Mélenchon bascule définitivement du côté obscur de la farce électoraliste.


Jean-Luc Mélenchon envisage ce que pourrait être sa prochaine base électorale et cherche à l’élargir. Sans surprise, ses dernières interventions le montrent lorgner du côté des nouveaux damnés de la Terre. Il s’agit de la population issue de l’immigration ayant remplacé l’ancienne classe populaire qui ne vote plus ou qui vote mal.

Sera-ce suffisant pour être au second tour de la prochaine présidentielle ? Ce n’est pas sûr. Par conséquent les Insoumis soutiennent aussi l’idée de rajeunir le corps électoral.

Créolisation in progress

Après une promenade digestive dans sa ville d’adoption électorale, le chef des Insoumis a tweeté : « Vous ne vous baladez pas dans la rue ? Vous ne voyez pas ce qu’est le peuple français ? Le peuple français a commencé une créolisation, selon le concept forgé par Edouard Glissant. Il ne faut pas en avoir peur. Il faut s’en réjouir. » Edouard Glissant est un écrivain martiniquais (mort en 2011) très apprécié des décolonialistes et des adeptes du vivrensemble. Il a créé la notion de « Tout-monde », sorte de fourre-tout poético-politique appelant à « une nouvelle manière de penser et de regarder le monde » et considérant que l’avenir radieux de ce monde est sa créolisation « dans la totalité réalisée du monde-terre. » Tout un programme… que Rokhaya Diallo déclinait plus brutalement en 2012 : « La France blanche a vécu, et ceux qui ne l’aiment pas peuvent la quitter. »

Car personne n’est dupe, sous le mot de créolisation, il faut entendre celui de métissage. Curieusement, les mêmes qui font l’apologie de la diversité n’ont plus qu’une idée en tête : abolir toute altérité en refusant à la France une continuité historique ou la sauvegarde de son identité.

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La France se créolise, le métissage est l’avenir de l’homme, et… la République française n’a au fond jamais été tellement française. Le même jour, après cette promenade sur la Canebière qui décidément lui a bien aéré l’esprit, Mélenchon apporte un démenti cinglant aux Français qui croyaient que la République française devait un petit quelque chose à l’histoire spécifique de la France : « La République française n’est pas née parce qu’elle était française, ni même au nom des Français. Elle est née au nom des principes imprescriptibles et des droits de la personne humaine, quelle qu’elle soit, où qu’elle soit. »

Ou comment enterrer l’histoire particulière d’un pays sous le catéchisme de principes dévoyés au nom d’un « Tout-monde » fantasmé. Au passage, osons conseiller à Mélenchon, grand lecteur de Robespierre, de le relire encore un peu. Il constatera que ce dernier ne parle jamais des droits de la personne humaine mais toujours des droits de l’homme.

Cherche électeurs désespérément

Le seul électorat Insoumis, créolisé ou pas, pourrait ne pas suffire. Où trouver pour la suite le million d’électeurs qui a manqué lors de la dernière élection présidentielle ? Où sont les cerveaux les plus malléables, les plus perméables à ces notions de « Tout-monde » métissé, à cette envie de rébellion contre l’ancien monde, à ces concepts permettant toutes les guimauveries écologistes et vivrensemblistes ? Il n’a pas fallu longtemps aux Insoumis pour comprendre qu’ils les trouveraient chez nos plus jeunes. « Notre programme propose d’élargir le droit de vote en le portant à 16 ans. On peut travailler à 16 ans, pourquoi ne pourrait-on pas voter ? Il faut élargir sans cesse le champ de la citoyenneté. »

Le citoyen-monde et l’électeur-ado se tiendront la main.

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Bien qu’il s’appuie sur le geste démocratique d’aller voter pour parvenir à ses fins, en tentant de prendre le pouvoir coûte que coûte, Mélenchon prend le risque de se voir broyer par l’énergie de très jeunes gens peu férus d’histoire. L’endoctrinement des plus jeunes est le principe premier des mouvements révolutionnaires finissant en tyrannies. Le tout-monde français espéré par le chef des Insoumis pourrait bien ne pas être celui qu’il croit.

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