À l’heure où l’enseignement de la culture générale semble battre en retraite de toutes parts, il est bon de rappeler l’importance que le général de Gaulle accordait à cette discipline. Une solide culture générale permet en effet de s’élever au-dessus des contingences de chaque situation et de puiser dans une sagesse patiemment accumulée au fil des siècles. Cette exigence vaut pour tous les domaines, y compris celui de la magistrature.
« La meilleure école du commandement est la culture générale », a écrit le général de Gaulle.
Il serait absurde de comparer toutes les activités à forte autorité au commandement auquel fait référence de Gaulle. Il n’empêche que cette pensée vigoureuse et décisive me paraît pouvoir être adaptée à un certain nombre de fonctions régaliennes, et tout particulièrement à la magistrature.
Pour cette dernière, il m’est toujours apparu que les formations dispensées à l’École nationale de la magistrature se focalisaient trop sur le juridique et la technique, comme si ces domaines, après la réussite au concours, ne pouvaient être approfondis bien plus efficacement lors des stages et durant les premiers mois de la vie professionnelle. Cela laisserait une place considérable, au sein de l’École, au perfectionnement de la culture générale.
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On peut soutenir, sans paradoxe, que le commandement et les hautes responsabilités ont besoin, pour être exercés au mieux, d’un capital intellectuel et humain ayant enrichi les esprits et les sensibilités, accumulé au fil des siècles pour constituer un vivier universel.
C’est au sein de celui-ci que, confronté souvent à un présent équivoque, difficilement lisible et maîtrisable, le commandement, quelle que soit sa configuration, peut aller chercher des réponses et trouver le moyen de n’être pas dépassé par les défis d’aujourd’hui.
Plaider pour une culture générale, alliée fondamentale du commandement, c’est montrer qu’on ne devient exceptionnel, dans quelque fonction que ce soit, qu’en s’élevant au-dessus du contingent, du pragmatique et du conjoncturel. C’est être animé par la certitude que l’on est accompagné, dans sa pensée comme dans son action, par le cortège d’une multitude d’éclaireurs de talent ou de génie.
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