C’est le casse-tête de tout meccano institutionnel : comment arbitrer entre représentativité et gouvernabilité, c’est-à-dire dans un jeu à somme nulle ? Plus les institutions sont représentatives des divergences au sein de la société, plus il est difficile de dégager un compromis, donc une majorité qui soutienne et accompagne le pouvoir exécutif. Le mode de scrutin n’est donc pas, loin s’en faut, un détail technique, mais un choix politique qui traduit l’importance relative que l’on accorde à la stabilité et à la justice. Avec le scrutin uninominal à deux tours – censé favoriser un bipartisme aussi confortable pour les gouvernants que rassurant pour l’esprit −, la France a clairement donné, en 1958, la priorité à la stabilité. Les Français voulaient être bien gouvernés.

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