Selon l’humeur du moment, les prétendants socialistes vont être amenés à s’embrasser, s’ignorer ou s’insulter. Mais quoi qu’ils fassent, ils le feront avec les mains attachées dans le dos : ils sont tous, ou au moins les favoris, enserrés dans la nasse de la « règle d’or ». Pour être plus précis, disons que ce joli piège tendu par le Président de la République va leur serrer le kiki petit à petit jusqu’à les étouffer : c’est très affaibli que le vainqueur ou la vainqueure des primaires affrontera Sarkozy au premier tour. Quant au second…

Un piège ? Oui, un piège. Mais on peut plus banalement appeler ça « faire de la politique ». Et après quatre ans de guérilla niveau bac à sable, le Président s’est souvenu que, quand il faisait de la politique, eh bien ça marchait. C’est même comme ça qu’il est devenu Président. C’est donc peut-être en élevant le niveau qu’il pourrait le rester.

Reprenons le fil de la manœuvre : confronté aux risques de contagion monétaire venus du flanc sud de l’euro, Nicolas Sarkozy, tout fraîchement converti à l’orthodoxie budgétaire, annonce qu’il proposera avant la présidentielle l’inscription dans la Constitution d’une « règle d’or » qui limitera progressivement le déficit public à 3 % du PIB. À charge ensuite pour les élus du peuple de faire entrer les budgets dans ce moule à gâteau trop petit.

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