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Après son retour en grâce aux régionales, la droite doit rebondir avec une primaire!

Après son retour en grâce aux régionales, la droite doit rebondir avec une primaire!
Meeting de Valérie Pécresse à Boulogne Billancourt, 19 juin 2021 © Jacques Witt/SIPA Numéro de reportage : 01024522_000053

Les résultats du premier tour livrent trois enseignements : le peu d’intérêt des Français pour les élections régionales et départementales, l’effondrement de LREM et du RN et… le rappel que les sondages se trompent toujours pour prédire le résultat des élections ! Pour la droite, c’est le moment de rebondir en lançant rapidement l’organisation de sa primaire.


L’abstention massive (66%) témoigne du peu d’intérêt des Français pour les élections régionales et départementales. La première conclusion à en tirer serait de supprimer l’un de ces deux échelons électoraux. Ceci permettrait de substantielles économies de dépenses publiques et allégerait la lourdeur des processus de décisions publiques.

Prime à la notoriété

Dans ce contexte, la prime aux sortants doit se comprendre avant tout comme une prime de notoriété aux actuels présidents de région. On peut toutefois se demander si faire la publicité de ces derniers est une raison suffisante de maintenir cet échelon électoral. Cette prime aux sortants incite également à la prudence sur l’extrapolation au niveau national des résultats régionaux. Si les présidents sortants de droite obtiennent les scores les plus élevés, les sortants PS arrivent également en tête, et disposent, eux, de réserves de voix bien plus importantes du fait que la gauche ne s’est pas présentée unie au premier tour. Le tableau politique de dimanche prochain devrait ainsi être sensiblement différent d’hier, avec simplement la conservation des Régions par les présidents sortants.

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L’effondrement de LREM et du RN a une triple origine : cette prime aux sortants dont ils ne bénéficiaient pas, une absence d’implantation locale qui les a rendus moins performants dans la chasse aux procurations caractéristique de cette élection, et leur incapacité à se positionner sur des enjeux locaux. L’absence de Jordan Bardella au premier débat télévisé sur les régionales en Ile de France est le symbole de cette déconnection du RN des enjeux régionaux. Les deux partis paient également leur nationalisation du débat. Pour le RN, le fait de s’être borné en guise de programme à mettre Marine Le Pen sur ses affiches n’en est que plus cruel, car il témoigne du peu d’enthousiasme de l’électorat frontiste pour la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle. Ses récentes déclarations traitant d’extrémistes les positions d’Eric Zemmour ou son absence de réaction aux accusations de mollesse de Gérald Darmanin n’ont pas aidé. Le faible score de LREM, qui avait également choisi de nationaliser le débat, témoigne de l’appréciation toute relative de la gestion de la crise du Covid : pour user d’une litote, le moins qu’on puisse dire c’est que les électeurs ne se sont pas levés en masse pour soutenir Emmanuel Macron et Jean Castex. Evidemment, les grands médias énamourés de leur champion progressiste ont bizarrement fait peu de cas de ce vote sanction contre l’exécutif.

Momentum favorable

Enfin, comme à chaque élection, les commentateurs font mine de s’étonner que les sondages se sont encore trompés. C’est pourtant une constante. Qui a de la mémoire se souvient que selon les sondages Balladur devait être élu dès l’été 1994, que Jospin gagnerait la présidentielle de 2002, que le Brexit n’avait aucune chance d’être voté comme Trump de battre Hilary Clinton, etc. Ceci devrait faire réfléchir Christian Jacob et inciter les Républicains à stopper net le recours aux sondages pour désigner leur candidat à la présidentielle.

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La droite dispose d’un momentum favorable pour l’organisation d’une primaire qui devrait être lancée dès le lendemain du second tour. Elle pourrait ainsi occuper l’espace médiatique à la rentrée comme elle l’avait fait en 2016. La droite dispose de plusieurs personnalités qui, si elles se mettaient à jouer collectif, pourraient bousculer la donne et incarner l’alternance face à Emmanuel Macron. Un débat entre présidents de régions réélus – Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse – mais également des personnalités bien ancrées à droite –  Bruno Retailleau, David Lisnard, Julien Aubert voire Eric Zemmour (s’il décidait de participer à cette primaire) serait enfin l’occasion de fixer une ligne politique pour la droite et de restaurer la crédibilité qui lui fait encore défaut sur les sujets nationaux. La « droite la plus bête du monde » a l’occasion inespérée de se racheter d’années de guerre des chefs et de trahison de ses électeurs une fois arrivée au pouvoir. Saura-t-elle la saisir ?


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Conseiller National LR, Conseiller municipal et communautaire de Sainte-Geneviève-des-Bois. Co-fondateur du collectif « Droite pour la France »

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