J’ai renoncé, depuis hier, à compter les lettres de lecteurs de Causeur me faisant part – après avoir rapidement loué la hauteur de vue, l’exigence, la précision des analyses politiques et la haute tenue morale qui caractériseraient chacune de mes interventions – de leur stupéfaction devant la lâcheté avec laquelle je me suis défilé, trois ans durant, devant la seule question qui vaille : « Faut-il vraiment tirer sur la languette ? » Enfin délivré par moi-même de la tâche fastidieuse de dénombrer ces missives, je vais profiter du temps considérable dont je dispose à présent pour leur apporter une réponse claire et sans ambiguïté.

« Faut-il vraiment tirer sur la languette ? » La question est à l’évidence, selon l’expression chère à tous les extraterrestres, « au cœur des préoccupations des Français ». Et j’en veux d’abord pour preuve le silence entendu de tous les candidats à l’élection présidentielle et de tous les experts polymorphes au sujet de la guerre des languettes qui fait rage et dans laquelle ils se gardent bien de choisir leur camp.
 

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Bruno Maillé
est un paria timide.Ecrivain fantôme en voie de matérialisation, il gravite depuis quinze ans entre diverses revues antimodernes, notamment  L’Atelier du roman.Depuis qu’il écrit à rebrousse-poil dans Causeur, sa conscience politique vient enfin de dépasser d’une courte tête celle de la limace ordinaire. 
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