La victoire du candidat du FN à la cantonale partielle de Brignoles constitue « une mauvaise nouvelle pour la démocratie et pour la République, et je considère qu’à partir de maintenant chacun doit en mesurer profondément la gravité » : ainsi parlait Vincent Peillon, avant-hier, à l’antenne de BFM. Comment M. Peillon démontre-t-il aux français qu’il a lui-même « mesuré la gravité de cette mauvaise nouvelle » ? Il sera tête de gondole aux prochaines élections européennes ! Non pas pour se garantir un avenir confortable dans un parlement très éloigné des contingences françaises, mais parce que dans « le contexte politique de la montée du FN, et face à un Jean-Marie Le Pen, prêt à se présenter, il ne peut se dérober à un combat dans lequel sa voix va compter » (Eduardo Rihan Cypel, député PS de Seine-et-Marne).

Les mauvaises langues parlaient d’un ministre de l’éducation effrayé à la seule idée de se trouver sans emploi, et préférant aux rudes affrontements d’une élection nationale, à l’issue plus qu’incertaine pour les socialistes de pouvoir, la sinécure du scrutin proportionnel de liste, dans lequel la tête (ici, M. Peillon) est à peu près sûre d’être élue. Ce n’était que calomnie : le charmant François portera le fer contre l’hydre populo-fasciste nommée Jean-Marie Le Pen !

Le comportement des socialistes de pouvoir, ainsi que celui de leurs alliés verts, politiciens d’ozone (même pas érogène), relève de l’hystérie post-pubère mêlée d’arrogance de parvenu. La semaine dernière, un incident à la fois mineur et lamentable a permis à un député de la majorité, Mme Massonneau, de jouer la grande scène du féminisme offensé. Son discours fut en effet grossièrement interrompu par les cris de poule qu’émettait un crétin de l’UMP. Un rappel à l’ordre aurait suffi. Mme Massonneau a vivement dénoncé cet affront « machiste », soutenue, acclamée par ses amis politiques.

À propos de cet incident de tribune, Jacques Myard, député de l’opposition, fit observer que, lorsqu’il prenait la parole, des bancs de la majorité socialiste et des Verts, hommes et femmes confondus, s’élevait en permanence l’adverbe « Debout ! », destiné à rappeler cruellement à ce député qu’il mesure 1 m 60 ! C’est en effet beaucoup plus grossier qu’un caquetage de collégien ! Et l’on attend toujours les protestations de ces consciences finement ourlées contre la violente et racoleuse agression verbale dont fut victime, dimanche dernier, Nadine Morano de la part de Guy Bedos, animateur pour noces et banquets socialistes.

Le ministère Ayrault, sans doute le plus incompétent et l’un des plus impopulaires de ces vingt dernière années, évoque constamment un prétendu « pacte républicain ». Qui les entend ? On voit nettement que bien des électeurs socialistes ou de gauche, à Brignoles, ont voté en faveur du candidat frontiste. Leur échec gouvernemental augmenté de leur indiscipline égoïste rendent ces gens définitivement insupportables. Ils ne semblent pas s’en apercevoir.

 

*Photo : MEUNIER AURELIEN/SIPA. 00666774_000050.

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