Accueil Féminisme Derrière le nazi pseudo-trans et pseudo-juive: cherchez l’offre, la demande, le pervers

Derrière le nazi pseudo-trans et pseudo-juive: cherchez l’offre, la demande, le pervers

Sven Liebich est en phase avec notre époque délirante


Derrière le nazi pseudo-trans et pseudo-juive: cherchez l’offre, la demande, le pervers
Pilsen, République Tchèque, juin 2026 © Hendrik Schmidt/DPA/SIPA

La justice tchèque a rejeté le recours de Sven Liebich alias Marla-Svenja Liebich (notre photo), figure néonazie allemande, et a confirmé son extradition vers l’Allemagne, où elle doit purger une peine de dix-huit mois. Les autorités soupçonnent cette personne d’avoir changé de genre suite à sa condamnation, afin d’être incarcérée dans une prison pour femmes. Le chancelier Merz a promis que la loi sur l’autodétermination serait réexaminée. Cette situation abracadabrantesque n’est effectivement rendue possible que par la capitulation du droit face aux exigences des idéologies transidentitaires, offrant ainsi un terrain de jeu idéal à la perversion. Analyse.


Un militant néonazi, coupable de nombreuses infractions, a obtenu, en vertu de la loi allemande, peu regardante sur la question, d’être reconnu femme sur simple déclaration. Il aurait même précisé une femme « juive ». Poursuivi après avoir disparu en République tchèque, avoir été extradé, arrêté à nouveau en Allemagne, il doit être emprisonné. Dans une prison pour femmes ? Il pourrait y commettre des viols, être dangereux pour les prisonnières. Dans une prison pour hommes ? Il risque fort d’y être maltraité.

Sa photo est éloquente : en corsage léopard, moustache et rouge à lèvres, expression agressive, fermement maintenu par les forces de l’ordre, le monsieur en question n’évoque pas un doux égaré. Il provoque et il nargue.

Insoluble. Aporétique. Pile, je gagne ; face, tu perds. Ce pourrait être le slogan de la perversion.

Le dieu Égalité, le diable Discrimination

Il serait bon que cette affaire fasse réfléchir ceux qui, partout dans le monde, ont cédé aux sirènes des lobbys de la transidentité, au motif de la promotion d’une conception de la liberté digne des trépignements d’un enfant de quatre ans.

Nommées tantôt transsexuels, transgenres, intersexes ou hijras en Inde, les personnes non identifiées à leur sexe de naissance existent depuis toujours. Dans une proportion à peu près stable de 0,1 % de la population. Ce n’est donc pas un scoop et cela ne mérite certainement pas d’être l’objet d’un opprobre.

Ce qui est nouveau, c’est la montée en puissance de la fascination pour les minorités, supposées innocentes et persécutées par définition, au nom de ces deux fétiches si bien nommés par Philippe Muray : « le dieu Égalité, le diable Discrimination ».

Ce qui est nouveau aussi, c’est l’apparition de l’offre biomédicale qui, même si elle n’a pas été utilisée ici, permet à d’autres, à coups de bloqueurs de puberté chez les adolescents, puis de torsoplastie, vaginoplastie et autres castrations, d’entretenir l’illusion que l’on peut choisir son sexe, en changer à volonté et faire reconnaître ce mensonge par un droit légèrement pris de court, ou complice. Ce n’est d’ailleurs pas la moindre des questions que cet empressement de la médecine à se trouver à l’un de ces mauvais rendez-vous, l’offre médicale entraînant une demande dont elle prétend s’autoriser.

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Une autre question, et non des moindres, est l’empressement du droit à sacrifier ses catégories millénaires, notamment le concept d’indisponibilité, rendant l’état civil disponible au nom d’une « autonomie » fétichisée par la CEDH.

L’offre ainsi constituée sera donc une offre biomédicale, irrésistible pour certains, une offre langagière semée de « science » et une offre juridique. Implacable.

Plus fertile en idéologies qu’en capacité d’analyse, et séduite par cet arsenal, notre époque a donc jugé bon de s’identifier aux « laissés-pour-compte » réels ou prétendus qu’elle fabrique, plutôt qu’à la préservation du bien commun ou de la common decency chère à Orwell.

C’est là que l’affaire se complique avec l’entrée en scène silencieuse, mais ô combien efficace, de la perversion dans ses rapports avec le droit. Non que les demandeurs de transidentité relèvent d’une perversion telle que cliniquement définie, même si Sven Liebich présente de sérieux atouts pour le titre. Dans son cas, se déclarer « une femme » prétendue de surcroît « juive » pour un homme militant néonazi, c’est bien vu : difficile de faire mieux ! Mais ce qu’aucun juriste ne devrait ignorer, c’est que le sommet de la jouissance perverse, ce qui la renverse de plaisir, c’est de narguer la loi, la mettre devant ses contradictions, devant ses fondements si difficiles à définir et à défendre, clairs-obscurs par définition même, car au nom de quoi interdire ?

On se reportera sur ces questions difficiles au lumineux L’Autre et le même au fondement du droit, de François Ost, ou encore à L’Institution de la liberté, de Muriel Fabre-Magnan, comme on ne manquera pas de reconnaître dans la jouissance décrite ci-dessus l’infantile jamais totalement effacé chez l’homme, l’infantile toujours ambivalent devant la loi, l’infantile comme concept naturellement ; les vrais enfants faisant les tout premiers les frais de sa persistance chez les adultes, pire encore si celui-ci est confirmé par l’autorité de la loi.

En phase avec l’époque délirante

Cette affaire est aussi intéressante sous un angle imprévu : la volonté de ce personnage, militant néonazi poursuivi pour de multiples transgressions associées à son militantisme, de se déclarer être une femme… juive. Il se serait déclaré être « pratiquante » et a demandé de la nourriture casher dans les conditions de sa détention. Il fallait y penser.

La présence délirante de ce signifiant, dans une période où l’antisémitisme, ce marqueur des périodes de désymbolisation ravageuse, s’étale sur le monde, ne tient pas au hasard. Il arrive que les délirants, ou dans ce cas les provocateurs, soient les meilleurs interprètes des délires qui affectent le monde dans lequel ils vivent. Ils savent semer au sein de leur délire le maître-mot du délire de leur époque.

Tout ceci devrait inciter les politiques pourvoyeurs de lois à la prudence. Ce n’est pas ce qui se passe.

Ce même jour, le ministère de la Lutte contre les discriminations demande de déjudiciariser le changement de nom et de genre… Changer le nom de naissance, ce don des parents, le « deadname » comme le nomment gentiment les demandeurs transidentifiés, nier l’existence de deux sexes dans l’espèce humaine, voici sa proposition. Déni d’altérité, déni de réalité dans le même acte politique, c’est-à-dire institué… Pourquoi ? Pourquoi instituer le délire, le déni, en un mot s’identifier aux enfants ?

Parce que nul ne sait plus, dans le bain amniotique du relativisme ambiant, au nom de quoi interdire, comme si donner un statut légal au déni ou au délire ne suffisait pas à justifier la prudence. Là réside un cran de plus dans la complexité, puisqu’il n’existe de preuves aux désastres anthropologiques que trop longtemps après leurs moments inauguraux.

Tout ceci émet-il une bonne musique ? Des générations naîtront, naissent déjà dans cette confusion. Qui seront-elles ? Qui sont-elles ? Armées des discours qui les précèdent, elles rejettent déjà tout du passé, nient les différences qui selon elles ont fait leur temps, et tentent de rebâtir des différences là où elles sont inutiles. Hommes et femmes sont battus en brèche, mais « noir » et « blanc » sont rétablis, au détriment aujourd’hui de ces derniers, devenus coupables universels.

Le droit, jouet favori du pervers

Peu reviendront sur leurs rationalisations dictées par un endoctrinement musclé, aucun dieu ne sortira de son nuage pour exprimer son courroux et nous dire le bien et le mal. Comme d’habitude, la perversion jouera sur du velours, elle se retrouve toujours du côté du manche et elle en jouit, c’est même ce qui la définit. Mais, thanatophore, elle apporte la mort et nous nous retrouvons « Gros-Jean comme devant », comme depuis toujours lorsqu’il s’agit de fonder la morale.

Car tels sont les effets de la perversion : souterrains, invisibles et mortifères. La perversion ne se laisse pas atteindre par l’argumentation rationnelle ; au contraire, elle jouit de la tenir en échec et à ce jeu, elle gagne toujours. C’est même là qu’elle est la plus forte ; son talent est inouï, elle se déchaîne en jouissance sophiste, parvient à transformer la raison elle-même en paranoïa…

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Mais elle suscite, de déplacement en déplacement, des enchaînements de symptômes dont la source est méconnaissable. Et il devient difficile de nier que ces symptômes, notre monde d’aujourd’hui nous les apporte à foison. La différence des sexes n’est pas seulement un fait de nature, cette nature honnie ou divinisée aujourd’hui selon les besoins. Elle appartient aussi à nos rares repères, on aurait dit des certitudes il y a peu, que l’on croyait les plus assurés, et il est impossible d’instituer son déni sans effets ravageurs pour le social et nos éprouvés quotidiens de l’altérité. « La différence des sexes, la plus troublante d’entre les différences », disait joliment la psychanalyste Nathalie Zaltzman…

Les hommes / femmes sont déjà perçus comme de vieux ringards par la génération qui monte, et ceux qui sont en mal de provocation ou de transgression en sont réduits à convoquer des identifications animales… Alors, « Encore un effort pour être républicains », comme y invitait un auteur qui s’y connaissait en matière de perversion, le si peu divin marquis de Sade ? Le droit, pour ne pas démentir sa cohérence devenue folle, va-t-il proposer un choix d’identité d’enfant-loup ?

Les politiques idéologisés et les juristes craignant de ne pas être scientifiquement présentables feraient bien de s’aviser des conséquences de ce à quoi ils touchent quand ils entreprennent de détruire ce qui reste de nos repères devenus instables et à la merci de la première étincelle de « ressenti » venue… Faute de quoi, et au nom de leurs bonnes intentions dont on sait que l’enfer est pavé, ils pourraient bien être les pyromanes d’un incendie civilisationnel contre lequel il n’existe que des pompiers démunis, moqués et disqualifiés au nom du progressisme… Un incendie non pas à venir, mais qui n’en finit plus d’émettre ses symptômes, en toute vanité pour les aveugles qui nous gouvernent…




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Gérard Rabinovitch est philosophe, essayiste, dernier ouvrage paru, D’une permanence païenne (Le bord de l’eau). Monette Vacquin est psychanalyste, essayiste, dernier ouvrage paru, Le plan hors sexe (Eres)

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