Comme si la soirée des César n’avait pas été assez gênante ! Voilà maintenant que Jean-Pierre Darroussin jure qu’il n’est pas antisémite. Il en donne la preuve : « Ma femme est juive et donc mes deux filles le sont également ».


Sa prestation lors de la remise des César était pour le moins contestable. Ses excuses le sont tout autant.

Lors de la cérémonie des César, l’acteur était chargé d’ouvrir les enveloppes contenant le nom des primés. Quand il ouvrit celle où il y avait le nom de Polanski sa vue s’obscurcit et son esprit se troubla. Comment prononcer l’imprononçable ? Déjà que « Polanski » ça sonne pas très français…

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Florence Foresti, qui avait la redoutable tâche d’animer la cérémonie, s’en était tirée en appelant le cinéaste Atchoum (Polanski n’est en effet pas grand). Darroussin opta pour une autre solution : il bredouilla, marmonna et écorcha le nom de Polanski.

Darroussin incompris?

Par la suite, il reçut une salve de critiques indignées par cette prestation aussi abjecte qu’imbécile. La raison lui est revenue ! Dans une interview au magazine Transfuge, il présente ses excuses. « Non je n’ai pas voulu humilier Polanski : c’était juste une mauvaise blague ». Et sans que personne ne lui ait rien demandé, Darroussin ajoute : « Je ne suis pas antisémite ». Et il ponctue cette proclamation par un argument massue : « Ma femme est juive et donc nos deux filles le sont ». Que de choses inavouées derrière cette phrase ! L’explication, car il y en a une, est à chercher du côté de chez Freud.

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On sait – comme une évidence mainte fois répétée – que tous les antisémites ont un ami juif. Et de temps en temps – c’est un classique – ils lui disent tendrement «  quel dommage que tous les Juifs ne soient pas comme toi ». S’agissant de Polanski, lors des César, il n’était pas « le bon Juif » de Darroussin. Maintenant il l’est devenu.

Me revient à ce propos une anecdote savoureuse racontée par Léon Poliakoff dans L’Histoire des Juifs. Au début du siècle dernier, un baron hongrois était accusé d’antisémitisme. Un ami vint le voir pour le lui reprocher. Et le baron superbe répliqua : « Moi antisémite ? Jamais ! Un antisémite c’est quelqu’un qui hait les Juifs plus que de raison ».

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