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Un Depardon sans contrefaçon

Comme Jacques Chirac, François Hollande a choisi le décor champêtre et non la bibliothèque élyséenne comme cadre de sa photo officielle. Il faut reconnaître que se faire tirer le portrait en tenue d’apparat avec les blasons et tout le tralala républicain dans un lieu qui incarne l’héritage et l’inscription dans une histoire, la filiation avec une tradition, l’attachement à un passé commun, qui ont forgé une nation et un peuple, aurait fait tache pour le président de la « normal attitude ». À la verticalité historique s’oppose donc l’horizontalité de la pelouse du jardin. C’est plus rassurant !

Et comme normal veut dire comme tout le monde, donc comme personne, c’est Depardon, notre photographe de la France sans les Français qui a été choisi pour prendre la photo qui sera accrochée pendant les cinq prochaines années dans toutes les mairies et commissariats de notre pays.

« J’ai pris son visage comme un paysage » explique, sans l’ombre d’un sourire, le photographe absolument convaincu de la réussite de son cliché qualifié pour sa géniale qualité de « Fragonard ». Le tout sans une once de flagornerie bien entendu ! L’appel du visage, si cher à Levinas, est étouffé pour faire entendre la voix de la Nature amorale et apolitique. Le paradoxe est à son comble. Déshumaniser Hollande en le naturalisant et qualifier sa photo en empruntant le nom d’un portraitiste flamboyant, ça frise franchement le ridicule.

Mais finalement, bouder si fort ce lieu qui nous personnalise, nous particularise, nous différencie, qui fait de nous des être humains et non pas une simple masse de chair, ostraciser ce visage pour en faire un paysage, s’accorde bien avec l’amour de l’uniformité, valeur sacrée de la gauche qui, dans l’individualité, voit toujours l’œil du mal.

Photo officielle : mais où est donc passé le drapeau européen ?

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On pourra penser ce qu’on veut de la valeur artistique de la photo officielle du nouveau président. Perso j’aime bien. En fait, après une sensation assez mitigée au départ, plus je la regarde, plus je la trouve artistiquement valable et techniquement impeccable.

Je ne pense pourtant pas que Depardon soit, comme je l’ai lu çà et là, un immense photographe. C’est plutôt un photographe immensément connu, et de gauche pur sucre, et passablement gavant à l’antenne. Cela dit, pour sans génie qu’il soit, Depardon n’est pas une insulte au genre humain comme Bettina Rheims, choisie par Chirac pour le même exercice.

Mais point n’est nécessaire d’être bon photographe pour faire une bonne photo, et même les dieux du cadre et de la lumière se vautrent parfois dans les grandes largeurs. Quant aux artistes moyens, tel Raymond, ils ne sont pas abonnés à vie aux clichés mainstream : celui du président, par sa focale fabuleuse, par son faux-flottement millimétré, est à mes yeux une bien belle solution pour un exercice redoutable.

Mais assez parlé photo, les filles. Parlons plutôt politique, et parlons carrément de changement maintenant. Vous souvenez-vous de la photo officielle de Nicolas Sarkozy ? Réalisée dans la bibliothèque de l’Elysée par Philippe Warrin. L’ancien président y apparaissait debout, attitude solennelle, auprès d’un drapeau français auquel Cécilia -dit-on- avait fait adjoindre à part égale un drapeau européen. De fait, on ne voyait que cette tache bleue et or sur la photo. Merci et bravo.

Certes, cette bannière de cabris, on la retrouve sur la photo officielle de François Hollande, mais le drapeau des eurocrates y est relégué dans la brume au fin fond de l’image, genre « comme je ne peux pas l’enlever, je le remets à sa vraie place ». On pourra m’objecter que le drapeau tricolore est lui aussi flou. Mais bon, le Président de la République française n’a pas besoin de hisser les trois couleurs pour prouver qu’il n’est pas la Reine du Danemark. D’ailleurs, du Général à Mitterrand, nos présidents n’avaient pas cru bon de préciser quelle était leur nationalité.

Tout ça pour dire qu’aujourd’hui le drapeau bleu ne flotte plus sur la République. Tout ça pour dire : merci Monsieur le Président !
 
*Photo : @DR

Quand Placé veut faire de la place au PCF

Les écologistes d’EELV, ils osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. On a déjà parlé ici de l’anticommunisme rabique de Cohn-Bendit qui préfère s’acharner sur la gauche de la gauche grecque en passe d’arriver en tête aux élections du 17 juin plutôt que sur les néo-nazis du parti Aube dorée qui ont tout de même fait entrer vingt députés au parlement hellène. Cet anticommunisme provient des Verts qui, au contraire de Martine Billard, n’ont pas rejoint le PG de Mélenchon. Ils peuvent d’ailleurs très vite l’oublier dès qu’il s’agit pour eux de devenir le seul partenaire du PS. Y compris en jouant un coup de billard à trois bandes.

Celui qui tient la queue, ce coup-ci, c’est l’étonnant monsieur Placé, président du groupe EELV du Sénat. On avait mesuré naguère ses qualités machiavéliennes à la vice-présidence du conseil régional d’Île-de-France, imposant en douceur des accords léonins au président socialiste, accords sans le moindre rapport avec le poids électoral réel de son parti. Placé réédita cet exploit en obtenant un groupe au Sénat et, surtout, une soixantaine de circonscriptions dont vingt gagnables pour les législatives sans que le score calamiteux d’Eva Joly à la présidentielle ne remette en cause quoi que ce soit[1. Constat que l’on peut devant le nombre de dissidents socialistes qui se présentent contre les candidats EELV désignés pour représenter la majorité présidentielle.].

Jean-Vincent Placé a encore réussi à surprendre son petit monde en déclarant hier matin à RTL : « Je trouve que François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont fait un bon gouvernement, équilibré, paritaire, sérieux et compétent. Il ne faut pas trop remanier à mon sens. Le seul remaniement qui me paraît politiquement intéressant, c’est l’entrée du Parti Communiste Français au gouvernement.»
« Timeo Danaos et dona ferentes » : je crains les Grecs, même quand ils font des cadeaux, dit le vieux proverbe latin. Il faudrait être bien naïf pour croire que Jean-Vincent Placé, dans un grand élan unanimiste, voudrait voir revivre la gauche plurielle façon Jospin.
Pour commencer, il prend ses désirs pour des réalités. Il est en effet hors de question pour le PCF, malgré d’insistantes rumeurs, de participer à quelque gouvernement socialiste que ce soit tant que ce dernier se contentera de critiquer la crise en cours en tentant ici et là d’arrondir les angles trop aigus de la souffrance sociale.

Surtout, Jean-Vincent Placé feint d’oublier l’existence du Front de Gauche. Depuis 2008, le Front de Gauche, constitué du PG de Mélenchon, du PCF de Pierre Laurent et d’autres petites formations antilibérales, est devenu une force politique dont les scores aux Européennes de 2009, aux Régionales de 2010, aux Cantonales de 2011 et quoiqu’on en dise aux Présidentielles de 2012, ont surpris les observateurs et marqué l’émergence d’un courant nouveau.
Ce que cherche Jean-François Placé, en caressant dans le sens du poil la vénérable maison de la place du Colonel-Fabien, c’est à casser la dynamique unitaire du Front de Gauche. Ce n’est pas forcément un calcul idiot, au demeurant. Il y a entre le PG de Mélenchon et le PCF de Pierre Laurent la possibilité d’enfoncer des coins. En jouant par exemple sur quelques divergences, notamment à propos de l’énergie, le PCF restant globalement partisan du nucléaire quand le PG souhaite en sortir le plus vite possible. Dans ce cas, pourquoi Placé ne propose-t-il pas au PG d’entrer au gouvernement puisqu’il aurait ainsi un autre partenaire en accord avec lui ? Et pourquoi proposer au PCF, dont la culture est encore largement productiviste, quelques maroquins ?

Tout simplement parce que le PCF bénéficie d’une véritable implantation électorale au niveau national, qu’il peut faire élire suffisamment de députés sans l’aide de qui que ce soit et qu’il formera l’essentiel d’un éventuel groupe Front de Gauche à l’Assemblée Nationale.
Et Jean-François Placé ne veut pas de ce groupe Front de Gauche. Il ne veut pas voir apparaître à l’Assemblée une force de gauche autonome franchement hostile au social-libéralisme. Il ne souhaite pas qu’à l’instar de Syriza en Grèce, cette force dirigée par Mélenchon[2. Qui sera probablement élu député.] finisse par apparaître comme un recours quand le gouvernement Ayrault sera englué dans une logique austéritaire. Il mise donc sur ce qu’il croit être les intérêts purement électoraux du PCF, lequel a scellé des accords de gestion avec le PS dans nombre de collectivités locales. Placé sait que le PCF risque de perdre les avantages de ces accords s’il persiste à jouer une politique du grand large.

Jean-Vincent Placé oublie juste une chose : c’est que le PCF, autant par cœur que par raison, a une fois pour toutes décidé que son avenir, à long terme, passait par le rassemblement de toutes les sensibilités anticapitalistes. Pour le Parti communiste, il n’y a aucun avenir à monter sur un bateau qui prend l’eau quand on est le navire amiral d’une autre politique qui s’imposera par la force des choses, un jour ou l’autre.
 
*Photo : Parti socialiste

La lâcheté, une valeur partagée

Elles sont belles mes valeurs, elles sont fraîches ! On croit généralement qu’une campagne électorale est l’occasion d’une confrontation entre programmes, le moment où les principales forces politiques tentent de convaincre les citoyens que leurs solutions seront plus efficaces que celles des autres. Cette conception pragmatique de la politique n’est pas très glamour, pour ne pas dire ennuyeuse à périr. Certes, pas mal de peuples s’en contentent, mais, sans vouloir offenser personne, ce genre « démocratie apaisée » est un peu trop normal pour nous. Or, si nous avons élu le seul candidat qui se prétendait « normal », c’est que justement, pour un Français, cette normalité supposée est extraordinaire. Après tout, nous n’avons pas inventé les droits de l’homme et coupé la tête à notre roi pour nous empailler à coups de calculette sur la meilleure façon de réduire le découvert national.[access capability= »lire_inedits »] Il est déjà assez humiliant de ne pas pouvoir régler la question en battant monnaie ou en lançant quelque expédition lointaine permettant de remplir les caisses du royaume sous couvert d’aller civiliser les « races inférieures », comme disait Jules Ferry − que le nouveau président de la République a tenu à honorer avant d’effacer le mot « race » de la Constitution. Logique cartésienne sans doute.

La France, cela fait partie de ses charmes, a besoin de sa dose de bruit et de fureur. Nous aimons que la politique soit la poursuite de la guerre par d’autres moyens. Il faut cependant beaucoup d’imagination pour faire de la querelle entre défenseurs de la TVA sociale et partisans d’une hausse des impôts un nouvel épisode de l’éternel combat entre l’ombre et la lumière. Il est vrai que depuis quelques décennies, la question européenne a permis de reconduire l’affrontement entre républicains et monarchistes ou, au choix, entre résistants et collabos. L’ennui, c’est qu’elle ne permet pas de jouer camp contre camp − rappelons qu’il y a sept ans, les deux finalistes de la présidentielle 2012 défendaient ensemble, à la « une » de Match, la même version de l’avenir radieux contre les obscurantistes de droite et de gauche.
Pour pouvoir jouer à la guerre civile − et par là-même éviter que l’électeur/téléspectateur décroche −, nous avons donc inventé un truc épatant qui consiste à faire passer toute élection pour un choc des valeurs. De ce point de vue, la dernière a été particulièrement réussie, grâce à une gauche qui a réussi à imposer l’idée que Nicolas Sarkozy était un descendant de Belzébuth. Ce fut donc « valeurs contre valeurs ». Les journalistes adorent.

Certaines de ces valeurs transcendent néanmoins l’opposition entre le Bien et le Mal. L’épisode de l’anniversaire de Julien Dray supposément gâché par la présence de Dominique Strauss-Kahn permet d’en recenser quelques-unes, droite et gauche ayant rivalisé dans l’indignation vertueuse. Tout d’abord, pas une seule voix ne s’est élevée pour s’étonner qu’un journaliste transforme une réunion privée en affaire publique. En effet, c’est un confrère et copain du Point, Saïd Mahrane, qui, ayant entendu parler de la fête, s’y est pointé sans être invité, avant d’informer le bon peuple que DSK et quelques membres de la garde rapprochée du candidat Hollande étaient invités aux mêmes agapes. Vie privée, connais pas ! Trouverait-on normal que je raconte dans un article que j’ai rencontré, sortant d’un bar du Marais peu propice aux rencontres féminines, tel ou tel homme public posant volontiers avec femme, enfants et chien ?

Nul ne s’est non plus offusqué que les anciens amis ou camarades de DSK aient participé à la curée ; la droite leur a, au contraire, reproché de ne pas avoir pas fait preuve d’un zèle suffisant dans la condamnation du pécheur. Bien sûr, on n’est pas obligé d’approuver tous les agissements de ses amis. On a cependant du mal à croire que Pierre Moscovici ait découvert en mai 2011 le comportement « inopportun » de son ex-champion. L’opportunisme consistant à flatter un homme quand il est puissant et à se détourner de lui quand il est à terre fait donc également partie de la panoplie des valeurs partagées. Ainsi Ségolène Royal s’est-elle abondamment vantée d’être partie sans avoir croisé DSK − peut-être pense-t-elle que les « mauvaises mœurs » sont contagieuses. Et elle a juré que jamais elle n’accepterait de le rencontrer. Pour la bonne cause, évidemment, en l’occurrence la « dignité des femmes », sympathique refrain entonné à l’unisson par Nathalie Kosciusko-Morizet et Nadine Morano, réconciliées pour l’occasion. Notons que Nicolas Sarkozy et François Hollande ont brillamment tenu leur rang dans ce concours d’inélégance.

DSK est un homme brisé qui n’exerce pas la moindre responsabilité publique. Il faut rappeler qu’il n’a pas été condamné. Cela ne fait pas de lui un saint, mais l’arrêt brutal de sa carrière et l’étalage dans la presse de sa vie intime constituent peut-être une peine suffisante. Eh bien non ! Il faut de surcroît qu’il soit un pestiféré. Le tribunal des vierges outragées l’a condamné (sans procès) à la mort sociale, lui interdisant même de boire un coup avec ses « copains ». À droite comme à gauche, on ne transige pas avec le refus du pardon et l’absence totale de compassion. Quant à moi, je n’irais pas faire la guerre avec ces grands humanistes dépourvus de la plus simple humanité. Comme disait l’autre, nous n’avons pas les mêmes valeurs.[/access]

L’irrésistible poussée à gauche des Français de l’étranger

J’ai déjà expliqué en quoi l’élection des députés représentants des Français de l’Etranger était une incongruité républicaine en ces temps de pré-austérité UMPS.
Le seul enseignement notable de ces élections – une première sous la Ve République, qui choisit ses sénateurs expatriés à partir d’un collège électoral n’ayant pas grand chose à envier à la nomination des sénateurs à vie par le Président de la République italienne- est la poussée à gauche des Français de l’étranger.

A titre d’exemple, contrairement aux prévisions des prétendus experts, Frédéric Lefebvre n’est pas parti pour devenir député d’Amérique du Nord, distancé 18 points derrière son adversaire socialiste Corinne Narassiguin, laquelle frôle les 40% dans ce qu’on croyait une sinécure électorale pour l’UMP.

A l’autre bout du monde, dans la 8e circonscription, qui s’étend de l’Italie à Israël, le PS totalise 30% des suffrages à la faveur d’une division de la droite. La zone, déchirée par une franche hostilité entre la Turquie et Israël, affiche des résultats très disparates. Ainsi, dans l’Etat hébreu, le dissident de droite Philippe Karsenty (30%) – connu pour sa croisade contre France 2 dans l’affaire Mohamed Al Doura – et le « centriste humaniste » Gil Taïeb (26%), soutiens indéfectible du gouvernement israélien, se taillent la part du lion, reléguant loin derrière Daphna Poznanski (PS) et Valérie Hoffenberg (UMP), lesquelles avoisinent les 20%. C’est à se demander ce qu’ont de commun les nombreux binationaux israéliens avec les Français vivant sous l’Etat profond AKP turc, le seul régime non démocratique de la circonscription étant d’ailleurs… l’Italie extrême centriste de Mario Monti qui a décidé de se passer d’élections le temps d’assainir ses finances publiques en coupant dans les dépenses sociales et en triturant le droit du travail.

Devant l’indifférence des médias français, on se demande si la campagne expatriée fut aussi soporifique que les spots officiels des partis diffusés quotidiennement sur nos antennes. Frédéric Michaud de l’Ifop explique que, mondialisation oblige, « l’écart entre le vote des Français de France et ceux de l’étranger ne cesse de se réduire ». Cet état de fait rend caduque la bonne vieille rengaine associant systématiquement les Français de l’Etranger à la droite parlementaire, cliché éculé que le P.S s’est si longtemps plu à répandre.

Finalement, la probable majorité de gauche à l’Assemblée Nationale (la seule véritable incertitude repose sur l’ampleur de la victoire, relative ou absolue, du PS) pourra sans doute s’appuyer sur une petite dizaine de députés des Français de l’étranger cornaqués par la ministre Yamina Benguigui. Il faut dire que ce genre de suffrage déterritorialisé, faute de réelle implantation locale, favorise d’emblée les grands partis au détriment des « divers », Israël étant l’exception qui confirme la règle.

Merci qui ? Merci Sarkozy pour cette trouvaille constitutionnelle, devrait répondre un PS reconnaissant pour ses victoires à répétition depuis 2010…

Villeurbanne : André Gerin sauve l’honneur

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Hier midi, j’ai écrit, en résumé, que la gauche et l’UMP se déshonoraient, s’engageaient dans une voie suicidaire et faisaient le lit du FN en faisant semblant de ne pas voir quel genre d’extrémistes étaient à l’origine de l’agression de trois jeunes juifs à Villeurbanne et des nombreux actes antisémites perpétrés depuis l’affaire Merah.

Je trouvais particulièrement lamentable, qu’au nom du refus de je ne sais quelle stigmatisation, on laisse le FN incarner seul, aux yeux de l’opinion, la simple vérité factuelle, fût-elle dénaturée, et concluais en exprimant à quel point j’aurais été heureux d’entendre venant de quelque part à gauche une analyse plus fine de cette catastrophe en gestation.

Eh bien je n’ai pas eu longtemps à attendre, j’ai reçu hier soir ce communiqué d’André Gerin, qui se définit lui-même comme « député communiste et républicain » du Rhône.
Dans le silence sépulcral qui accompagne l’expansion ininterrompue du fanatisme islamiste dans les territoires perdus de la République, ce communiqué est un coup de tonnerre. Il nous a paru indispensable de le publier intégralement :

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Combattre l’antisémitisme, c’est combattre la haine de la France

L’agression de trois jeunes juifs à Villeurbanne doit nous bousculer dans nos certitudes tranquilles, il faut en finir avec l’angélisme et ouvrir les yeux.
Je veux exprimer ici ma solidarité avec la communauté juive, en premier lieu à Villeurbanne où se multiplient moult agressions.
Oui, dans l’agglomération lyonnaise, comme partout en France, il y a du racisme, de l’antisémitisme et je veux rappeler ici, il y a aussi de l’anti France. Les tueries de Montauban et de Toulouse par Mohamed Merah l’ont confirmé.
Allons-nous prendre la mesure du danger au cœur de l’actualité de notre pays ?
A-t-on oublié la tentative, de Khaled Kelkal en 1995, d’organiser un massacre à la sortie de l’école juive de Villeurbanne ? Il s’en est fallu de quelques minutes pour que la situation tourne au cauchemar.
Oui, la gangrène intégriste existe bel et bien dans des quartiers de France. Se diffuse ce poison de l’obscurantisme religieux qui nourrit l’antisémitisme et le racisme anti-blancs. Arrêtons de faire l’autruche.
Cette réalité que je dénonce depuis des années est largement sous-estimée comme je le démontre dans mon livre « Les ghettos de la République – Encore et toujours ». Un certain nombre de nos gamins sont enfermés dans ces ghettos ethniques.
Cette haine de la France doit nous interpeller, notre vigilance doit redoubler car le risque, c’est la banalisation de faits d’une extrême gravité qui minent les fondements de la République.
L’heure est au courage, à la détermination et au réveil de tous les républicains.

André Gerin
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On rappellera qu’André Gerin est à l’origine du projet de loi contre la burqa. On rappellera aussi, avec tristesse, que ses positions courageuses sont loin d’être entièrement partagées par la direction de son parti, et qu’elles sont régulièrement déformées et insultées par Jean-Luc Mélenchon.

 
*Photo : bbcworldservice

En Hongrie, les vieux démons reviennent au galop…

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Amiral sans flotte et régent d’un royaume sans roi, telles sont les plaisanteries qui circulaient sur Miklós Horthy, qui présida aux destinées de la Hongrie de mars 1920 à octobre 1944. Je serais tenté d’y ajouter “héros d’un régime sans gloire”.
Car, dans la Hongrie de 2012, on se plait à donner de cet homme l’image d’un “héros”. Un homme qui, dès 1920, laissa voter les premières lois antisémites (numerus clausus dans les universités) suivies d’une autre série en 1938, 1939 et 1941 (soit bien avant l’arrivée des Allemands) : Juifs exclus des professions libérales et de la fonction publique et interdits de mariage avec des chrétiens. Un homme qui assista sans broncher à la déportation de 400 000 Juifs de la province hongroise et, après une longue hésitation, ne réagit qu’au tout dernier moment (août 1944) pour sauver de la mort la moitié des 200 000 Juifs de Budapest. Tandis que les troupes soviétiques s’approchaient du pays, son gouvernement avait en effet entamé des contacts secrets avec les Anglais qu’il s’agissait alors d’amadouer par un beau geste.
Cet homme envoya en outre, sans que les Allemands le lui aient demandé, sa Deuxième Armée sur le front russe et à Stalingrad où ses 200 000 soldats se firent pratiquement tous massacrer en janvier 1943 (“l’enfer de la Boucle du Don”)[1. Il voulait récupérer les territoires perdus par le Traité de Trianon en juin 1920 – ce qui s’était fait, mais seulement en partie, sous la houlette d’Hitler et de Mussolini, lors des deux arbitrages de Vienne de novembre 1938 et septembre 1940.].

Bref, le bilan de Miklós Horthy à la tête de la Hongrie n’est pas très glorieux. Et pourtant, voilà un homme auquel on ne cesse de rendre aujourd’hui hommage : une “place de la Liberté” a été rebaptisée “place Miklós Horthy”, on a inauguré une statue et une plaque commérative à son nom (en présence d’un évêque, chef de l’Eglise réformée hongroise !), etc. Tout cela passe pour la chose la plus naturelle du monde sans que l’on songe vraiment à protester. Et si par hasard, l’on s’avise de réagir, comme l’a récemment fait un opposant en peinturlurant de rouge la statue du régent, se déverse alors un flot d’indignations (à tel point que ledit contestataire a failli se faire tabasser par une foule d’extrémistes en colère). Citons en vrac parmi les raids menés pour venger ce crime de lèse-majesté : des inscriptions antisémites sur un monument aux martyrs de l’holocauste ou l’attaque contre la statue de Raoul Wallenberg (ce diplomate suédois qui sauva près de 2 000 Juifs) en y accrochant un pied de cochon…

Bien que nous soyons nombreux à considérer Horthy comme un fasciste et un antisémite avoué, je reconnais que certains aspects de sa personnalité peuvent prêter à débat (son attitude durant ses tout derniers mois de pouvoir, notamment son fameux dicours du 15 octobre 1944 pour une rupture de l’alliance avec l’Allemagne, malheureusement non suivi d’effet).
Mais lorsqu’il s’agit de glorifier quasi officiellement un écrivain qui fut franchement nazi, le cynisme est à son comble.

Tel est le cas de l’écrivain hongois József Nyírő, dont – avec la complicité tacite des autorités – on a voulu transférer en grande pompe les cendres en Roumanie, sur sa terre natale, en pays sicule (Transylvanie). Et lorsque les autorités roumaines, arguant d’un prétexte purement administratif ont fait, ne serait-ce que provisoirement, opposition à cette démarche, je ne vous dis pas le flot d’insultes qu’est venu proférer à leur égard le Président du Parlement hongrois (László Kövér) lors d’une cérémonie qui s’est tenue… en territoire roumain (“Peuple barbare et primitif qui a peur de simples cendres” osa-t-il leur asséner[2. Propos si violents qu’ils viennent de faire l’objet d’une demande d’excuses officielles de la part du gouvernement roumain (demande aussitôt rejetée par le Premier ministre hongrois.]) ! Qui était József Nyírő ? Membre de l’Assemblée nationale sous l’occupation allemande, il le resta sans hésiter lorsque celle-ci passa sous la coupe des sinistres milices nazies des Croix Fléchées. Celles-là mêmes qui exterminèrent ou jetèrent dans le Danube les 100 000 Juifs du ghetto de Budapest. Des Croix Fléchées qu’il suivit même dans leur exil à Sopron avant de trouver refuge chez Franco.
Bref, Nyírő ne fut pas un modèle de vertu. Or, l’étude de son oeuvre vient d’être remise au programme des écoles et les cérémonies à sa mémoire se multiplient, avec tout le tralala parfois ridicule qui sied à ce genre de démonstrations : garde d’honneur de clowns déguisés en hussards, discours ultranationalistes larmoyants, etc.

Tel est le visage que donne la Hongrie, pays situé au coeur de l’Europe, en ce printemps 2012. Nous nous dispenserons de commentaire, nous contentant d’y voir le résultat d’un discours politique constamment orienté contre l’étranger, où l’on ne cesse de rappeler, jusque dans la Constitution, la gloire passée de ce si grand peuple brimé par tant d’injustices.
Sans parler de la haine du passé communiste, certes compréhensible, mais dont le caractère maladif fait sombrer le pays dans l’autre extrême. Le choléra communiste banni, le voici remplacé par une peste guère plus avenante qui ne présage rien de bon…

Le Voyage de Monsieur Mélenchon

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Que va-t-il faire dans cette pétaudière ? Et surtout, est-il légitime pour le faire ? On balaiera d’abord les objections pas vraiment objectives qui assimilent tout parachutage à un passe-droit, voire à une prébende. L’Assemblée nationale n’est pas un conseil de copropriétaires. Aux législatives, on élit les représentants du peuple, pas les délégués de circonscription : tous les candidats, sans distinction de résidence, d’orientation sexuelle ou de QI, sont par définition légitimes partout − même Rama Yade ou Olivier Ferrand.

On ne suivra pas non plus les cruchons qui accusent Mélenchon de voler au secours de la victoire. Certes, au deuxième tour, le candidat de gauche a recueilli 60 % des voix dans la circo d’Hénin-Carvin ; mais au premier, avec un peu moins de 15%, Mélenchon est arrivé non seulement loin derrière Marine Le Pen (31,42%), mais aussi loin derrière Hollande (28,75%).[access capability= »lire_inedits »] Bref, si saluer − comme l’ont immédiatement fait certains de ses camarades − l’immense courage de Jean-Luc Mélenchon est un tantinet exagéré, la partie n’est pas gagnée d’avance.

L’hypothèse, vacharde mais non dénuée de pertinence, de certains de mes amis est que Mélenchon se présente à Hénin-Carvin parce qu’en six mois, il est devenu complètement accro aux médias. Cette toxicomanie n’est pas discutable. Elle pourrait donc expliquer que JLM se précipite là où il est certain d’être surexposé. Cette analyse est un peu courte, en tout cas insuffisante.

La mienne part du constat − partagé par ma chère patronne − qu’il existe en France un Parti des médias qui suit autant qu’il les définit les topiques de l’idéologie dominante.

À mon avis, le subtil secrétaire général du PCF, Pierre Laurent, à l’origine de cette candidature délocalisée, n’ignore rien de ce parti. Il a compris que si Mélenchon était accro aux médias, les médias, eux aussi, étaient accros à Mélenchon. Et que cet engouement journalistique bienveillant ne venait fichtre pas du SMIC à 1700 euros ou de la dénonciation de la « règle d’or », mais de ses outrances supposément antifascistes contre la « semi-démente » Marine et ses électeurs « racistes ».

Or, pour ces législatives, le PCF était confronté à un risque sérieux : celui d’une disparition médiatique totale. Pour une fois, ce n’est pas pure paranoïa : à partir du 7 mai, on a vu se multiplier reportages, articles et autres sondages où, malgré le score non négligeable de son candidat à la présidentielle, le Front de gauche (dont une grande majorité de candidats sont communistes) était totalement oublié au profit des aventures électorales de Bayrou ou de Duflot. En d’autres temps, le PCF se serait contenté de pester et de pétitionner contre cette injustice. J’imagine aisément Robert Hue ou Marie-Georges Buffet mettre toutes leurs forces dans cette bataille perdue d’avance.

Le PCF de Pierre Laurent a préféré une autre voie, celle de l’accommodement raisonnable avec le Parti des médias, un peu comme l’avait pratiqué autrefois Georges Marchais, ou plus près de nous Arlette Laguiller et Olivier Besancenot (l’une à son corps défendant, l’autre moins). Le raisonnement est simple : vous voulez du Mélenchon qui tape sur Marine ? Eh bien on va vous en donner, et vous, vous allez donner en échange du temps d’antenne et de la respectabilité politico-médiatique au Front de gauche, autrement dit le qualifier dans la cour des grands, ou au moins des moyens-grands.

Les risques politiques de cette opération sont connus : vedettisation renforcée de Marine Le Pen, boboïsation accrue de l’électorat communiste, car on n’attire pas les prolos avec de l’antifascisme façon Lapix, sans oublier la possibilité d’une veste qui entraînerait la marginalisation médiatique, donc politique, du PC et de son prête-nom mélenchoniste. On me permettra d’exprimer en sus une vague réserve d’ordre éthique : la coalition qui prétend porter la contestation radicale du « système » peut-elle se compromettre avec le « premier pouvoir », c’est-à-dire les médias ? Si l’alternative se résume à « paraître ou disparaître », la stratégie du spectacle n’est pas un mauvais choix. En tout cas, il n’y en a pas d’autre.[/access]

Les législatives ont commencé à l’étranger !

Alors que la campagne (palpitante) bat encore son plein dans l’hexagone, les Français de l’étranger viennent de voter pour la première fois aux élections législatives. Rappelons que grâce à la réforme constitutionnelle de 2008 votée par l’UMP, quelques radicaux de gauche et Jack Lang, onze circonscriptions maillent désormais le globe terrestre. On les disait acquises à l’UMP mais, élection de Hollande aidant, il semblerait que le PS puisse s’y tailler la part du lion, le découpage dentelé par Alain Marleix ne lui étant pas si défavorable. Il fallait les voir la semaine dernière sur La Chaîne Parlementaire, ces braves candidats partant la fleur au fusil dans des circonscriptions à taille d’empires, qui tractant de Londres au Groenland, qui accumulant les réunions tupperware de Tunis à Abidjan… Bon, assez persiflé ! Que nous disent les premiers résultats à l’étranger qui, faut-il le rappeler, ne reflètent pas vraiment la réalité électorale « métropolitaine », auquel cas Nicolas Sarkozy serait toujours président et Stéphane Hessel réfugié politique à Gaza.

Autant vous prévenir tout de suite, le premier tour nous a réservé quelques surprises, avec un taux de participation de… 20%. Primo, le PS arrive en tête dans 6 des 11 circonscriptions : la 1ère (Canada, Etats-Unis), la 3ème (Scandinavie, Royaume-Uni, Irlande et pays baltes), la 4ème (Benelux), la 7ème (Europe centrale, orientale et Balkans), la 8ème (Italie, Grèce, Turquie, Chypre, Israël) et la 9ème (Afrique du nord et de l’ouest). Secundo, loin du score riquiqui d’Eva Joly à la présidentielle, Europe Ecologie –Les Verts fait la course en tête en Amérique latine et dans les Caraïbes (2ème circonscription). Au vu des très gros scores réalisés par François Hollande dans les Caraïbes, on peut y voir la preuve rétrospective d’un « vote utile » PS au premier tour de la présidentielle : le tout était de chasser Sarkozy, désormais on peut se faire plaisir en votant pour de fieffés sans-frontiéristes à vague teinte écolo.

Les Français de l’étranger revoteront comme leurs concitoyens le 17 juin, lors d’un second tour unique.
D’ici là, ils auront peut-être compris l’intérêt de dépenser des millions d’euros en frais de campagne, de transport (bonjour le bilan carbone…) pour élire des représentants à la proximité toute relative. Gageons que si la gauche détient demain les 3/5 du Congrès, elle ne se hasardera pas à abroger ces élections qu’elle moquait hier. Bref, le changement, c’est maintenant, mais on ne sait pas encore où.

Agression antisémite de Villeurbanne : la faute à qui ?

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Un vague sentiment de perplexité et de dégoût me saisit après l’agression raciste dont ont été victimes ce samedi trois jeunes juifs à Villeurbanne, près de Lyon.

Dégoût face aux faits bien sûr : vers 18 heures samedi soir, trois jeunes portant la kippa ont été pris à partie par trois individus, rejoints bientôt par sept autres, près de l’école juive Beth Menahem à Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise. D’abord agressés verbalement, ils ont été rattrapés et frappés à coups de marteau et de barre de fer. L’une des personnes brutalisées a eu une plaie ouverte au crâne, une autre a été atteinte à la nuque, selon le ministère de l’Intérieur. Brièvement hospitalisés, les trois jeunes sont ressortis de l’hôpital avec cinq jours d’interruption totale de travail.

Mais mon dégoût du jour a aussi été provoqué par les commentaires qui ont suivi, où une fois de plus on ne nomme pas. Car, contrairement à ce que j’ai pu entendre à la radio ou à la télé hier soir et ce matin, nos trois jeunes juifs n’ont pas été agressés par le Saint-Esprit. Ni par des skinheads. Ni par des touristes japonais. D’après toutes les sources proches de l’enquête, les coupables seraient déjà connus des victimes, il s’agirait de jeunes des quartiers dits sensibles. Des jeunes musulmans, ou se disant tels. Richard Prasquier le président du CRIF est indigné, mais n’est hélas pas plus étonné que ça : depuis la tuerie de Toulouse, ce genre d’agression se multiplie : « Dans les semaines qui ont suivi les assassinats de l’école Ozar Hatorah, il y a eu une considérable augmentation du nombre d’actes antisémites », a-t-il expliqué.

Une évidence tellement énorme qu’elle est passée à coté de la plupart des médias, et aussi des hommes politiques. Un cynique, ou disons un plus cynique que moi, dirait que pour une fois qu’ils ont reconnu le caractère antisémite des faits, faudrait pas trop leur demander. Mais si, il faut. Parce qu’on se fout de nous. Lyon Mag a interrogé les principales personnalités politiques lyonnaises. Rien qui ne sorte du blabla multicul habituel, même pas un vague appel faux-cul « à isoler les extrémistes ». Rien. Apparemment, on ne veut stigmatiser ni les touristes japonais, ni personne. La palme de la débilité profonde revient bien sûr au candidat EELV-Les Verts soutenu par le PS (mais pas par Gérard Collomb, ouf !) Philippe Meirieu qui pointe du doigt les probables coupables nazis en citant dans son communiqué officiel la fameuse tirade de Brecht. Ce qui prouve qu’en plus d’être un aveugle et un menteur, l’ami Meirieu est un ignare, puisque le ventre fécond dont parlait Bertolt est la social-démocratie…

Pas de réaction non plus des autorités musulmanes. Lyon est un vivier d’associations culturelles et cultuelles. Pas une n’a eu la bonne idée d’appeler les musulmans du Rhône à exprimer leur colère ce dimanche, leur refus de l’amalgame, leur volonté d’isoler les émules de Mohamed Merah, de les chasser de la communauté des fidèles. Dont acte.

En cherchant bien, il s’est trouvé une personnalité politique pour nommer les choses. C’est Louis Aliot, le numéro 2 du FN. Voilà ce qu’il a déclaré ce matin sur BFM après avoir formellement condamné l’agression au nom de son parti: « Depuis 2001, il y a aujourd’hui en France une recrudescence des actes antisémites provenant, mais ça personne ne le dit, des milieux jeunes. C’est quoi les « milieux jeunes » ? C’est-à-dire des milieux on va dire… musulmans qui s’identifient au conflit israélo-palestinien et qui prennent dans les rues des jeunes juifs pour cible »

Je ne crois pas que l’expression « milieux musulmans » soit la plus appropriée pour parler d’une infime et infâme minorité de fanatiques islamistes donc antisémites, et pour tout vous dire, j’aurais été vraiment ravi que la gauche, via Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls, ou Najat Vallaud-Belkacem, me serve une analyse plus fine. Oui, mais non, rien à déclarer sur les fanatiques que vous savez. La stigmatisation, gross malheur…

Cette attitude est suicidaire. Pour ne pas stigmatiser, UMP, PS et Front de Gauche font l’impasse sur la vérité. Partant de là, ils en laissent royalement le monopole au FN, qui lui, n’hésitera pas, au besoin, à s’en servir pour stigmatiser l’ensemble des musulmans.

Arabes de France, méfiez-vous de vos amis !

Un Depardon sans contrefaçon

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Comme Jacques Chirac, François Hollande a choisi le décor champêtre et non la bibliothèque élyséenne comme cadre de sa photo officielle. Il faut reconnaître que se faire tirer le portrait en tenue d’apparat avec les blasons et tout le tralala républicain dans un lieu qui incarne l’héritage et l’inscription dans une histoire, la filiation avec une tradition, l’attachement à un passé commun, qui ont forgé une nation et un peuple, aurait fait tache pour le président de la « normal attitude ». À la verticalité historique s’oppose donc l’horizontalité de la pelouse du jardin. C’est plus rassurant !

Et comme normal veut dire comme tout le monde, donc comme personne, c’est Depardon, notre photographe de la France sans les Français qui a été choisi pour prendre la photo qui sera accrochée pendant les cinq prochaines années dans toutes les mairies et commissariats de notre pays.

« J’ai pris son visage comme un paysage » explique, sans l’ombre d’un sourire, le photographe absolument convaincu de la réussite de son cliché qualifié pour sa géniale qualité de « Fragonard ». Le tout sans une once de flagornerie bien entendu ! L’appel du visage, si cher à Levinas, est étouffé pour faire entendre la voix de la Nature amorale et apolitique. Le paradoxe est à son comble. Déshumaniser Hollande en le naturalisant et qualifier sa photo en empruntant le nom d’un portraitiste flamboyant, ça frise franchement le ridicule.

Mais finalement, bouder si fort ce lieu qui nous personnalise, nous particularise, nous différencie, qui fait de nous des être humains et non pas une simple masse de chair, ostraciser ce visage pour en faire un paysage, s’accorde bien avec l’amour de l’uniformité, valeur sacrée de la gauche qui, dans l’individualité, voit toujours l’œil du mal.

Photo officielle : mais où est donc passé le drapeau européen ?

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On pourra penser ce qu’on veut de la valeur artistique de la photo officielle du nouveau président. Perso j’aime bien. En fait, après une sensation assez mitigée au départ, plus je la regarde, plus je la trouve artistiquement valable et techniquement impeccable.

Je ne pense pourtant pas que Depardon soit, comme je l’ai lu çà et là, un immense photographe. C’est plutôt un photographe immensément connu, et de gauche pur sucre, et passablement gavant à l’antenne. Cela dit, pour sans génie qu’il soit, Depardon n’est pas une insulte au genre humain comme Bettina Rheims, choisie par Chirac pour le même exercice.

Mais point n’est nécessaire d’être bon photographe pour faire une bonne photo, et même les dieux du cadre et de la lumière se vautrent parfois dans les grandes largeurs. Quant aux artistes moyens, tel Raymond, ils ne sont pas abonnés à vie aux clichés mainstream : celui du président, par sa focale fabuleuse, par son faux-flottement millimétré, est à mes yeux une bien belle solution pour un exercice redoutable.

Mais assez parlé photo, les filles. Parlons plutôt politique, et parlons carrément de changement maintenant. Vous souvenez-vous de la photo officielle de Nicolas Sarkozy ? Réalisée dans la bibliothèque de l’Elysée par Philippe Warrin. L’ancien président y apparaissait debout, attitude solennelle, auprès d’un drapeau français auquel Cécilia -dit-on- avait fait adjoindre à part égale un drapeau européen. De fait, on ne voyait que cette tache bleue et or sur la photo. Merci et bravo.

Certes, cette bannière de cabris, on la retrouve sur la photo officielle de François Hollande, mais le drapeau des eurocrates y est relégué dans la brume au fin fond de l’image, genre « comme je ne peux pas l’enlever, je le remets à sa vraie place ». On pourra m’objecter que le drapeau tricolore est lui aussi flou. Mais bon, le Président de la République française n’a pas besoin de hisser les trois couleurs pour prouver qu’il n’est pas la Reine du Danemark. D’ailleurs, du Général à Mitterrand, nos présidents n’avaient pas cru bon de préciser quelle était leur nationalité.

Tout ça pour dire qu’aujourd’hui le drapeau bleu ne flotte plus sur la République. Tout ça pour dire : merci Monsieur le Président !
 
*Photo : @DR

Quand Placé veut faire de la place au PCF

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Les écologistes d’EELV, ils osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. On a déjà parlé ici de l’anticommunisme rabique de Cohn-Bendit qui préfère s’acharner sur la gauche de la gauche grecque en passe d’arriver en tête aux élections du 17 juin plutôt que sur les néo-nazis du parti Aube dorée qui ont tout de même fait entrer vingt députés au parlement hellène. Cet anticommunisme provient des Verts qui, au contraire de Martine Billard, n’ont pas rejoint le PG de Mélenchon. Ils peuvent d’ailleurs très vite l’oublier dès qu’il s’agit pour eux de devenir le seul partenaire du PS. Y compris en jouant un coup de billard à trois bandes.

Celui qui tient la queue, ce coup-ci, c’est l’étonnant monsieur Placé, président du groupe EELV du Sénat. On avait mesuré naguère ses qualités machiavéliennes à la vice-présidence du conseil régional d’Île-de-France, imposant en douceur des accords léonins au président socialiste, accords sans le moindre rapport avec le poids électoral réel de son parti. Placé réédita cet exploit en obtenant un groupe au Sénat et, surtout, une soixantaine de circonscriptions dont vingt gagnables pour les législatives sans que le score calamiteux d’Eva Joly à la présidentielle ne remette en cause quoi que ce soit[1. Constat que l’on peut devant le nombre de dissidents socialistes qui se présentent contre les candidats EELV désignés pour représenter la majorité présidentielle.].

Jean-Vincent Placé a encore réussi à surprendre son petit monde en déclarant hier matin à RTL : « Je trouve que François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont fait un bon gouvernement, équilibré, paritaire, sérieux et compétent. Il ne faut pas trop remanier à mon sens. Le seul remaniement qui me paraît politiquement intéressant, c’est l’entrée du Parti Communiste Français au gouvernement.»
« Timeo Danaos et dona ferentes » : je crains les Grecs, même quand ils font des cadeaux, dit le vieux proverbe latin. Il faudrait être bien naïf pour croire que Jean-Vincent Placé, dans un grand élan unanimiste, voudrait voir revivre la gauche plurielle façon Jospin.
Pour commencer, il prend ses désirs pour des réalités. Il est en effet hors de question pour le PCF, malgré d’insistantes rumeurs, de participer à quelque gouvernement socialiste que ce soit tant que ce dernier se contentera de critiquer la crise en cours en tentant ici et là d’arrondir les angles trop aigus de la souffrance sociale.

Surtout, Jean-Vincent Placé feint d’oublier l’existence du Front de Gauche. Depuis 2008, le Front de Gauche, constitué du PG de Mélenchon, du PCF de Pierre Laurent et d’autres petites formations antilibérales, est devenu une force politique dont les scores aux Européennes de 2009, aux Régionales de 2010, aux Cantonales de 2011 et quoiqu’on en dise aux Présidentielles de 2012, ont surpris les observateurs et marqué l’émergence d’un courant nouveau.
Ce que cherche Jean-François Placé, en caressant dans le sens du poil la vénérable maison de la place du Colonel-Fabien, c’est à casser la dynamique unitaire du Front de Gauche. Ce n’est pas forcément un calcul idiot, au demeurant. Il y a entre le PG de Mélenchon et le PCF de Pierre Laurent la possibilité d’enfoncer des coins. En jouant par exemple sur quelques divergences, notamment à propos de l’énergie, le PCF restant globalement partisan du nucléaire quand le PG souhaite en sortir le plus vite possible. Dans ce cas, pourquoi Placé ne propose-t-il pas au PG d’entrer au gouvernement puisqu’il aurait ainsi un autre partenaire en accord avec lui ? Et pourquoi proposer au PCF, dont la culture est encore largement productiviste, quelques maroquins ?

Tout simplement parce que le PCF bénéficie d’une véritable implantation électorale au niveau national, qu’il peut faire élire suffisamment de députés sans l’aide de qui que ce soit et qu’il formera l’essentiel d’un éventuel groupe Front de Gauche à l’Assemblée Nationale.
Et Jean-François Placé ne veut pas de ce groupe Front de Gauche. Il ne veut pas voir apparaître à l’Assemblée une force de gauche autonome franchement hostile au social-libéralisme. Il ne souhaite pas qu’à l’instar de Syriza en Grèce, cette force dirigée par Mélenchon[2. Qui sera probablement élu député.] finisse par apparaître comme un recours quand le gouvernement Ayrault sera englué dans une logique austéritaire. Il mise donc sur ce qu’il croit être les intérêts purement électoraux du PCF, lequel a scellé des accords de gestion avec le PS dans nombre de collectivités locales. Placé sait que le PCF risque de perdre les avantages de ces accords s’il persiste à jouer une politique du grand large.

Jean-Vincent Placé oublie juste une chose : c’est que le PCF, autant par cœur que par raison, a une fois pour toutes décidé que son avenir, à long terme, passait par le rassemblement de toutes les sensibilités anticapitalistes. Pour le Parti communiste, il n’y a aucun avenir à monter sur un bateau qui prend l’eau quand on est le navire amiral d’une autre politique qui s’imposera par la force des choses, un jour ou l’autre.
 
*Photo : Parti socialiste

La lâcheté, une valeur partagée

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Elles sont belles mes valeurs, elles sont fraîches ! On croit généralement qu’une campagne électorale est l’occasion d’une confrontation entre programmes, le moment où les principales forces politiques tentent de convaincre les citoyens que leurs solutions seront plus efficaces que celles des autres. Cette conception pragmatique de la politique n’est pas très glamour, pour ne pas dire ennuyeuse à périr. Certes, pas mal de peuples s’en contentent, mais, sans vouloir offenser personne, ce genre « démocratie apaisée » est un peu trop normal pour nous. Or, si nous avons élu le seul candidat qui se prétendait « normal », c’est que justement, pour un Français, cette normalité supposée est extraordinaire. Après tout, nous n’avons pas inventé les droits de l’homme et coupé la tête à notre roi pour nous empailler à coups de calculette sur la meilleure façon de réduire le découvert national.[access capability= »lire_inedits »] Il est déjà assez humiliant de ne pas pouvoir régler la question en battant monnaie ou en lançant quelque expédition lointaine permettant de remplir les caisses du royaume sous couvert d’aller civiliser les « races inférieures », comme disait Jules Ferry − que le nouveau président de la République a tenu à honorer avant d’effacer le mot « race » de la Constitution. Logique cartésienne sans doute.

La France, cela fait partie de ses charmes, a besoin de sa dose de bruit et de fureur. Nous aimons que la politique soit la poursuite de la guerre par d’autres moyens. Il faut cependant beaucoup d’imagination pour faire de la querelle entre défenseurs de la TVA sociale et partisans d’une hausse des impôts un nouvel épisode de l’éternel combat entre l’ombre et la lumière. Il est vrai que depuis quelques décennies, la question européenne a permis de reconduire l’affrontement entre républicains et monarchistes ou, au choix, entre résistants et collabos. L’ennui, c’est qu’elle ne permet pas de jouer camp contre camp − rappelons qu’il y a sept ans, les deux finalistes de la présidentielle 2012 défendaient ensemble, à la « une » de Match, la même version de l’avenir radieux contre les obscurantistes de droite et de gauche.
Pour pouvoir jouer à la guerre civile − et par là-même éviter que l’électeur/téléspectateur décroche −, nous avons donc inventé un truc épatant qui consiste à faire passer toute élection pour un choc des valeurs. De ce point de vue, la dernière a été particulièrement réussie, grâce à une gauche qui a réussi à imposer l’idée que Nicolas Sarkozy était un descendant de Belzébuth. Ce fut donc « valeurs contre valeurs ». Les journalistes adorent.

Certaines de ces valeurs transcendent néanmoins l’opposition entre le Bien et le Mal. L’épisode de l’anniversaire de Julien Dray supposément gâché par la présence de Dominique Strauss-Kahn permet d’en recenser quelques-unes, droite et gauche ayant rivalisé dans l’indignation vertueuse. Tout d’abord, pas une seule voix ne s’est élevée pour s’étonner qu’un journaliste transforme une réunion privée en affaire publique. En effet, c’est un confrère et copain du Point, Saïd Mahrane, qui, ayant entendu parler de la fête, s’y est pointé sans être invité, avant d’informer le bon peuple que DSK et quelques membres de la garde rapprochée du candidat Hollande étaient invités aux mêmes agapes. Vie privée, connais pas ! Trouverait-on normal que je raconte dans un article que j’ai rencontré, sortant d’un bar du Marais peu propice aux rencontres féminines, tel ou tel homme public posant volontiers avec femme, enfants et chien ?

Nul ne s’est non plus offusqué que les anciens amis ou camarades de DSK aient participé à la curée ; la droite leur a, au contraire, reproché de ne pas avoir pas fait preuve d’un zèle suffisant dans la condamnation du pécheur. Bien sûr, on n’est pas obligé d’approuver tous les agissements de ses amis. On a cependant du mal à croire que Pierre Moscovici ait découvert en mai 2011 le comportement « inopportun » de son ex-champion. L’opportunisme consistant à flatter un homme quand il est puissant et à se détourner de lui quand il est à terre fait donc également partie de la panoplie des valeurs partagées. Ainsi Ségolène Royal s’est-elle abondamment vantée d’être partie sans avoir croisé DSK − peut-être pense-t-elle que les « mauvaises mœurs » sont contagieuses. Et elle a juré que jamais elle n’accepterait de le rencontrer. Pour la bonne cause, évidemment, en l’occurrence la « dignité des femmes », sympathique refrain entonné à l’unisson par Nathalie Kosciusko-Morizet et Nadine Morano, réconciliées pour l’occasion. Notons que Nicolas Sarkozy et François Hollande ont brillamment tenu leur rang dans ce concours d’inélégance.

DSK est un homme brisé qui n’exerce pas la moindre responsabilité publique. Il faut rappeler qu’il n’a pas été condamné. Cela ne fait pas de lui un saint, mais l’arrêt brutal de sa carrière et l’étalage dans la presse de sa vie intime constituent peut-être une peine suffisante. Eh bien non ! Il faut de surcroît qu’il soit un pestiféré. Le tribunal des vierges outragées l’a condamné (sans procès) à la mort sociale, lui interdisant même de boire un coup avec ses « copains ». À droite comme à gauche, on ne transige pas avec le refus du pardon et l’absence totale de compassion. Quant à moi, je n’irais pas faire la guerre avec ces grands humanistes dépourvus de la plus simple humanité. Comme disait l’autre, nous n’avons pas les mêmes valeurs.[/access]

L’irrésistible poussée à gauche des Français de l’étranger

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J’ai déjà expliqué en quoi l’élection des députés représentants des Français de l’Etranger était une incongruité républicaine en ces temps de pré-austérité UMPS.
Le seul enseignement notable de ces élections – une première sous la Ve République, qui choisit ses sénateurs expatriés à partir d’un collège électoral n’ayant pas grand chose à envier à la nomination des sénateurs à vie par le Président de la République italienne- est la poussée à gauche des Français de l’étranger.

A titre d’exemple, contrairement aux prévisions des prétendus experts, Frédéric Lefebvre n’est pas parti pour devenir député d’Amérique du Nord, distancé 18 points derrière son adversaire socialiste Corinne Narassiguin, laquelle frôle les 40% dans ce qu’on croyait une sinécure électorale pour l’UMP.

A l’autre bout du monde, dans la 8e circonscription, qui s’étend de l’Italie à Israël, le PS totalise 30% des suffrages à la faveur d’une division de la droite. La zone, déchirée par une franche hostilité entre la Turquie et Israël, affiche des résultats très disparates. Ainsi, dans l’Etat hébreu, le dissident de droite Philippe Karsenty (30%) – connu pour sa croisade contre France 2 dans l’affaire Mohamed Al Doura – et le « centriste humaniste » Gil Taïeb (26%), soutiens indéfectible du gouvernement israélien, se taillent la part du lion, reléguant loin derrière Daphna Poznanski (PS) et Valérie Hoffenberg (UMP), lesquelles avoisinent les 20%. C’est à se demander ce qu’ont de commun les nombreux binationaux israéliens avec les Français vivant sous l’Etat profond AKP turc, le seul régime non démocratique de la circonscription étant d’ailleurs… l’Italie extrême centriste de Mario Monti qui a décidé de se passer d’élections le temps d’assainir ses finances publiques en coupant dans les dépenses sociales et en triturant le droit du travail.

Devant l’indifférence des médias français, on se demande si la campagne expatriée fut aussi soporifique que les spots officiels des partis diffusés quotidiennement sur nos antennes. Frédéric Michaud de l’Ifop explique que, mondialisation oblige, « l’écart entre le vote des Français de France et ceux de l’étranger ne cesse de se réduire ». Cet état de fait rend caduque la bonne vieille rengaine associant systématiquement les Français de l’Etranger à la droite parlementaire, cliché éculé que le P.S s’est si longtemps plu à répandre.

Finalement, la probable majorité de gauche à l’Assemblée Nationale (la seule véritable incertitude repose sur l’ampleur de la victoire, relative ou absolue, du PS) pourra sans doute s’appuyer sur une petite dizaine de députés des Français de l’étranger cornaqués par la ministre Yamina Benguigui. Il faut dire que ce genre de suffrage déterritorialisé, faute de réelle implantation locale, favorise d’emblée les grands partis au détriment des « divers », Israël étant l’exception qui confirme la règle.

Merci qui ? Merci Sarkozy pour cette trouvaille constitutionnelle, devrait répondre un PS reconnaissant pour ses victoires à répétition depuis 2010…

Villeurbanne : André Gerin sauve l’honneur

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Hier midi, j’ai écrit, en résumé, que la gauche et l’UMP se déshonoraient, s’engageaient dans une voie suicidaire et faisaient le lit du FN en faisant semblant de ne pas voir quel genre d’extrémistes étaient à l’origine de l’agression de trois jeunes juifs à Villeurbanne et des nombreux actes antisémites perpétrés depuis l’affaire Merah.

Je trouvais particulièrement lamentable, qu’au nom du refus de je ne sais quelle stigmatisation, on laisse le FN incarner seul, aux yeux de l’opinion, la simple vérité factuelle, fût-elle dénaturée, et concluais en exprimant à quel point j’aurais été heureux d’entendre venant de quelque part à gauche une analyse plus fine de cette catastrophe en gestation.

Eh bien je n’ai pas eu longtemps à attendre, j’ai reçu hier soir ce communiqué d’André Gerin, qui se définit lui-même comme « député communiste et républicain » du Rhône.
Dans le silence sépulcral qui accompagne l’expansion ininterrompue du fanatisme islamiste dans les territoires perdus de la République, ce communiqué est un coup de tonnerre. Il nous a paru indispensable de le publier intégralement :

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Combattre l’antisémitisme, c’est combattre la haine de la France

L’agression de trois jeunes juifs à Villeurbanne doit nous bousculer dans nos certitudes tranquilles, il faut en finir avec l’angélisme et ouvrir les yeux.
Je veux exprimer ici ma solidarité avec la communauté juive, en premier lieu à Villeurbanne où se multiplient moult agressions.
Oui, dans l’agglomération lyonnaise, comme partout en France, il y a du racisme, de l’antisémitisme et je veux rappeler ici, il y a aussi de l’anti France. Les tueries de Montauban et de Toulouse par Mohamed Merah l’ont confirmé.
Allons-nous prendre la mesure du danger au cœur de l’actualité de notre pays ?
A-t-on oublié la tentative, de Khaled Kelkal en 1995, d’organiser un massacre à la sortie de l’école juive de Villeurbanne ? Il s’en est fallu de quelques minutes pour que la situation tourne au cauchemar.
Oui, la gangrène intégriste existe bel et bien dans des quartiers de France. Se diffuse ce poison de l’obscurantisme religieux qui nourrit l’antisémitisme et le racisme anti-blancs. Arrêtons de faire l’autruche.
Cette réalité que je dénonce depuis des années est largement sous-estimée comme je le démontre dans mon livre « Les ghettos de la République – Encore et toujours ». Un certain nombre de nos gamins sont enfermés dans ces ghettos ethniques.
Cette haine de la France doit nous interpeller, notre vigilance doit redoubler car le risque, c’est la banalisation de faits d’une extrême gravité qui minent les fondements de la République.
L’heure est au courage, à la détermination et au réveil de tous les républicains.

André Gerin
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On rappellera qu’André Gerin est à l’origine du projet de loi contre la burqa. On rappellera aussi, avec tristesse, que ses positions courageuses sont loin d’être entièrement partagées par la direction de son parti, et qu’elles sont régulièrement déformées et insultées par Jean-Luc Mélenchon.

 
*Photo : bbcworldservice

En Hongrie, les vieux démons reviennent au galop…

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Amiral sans flotte et régent d’un royaume sans roi, telles sont les plaisanteries qui circulaient sur Miklós Horthy, qui présida aux destinées de la Hongrie de mars 1920 à octobre 1944. Je serais tenté d’y ajouter “héros d’un régime sans gloire”.
Car, dans la Hongrie de 2012, on se plait à donner de cet homme l’image d’un “héros”. Un homme qui, dès 1920, laissa voter les premières lois antisémites (numerus clausus dans les universités) suivies d’une autre série en 1938, 1939 et 1941 (soit bien avant l’arrivée des Allemands) : Juifs exclus des professions libérales et de la fonction publique et interdits de mariage avec des chrétiens. Un homme qui assista sans broncher à la déportation de 400 000 Juifs de la province hongroise et, après une longue hésitation, ne réagit qu’au tout dernier moment (août 1944) pour sauver de la mort la moitié des 200 000 Juifs de Budapest. Tandis que les troupes soviétiques s’approchaient du pays, son gouvernement avait en effet entamé des contacts secrets avec les Anglais qu’il s’agissait alors d’amadouer par un beau geste.
Cet homme envoya en outre, sans que les Allemands le lui aient demandé, sa Deuxième Armée sur le front russe et à Stalingrad où ses 200 000 soldats se firent pratiquement tous massacrer en janvier 1943 (“l’enfer de la Boucle du Don”)[1. Il voulait récupérer les territoires perdus par le Traité de Trianon en juin 1920 – ce qui s’était fait, mais seulement en partie, sous la houlette d’Hitler et de Mussolini, lors des deux arbitrages de Vienne de novembre 1938 et septembre 1940.].

Bref, le bilan de Miklós Horthy à la tête de la Hongrie n’est pas très glorieux. Et pourtant, voilà un homme auquel on ne cesse de rendre aujourd’hui hommage : une “place de la Liberté” a été rebaptisée “place Miklós Horthy”, on a inauguré une statue et une plaque commérative à son nom (en présence d’un évêque, chef de l’Eglise réformée hongroise !), etc. Tout cela passe pour la chose la plus naturelle du monde sans que l’on songe vraiment à protester. Et si par hasard, l’on s’avise de réagir, comme l’a récemment fait un opposant en peinturlurant de rouge la statue du régent, se déverse alors un flot d’indignations (à tel point que ledit contestataire a failli se faire tabasser par une foule d’extrémistes en colère). Citons en vrac parmi les raids menés pour venger ce crime de lèse-majesté : des inscriptions antisémites sur un monument aux martyrs de l’holocauste ou l’attaque contre la statue de Raoul Wallenberg (ce diplomate suédois qui sauva près de 2 000 Juifs) en y accrochant un pied de cochon…

Bien que nous soyons nombreux à considérer Horthy comme un fasciste et un antisémite avoué, je reconnais que certains aspects de sa personnalité peuvent prêter à débat (son attitude durant ses tout derniers mois de pouvoir, notamment son fameux dicours du 15 octobre 1944 pour une rupture de l’alliance avec l’Allemagne, malheureusement non suivi d’effet).
Mais lorsqu’il s’agit de glorifier quasi officiellement un écrivain qui fut franchement nazi, le cynisme est à son comble.

Tel est le cas de l’écrivain hongois József Nyírő, dont – avec la complicité tacite des autorités – on a voulu transférer en grande pompe les cendres en Roumanie, sur sa terre natale, en pays sicule (Transylvanie). Et lorsque les autorités roumaines, arguant d’un prétexte purement administratif ont fait, ne serait-ce que provisoirement, opposition à cette démarche, je ne vous dis pas le flot d’insultes qu’est venu proférer à leur égard le Président du Parlement hongrois (László Kövér) lors d’une cérémonie qui s’est tenue… en territoire roumain (“Peuple barbare et primitif qui a peur de simples cendres” osa-t-il leur asséner[2. Propos si violents qu’ils viennent de faire l’objet d’une demande d’excuses officielles de la part du gouvernement roumain (demande aussitôt rejetée par le Premier ministre hongrois.]) ! Qui était József Nyírő ? Membre de l’Assemblée nationale sous l’occupation allemande, il le resta sans hésiter lorsque celle-ci passa sous la coupe des sinistres milices nazies des Croix Fléchées. Celles-là mêmes qui exterminèrent ou jetèrent dans le Danube les 100 000 Juifs du ghetto de Budapest. Des Croix Fléchées qu’il suivit même dans leur exil à Sopron avant de trouver refuge chez Franco.
Bref, Nyírő ne fut pas un modèle de vertu. Or, l’étude de son oeuvre vient d’être remise au programme des écoles et les cérémonies à sa mémoire se multiplient, avec tout le tralala parfois ridicule qui sied à ce genre de démonstrations : garde d’honneur de clowns déguisés en hussards, discours ultranationalistes larmoyants, etc.

Tel est le visage que donne la Hongrie, pays situé au coeur de l’Europe, en ce printemps 2012. Nous nous dispenserons de commentaire, nous contentant d’y voir le résultat d’un discours politique constamment orienté contre l’étranger, où l’on ne cesse de rappeler, jusque dans la Constitution, la gloire passée de ce si grand peuple brimé par tant d’injustices.
Sans parler de la haine du passé communiste, certes compréhensible, mais dont le caractère maladif fait sombrer le pays dans l’autre extrême. Le choléra communiste banni, le voici remplacé par une peste guère plus avenante qui ne présage rien de bon…

Le Voyage de Monsieur Mélenchon

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Que va-t-il faire dans cette pétaudière ? Et surtout, est-il légitime pour le faire ? On balaiera d’abord les objections pas vraiment objectives qui assimilent tout parachutage à un passe-droit, voire à une prébende. L’Assemblée nationale n’est pas un conseil de copropriétaires. Aux législatives, on élit les représentants du peuple, pas les délégués de circonscription : tous les candidats, sans distinction de résidence, d’orientation sexuelle ou de QI, sont par définition légitimes partout − même Rama Yade ou Olivier Ferrand.

On ne suivra pas non plus les cruchons qui accusent Mélenchon de voler au secours de la victoire. Certes, au deuxième tour, le candidat de gauche a recueilli 60 % des voix dans la circo d’Hénin-Carvin ; mais au premier, avec un peu moins de 15%, Mélenchon est arrivé non seulement loin derrière Marine Le Pen (31,42%), mais aussi loin derrière Hollande (28,75%).[access capability= »lire_inedits »] Bref, si saluer − comme l’ont immédiatement fait certains de ses camarades − l’immense courage de Jean-Luc Mélenchon est un tantinet exagéré, la partie n’est pas gagnée d’avance.

L’hypothèse, vacharde mais non dénuée de pertinence, de certains de mes amis est que Mélenchon se présente à Hénin-Carvin parce qu’en six mois, il est devenu complètement accro aux médias. Cette toxicomanie n’est pas discutable. Elle pourrait donc expliquer que JLM se précipite là où il est certain d’être surexposé. Cette analyse est un peu courte, en tout cas insuffisante.

La mienne part du constat − partagé par ma chère patronne − qu’il existe en France un Parti des médias qui suit autant qu’il les définit les topiques de l’idéologie dominante.

À mon avis, le subtil secrétaire général du PCF, Pierre Laurent, à l’origine de cette candidature délocalisée, n’ignore rien de ce parti. Il a compris que si Mélenchon était accro aux médias, les médias, eux aussi, étaient accros à Mélenchon. Et que cet engouement journalistique bienveillant ne venait fichtre pas du SMIC à 1700 euros ou de la dénonciation de la « règle d’or », mais de ses outrances supposément antifascistes contre la « semi-démente » Marine et ses électeurs « racistes ».

Or, pour ces législatives, le PCF était confronté à un risque sérieux : celui d’une disparition médiatique totale. Pour une fois, ce n’est pas pure paranoïa : à partir du 7 mai, on a vu se multiplier reportages, articles et autres sondages où, malgré le score non négligeable de son candidat à la présidentielle, le Front de gauche (dont une grande majorité de candidats sont communistes) était totalement oublié au profit des aventures électorales de Bayrou ou de Duflot. En d’autres temps, le PCF se serait contenté de pester et de pétitionner contre cette injustice. J’imagine aisément Robert Hue ou Marie-Georges Buffet mettre toutes leurs forces dans cette bataille perdue d’avance.

Le PCF de Pierre Laurent a préféré une autre voie, celle de l’accommodement raisonnable avec le Parti des médias, un peu comme l’avait pratiqué autrefois Georges Marchais, ou plus près de nous Arlette Laguiller et Olivier Besancenot (l’une à son corps défendant, l’autre moins). Le raisonnement est simple : vous voulez du Mélenchon qui tape sur Marine ? Eh bien on va vous en donner, et vous, vous allez donner en échange du temps d’antenne et de la respectabilité politico-médiatique au Front de gauche, autrement dit le qualifier dans la cour des grands, ou au moins des moyens-grands.

Les risques politiques de cette opération sont connus : vedettisation renforcée de Marine Le Pen, boboïsation accrue de l’électorat communiste, car on n’attire pas les prolos avec de l’antifascisme façon Lapix, sans oublier la possibilité d’une veste qui entraînerait la marginalisation médiatique, donc politique, du PC et de son prête-nom mélenchoniste. On me permettra d’exprimer en sus une vague réserve d’ordre éthique : la coalition qui prétend porter la contestation radicale du « système » peut-elle se compromettre avec le « premier pouvoir », c’est-à-dire les médias ? Si l’alternative se résume à « paraître ou disparaître », la stratégie du spectacle n’est pas un mauvais choix. En tout cas, il n’y en a pas d’autre.[/access]

Les législatives ont commencé à l’étranger !

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Alors que la campagne (palpitante) bat encore son plein dans l’hexagone, les Français de l’étranger viennent de voter pour la première fois aux élections législatives. Rappelons que grâce à la réforme constitutionnelle de 2008 votée par l’UMP, quelques radicaux de gauche et Jack Lang, onze circonscriptions maillent désormais le globe terrestre. On les disait acquises à l’UMP mais, élection de Hollande aidant, il semblerait que le PS puisse s’y tailler la part du lion, le découpage dentelé par Alain Marleix ne lui étant pas si défavorable. Il fallait les voir la semaine dernière sur La Chaîne Parlementaire, ces braves candidats partant la fleur au fusil dans des circonscriptions à taille d’empires, qui tractant de Londres au Groenland, qui accumulant les réunions tupperware de Tunis à Abidjan… Bon, assez persiflé ! Que nous disent les premiers résultats à l’étranger qui, faut-il le rappeler, ne reflètent pas vraiment la réalité électorale « métropolitaine », auquel cas Nicolas Sarkozy serait toujours président et Stéphane Hessel réfugié politique à Gaza.

Autant vous prévenir tout de suite, le premier tour nous a réservé quelques surprises, avec un taux de participation de… 20%. Primo, le PS arrive en tête dans 6 des 11 circonscriptions : la 1ère (Canada, Etats-Unis), la 3ème (Scandinavie, Royaume-Uni, Irlande et pays baltes), la 4ème (Benelux), la 7ème (Europe centrale, orientale et Balkans), la 8ème (Italie, Grèce, Turquie, Chypre, Israël) et la 9ème (Afrique du nord et de l’ouest). Secundo, loin du score riquiqui d’Eva Joly à la présidentielle, Europe Ecologie –Les Verts fait la course en tête en Amérique latine et dans les Caraïbes (2ème circonscription). Au vu des très gros scores réalisés par François Hollande dans les Caraïbes, on peut y voir la preuve rétrospective d’un « vote utile » PS au premier tour de la présidentielle : le tout était de chasser Sarkozy, désormais on peut se faire plaisir en votant pour de fieffés sans-frontiéristes à vague teinte écolo.

Les Français de l’étranger revoteront comme leurs concitoyens le 17 juin, lors d’un second tour unique.
D’ici là, ils auront peut-être compris l’intérêt de dépenser des millions d’euros en frais de campagne, de transport (bonjour le bilan carbone…) pour élire des représentants à la proximité toute relative. Gageons que si la gauche détient demain les 3/5 du Congrès, elle ne se hasardera pas à abroger ces élections qu’elle moquait hier. Bref, le changement, c’est maintenant, mais on ne sait pas encore où.

Agression antisémite de Villeurbanne : la faute à qui ?

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Un vague sentiment de perplexité et de dégoût me saisit après l’agression raciste dont ont été victimes ce samedi trois jeunes juifs à Villeurbanne, près de Lyon.

Dégoût face aux faits bien sûr : vers 18 heures samedi soir, trois jeunes portant la kippa ont été pris à partie par trois individus, rejoints bientôt par sept autres, près de l’école juive Beth Menahem à Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise. D’abord agressés verbalement, ils ont été rattrapés et frappés à coups de marteau et de barre de fer. L’une des personnes brutalisées a eu une plaie ouverte au crâne, une autre a été atteinte à la nuque, selon le ministère de l’Intérieur. Brièvement hospitalisés, les trois jeunes sont ressortis de l’hôpital avec cinq jours d’interruption totale de travail.

Mais mon dégoût du jour a aussi été provoqué par les commentaires qui ont suivi, où une fois de plus on ne nomme pas. Car, contrairement à ce que j’ai pu entendre à la radio ou à la télé hier soir et ce matin, nos trois jeunes juifs n’ont pas été agressés par le Saint-Esprit. Ni par des skinheads. Ni par des touristes japonais. D’après toutes les sources proches de l’enquête, les coupables seraient déjà connus des victimes, il s’agirait de jeunes des quartiers dits sensibles. Des jeunes musulmans, ou se disant tels. Richard Prasquier le président du CRIF est indigné, mais n’est hélas pas plus étonné que ça : depuis la tuerie de Toulouse, ce genre d’agression se multiplie : « Dans les semaines qui ont suivi les assassinats de l’école Ozar Hatorah, il y a eu une considérable augmentation du nombre d’actes antisémites », a-t-il expliqué.

Une évidence tellement énorme qu’elle est passée à coté de la plupart des médias, et aussi des hommes politiques. Un cynique, ou disons un plus cynique que moi, dirait que pour une fois qu’ils ont reconnu le caractère antisémite des faits, faudrait pas trop leur demander. Mais si, il faut. Parce qu’on se fout de nous. Lyon Mag a interrogé les principales personnalités politiques lyonnaises. Rien qui ne sorte du blabla multicul habituel, même pas un vague appel faux-cul « à isoler les extrémistes ». Rien. Apparemment, on ne veut stigmatiser ni les touristes japonais, ni personne. La palme de la débilité profonde revient bien sûr au candidat EELV-Les Verts soutenu par le PS (mais pas par Gérard Collomb, ouf !) Philippe Meirieu qui pointe du doigt les probables coupables nazis en citant dans son communiqué officiel la fameuse tirade de Brecht. Ce qui prouve qu’en plus d’être un aveugle et un menteur, l’ami Meirieu est un ignare, puisque le ventre fécond dont parlait Bertolt est la social-démocratie…

Pas de réaction non plus des autorités musulmanes. Lyon est un vivier d’associations culturelles et cultuelles. Pas une n’a eu la bonne idée d’appeler les musulmans du Rhône à exprimer leur colère ce dimanche, leur refus de l’amalgame, leur volonté d’isoler les émules de Mohamed Merah, de les chasser de la communauté des fidèles. Dont acte.

En cherchant bien, il s’est trouvé une personnalité politique pour nommer les choses. C’est Louis Aliot, le numéro 2 du FN. Voilà ce qu’il a déclaré ce matin sur BFM après avoir formellement condamné l’agression au nom de son parti: « Depuis 2001, il y a aujourd’hui en France une recrudescence des actes antisémites provenant, mais ça personne ne le dit, des milieux jeunes. C’est quoi les « milieux jeunes » ? C’est-à-dire des milieux on va dire… musulmans qui s’identifient au conflit israélo-palestinien et qui prennent dans les rues des jeunes juifs pour cible »

Je ne crois pas que l’expression « milieux musulmans » soit la plus appropriée pour parler d’une infime et infâme minorité de fanatiques islamistes donc antisémites, et pour tout vous dire, j’aurais été vraiment ravi que la gauche, via Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls, ou Najat Vallaud-Belkacem, me serve une analyse plus fine. Oui, mais non, rien à déclarer sur les fanatiques que vous savez. La stigmatisation, gross malheur…

Cette attitude est suicidaire. Pour ne pas stigmatiser, UMP, PS et Front de Gauche font l’impasse sur la vérité. Partant de là, ils en laissent royalement le monopole au FN, qui lui, n’hésitera pas, au besoin, à s’en servir pour stigmatiser l’ensemble des musulmans.

Arabes de France, méfiez-vous de vos amis !