«Le Symbole de Paris» est une plongée en «réalité virtuelle» dans l’histoire méconnue du Champ-de-Mars et de la tour Eiffel. Une visite guidée qui sort de l’ordinaire, une ode à Paris. Suivez le guide!
Ah ! le Champ-de-Mars… Ses pelouses pelées, ses marchands à la sauvette, ses légions d’autocars, ses millions de touristes, ses joueurs de bento clandestins, ses pickpockets, ses violeurs nocturnes… et sa tour Eiffel.



Fais comme l’oiseau
L’épicentre du Paris touristique offre depuis des années un visage peu avenant, alors que cet endroit a été l’un des lieux les plus beaux et les mieux pensés de la capitale. Ce gigantesque jardin de 25 hectares ouvert sur la ville[1]– le seul à ne pas posséder de grilles – s’étire aux pieds de la tour la plus célèbre du monde. Il est cependant aussi peu connu des touristes que des Parisiens eux-mêmes. Sa longue histoire méritait d’être racontée.
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C’est ce que propose la start-up française Timescope, dont Causeur avait déjà parlé à l’occasion de sa première excursion sur les bords de Seine, « Les Origines de Paris », munie d’un casque en « réalité virtuelle » afin de remonter le fleuve et ses deux mille ans d’histoire en sons et en images. Sur le même principe, la nouvelle expérience proposée, « Le Symbole de Paris », permet de suivre la construction de la Dame de fer comme si on y était, et plus encore, vue du ciel, comme un oiseau. Mais la quinzaine d’étapes ponctuant la déambulation in situ, qui dure environ une heure, commence par une violente bataille, une cinglante défaite : celle des Parisii, ancêtres gaulois des Parigots, face aux légions romaines. La longue histoire de ce site singulier est marquée par la guerre. L’établissement de l’École militaire au XVIIIe siècle, l’un des plus beaux monuments de Paris lui aussi méconnu, fait du bien nommé Champ-de-Mars le terrain d’exercice des troupes et des cavaliers français. Cela explique que cette vaste étendue soit restée longtemps inconstructible ou dévolue à accueillir quelques événements tout aussi grandioses qu’éphémères.
Vertige
Ainsi en est-il de la fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, où un cirque à l’Antique a accueilli plus de 500 000 Français réunis autour de la famille royale pour célébrer la Constitution… C’est durant cette cérémonie d’un kitch dont la Révolution avait le secret que Talleyrand, qui y a célébré la seule messe de sa vie, a lancé à La Fayette, au pied de l’autel de la Patrie : « Surtout ne me faites pas rire. »
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« Le Symbole de Paris » nous plonge dans l’effervescence de cette journée, on est assis dans les tribunes, on est le témoin contemporain du passé, de même que, moins de cent ans plus tard, on assiste, dans le bureau de Gustave Eiffel, aux réunions des ingénieurs qui élaborent sa curieuse tour. On la voit sortir progressivement de la terre parisienne jusqu’à son inauguration lors de l’Exposition universelle de 1889. Et oscillant toujours entre le plancher des visiteurs et le ciel de la capitale, on traverse la spectaculaire Salle des Machines de 1889 avant d’observer, avec un brin de vertige, les fastes des Expos suivantes. Paris s’étale sous nos pieds, on porte le regard à l’horizon, et l’on reste ébahi face au spectacle de la ville qui s’illumine dans la nuit tombante. L’épopée du télégraphe sauve la Tour de sa destruction, la Grande Guerre confirme son utilité pour les transmissions militaires et la Seconde Guerre en fait le symbole de l’Occupation puis de la Libération. C’est désormais le symbole de notre tourisme de masse, mais cette visite guidée d’un nouveau genre fait de chacun de ceux qui la suivent un touriste d’un genre nouveau : éclairé.
Informations et réservations : http://www.symboledeparis.com
Tarifs : de 19 à 28 euros.
[1] Lire l’excellent ouvrage collectif auquel a collaboré notre ami Pierre Lamalattie, Le Champ-de-Mars 1900-1930. Art Nouveau-Art Déco, AAM Éditions, 2023
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