image : lmpetersen (Flickr)

« Je ne sais quelle envie perverse me prit de la gêner, de l’assiéger, de la contraindre dans sa dernière réserve. »
Eugène Fromentin, Dominique, ch. XII.

L’affaire DSK est décidément le miroir déformant de la vie politique française. On ne saurait prévoir l’issue du procès qui décidera de l’innocence ou de la culpabilité de l’ex-directeur général du FMI. Mais les arguments mis en avant pour distinguer sa vie publique de sa vie privée et apprécier les répercussions que celle-ci aurait pu avoir sur celle-là témoignent d’une incompréhension radicale de ce qu’est − ou devrait être − une démocratie.

Après le coup de tonnerre, le débat a dévié sur le silence du milieu politique − et du Parti socialiste au premier chef − concernant son goût pour la gent féminine. Il se justifie, plaide-t-on, par le refus de lier sa vie privée à sa vie publique au nom du respect dû à son intimité. La plupart des intervenants à la télévision et à la radio, qu’ils soient amis ou adversaires de M. Strauss-Kahn, reconnaissent qu’il n’était pas convenable de parler de ses ardeurs érotiques bien qu’elles aient été un secret de Polichinelle. On a répété à l’envi que la presse ne devait pas mettre en cause la vie privée d’un homme politique, quoi qu’on en pense sur le plan moral, d’autant que nul ne sait si et à quel moment le dragueur peut se transformer en prédateur.

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est professeur de philosophie à l'université de Nice Sophia est  professeur de philosophie à l'université de Nice Sophia Antipolis