Les Français ont une passion pour les faits divers qui les interrogent sur leur propre personnalité


« Pourquoi un tel engouement pour les faits divers ? » C’est la question que pose Guillaume de Dieuleveult dans un excellent article du Figaro en date du 27 novembre.

Le hasard de l’écoute matinale fait que dans l’émission « Grand bien vous fasse ! » d’Ali Rebeihi, le 15 décembre, le même sujet a été traité.

Il m’a semblé que ce thème était si riche, et la passion des Français pour les faits divers tellement majoritaire et consensuelle, que je pouvais me donner le droit d’aller plus avant que je ne l’avais fait déjà dans un billet du 9 février 2018 : « Sang pour cent: le crime, une passion ordinaire… »

Pourquoi, en effet, une telle dilection, partagée par toutes les classes sociales, pour le sombre de la criminalité, l’extra-ordinaire d’un comportement et d’une tragédie ou parfois, dans un registre moins lourd, l’anecdotique singulier de telle ou telle séquence de vie ?

Les faits sont divers et la curiosité à leur égard unit. Celle-ci n’est pas sordide ni vulgaire, elle ne révèle rien de malsain, elle considère avec une fascination emplie de bonne conscience les épisodes criminels, les incroyables ressources du Mal. Ce dernier ne cesse d’inventer, de sorte qu’hier sera dépassé par aujourd’hui que le futur relativisera.

A lire aussi, du même auteur: Jonathann Daval ne pouvait avouer plus que ce qu’il est parvenu à appréhender de lui-même

Il faut demeurer aux aguets puisque la nature malfaisante d’une minorité engendrera, sans se lasser, de quoi combler chez nous ce besoin paradoxal mais incontestable de notre similitude et, à la fois, de notre différence.

Comme l’a pens

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Philippe Bilger
Magistrat honoraire, président de l'Institut de la parole, chroniqueur à CNews et à Sud Radio.
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