Alors que les états-majors politiques se projettent déjà sur l’échéance de 2027, les dernières enquêtes d’opinion bousculent la hiérarchie traditionnelle à droite. Selon un nouveau sondage relayé par Le Parisien, le maire de Cannes et président de l’Association des maires de France, David Lisnard, confirme une progression continue dans les intentions de vote. Une dynamique mesurée qui interroge la capacité des tenanciers habituels du camp républicain à verrouiller le jeu.
Longtemps cantonné au cercle restreint des initiés ou à une forme de notoriété numérique sur les réseaux sociaux, le nom de David Lisnard commence à s’inscrire concrètement dans les études d’opinion. Le président de Nouvelle Énergie, qui doit d’ailleurs tenir un grand meeting à Lyon durant le mois de décembre, talonne désormais Bruno Retailleau dans les sondages (Verian pour le Figaro Magazine, Ipsos-BVA-Cési Ecole d’ingénieurs pour Le Parisien), comme l’explique le quotidien de la capitale. Il est, de ce fait, le candidat affichant la plus forte progression ce mois-ci (+8), devant d’autres figures de la droite de Zemmour à Darmanin, poursuivent nos confrères. En tout et pour tout, c’est 23% des sondés qui disent souhaiter que le maire de Cannes prenne davantage de place sur la scène politique à l’avenir.
A lire aussi : Lisnard-Retailleau: un couvert pour deux prétendants?
Tout porte à croire qu’il tire profit d’un positionnement axé sur la baisse des dépenses publiques, l’autonomie locale et la lutte contre la bureaucratie. Sans appareil partidaire massif derrière lui, l’élu azuréen enregistre une hausse régulière auprès des sympathisants de la droite et du centre, au moment même où d’autres figures historiques peinent à décoller ou voient leur cote stagner. D’autres continuent également à grimper, quoique moins vite, comme Sarah Knafo (+4), Bruno Le Maire (+4), Michel Barnier (+4) ou Dominique de Villepin (+3).
David Lisnard progresse dans les sondages : un casse-tête pour les états-majors traditionnels ?
Cette émergence mesurée pose un problème tactique évident aux états-majors parisiens, notamment du côté de La Droite Républicaine (ex-LR) et du bloc central. En refusant de s’aligner sur la ligne politique d’un parti ou de se couler dans le moule des primaires traditionnelles, le maire de Cannes installe une offre alternative. Si sa notoriété nationale reste encore inférieure à celle des ténors du camp conservateur, sa capacité à capter un électorat déçu par les compromis parlementaires en fait un facteur d’instabilité pour le calendrier des déclarations à venir.
A lire aussi : Le Pen vs Mélenchon: la trahison des élites
Il convient toutefois de garder la mesure des chiffres. Si la tendance est favorable pour l’élu cannois, transformer une hausse de popularité dans les baromètres d’automne en véritable dynamique présidentielle relève de l’épreuve de force. L’accès aux grands médias nationaux, la structuration d’un réseau territorial au-delà du monde des maires et la pression des appareils d’ici 2027 restent des obstacles majeurs. Reste un constat factuel : la compétition à droite n’est pas le long fleuve tranquille que certains stratèges anticipaient.
A gauche, l’effondrement de Jean-Luc Mélenchon ?
Le Parisien fait également état d’une autre dynamique. Jean-Luc Mélenchon perd pour sa part trois points au global. Il progresse cependant chez les électeurs positionnés à gauche ou à l’extrême gauche. En face, son rival Raphaël Glucksmann gagne trois points et s’inscrit ainsi comme l’unique personnalité rangée à gauche dans le top 10 du classement Verian pour Le Figaro.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !




