Alors que nous avons commémoré ce mois-ci les quatre ans des assassinats commis par Mohamed Merah, je regardais l’interview d’Alexandra Laignel-Lavastine, auteur de La Pensée égarée, sur le plateau de Paul Amar.

Voici ce qu’elle dit : « Je pense que l’on doit réfléchir sur l’indécence de cette sociologie de l’excuse que l’on pratique en France du matin au soir, qui consiste à considérer que les individus sont déterminés par leur milieu et par leur origine. Les trois soldats français assassinés par Merah étaient eux aussi issus de milieux défavorisés, ce qui ne les a pas empêchés de faire un autre choix et de devenir des Français exemplaires puisque disposés à sacrifier leur vie pour les valeurs de la République. » Puis elle continue : « Le 14 novembre au matin, je suis descendue au café du coin et une quinzaine de jeunes que je connais bien étaient là. L’un d’entre eux m’a dit : “Un musulman, ça ne tue pas, donc il y a forcément un truc derrière tout ça, et le truc, c’est un complot contre l’islam et les musulmans, organisé par les juifs et les sionistes” »

J’ai maintes fois entendu ou lu sur les réseaux sociaux ce genre d’accusation et, face à la perspicacité de ces citoyens éveillés, je crois qu’il est inutile de nier. Nous sommes démasqués. Les jours du complot juif mondial sont comptés. Je vais donc tout vous raconter avant de nous saborder.

Nous sommes installés depuis le Moyen Âge sous Notre-Dame de Paris. Rappelez-vous, ce sont les compagnons qui ont construit la cathédrale (à notre demande bien sûr). Et quels étaient les symboles du compagnonnage, je vous le donne en mille ? Le compas et l’équerre. Et quel est le symbole des francs-maçons jusqu’à aujourd’hui ? Le compas et l’équerre. Hasard ? Naïfs que vous êtes…

Le complot judéo-maçonnique existe bel et bien. Au Moyen Âge, nous n’étions qu’une fabrique artisanale d’épidémies en tout genre. Nous avions déjà une grande avance scientifique. Nous empoisonnions les puits et cela s’est su. Les premiers troubles ont éclaté à Toulon dans la nuit du 13 au 14 avril 1348, 40 juifs tués et leurs maisons pillées. Les massacres se sont multipliés rapidement. La synagogue de Saint-Rémy-de-Provence fut incendiée. En Languedoc, à Narbonne et Carcassonne, les juifs sont massacrés par la foule. En Dauphiné, des juifs sont brûlés. À Valence des juifs sont précipités dans des puits qu’on les accuse d’avoir empoisonnés. D’autres massacres ont lieu en Navarre et en Castille. Le 13 mai 1348, le quartier juif de Barcelone est pillé. En juillet, le roi de France Philippe VI fait traduire en justice les juifs accusés d’avoir empoisonné les puits. Six juifs sont pris à Orléans et exécutés. En octobre, les massacres continuent en Franche-Comté…

Nous avons alors compris le danger de n’avoir qu’une seule base de commandement. Nous nous sommes disséminés dans le monde entier et avons construit nombre de monuments dans le seul but d’abriter notre organisation. La délocalisation, c’est nous qui l’avons inventée. Vous croyez vraiment que le Christ rédempteur de Rio, la tour Eiffel puis la tour Montparnasse, la Sagrada Familia à Barcelone (et je pourrais en citer des dizaines d’autres) sont de simples monuments construits pour le plaisir des yeux ou des dieux ? N’avez-vous pas remarqué qu’ils dominent les villes dans lesquelles ils sont construits ? Ce sont des antennes de communication, naïfs que vous êtes ! Ce sont eux qui, avant l’apparition des satellites, nous permettaient de nous coordonner pour diriger le monde.

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Jean-Paul Lilienfeld
est cinéaste et scénariste.Il a notamment réalisé La journée de la jupe (2009).