Au fond, quand j’ai fondé le Parti de l’In-nocence, il y a dix ans, j’aurais peut-être dû l’appeler « Parti réactionnaire ». J’y avais d’ailleurs songé. En tout cas, cela simplifierait joliment la tâche des malheureux qui s’épuisent auprès de maires ruraux, en ce moment même, à leur arracher des promesses de parrainage pour ma candidature à la présidentielle. « Parti de l’In-noquoi ? », s’entendent-ils demander régulièrement. Tandis que réactionnaire, tout le monde comprend tout de suite. Ou du moins comprend quelque chose. Sans compter que réac, ainsi que l’abrège en gros caractères la couverture du livre d’Ivan Rioufol, De l’urgence d’être réactionnaire, prête à toutes sortes de jolies anagrammes approximatives : écart, racé, arqué, arkhé, carré, sans parler de Ceyrat, commune du Puy-de-Dôme (tiens, je me demande si on leur a demandé, à ceux-là…). Je laisse de côté âcre, race et même le care, cher naguère à Florence Nightingale Aubry…

Yvan Rioufol, De l’urgence d’être réactionnaire, PUF.

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