Accueil Édition Abonné Le Tegnér de la guerre

Le Tegnér de la guerre

Erik Tegnér, le bad boy de la presse sur le grill


Le Tegnér de la guerre
Erik Tegnér © Hannah Assouline

Comme son mentor et actionnaire Vincent Bolloré, Erik Tegnér, fondateur et directeur de Frontières, se dit «breton, catholique et patriote». Et il veut faire gagner la droite. Abondamment décrié par le parti des médias, la star montante du groupe Canal revendique un journalisme de combat. Dans la guerre culturelle, il ne cède aucun point à l’adversaire. Quitte à employer les mêmes méthodes


Causeur. On vous a découvert il y a cinq ans, lorsque vous avez lancé le média Livre noir pour soutenir Éric Zemmour. À l’époque, vous viviez et travailliez dans un appartement d’étudiant passablement désordonné. Aujourd’hui, on peut vous voir tous les jours en costume-cravate sur CNews. Quelle ascension !

Erik Tegnér. C’est vrai. Du temps de Livre noir, je dormais dans un cagibi de quatre mètres carrés. Après avoir été exclu de LR pour avoir prôné l’union des droites, j’étais devenu « inembauchable ». C’est pour ça que j’ai créé ma propre société et un média indépendant. Je n’avais pas le choix. Cela dit, j’aurais échoué sans l’aide de tous ceux qui m’entourent depuis le début.

Vous en avez perdu quelques-uns en cours de route…

La vie est faite d’allers et retours. Beaucoup sont encore là, comme Jordan Florentin que j’ai rencontré quand j’étais encore encarté chez Les Républicains. Pareil pour mon directeur général, que je connais depuis dix ans. Il y a également Jules Laurans, qui tient la rédaction en chef ou encore David Alaime. Mais au vu des attaques que nous subissons très régulièrement, y compris physiques, c’est un métier très dur.

Vous êtes quand même notoirement fâché avec pas mal de vos anciens collaborateurs et amis.

Quand je lis ma page Wikipédia, j’ai l’impression d’être un fou ou un démon. Mais j’ai appris à me moquer des commentaires. Ce qui compte, c’est que notre groupe grandit d’année en année, que des talents de premier plan choisissent de nous rejoindre, à l’image de Jules Torrès, qui a pris la rédaction en chef de L’Infiltré. Aujourd’hui, en partenariat avec le groupe Bolloré, nous éditons un trimestriel, Frontières, mais aussi une émission quotidienne de reportage sur CNews, « 100 % Frontières », et donc, depuis la rentrée, un hebdomadaire d’investigation, L’Infiltré, sans oublier toute notre activité sur les réseaux sociaux avec ce mois-ci 300 millions de vues cumulées.

Beau parcours. Vous n’en avez pas moins la réputation d’être un patron tyrannique.

Vous savez, il y a la droite de la gagne et la droite de la lose. Ceux qui me critiquent, et ils sont en effet nombreux mais de plus en plus discrets, ne proposent jamais rien, ne font jamais rien et se contentent de parler dans des cafés. Mes collaborateurs et tous ceux qui travaillent avec nous savent bien que je suis un patron qui fait éclore les jeunes talents, récompense l’effort, propose des CDI. Et j’ajoute que, contrairement à beaucoup d’autres, j’apprécie que les gens qui travaillent avec moi prennent la lumière et se fassent un nom : je suis même demandeur.

Venons-en à votre itinéraire. D’où venez-vous ?

D’une famille d’aristocrates désargentés. Du côté de ma mère, nous sommes des descendants de Mathurin Chereil de La Rivière, qui fut maire de Rennes en 1686, mais aussi de corsaires malouins partis à La Réunion, la famille de Villèle. Quant à mon père, c’est un aristocrate suédois, mais également avec des origines bretonnes par sa grand-mère, une Pontavis, famille très connue chez nous.

Erik Tegnér lors du lancement de sa campagne à la présidence des Jeunes Républicains, Paris, 5 septembre 2018. DR

Désargentés, dites-vous. Il semble que les périodes de chômage de votre père vous aient marqué.

Mes parents, qui ont eu sept enfants, n’ont jamais été propriétaires. Mon père, chef d’entreprise, a en effet connu le chômage à 50 ans, dont il est souvent difficile de se relever, même s’il y est parvenu. J’ai en effet été très marqué à l’âge de 5 ans par une saisie de meubles ordonnée par le fisc. Je me souviens encore des gendarmes venus frapper à la porte à six heures du matin. Après quoi nous avons dû quitter notre grande maison pour un 50 mètres carrés, avec l’aide du secours populaire chaque mercredi. Mais je ne prétends pas pour autant avoir eu une enfance défavorisée. J’ai eu la chance d’être scolarisé en pension, inscrit chez les scouts marins et élevé par de fervents catholiques (j’étais enfant de chœur). Ce qui m’a procuré l’essentiel : un capital culturel.

Est-il vrai que vous êtes apparenté à des personnalités historiques du Front national comme Frédéric Chatillon et Jean-Marie Le Chevallier ?

Oui, même si je connais mal cette branche de ma famille de par le fait que je suis le petit dernier. À la maison, on avait plutôt des convictions de droite classique. Mon père lisait Le Figaro et Les Échos, et moi aussi d’ailleurs, dès l’âge de 12 ans.

Donc vous ne vous définissez pas comme d’extrême droite ?

Non, pas du tout. Je suis un libéral-conservateur. Ce qui m’a toujours intéressé, c’est les 51 % pour gagner. Je connais cette sphère plus radicale – sans la côtoyer – et je déteste sa mystique de l’échec qui se complaît dans une forme de panache morbide. Intellectuellement, je me suis construit contre cela.

Ceci explique-t-il que vous ayez commencé par militer à LR ?

Oui, durant plusieurs années. Seulement une fois à l’intérieur du parti, je n’ai pas aimé l’obsession du barrage républicain qui y régnait. J’ai donc milité pour l’union des droites. Ce qui m’a valu mon exclusion après avoir co-organisé la Convention de la droite.

Y avez-vous gardé des amis ?

Oui, beaucoup. Certains travaillent d’ailleurs désormais à Frontières. Une grande majorité a d’ailleurs basculé, soit au RN et à l’UDR – Charles Alloncle –, soit à Reconquête ! – je pense à Matthieu Louves, par exemple.

Erik Tegnér et son associé Éric Rucklin devant leur microbrasserie artisanale Kerfave. (C) Kerfave

L’union des droites reste donc à faire…

Elle est certes encore très absente des états-majors mais chez les électeurs, c’est un état d’esprit qui s’est imposé. De plus en plus de gens qui votent LR n’ont plus de complexe à dire qu’ils pourraient se prononcer pour le Rassemblement national au second tour, et inversement. Surtout depuis que Marine Le Pen a repris certaines idées économiques libérales dans son programme, comme la règle d’or budgétaire ou, via Éric Ciotti, la baisse, voire l’abolition de la taxe sur les successions.

Le libéralisme de Marine Le Pen nous paraît très limité. Êtes-vous proche du RN ? N’avez-vous jamais songé à vous engager politiquement ?

J’aime ce que je fais aujourd’hui. La liberté que ça me donne. Si je m’engageais un jour, ça serait d’abord pour la Bretagne. Mais ça n’est pas d’actualité.

Quand on cherche vos éditos aujourd’hui, le premier qu’on trouve est une défense des Afrikaners. Cause certes légitime. Mais la défense de la France aujourd’hui se confond-elle pour vous avec celle des Blancs ?

Dénoncer le racisme antiblanc ne signifie pas que nous soyons racistes ou racialistes. J’ai été marqué par ce peuple qui aujourd’hui a été plongé dans des bidonvilles, dans le silence total des médias, et c’est la raison pour laquelle j’ai réalisé un grand reportage sur place.

Certes, mais dans la tradition française, on ne s’intéresse pas à la couleur de peau des gens.

Je ne me sens pas suffisamment en minorité dans mon pays pour en faire une marque essentielle de mon identité. Seulement, j’ai peur que cela devienne un jour le cas, à la faveur du grand remplacement et de l’avènement d’une nation arc-en-ciel à la sud-africaine, qui est tout l’inverse du paradis vanté par France Inter, comme le montre justement mon reportage en Afrique du Sud. Là-bas, c’est un racisme inversé qui sévit.

Reste qu’on vous accuse souvent de racisme. Après l’attentat de Trappes, on a sans surprise entendu un air connu : c’est la faute à Bolloré. Pensez-vous avoir une responsabilité ? Êtes-vous sûr de toujours bien distinguer la critique de l’immigration ou de l’islam, parfaitement légitime, de la détestation des immigrés ou des musulmans ? Quand les esprits sont aussi échauffés en ce moment, ne devriez-vous pas modérer votre expression ?

On connaît la musique, et surtout ses compositeurs. Ceux qui rêvent de faire taire CNews et encouragent les émeutes sont mal placés pour nous donner des leçons de morale et de mesure. Mais entre « on vous accuse » et « êtes-vous responsable ? », attention à ne pas reprendre trop vite leur refrain. Ma responsabilité, c’est de peser mes mots. Pas de me taire chaque fois que mes adversaires leur prêtent un autre sens.

Eh bien, expliquez-vous ! Passons à l’affaire Youssef Badr. Vous avez mis en une de Frontières ce magistrat qui vous a condamné en première instance pour avoir publié des données personnelles d’avocats. Que cette condamnation vous ait énervé, on le comprend. Mais fallait-il lâcher votre meute numérique contre Badr (ce qui vous a valu un communiqué du premier président de la cour d’appel) ?

Avant de vous répondre, je voudrais rectifier un fait. Nous n’avons en aucune manière publié de données personnelles d’avocats et nous avons fait appel de notre condamnation. En réalité, nous avons étudié à travers toute la France les décisions des tribunaux administratifs sur les contentieux en droit des étrangers et recensé les avocats les plus proactifs dans ce type d’affaires. Cette industrialisation n’a aucun rapport avec la vie privée des intéressés, et il nous a semblé utile de la porter à la connaissance de nos lecteurs.

D’accord, mais pourquoi personnaliser vos attaques contre ces avocats et maintenant contre ce juge ? N’est-ce pas un jeu dangereux ? Quand vos adversaires emploient ces méthodes contre vous, vous les accusez de vous mettre une cible dans le dos.

Désolé, mais je ne m’excuserai pas de me comporter effectivement comme mes adversaires. Les questions que nous avons posées dans Frontières au sujet de ces avocats et de ce magistrat sont d’intérêt public. Qui sont les acteurs de notre système judiciaire ? Quels sont leurs engagements politiques ? Au lieu de rester dans les généralités, comme le font tant de nos confrères depuis des décennies, nous nous sommes penchés sur des cas concrets. Nous nous refusons à amalgamer toute une profession. Du reste, Youssef Badr n’est pas n’importe qui. Il a récemment été candidat à la présidence de l’École nationale de la magistrature et sera bientôt nommé à la vice-présidence adjointe du tribunal de Paris. Il prend souvent la parole dans les médias pour s’exprimer non pas au nom de son institution, mais à titre individuel. Sur France Inter, il a ainsi déploré la trop faible présence, à ses yeux, de magistrats racisés dans l’appareil judiciaire français. Nous lui avons envoyé au moins dix demandes d’entretien. Il n’a jamais répondu, préférant informer Le Canard enchaîné de notre démarche. Cela ne nous a pas empêchés de faire bon nombre de découvertes à son sujet, puisque notre article ne compte pas moins de 26 pages.

Mais vous, cela ne vous choquerait pas qu’un journal mette votre trombine en une ?

L’Humanité l’a fait. Et ça n’a dérangé personne. Avec l’argent des Français en plus. Ce journal touche tout de même près de 6 millions d’euros d’aides par an.

Ne nous dites pas que vous ne recevez aucune subvention !

Aucune.

Vous bénéficiez quand même, comme toute la presse magazine, de tarifs postaux préférentiels. C’est une aide énorme.

Vous avez une façon socialiste de voir les choses. Pour moi, ces tarifs préférentiels sont juste une opportunité d’être moins racketté par l’État. J’en ai assez de donner des gages au politiquement correct. J’en ai assez de cette droite qui tend l’autre joue. Le temps est venu de rééquilibrer les choses.

Mais que faites-vous de Voltaire, qui se battait pour que puissent s’exprimer ceux qui ne pensaient pas comme lui ?

Je vous le laisse. Je ne censurerai jamais personne à gauche, mais je n’aiderai personne non plus : ils ont déjà tout un système subventionné pour cela.

On comprend mieux pourquoi il n’y a que des chroniqueurs de droite dans « 100 % Frontières » ! Vous ne vous ennuyez jamais sans contradicteurs ?

C’est une émission de reportage, pas de débats. On a un contrat avec la chaîne qui nous oblige à livrer au moins quatre sujets réalisés à l’extérieur par émission. Notre priorité, ce sont les faits, pas les opinions.

Mais les mêmes faits donnent lieu à des interprétations différentes. D’où l’intérêt du pluralisme.

Dans nos reportages, nous donnons souvent la parole à des gens de gauche, notamment à des manifestants qui défilent avec LFI, la CGT et les Écologistes, en tout cas quand ils acceptent de nous parler plutôt que de nous insulter, voire de nous agresser. Ce que les autres médias de droite ne font pas. Il faut dire que c’est assez dangereux. Vous avez peut-être remarqué que la gauche est de plus en plus violente dans la rue.

Il faut reconnaître que vos reporters ont du courage. Comment les protégez-vous ?

Ils ont des gardes du corps, jusqu’à quatre pour une équipe de tournage. Et nous souscrivons une assurance enlèvement.

Parlons maintenant de votre petit dernier, L’Infiltré, et de son lancement passablement erratique. Pour le premier numéro, vous aviez promis un scoop retentissant : le nom de la taupe du RN qui tuyaute Libération sur la guerre intestine entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Aucune pression ne nous fera taire, disiez-vous. Et puis, patatras, vous ne l’avez pas publié ! Que s’est-il passé ?

Pas grand-chose en fait, car cela ne nous a pas empêchés de convaincre déjà 6 000 lecteurs de prendre un abonnement payant.

Aucun désabonnement suite à cette promesse non tenue ?

Peut-être cinq. Car l’écrasante majorité a bien compris que la parution, la veille de notre lancement, d’un article de Mediapart sur des supposés écrits antisémites de Jordan Bardella, quand il avait 17 ans, avait changé la donne. Le député LFI Antoine Léaument prétendait que nos révélations allaient confirmer l’information de Mediapart. Cette confusion voulue nous a fait changer d’avis.

Il suffisait de publier votre scoop en précisant que la taupe de Libération n’était pas celle de Mediapart !

Vous dites cela parce que vous êtes intelligents. Mais dans les faits, les réseaux sociaux auraient déformé et instrumentalisé notre article en mélangeant tout, comme Léaument.

Vous nous prenez pour des jambons ! Tout le monde sait, et nous aussi, que les pressions sont venues de l’intérieur du groupe Bolloré, après que Marine Le Pen est intervenue en personne auprès de vos actionnaires.

Des pressions, on en a tous les jours. Mais je vous assure que ce ne sont pas elles qui ont pesé dans ma décision. C’est l’article de Mediapart et uniquement lui qui est entré en ligne de compte.

Désolés, mais on a du mal à vous croire. Pourquoi ne pas reconnaître que vous avez obéi à Vincent Bolloré et Arnaud Lagardère ?

Le groupe Bolloré, à travers sa filiale Lagardère, possède uniquement 25 % de mon capital. Ce qui veut dire que je suisstatutairement le seul à décider si l’on sort ou non un article. On peut me faire des recommandations, bien sûr, et c’est normal, mais j’aime trop mon indépendance pour obéir à quiconque. Je suis suffisamment connu pour avoir un sale caractère pour qu’on sache que ma liberté n’est pas négociable.

Connaissez-vous personnellement Vincent Bolloré ?

Oui. Et nous avons beaucoup de points communs. Comme lui, je suis breton, catholique et patriote.

Comment l’avez-vous rencontré ?

En assistant à une messe sur son île en Bretagne. Chaque été, il ouvre sa très jolie chapelle au public.

Comment qualifieriez-vous aujourd’hui votre relation ?

C’est surtout un mentor. J’ai toujours admiré sa réussite industrielle. Quand j’étais collégien, je lisais tout ce qui pouvait paraître sur lui, sur son groupe et ses activités. Je lui ai même écrit une lettre à l’âge de 14 ans, en commençant par lui rappeler une interview dans laquelle il avait déclaré « je ne refuse jamais rien à un Breton ». Vous savez, la Bretagne, c’est très important pour moi. J’y crée des entreprises, car c’est ça que j’aime et que je sais faire. Je ne passerai pas toute ma vie à Paris !

Et aujourd’hui, vous lui demandez conseil ?

Oui, je suis demandeur quand il le peut. Parce que c’est un homme courageux et libre.

Aime-t-il la liberté des autres ?

Il a des convictions fortes, mais il a aussi beaucoup d’écoute. Dans leur dernier livre aux relents complotistes, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, du Monde, affirment qu’il veut imposer ses idées à la France. Ils n’ont rien compris. Ce sont les Français qui se sont radicalisés tout seuls devant l’évidence du réel. Et Vincent Bolloré a compris qu’ils attendent que les médias cessent d’être mollassons en cachant le réel, contrairement par exemple à Valeurs actuelles qui est en train de changer de ligne en essayant de draguer des centristes qui n’existent plus. Aujourd’hui, mes ennemis disent que je suis d’extrême droite, alors qu’en réalité je suis au barycentre de la droite. Vous n’imaginez pas le nombre de gens qui me disent avoir voté pour Emmanuel Macron en 2022 et souhaiter maintenant un régime fort pour sauver le pays.

Comment expliquez-vous qu’il ait fallu attendre L’Infiltré pour que quelqu’un tente de créer un Mediapart de droite ?

Je l’explique par la paresse de la droite, qui veut tout, tout de suite. La gauche est moins capricieuse. Elle sait que pour gagner, il faut savoir accumuler les petites victoires. Et puis il y a une autre raison à l’absence de Mediapart de droite jusqu’à présent : les gens de droite adorent balancer leurs indiscrétions aux médias de gauche, qui pourtant les détestent ! Le jour où ce réflexe suicidaire cessera, le jour où ils iront plutôt parler à L’Infiltré, vous verrez que Mediapartet Le Canard enchaîné seront contraints de réduire leur pagination de trois quarts.

Dites plutôt de moitié, car la moitié de leurs infos vient des flics et des juges. Or, pour le moment, ceux-là ne vous parlent manifestement pas beaucoup. Résultat, vous êtes obligés de broder sur des infos sans intérêt, par exemple avec cet article qui raconte qu’Anne Hidalgo pourrait devenir avocate, ce qui ne serait ni nouveau ni scandaleux, ou cet autre qui nous apprend qu’en privé, Emmanuel Macron appellerait Prisca Thevenot « la Paki », ce dont on se fiche royalement.

Vous caricaturez. Le coût public du Syndicat de la magistrature, qu’on estime à 1,2 million d’euros par an, c’est sans intérêt ? La tentative d’enlèvement d’un salarié de Guillaume Pley, suivie du sabotage de sa moto, aussi ? Et l’interpellation d’un salarié de Mediawan, le groupe de Pigasse, Niel et Capton, dans l’affaire du saccage de CNews ? Il a été mis à pied depuis la parution de notre article. Vous pouvez juger ça anecdotique, moi non. Si on ne veut plus que la droite ait trois trains de retard, il faut bien investir dans l’information. On ne peut pas éternellement se plaindre du traitement des médias de gauche et continuer à leur réserver ses informations et ses abonnements. L’information, c’est aussi le pouvoir de rééquilibrer. Nous avons aussi publié plusieurs informations inédites sur Bally Bagayoko, le maire LFI de Saint-Denis, notamment son abstention lors du vote d’un vœu municipal contre l’excision.

Détrompez-vous, tout cela a de l’intérêt pour nous. En revanche, publier la vidéo d’un sénateur communiste qui vomit en séance à cause de graves problèmes de santé, cela ne nous a pas intéressés du tout !

C’est pourtant un fait authentique.

Tout ce qui est vrai n’est pas publiable. Cela relevait de la vie privée.

Autant que la photo de Marine Le Pen pleurant après avoir appris la mort de son père, qu’a publiée Paris Match. Nous sommes des journalistes de combat. Et nous pensons qu’il n’y a aucune raison de faire des cadeaux à un élu du PCF dès lors que personne n’en fait à la candidate du RN. Et je vous dis cela alors qu’en réalité, nous avons fait preuve de respect envers ce monsieur, en dépubliant la vidéo qui, je le répète, était parfaitement authentique. Je vous mets au défi de nous prendre en flagrant délit de fake news. Pour moi, c’est le plus important. Le reste n’est que littérature.

Novembre 2026 - #150

Article extrait du Magazine Causeur




Article précédent Lyrique: une Manon déchirante et funèbre, au Théâtre des Champs-Elysées
Elisabeth Lévy est directrice de la rédaction de Causeur. Jean-Baptiste Roques est directeur adjoint de la rédaction.

RÉAGISSEZ À CET ARTICLE

Pour laisser un commentaire sur un article, nous vous invitons à créer un compte Disqus ci-dessous (bouton S'identifier) ou à vous connecter avec votre compte existant.
Une tenue correcte est exigée. Soyez courtois et évitez le hors sujet.
Notre charte de modération