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Assa Traoré ministre de la Justice? Le Syndicat de la magistrature vote pour…

Le billet sarcastique de Dominique Labarrière


Assa Traoré ministre de la Justice? Le Syndicat de la magistrature vote pour…
La militante anti-police Assa Traoré, photographiéeà Saint-Denis, le 4 avril 2026 © Franck Derouda/SIPA

La présence du magistrat Stéphane Fischesser à une conférence de presse organisée par le député gauchiste Thomas Portes — où Assa Traoré et d’autres ont tranquillement avancé que les députés avaient voté le « permis de tuer » pour les policiers — indigne. La militante s’était déjà fait remarquer dernièrement en perturbant les débats parlementaires depuis les tribunes de l’Assemblée nationale.


Parfois, on se surprend à envisager ce que pourrait être un gouvernement sous Mélenchon président de la République. Un vrai casse-tête, figurez-vous.

Parité oblige, il faudrait autant de femmes que d’hommes. Bon, jusque-là, ça va. Mais quid des LGBT+++ ? Faudra-t-il prévoir une composition du style un homme, une femme, un transgenre ex-femme viré homme, une transgenre ex-homme virée femme, cela bien évidemment enrichi de quelques indécis résolument non genrés ? Et si ce n’était que cela… mais il y a aussi à veiller à ne pas déséquilibrer la composition gouvernementale en favorisant des « non racisés » au détriment de « racisés ».

Un Noir pour deux Blanches, peut-être bien, histoire de compenser cette doctrine musicale profondément raciste qui veut, depuis des lustres, qu’une blanche vaille deux noires. Il faut en effet absolument en finir avec une telle ignominie. Et, pour faire bon poids, jeter à la poubelle tout Mozart, tout Beethoven. Trop blancs, d’ailleurs, pour être fréquentables…

Pour le poste de Matignon, l’affaire semblait réglée depuis quelques semaines déjà. Bally Bagayoko fait figure de grand favori. Lui-même s’y voit déjà. Le ministère de la Culture ne devrait pas échapper à M. Delogu qui, au cours de ses années de député, a montré maintes fois un niveau culturel et intellectuel le désignant d’office pour cette fonction où, cela dit en passant, il ne devrait pas faire beaucoup plus médiocre que Mmes Bachelot ou Dati.

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Le futur gouvernement Mélenchon se dessinait donc quand même dans le flou et la douleur. On ne voyait pas bien qui pourrait occuper l’Intérieur et la Justice. Maintenant, nous sommes parfaitement éclairés. Une profonde et grande réforme fera probablement que les deux ne seront plus qu’un seul. Intérieur et Justice sous la même férule. Et cette férule, désormais les choses semblent bien arrêtées, ne pourrait être que celle de l’éblouissante Assa Traoré. Cela avec la bénédiction du non moins éblouissant Syndicat de la magistrature.

Nous en avons la preuve avec la participation de ce syndicat gaucho-révolutionnaire à la conférence de presse donnée le 16 de ce mois par le groupe parlementaire de La France Insoumise. Le Secrétaire général de cette officine syndicale en était, ainsi, bien sûr, que l’incontournable Assa Traoré.

Le thème de la conférence : « Non au permis de tuer XXL », consécutivement au vote de la loi prévoyant un préalable de présomption d’innocence pour les policiers se trouvant en situation de devoir faire usage de leur arme. Donc, en gros, c’était haro sur les flics et « la police qui tue ». Que les participants, parlementaires de la République, rappelons-le, en appellent à la rue — autrement dit au soulèvement, à l’émeute — pour peser dans la balance n’aura pas ému plus que cela le chef syndiqué de la magistrature… Quant à la diva Traoré, elle exultait, on l’aura compris. Mine de rien, en braillant si fort avec son petit poing vengeur et révolutionnaire levé bien haut, elle venait de prendre rang pour se voir promue ministre de la Justice sous une présidence Mélenchon. Et, par la seule présence et participation de son chef à ce grand moment, le Syndicat de la magistrature lui apportait sur un plateau d’argent les clefs de la Place Vendôme. Carrément.

Plus sérieusement, constatant la participation de ce syndicat à cet événement LFI, on est en droit de s’interroger. Est-ce que le justiciable, convoqué par la justice, ne pourrait pas disposer d’un droit de révocation ? Disposer du droit de savoir si le juge qui va trancher son affaire est de ce syndicat ou non et, éventuellement, de le récuser ? Car, on aura beau dire, mais le sens dans lequel la justice risque d’être rendue ne fait guère de doute. Une jurisprudence qu’on pourra labelliser Traoré risque fort de prévaloir sur toute autre. Une justice tout aussi rouge sang que la toge de certains de ces bons juges et procureurs estampillés, eux, LFI-compatibles…

De gauche à droite: le magistrat Stéphane Fischesser, Anne Savinel-Barras de l’association Amnesty Int. France et Margot Pugliese de l’association « Flagrant déni ». Capture France insoumise.


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Ex-prof de philo, auteur, conférencier, chroniqueur. Dernière parution : « Je suis Solognot mais je me soigne » éditions Héliopoles, 2025

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