Au diable les pudeurs de gazelle : en délégitimant par principe l’action de ceux qui s’opposent à l’ensauvagement, on légitime l’ensauvagement.


Ensauvagement. Je ne suis pas de ceux qui préfèrent s’indigner de l’utilisation du mot plutôt que lutter contre la réalité qu’il désigne. Je pourrais évidemment parler d’augmentation des violences contre les personnes, en particulier des violences non crapuleuses, de la cruauté croissante de leurs auteurs et de la futilité tout aussi croissante des motifs qu’ils invoquent pour expliquer leur passage à l’acte, mais je préfère dire le réel sans fausse pudeur. Je parlerai donc d’ensauvagement.

La France vendue à la découpe

Mais pourquoi cet ensauvagement ? Comme pour bien des phénomènes, les causes en sont multiples et c’est leur convergence qui s’avère déterminante. Petit passage en revue.

D’abord une délégitimation de l’autorité publique dans son ensemble. Chacun a en tête la manière dont le mouvement des Gilets jaunes a été déconsidéré lorsqu’il était pacifique, puis récupéré par des extrémistes, chacun sait que l’état a alterné des laisser-faire coupables et des répressions d’une vigueur disproportionnée. On peut remonter plus loin : la complaisance envers les violences d’ultragauche comparée à une sévérité délirante envers d’autres, comme par exemple les Veilleurs, et j’en passe. Ajoutons les mensonges éhontés du gouvernement (ah, Sibeth et les masques !), la vente à la découpe de notre pays par ceux-là même qui devraient être les garants de ses intérêts supérieurs (Alstom….), et ainsi de suite. Mais ne nous leurrons pas : dans le phénomène d’ensauvagement, tout ceci n’est en réalité que marginal. Car l’ensauvagement ne vient pas d’une population traditionnellement attachée aux droits du Peuple ni aux intérêts de la France ! Et c’est d’ailleurs sans doute là le problème…

Les magistrats lâchent

Il y a la peur qui paralyse ceux qui devraient lutter contre cet ensauvagement. Peur de la réaction médiatique, bien sûr. Peur de perdre en prestige social : il est notoirement plus confortable d’adopter la posture du gentil qui compatit à la souffrance des pauvres victimes d’une société injuste que de se faire le chantre d’une riposte sévère contre la racaille. Rappelons donc qu’il s’agit de faux gentils, que cette posture faussement humaniste est surtout suintante de mépris, puisqu’elle présuppose que certains seraient intégralement déterminés par les conditions extérieures au point de ne pas être responsables de leurs actes, c’est-à-dire de ne pas disposer du libre-arbitre, c’est-à-dire de ne pas être des humains à part entière. Peur, aussi, des accusations inévitables d’islamophobie et/ou de racisme. Et peur, pour les forces de sécurité, de ne pas être soutenus par les magistrats en cas d’incident.

Car des décennies de travail du Syndicat de la Magistrature ont porté leurs fruits, et

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