Danièle Obono peut toujours faire mieux. Après avoir nié la radicalisation d’un chauffeur de bus qui refusait de prendre le volant à la suite d’une femme, après avoir défendu début novembre Houria Bouteldja, porte-parole des Indigènes de la République (PIR), qu’elle considère comme une « camarade antiraciste », le 24 novembre, sur Sud Radio, elle se faisait l’avocate des stages en non-mixité raciale organisés par le syndicat d’enseignants SUD Éducation 93 : « La pratique de la non-mixité n’est pas dangereuse. »

De son côté, le 22 novembre sur LCI, Maboula Soumahoro – maître de conférences à l’université de Tours et présidente de l’association Black History Month et non pas beauf de base au café du commerce – n’était pas du tout choquée par une liste qui s’est présentée aux élections municipales de Sarcelles pour faire battre le maire, car il était juif. Son argument est tout à fait révélateur de l’ambiguïté de sa « pensée » : « Ils n’ont pas été élus », donc où est le problème ?

La dictature des « petits blancs »

C’est donc horripilé par l’écœurante montée en puissance de ce racisme drapé d’antiracisme que je m’attaque à cette chronique, installé avec mon ordinateur sur un banc du square voisin afin de profiter d’un rayon de soleil inespéré. Chaudement emmitouflé dans ma doudoune, je me suis plongé dans le sujet et… j’avoue m’être endormi.

– « Tu prêtes ton ordi ? »

C’est cette phrase qui m’a réveillé. Debout face à moi, me dominant d’autant plus que je m’étais avachi dans mon sommeil, quatre Guillaume, ni look banlieue ni look skin, plutôt Auteuil-Neuilly-Passy c’est mon ghetto, jean propret et col en V, vrillent le bleu inquiétant de leurs yeux dans mes pupilles encore éblouies par le jour succédant à la nuit.

Mes années Créteil me soufflent que ça va mal tourner. Surtout quand celui qui avait déjà parlé ajoute : « Oh fils de catin ! J’te parle ! »

Alors je me suis levé avec un sourire niais et j’ai tendu mon ordi. Et quand le blond s’est approché pour le prendre, je lui ai envoyé un coup de pied qui voulait atteindre le visage, mais n’a touché que le genou (c’est ça de prendre de l’âge) et j’ai sprinté, mon ordi sous le bras.

Le temps de surprise et la seconde qu’a pris le groupe pour voir comment allait celui qui était au sol m’ont conféré une petite avance. Mais pas énorme énorme…

Surtout que j’ai perdu du temps quand je suis passé devant la vitrine du miroitier. Parce que je me suis vu dans la glace ! Ça m’a cloué ! J’ai découvert que j’étais noir ! J’étais devenu un putain de négro bro ! Alors forcément, ça m’a coupé les jambes. J’ai perdu un temps précieux… qui a permis aux Guillaume de me tomber dessus. Les coups arrivaient de partout et je tenais mon ordi comme j’avais appris à le faire d’un ballon ovale sous la mêlée quand je joua

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Décembre 2017 - #52

Article extrait du Magazine Causeur

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