « Si j’étais l’animateur, je ne le réinviterai pas« . En revanche, Nicolas Bedos a pu compter sur le soutien des méchants droitards et ringards du Collectif parlementaire pour la liberté d’expression – qui avait pris la défense d’Eric Zemmour il y a deux semaines au moment de son procès – parmi lesquels Christian Vanneste et Lionnel Luca.

Ce dernier a d’ailleurs déclaré, prenant le contrepied des syndicats policiers, que « Nicolas Bedos, comme d’autres, a probablement connu une mauvaise expérience. Elle doit être fondée. Les policiers doivent aussi savoir balayer devant leur porte et je ne manque jamais d’intervenir pour leur rappeler qu’ils doivent être irréprochables ».

Laissons encore la parole au député des Alpes-Maritimes, qui parle d’or: « Tant qu’il n’y a pas de calomnie ou d’insulte, les humoristes ont bien le droit de dire ce qu’ils veulent, de ne pas être d’accord. C’est leur liberté d’expression et c’est précieux, car c’est ce qui enrichit le débat d’idées. Les poursuivre en justice, ça n’est jamais bon, car c’est une forme de totalitarisme qui pourrait conduire à créer une caste d’intouchables. »

À fond les vœux !

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De Nicolas Sarkozy à Dominique de Villepin :
« Etant très occupé par les obligations liées à ma fonction, j’ai chargé mon ami Thierry Herzog de vous transmettre mes meilleurs vœux pour 2011, lors de votre prochaine rencontre dans l’île de la Cité. »[access capability= »lire_inedits »]

De Dominique de Villepin à Nicolas Sarkozy :
« Que cette année se passe, puisqu’il faut qu’elle soit !
Mais qu’advienne au plus vite, au bout de douze mois
L’heure des combats glorieux où le peuple de France
Rejoindra sa grandeur par votre déchéance.
»

De Barack Obama à Sarah Palin :
« Fuck you ! »

De Sarah Palin à Barack Obama :
« Même pas cap ! »

De Martine Aubry à Dominique Strauss-Kahn :
« Hello Dominique !
I wish you another gorgeous year in Washington and, by the way, to remain as long as possible at the head of the IMF where you are doing a fantastic job !
»
Signé : La Carpette anglaise[1. L’Académie de la Carpette anglaise vient de décerner son prix 2010 à Martine Aubry pour son usage immodéré du mot care et son slogan « What would Jaurès do ? »
L’association décerne annuellement, depuis 1999, un prix d’« indignité civique » à un membre des élites françaises qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France et dans les institutions européennes au détriment de la langue française]

De Dominique Strauss-Kahn à Martine Aubry :
« Dors ma p’tite Titine, min p’tite pouchine, min grosse rojine
J’te f’rai du chagrin, mais j’revins ptêt demain
. »

De Dany Cohn-Bendit à DSK :
« Buuuuuuut !!!! »

D’Eva Joly à Nicolas Hulot :
« Che fous prie de bien fouloir me faire parvenir pour le 1erjanvier la comptabilité complète de fotre fondation et les relevés d’heures de fol d’hélicoptères utilisés lors des tournages d’Ushuaïa. »
De Vladimir Poutine à Dmitri Medvedev :
« Dans un an tu dégages, minable !
»

De Dmitri Medvedev à Vladimir Poutine :
« Toi vendrrre trrrop tôt peau de l’ours. Toi relirrre Tolstoï et boirrre vodka, car hiver être long. »

De Christine Ockrent à Alain de Pouzilhac :
« La carte de vœux animée que je vous avais adressée se trouve sur le disque dur de l’ordinateur de Candice Marchal. Je suis désolée. »

De Jean-Luc Mélenchon à David Pujadas :
« Vous trouverez ci-joint l’enveloppe habituelle de vos étrennes de larbin et de carpette. Non…Non… ne me remerciez pas. Dans dix-huit mois, je reprends tout ! »[/access]

Ces Tunisiens effacés de l’Histoire

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la synagogue de Tunis
la synagogue de Tunis

Depuis le déclenchement de la révolution en Tunisie, les réactions enthousiastes et les innombrables vœux de réussite prolifèrent sur la toile de la part de juifs tunisiens, notamment sur Facebook. Ils émanent essentiellement de ceux et celles de ma génération, les bientôt -ou déjà- soixantenaires qui ont quitté la Tunisie dans l’enfance ou à la fin de l’adolescence.

L’émotion de mes coreligionnaires nés comme moi dans ce pays a atteint son apogée avec les larmes de Michel Boujenah sur Canal +, repassées en boucle sur le zapping. Soit. Je ne suis pas allée jusqu’au lacrymal mais je fais partie des contents. Un peuple qui choisit la liberté mérite un total respect, comme on dit dans les cités.

Comme beaucoup ici, j’ai partagé cette joie avec quelques amis de Tunis par mail et par téléphone. Et comme beaucoup, je suis les événements jour après jour. J’écoute, je lis, je regarde les images. Les rues, les sons, la langue arabe tunisienne, cet accent si caractéristique en français, jusqu’à cet hymne national qui nous émeut, provoquent en nous une avalanche de madeleines inattendues. La révolution de jasmin ! Même son nom nous enivre. Le jasmin, c’est notre odeur.

Mais à part quelques familles juives qui y possèdent encore leur maison et leur travail, depuis 50 ans la Tunisie n’est plus notre pays et ne se souvient pas de nous. Bien sûr, d’actives associations de mémoire du patrimoine juif entretiennent la flamme et quelques personnalités tunisiennes participent à cette mémoire, mais cela ne suffit pas.

Le pays ne nous est pas interdit, loin de là. Nous y séjournons avec joie. Comme de simples touristes. Nous y avons des amis chaleureux. Le tampon d’Israël sur le passeport n’a jamais posé de problèmes. Ben Ali avait même tenté de faire revenir les juifs tunisiens, affirmant qu’ils étaient des citoyens à part entière et qu’ils pouvaient revenir dans leur pays librement. Certains y avaient vu un appel aux investisseurs, d’autres une volonté de valoriser une identité tunisienne propre, loin des clivages religieux. Qui sait. Il faut dire que face à lui l’islamiste Rached Gannouchi, dont on entend parler en ce moment éructait sur « la honteuse poignée de mains entre le ministre des Affaires étrangères de l’entité sioniste et raciste et de son homologue tunisien… » en insistant sur le risque de « saper les fondements de l’identité arabo-musulmane ».

Aujourd’hui faisons le rêve d’une Tunisie nouvelle et libre de tout diktat. Bourguiba en son temps avait su imposer une identité propre à son pays, quitte à « adapter le Coran », comme il le revendiquait fièrement, notamment concernant le droit des femmes et l’avortement, envers et contre tous.
Pour fabriquer un avenir libre, un pays doit réintégrer son passé dans l’enseignement prodigué aux générations présentes et à venir. Or, L’histoire et la présence des juifs en Tunisie sont ignorées par les jeunes là-bas. (Combien de serveurs s’étonnent que vous parliez arabe dans un café quand vous affirmez être juive et tunisienne.)
L’histoire de la Tunisie est imprégnée par la présence bimillénaire de la communauté juive dans tous les domaines. Cette Histoire s’est achevée il y a 50 ans, sous le règne du Combattant suprême.

L’avenir du pays, qui s’écrit aujourd’hui, devra mettre fin au silence sur la présence incontournable de nos ancêtres juifs depuis la nuit des temps ainsi que leur départ.
Cet acte de reconnaissance ne sera que justice.
Et ce jour-là, nous acclamerons les révoltés avec une fraternité encore plus confiante.

Histoire des Juifs de Tunisie: Des origines à nos jours

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L’effet salaire…

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Avec tout ce qui se passé de l’autre côté de la Méditerranée, j’ai failli oublier de vous relater un évènement d’importance survenu outre-Atlantique il y a deux semaines: la dixième édition de No pants subway ride à New York, épicentre d’un phénomène qui touche désormais de nombreuses villes américaines et plus de vingt de pays dans le monde. Cela consiste, à un moment précis, à baisser simultanément jupes et pantalons dans le métro, quelle que soit la température mais en gardant évidemment ses sous-vêtements. On hésite sur les interprétations à donner à cette manifestation : accès de festivisme bobo qui aurait intéressé Muray ? Ou art très anglo-saxon du nonsense ?

A moins que… A moins qu’il ne s’agisse d’une forme de protestation symbolique contre les extrémités auxquelles sont réduits les citoyens américains depuis que les plans de rigueurs portent essentiellement sur ceux qui prennent le métro, justement. Il est donc fort probable que la prochaine édition de No pants subway ride en 2012 s’étende à un certain nombre de pays européens pour ne pas dire à tous. Mais comme les populations grecque, espagnole, irlandaise, portugaise, roumaine, italienne et peut-être bien française seront déjà en slip, cela risque de virer à l’exhibitionnisme continental face à une police en sous-effectif qui ne saura plus où donner du procès-verbal.

En texto, où, c’est nulle part

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sms

Normalement, je n’aime pas trop raconter ma vie. Enfin, pas à mes lecteurs. D’ailleurs, ça tombe bien, parce qu’eux n’ont pas la moindre envie que je les ennuie avec mes crises d’âme. Et pourtant, je vais vous parler à tous d’un truc super intime puisqu’il s’agit du doudou dont aucun adulte ne peut plus se passer, l’« objet transactionnel » universel : le téléphone portable. Mon téléphone portable.[access capability= »lire_inedits »]

Il y a quelques semaines, le mien présentant des signes inquiétants de grave maladie, je me suis laissé convaincre par un vendeur enthousiaste d’adopter un appareil équipé d’un véritable clavier reproduisant celui de mon ordinateur. Au passage, j’ai choisi un appareil de la même marque que le précédent, pensant naïvement que cela faciliterait le transfert de données de l’un à l’autre. C’était oublier que, derrière chaque merveille technologique, se cache un groupe de sadiques décidés à rendre fou l’utilisateur lambda. Après tout, il ne m’a fallu que quelques heures et autant de litres de café pour venir à bout des pièges planqués dans la diabolique petite boîte. Passons.

J’étais donc en passe d’atteindre la félicité : avec cet appareil, pensé-je, j’allais pouvoir écrire en français sans avoir à tapoter frénétiquement sur les touches avec l’application d’un élève de cours préparatoire. Je me réjouissais d’éviter les regards méprisants des détenteurs d’iPhone qui, comme tous les clients de la marque Apple, font penser à des convertis qui n’ont rien de plus urgent que de vous faire entrer dans la communauté des croyants. Parce que là, moi aussi, je possédais un engin dernier cri, dernière génération, usages multiples et variés. La seule « fonctionnalité » qui ne semblait pas prévue, c’était qu’il m’appelle quand personne n’y pense. Mais j’en suis convaincue, ce sera pour le prochain.

À ce stade, chers lecteurs, je vous dois un aveu. Contrairement aux apparences, je vis avec mon temps. Je suis donc devenue une adepte du SMS, également dit « texto » : d’abord, parce qu’il me permet de combattre ma propension coupable au bavardage, ensuite parce que j’aime la chose écrite. Qu’il s’agisse d’envoyer des mots doux, de balancer des vacheries, de prendre un rendez-vous ou d’annoncer courageusement à un rédac’ chef que vous êtes en retard, le texto conjugue l’instantanéité du téléphone et la délicieuse distance de l’écriture.

Je décidai donc d’étrenner mon nouveau jouet en rédigeant un beau message. Je dénichai le point, la virgule, le circonflexe et même le c cédille en majuscule. Le bonheur. Et voilà que tout s’écroula : impossible de repérer le u accent grave, pourtant indispensable à l’adverbe « où » qui désigne un lieu – ex : où es-tu ? Soucieuse de m’épargner la lecture du mode d’emploi écrit en chinois, au propre et au figuré, je filai interroger le vendeur à qui personne n’avait jamais posé une question pareille. Plein de bonne volonté, il tenta de trouver la lettre volée, avant de me dire l’atroce vérité : le u accent grave n’existe pas sur l’appareil que j’avais acheté. Devant mon air incrédule il se risqua : « Mais qu’est-ce que ça peut vous faire ? » Je hoquetai : « Pardon ? Mais c’est très grave ! Je suis allergique aux fautes d’orthographe. » Lui, aggravant son cas : « Mais personne ne vous le reprochera ! » Je m’étranglai : « Mais moi, je me le reprocherai ! » Il me gratifia du sourire bizarre du type qui va appeler l’ambulance et conclut, d’une voix étrangement douce, qu’il ne pouvait rien faire pour moi.

Depuis, je me creuse le citron pour faire des phrases ne comportant pas l’adverbe maudit. Quant aux fadaises sur le fait que, grâce au texto, les jeunes redécouvrent les charmes de l’écriture, mieux vaut les éviter devant moi. Je mords. Parfois, je ne trouve pas mes mots.[/access]

Dictionnaire français-SMS

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Souriez vous êtes informés

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Le magazine quotidien des médias « Souriez vous êtes informés », diffusé de 9h45 à 10h sur France Inter, existe aussi en version hebdomadaire, enregistrée tous les mercredis et consacré à la Toile. La semaine dernière Guillaume Erner et Elisabeth Lévy y ont parlé avec Mickael Darmon dans sa vie en Sarkozie.
A bon auditeur, salut !


Souriez vous êtes informés Mickael Darmon
envoyé par franceinter. – Regardez les dernières vidéos d'actu.

Le souk des fuites diplomatiques

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Ce qui devait arriver arrive : après la grande braderie Wikileaks cautionnée par des organes de presse européens dits de qualité, la chaine qatarie Al Jazeera et le quotidien britannique The Guardian mettent sur la place publique plusieurs centaines de documents relatifs aux dix dernières années de discussions entre Israël et l’Autorité palestinienne. Cela apparaît comme une suite de Wikileaks, mais ce n’est pas le cas.

À la différence des documents récupérés dans les arcanes de l’Administration américaine par l’organisation de Julian Assange, ces documents proviennent de diverses sources, principalement de membres ou d’anciens membres de la Negociation support unit (NSU) de l’Autorité palestinienne. Cet organisme, composé d’experts juridiques, économiques, cartographiques internationaux a été mis en place en 1998 par le gouvernement de Tony Blair, à la demande de l’Autorité Palestinienne pour servir de support technique aux négociateurs palestiniens qui ne disposaient pas de la puissante logistique diplomatique des Israéliens pour défendre leurs positions. Le financement de la NSU, d’abord uniquement assuré par le Royaume Uni, a été complété par la suite par des fonds venus de Norvège, de Suède et des Pays-Bas. Cette unité, intégrée au ministère palestinien des Négociations, dirigé par Saëb Erekat, a accueilli nombre d’experts d’origine arabe ou palestinienne vivant aux Etats-Unis ou en Europe, comme l’avocat franco-palestinien Ziyad Clot, qui a rapporté, dans un livre[1. Ziyad Clot « Il n’y aura pas d’Etat palestinien » éditions Max Milo] son expérience de son activité au sein de la NSU.

Avant d’en venir au contenu de ces fuites, il faut noter que les documents en question ont tout d’abord été uniquement transmis à la chaîne qatarie Al Jazeera, dont le penchant pour les islamistes radicaux du Hamas et du Hezbollah libanais est clairement affiché. Cette inclination est apparue dans sa couverture des derniers événements de Tunisie, où cette chaîne s’est efforcée de mettre en valeur les islamistes tunisiens, alors que ces derniers n’étaient pas, loin de là, les principaux acteurs de la révolution dite du jasmin.

Pour donner de l’écho à la publication de ces documents, Al Jazeera s’est associé au Guardian, quotidien le plus viscéralement anti-israélien paraissant hors du monde arabo-musulman.
D’après ces « Palestine papers », comme on les appelle désormais, les négociateurs palestiniens, entre l’échec des négociations de Camp David et de Taba en 2000 et l’arrivée au pouvoir de Netanyahou en 2008 auraient tenu un double langage. D’un côté le soutien à l’Intifada, l’intransigeance sur les frontières de 1967 et le droit au retour des réfugiés palestinien, et de l’autre un discours conciliant avec les Israéliens, notamment sur le maintien en Israël, dans le cadre de la solution « deux Etats pour deux peuples », de quartier juifs de Jérusalem construits après 1967 au delà de la « ligne verte », comme French Hill, Pisgat Zeev et Gilo. Cette proposition, faite à Ehoud Olmert et Tzipi Livni en 2008 a été repoussée par ces derniers car elle excluait trois autres implantations : Maale Adoumim, Har Homa et Ariel jugées non négociables par le gouvernement israélien de l’époque. Saeb Erekat et Mahmoud Abbas auraient également accepté, selon ces documents, de limiter à quelques milliers le nombre de réfugiés palestiniens admis à revenir en Israël dans le cadre d’une « action humanitaire », alors que la position officielle palestinienne soutient un droit généralisé au retour dans leurs foyers de tous les réfugiés de 1948 et de leurs descendants…

Dans le contexte actuel, ces révélations portent un tort considérable à l’Autorité palestinienne, faisant passer ses dirigeants pour des funambules du double langage, mentant à leur peuple, et bradant la cause sacrée de la Palestine pour leurs ambitions personnelles.
Elles mettent également en difficulté ces dirigeants israéliens qui proclament qu’il n’y a pas de partenaire palestinien pour la paix, mais les dégâts sont, pour eux de moindre ampleur : le, plan Olmert, fondé sur la cession à Israël des grands blocs de colonies contigües à la ligne verte en échange d’une surface équivalente de territoire israélien remis à l’Etat palestinien était bien connu. De plus, l’opinion publique israélienne ne nourrit aucune illusion sur la possibilité prochaine d’un accord avec les Palestiniens, et soutient, faute de mieux, l’attitude intransigeante de son gouvernement.

Le « réalisme » de Abbas et Erekat, vieux routiers de la négociation avec Israël, est pourtant le seul moyen qui pourrait permettre de sortir d’une impasse que les maladresses de Barack Obama au début de son mandat ont largement contribué à établir. En les « flinguant » aujourd’hui, on les livre pieds et poings liés à la surenchère du Hamas.

Et pourtant, à examiner de plus près ces papers, ce serait plutôt la subtilité des négociateurs palestiniens qu’il faudrait souligner : ils savent bien que Olmert et Livni sont dans l’incapacité politique de « lâcher » Ariel, Maale Adoumim et Har Homa, aussi ne courent-ils aucun risque réel en faisant, oralement, des concessions qui peuvent être utilisées par la suite à des fins propagandistes…

L’objectif de ceux qui ont organisé les fuites vers Al Jazeera et l’idiot utile Guardian est limpide : torpiller les négociations indirectes qui viennent de reprendre entre Israéliens et Palestiniens sous la houlette de Dennis Ross, qui a maintenant pris la main sur ce dossier dans l’Administration Obama. Ce dernier a sans doute passé plus de temps, ces dix dernières années, avec Erekat qu’avec son épouse…

On pourra toujours brandir le drapeau de la transparence du droit de tout un chacun de savoir ce qui se trame dans les arcanes de la diplomatie secrète. Il n’empêche que les conséquences de ces manipulations peuvent être catastrophiques, surtout dans un contexte où la situation libanaise est explosive et où l’Iran vient de faire un nouveau bras d’honneur à Catherine Ashton sur le dossier nucléaire. Al Jazeera, au moins, ne cache pas ses objectifs politiques : elle se fait l’interprète des éradicateurs d’Israël et le fourrier de l’islamisme politique radical. L’embrasement de la région n’est pas pour lui déplaire, bien au contraire. Quant au Guardian, gageons qu’il saura trouver le moyen de dégager sa responsabilité de l’incendie qu’il aura contribué à allumer. En toute bonne foi et toute objectivité.

Pretty burqa

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C’est peut-être la première fois de ma vie que j’éclate de rire devant une vidéo pakistanaise. Postée sur Youtube en décembre Burka Women, la parodie du tube de Roy Orbison Pretty Women, est en train d’exploser les scores de pages vues. L’auteur, Saad Haroon, un comédien et animateur télé pakistanais, y chante son amour pour une femme « ninja », dont il admire, les orteils vernis. Et qui, tous les soirs, « rentre à la maison et flirte avec les rideaux de la salle à manger », et en VO c’est encore plus drôle.
Depuis plusieurs années, Saad Haroon fait rire les salles pakistanaises en Ourdou et en Anglais avec différents spectacles. Il va bientôt présenter le premier show de satire politique sur une télé locale.

Evidemment, au Pakistan où le blasphème est puni par la loi et où on ne compte pas une semaine sans attentat suicide, Saad Haroon a été menacé par les fondamentalistes. Du temps de Salman Rusdie, les barbus condamnaient à mort l’auteur pour un livre qu’il n’avaient pas lu. Là, on espère au moins qu’ils auront vu la vidéo avant de lancer leur fatwa…

Bobby Fischer : de Reykjavik à Reykjavik

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Il y a deux ans mourait Bobby Fischer, le plus fameux joueur d’échecs de l’Histoire. Il aura beaucoup voyagé avant d’atteindre une relative sérénité les trois dernières années de sa vie, passées en Islande. Voilà qui fouette l’imagination : pourquoi diable venir mourir dans un endroit qui n’évoque rien de plus qu’un roman de Pierre Loti ?

L’affaire s’est nouée le 21 mars 2005, lorsque le citoyen américain Robert James Fischer, détenu au Japon pour cause de passeport invalidé, est devenu, par la grâce d’un vote quasi unanime du Parlement islandais, citoyen de ce pays. Le 14 juillet 2004, Fischer, alors qu’il s’apprêtait à quitter le Japon, est arrêté par la police à l’aéroport international de Narita. Il est alors menacé d’un retour express aux Etats-Unis, qui le réclament (sans que ce soit très clair : aucune demande formelle d’extradition n’a été déposée) sur le fondement d’un mandat d’arrêt vieux de près de douze ans (15 décembre 1992) concernant la violation de l’embargo visant la Yougoslavie.

Bobby Fischer avait en effet accepté en 1992, pour la première fois depuis sa disparition vingt ans plus tôt, de jouer à nouveau aux échecs, d’ailleurs contre le même adversaire qu’à l’époque du championnat du monde, Boris Vassilievich Spasski. Il se trouve que ce match a eu lieu à Sveti Stefan, petite station balnéaire du Monténégro, ce qui fit encourir à Fischer la peine modique (pour les standards américains) de dix ans de prison, du fait de la violation des sections 1701, 1702 et 1705 du titre 50 du code des Etats-Unis. Il faut reconnaître que l’Administration américaine avait prévenu Fischer par télégramme, avant le match, de son désir de le poursuivre le cas échéant. Fischer n’avait pas alors fait preuve de beaucoup de diplomatie dans la manière de signifier son rejet du contenu du message.

Le plus effrayant dans cette demande d’incarcération, c’est l’absence de visage du bourreau. Qui a pris la décision de poursuivre Fischer en 1992 ? Qui se cache derrière le « warrant for arrest issued on december 15, 1992 by the United States District Court, District of Columbia. » ? Qui a pris la décision d’invalider le passeport ? Le seul document émanant de l’administration américaine (un courrier du 11 décembre 2003 notifiant à Fischer la révocation de son passeport) laisse entrevoir la sueur besogneuse du juriste de seconde zone de l’ambassade des Etats-Unis à Manille : un modèle de style administratif neutre et glacial.

On a beau chercher un humain, on n’en trouvera pas. Bien entendu, le réflexe de tous ceux qui ont soutenu Fischer à ce moment a été d’écrire au Président des Etats-Unis. Inutile de dire que même le président de la Fédération internationale des échecs n’a bien entendu aucune certitude que son courrier a été ouvert, ne serait-ce que par un bureaucrate de cinquième zone. Le plus lucide fut Spasski, l’adversaire malheureux historique de Fischer, qui finit sa lettre à Bush par l’ironique : « Si vous ne pouvez pas laisser tranquille Fischer, je voudrais vous demander la chose suivante : corrigez je vous prie l’erreur de François Mitterrand en 1992 (NdR Spasski était devenu français à cette époque). Bobby et moi-même avons commis le même crime. Arrêtez-moi. Placez-moi dans la même cellule que Bobby Fischer. Et donnez-nous un échiquier. » Suggestion que Fischer a du reste décliné en précisant qu’il préférerait la compagnie d’une jolie fille.

Il ne faut pas désespérer de l’espèce humaine puisqu’il s’est trouvé un peuple assez courageux pour offrir l’hospitalité à Fischer. Et, devant la mauvaise volonté des Japonais et les menaces des Etats-Unis, pour carrément lui offrir la nationalité. Il y a parfois – chose surprenante – des documents officiels qu’on a plaisir à lire et relire, et celui-là en fait partie: « article 1 : icelandic citizenship shall be granted to : Fischer, Robert James, b 9 March 1943 in the United States. Article 2 : This Act shall enter into force at once. »
L’Islande simplement s’est souvenue de l’année 1972, au cours de laquelle un génial Américain est venu mettre fin à la domination soviétique sur les échecs. Pendant quelques semaines, la presse internationale avait eu les yeux tournés vers… Reykjavik, où le championnat du monde s’était déroulé et, où, apparemment, Bobby Fischer n’avait laissé que de bons souvenirs.

La planète comme un échiquier

S’il y a une morale à retenir, c’est bien qu’il ne faut jamais servir les grandes démocraties (si on peut les appeler ainsi) : elles n’ont pas d’âme, pas d’Histoire, rien du tout. Ce sont des bureaucraties aveugles, mêmes pas méchantes exprès. Car le sort réservé à Bobby Fischer est effrayant, si l’on s’en tient aux faits : en 1972, Fischer a démoralisé les Soviétiques bien plus efficacement que tous les bureaucrates de la CIA. Même à l’époque, si Kissinger a un peu récupéré politiquement la victoire de Fischer, les Américains n’ont pas compris à quel point il leur fallait soutenir leur champion, pour qu’il continue.

Ils ont vu les échecs avec leur propre mentalité, sans comprendre que, pour les Soviétiques, cette défaite n’était nullement circonscrite au jeu : du reste, ils considéraient la planète comme un échiquier. Passe encore que l’Administration se désintéresse de Fischer, mais prononcer un mandat d’arrêt vingt ans après pour le crime d’avoir joué aux échecs, puis intriguer pour le faire arrêter au Japon, menacer l’Islande pour qu’elle retire son offre, s’acharner à faire crever en taule un type de 61 ans en mauvaise santé qui n’a jamais fait de mal à personne mais qui, par contre, a servi le prestige de son pays comme aucun abruti d’homme politique n’aurait été capable de le faire, voilà qui est la marque de nos grandes bureaucraties modernes, dont les Etats-Unis constituent le modèle inégalable, en attendant l’avènement final chez nous d’une Union européenne chaque jour plus monstrueuse.

Finalement, à l’époque de l’URSS, le monde libre était beaucoup plus facile à atteindre. On n’était pas obligé de mourir à Reykjavik.