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L’affaire Charles Sapin: la nouvelle panique morale de Radio France

L’indéfendable ligne rouge des médias


L’affaire Charles Sapin: la nouvelle panique morale de Radio France
La directrice de France inter, Céline Pigalle, ici défendant son choix au micro le 10 septembre, fait face à la grogne des salariés. Capture YouTube / France inter.

France inter est en grève depuis deux jours, demandant le retrait de l’antenne du journaliste Charles Sapin. Les grévistes sont soutenus par une pétition de 300 personnalités de la gauche caviar. Pendant ce temps, Aurore Bergé est rappelée à l’ordre…


L’orage qui s’annonce fait sortir les censeurs, comme les escargots après la pluie. Dans les deux cas, il suffit de se baisser pour les cueillir. Dimanche, la gauche a imposé une grève à Radio France pour dénoncer l’arrivée sur France Inter d’un éditorialiste de Valeurs actuelles, Charles Sapin. Les moins de trois minutes dont il devrait disposer chaque dimanche à 7 h 42, aux côtés d’autres intervenants, sont vues comme une violation, imagée et littérale, de la « ligne rouge » imposée par la pensée totalitaire. Trois cents épurateurs du showbiz, dont la compagne de François Hollande, Julie Gayet, ont appuyé l’intersyndicale du service public (CGT, SUD, CFDT, FO, SNJ, UNSA) dans sa prétention désinhibée à limiter le pluralisme. Pour leur part, le SNJ et la CGT de BFM-RMC ont cosigné, le 10 septembre, un communiqué contre le choix de Sonia Mabrouk (ex-CNews) d’inviter Robert Ménard, Sarah Knafo ou Bruno Retailleau. Il est reproché à la journaliste d’avoir permis d’évoquer à l’antenne les « Français de souche », expression considérée comme « notoirement d’extrême droite raciste », ou d’avoir laissé s’exprimer un raisonnement établissant un lien entre l’islamisme et les députés LFI. De son côté, dans une lettre à l’Arcom dévoilée le 10 septembre, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a menacé CNews de poursuites pénales si la chaîne de Vincent Bolloré persistait à donner la parole, même par vidéo, à la journaliste russe Xenia Fedorova, expulsée pour des propos qui déplaisent au pouvoir.

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Le sectarisme, commun à la gauche et à l’extrême centre, s’étale sans faux-semblants. S’estimant les seuls arbitres du débat public, les « progressistes » s’accrochent à leur appropriation idéologique née d’une chasse aux gêneurs. Pour avoir estimé, le 9 septembre, que l’expression « grand remplacement » ne relevait pas d’une théorie raciste, la ministre Aurore Bergé a été rappelée à l’ordre par les comités de vigilance. Libération, samedi, a ainsi écrit : « La liberté d’expression n’autorise pas à formuler ou propager des théories racistes qui tombent sous le coup de la loi. » A contrario, jamais la police de la pensée n’a émis la moindre réserve sur les propos tenus en 1975 par le poète martiniquais de la Négritude, Aimé Césaire, lorsqu’il parlait, à propos des populations européennes s’installant en Guyane, de « génocide par substitution ». Pareillement, Christiane Taubira a pu expliquer en 2007, évoquant sa Guyane natale : « Nous sommes à un tournant identitaire. Les Guyanais de souche sont devenus minoritaires sur leur propre terre. »

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Pour les faiseurs de morale, la défense des identités culturelles menacées par des afflux étrangers n’est légitime que si la France est mise en accusation. Que les Français eux-mêmes s’inquiètent à leur tour des effets d’une massive immigration de peuplement relève en revanche, pour les justiciers hémiplégiques, de propos « nauséabonds ». Une brutalité taurine ressort de ces intolérances produites par un régime habité par le dégoût du peuple ordinaire. La liberté d’expression des censeurs est à préserver à tout prix : leur bêtise dit ce qu’ils sont.

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Journaliste, éditorialiste, essayiste. (ex-Le Figaro, CNews, Causeur)

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