La République des partis a reparu. Tous n’ont qu’un slogan à la bouche ou au bout de la plume : rassembler. Mais rassembler qui et quoi ? Certainement pas la France, diluée de longue date à leurs yeux dans l’idéologie européenne, mère de tous les renoncements. Plus ils échouent dans la voie où ils s’embrouillent, plus ils s’en justifient en prétendant qu’on n’a pas été assez loin, et le serpent de mer reparaît : le fédéralisme, qui a échoué partout. Sécularisant une vieille idée chrétienne, ils prêchent que c’est le martyre qui nous sauvera. L’idéologie des changements de structures et d’institutions où s’engouffrent nos dirigeants ne tend qu’à masquer leur impuissance : à qui fera-t-on croire qu’en manipulant constitutions et traités, on cessera de se heurter au réel tel qu’il a été engendré par leurs erreurs passées ? Insulter la Grande-Bretagne parce qu’elle tourne le dos à ces palinodies relève de la puérilité.

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