L’Académicien songe à quitter la France. Le petit monde des lettres se mobilise beaucoup plus facilement pour pétitionner contre Bolloré, que contre les condamnations grotesques de l’Algérie, déplore notre chroniqueur.
Le petit monde des Lettres, réduit au cercle germanopratin de la « gauche halal » et de quelques suiveurs mondains, est idéologiquement prêt à mettre au pilon les livres déviants. Ces censeurs ne tolèrent aucun blasphème. Ils rejoignent ceux qui menacent, ce lundi, d’enterrer le rapport du député Charles Alloncle (369 pages) sur l’audiovisuel public.
Professionnels du rappel à l’ordre
C’est ainsi que Boualem Sansal, qui alerte sur l’islamofascisme importé dans une France angélique, est devenu indésirable aux yeux des sectaires. La pétainisation des consciences molles a contaminé les professionnels du rappel à l’ordre. Ils en sont à exclure les rares insolents qui persistent à dénoncer la colonisation insidieuse de la France et son effacement identitaire. Jean Raspail, Renaud Camus, Richard Millet ont été les premières cibles des dénégationnistes. Les jobards s’attendrissent devant le salafisme des « mal aimés » et occultent ses desseins subversifs. Ces gens-là, qui hurlent en meute, trahissent la France littéraire. Elle est née, ironie de l’histoire, de la Chanson de Roland (XIe siècle) qui opposait les Francs chrétiens aux Sarrasins d’Espagne.
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Les collaborateurs du nouvel occupant ont un air de famille avec ceux des années 1940. Ils en sont à épouser, contre le Soljenitsyne de l’islam qu’est Sansal, les accusations de la dictature algérienne. La caste parisienne, identifiable à son immodestie verbeuse et ses lâchetés de salon, n’a pas osé non plus pétitionner contre la justice algérienne. Elle a condamné par contumace Kamel Daoud, le 21 avril, a trois ans d’emprisonnement et 5 millions de dinars pour son livre Houris (prix Goncourt 2024), publié en France mais qui violerait la « Charte pour la paix et la réconciliation nationale ». Qui a entendu les « autrices et auteurs Grasset », mobilisés contre Vincent Bolloré, appeler à résister à la terreur totalitaire de Tebboune et de ses valets français ?
L’ « intelligentsia » de Saint-Germain-des-Prés fait honte. Son conformisme populophobe et snobinard accompagne un monde qui s’écroule, faute d’emprise sur les réalités et d’empathie pour les Français oubliés.
Paris, c’est fini ?
Certes, les écrivants, lyncheurs d’écrivains, peuvent se flatter d’avoir eu la tête de Boualem Sansal. Ecœuré par les attaques suscitées par sa décision de quitter Gallimard, qui l’avait mollement défendu durant sa détention arbitraire en Algérie, celui qui a été naturalisé français en 2024 par Emmanuel Macron a déclaré vendredi à l’AFP, alors qu’il s’apprêtait à être intronisé par l’Académie royale de Belgique : « La France, c’est fini pour moi. Il me reste quelques mois à tirer dans ce pays. Puis je me tire. » Il a précisé, au Figaro, qu’il n’en voulait pas aux Français, « adorables » avec lui, mais à « une poignée d’oligarques de la pensée, de petits dictateurs de bureau ». Il explique : « On me fait passer pour un criminel, il faut que je m’évade. C’est pire que la dictature en Algérie. Ils sont en train d’exercer sur moi une dictature de la pensée, parce qu’ils veulent me faire taire, me faire peur ».
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Il a dit vouloir rejoindre la Belgique ou la Suisse. Sansal a tort de vouloir abandonner la France qui lui a beaucoup donné. Sa place est au cœur de la résistance. Il en est un acteur majeur.
Néanmoins, Sansal aura réussi à dévoiler, outre les dangers de l’islam conquérant, les procédés répugnants des épurateurs.
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