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François Kasbi, la littérature à l’estomac

Un critique vagabond dit son amour de la liberté en littérature

François Kasbi, la littérature à l’estomac
François Kasbi, Photo : Patrick Lafrate.

Voilà un livre qui prend la littérature au sérieux mais sans esprit de sérieux ! Ce Bréviaire capricieux de littérature contemporaine a en effet quelque chose de valéryen : il servira tour à tour de livre de chevet aux lecteurs insomniaques, de bibliothèque vagabonde aux historiens des lettres ou de guide de voyage littéraire au flâneur de mots qu’est tout liseur de roman. Son éclectisme, qui permet de passer de Javier Marias ou de J.M. Coetzee à un romancier quasi inconnu, de Michel Leiris à Pauline Réage, d’un essai sur Proust à des ouvrages historiques, sans oublier des études consacrées aux classiques car pour traiter du présent il ne faut pas occulter les talents du passé, rappelle que la grande vertu de la littérature, c’est la liberté.

Kasbi, lecteur boulimique

François Kasbi est un lecteur boulimique et un critique de goût à l’érudition sobre. Depuis des années, cet infatigable promeneur des lettres ne parle que des livres qui le séduisent et jamais ce ceux qui l’importunent. Dans Le Figaro littéraire, Valeurs Actuelles ou Les Inrockuptibles, L’Express ou la revue Esprit,  il pratique, pour le plus grand plaisir des lecteurs, l’admiration d’un modeste découvreur de phrases et laisse à d’autres l’art germanopratin de l’exécution des auteurs. Last but not least Kasbi possède un style à la fois abondant et incisif. Il n’est guère étonnant que Stendhal, ce polygraphe qui écrivit La Chartreuse de Parme en deux mois, soit son écrivain favori.

Et que le galop des Hussards – il évoque l’œuvre de Michel Déon avec beaucoup de justesse – l’entraine à fuir la platitude d’une certaine littérature française « en pantoufles », pour reprendre un mot d’Umberto Eco, écrite nonchalamment à l’encre du tout-à-l’ego. C’est ainsi que le roman étranger, en particulier anglo-saxon (Philip Roth, Martin Amis, Ian McEvan…) semble avoir ses faveurs. Avis partagé ! tant il semble que ce sont ces romanciers qui associent le mieux, aujourd’hui, métaphysique et littérature.

Lire la vie pour mieux l’éprouver

Les livres sont pour François Kasbi des amis stimulants : ils permettent de nommer le monde pour tenter de le comprendre, de lire la vie pour mieux l’éprouver. Nul doute qu’il doit faire  sienne la célèbre phrase de Proust : « La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature ».

François Kasbi, Bréviaire capricieux de littérature contemporaine. Pour lecteurs déconcertés, désorientés, désemparés. Les Editions de Paris Max Chaleil, 2018.


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est écrivain et philosophe. Dernier ouvrage paru : Au bout de la colère. Réflexion sur une émotion contemporaine, Plon, 2018.

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