Depuis une vingtaine d’années, l’occupy culture est une des vaches sacrées de la gauche culturelle italienne. On ne peut comprendre ce phénomène sans une petite précision lexicale : en Italie, « occupazione » est un mot fort, chargé d’histoire, qui, ironiquement et significativement, occupe le même champ sémantique et imaginaire que le mot « résistance » en France.

L’occupazione est née dans les années 1919-1920, au cours du Biennio Rosso (la biennale rouge), une révolte ouvrière et paysanne noyée dans le sang. Ce mouvement de remise en question du capitalisme fut l’un des premiers à pratiquer des occupations massives de terres et d’usines. Et en 1968, dans le sillage du Mai français, l’occupation générale des universités engendra une révolution culturelle. Tragédies et justice, drames et victoires, privations et reconquêtes, pillages et réappropriations se condensent dans le mot « occupazione »

*Photo : Teatro Valle occupato.

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