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Inflation: oui, les patrons français doivent faire un geste!

Une tribune libre de Sadri Fegaier, chef d'entreprise

Inflation: oui, les patrons français doivent faire un geste!
Le président Macron visite l'usine de ST Microelectronics de Crolles (38), 12 juillet 2022 © Jean-Philippe Ksiazek/AP/SIPA

Un appel de Sadri Fegaier, président de Indexia Group


C’est un fait. La zone euro est entrée dans une spirale inflationniste depuis la fin de l’année 2021. Si la politique « zéro Covid » chinoise a su préserver le pays de l’épidémie, elle a provoqué un ralentissement de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, et des chaînes de production. Ce « choc de l’offre » en Asie s’est couplé au déclenchement de la guerre en Ukraine, qui a eu des conséquences dramatiques sur les marchés de l’énergie et de l’agroalimentaire.

Dans la lettre qu’il adresse annuellement au président de la République, Emmanuel Macron, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau a indiqué que l’inflation tendait désormais à s’installer et « à s’élargir ». Impossible de lui donner tort, puisqu’on constate une hausse des prix de 6,5% en juin, et de 3,3% en excluant l’énergie et l’alimentation. Au mois de mars, la hausse des prix de l’électricité, du gaz et de l’essence enregistrée par l’Insee était de… 28,9 %.

Le privé peut agir

Avec rapidité et efficacité, l’État a mis en place des mesures d’urgence consistant en un blocage de la flambée des prix, afin de protéger le pouvoir d’achat des Français, déjà largement corseté par les dépenses liées au prix du logement qui, comme chacun le sait, reste à des niveaux très élevés dans notre pays. Les aides apportées par le gouvernement se sont aussi matérialisées sous la forme de primes, comme la « prime Macron » versées aux Français les plus en difficulté.

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Nous devons saluer ces actions. Mais, soyons honnêtes, elles ne sauraient suffire, car elles ne s’attaquent pas à la racine des difficultés que nous traversons. Il faut donc en faire plus et le privé peut agir. Non seulement il le peut, mais surtout il le doit.

« Le retour de l’inflation est une source de préoccupation et d’inquiétude, d’angoisse pour des millions de compatriotes (…) Je pense que c’est bien que les salaires puissent augmenter dans les entreprises qui en ont la possibilité, il faut que nos compatriotes se disent, ‘’ça me rapporte de travailler’’, et pas ‘’ça me coûte cher’’” à cause du prix de l’essence », expliquait le ministre des Finances, Bruno Le Maire. Partant de ce terrible constat, les grandes et les moyennes entreprises ont une solution. Si les hausses de prix sont indépendantes de notre volonté, nous pouvons rehausser les salaires, afin qu’ils accompagnent l’évolution du coût de la vie. Qui plus est dans une période où nous, employeurs, avons une vraie difficulté à recruter.

Ceux qui le peuvent doivent répondre à l’appel du gouvernement

Contre cette inflation croissante, il faut absolument redonner du pouvoir d’achat à nos salariés, et leur sécuriser un niveau de vie décent. Bien que je sois convaincu que garantir des salaires supérieurs à la moyenne du marché soit l’un des soutiens les plus efficaces, j’entends déjà nombre de mes pairs arguer qu’ils ont les mains liées, et qu’une augmentation pure et simple n’est pas une solution pérenne. Mais les leviers que nous avons à notre disposition sont, en réalité, nombreux.

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Hors les salaires, nous pouvons offrir des avantages annexes en nature qui permettent aux salariés de faire des économies. La mise à disposition de restaurants d’entreprise et de salles de sports gratuits vont dans ce sens. Nous avons déjà passé ce cap, chez Indexia, depuis des années. Tout aussi concrètement, la prise en charge à 100% de la mutuelle, les primes de participation et d’intéressement, l’installation de crèches, ou encore les chèques vacances et chèques cadeaux sont autant de moyens d’action qui réduiront le coût de la vie de nos collaborateurs, et augmenteront leur pouvoir d’achat.

Dans un contexte de crises successives, la solidarité n’est plus une option : c’est un impératif de croissance et de prospérité communes. Chaque citoyen est en capacité d’agir, et il le doit. Les patrons ne doivent pas faire exception et répondre présents à l’appel du gouvernement.


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