Après le spectaculaire cambriolage du Louvre, le gouvernement a dévoilé fin juillet un plan de sûreté en 33 mesures. L’État reprend-il vraiment les choses en main ? Ou a-t-il, comme souvent, un coup de retard et formule-t-il des promesses sans budget ?
« À trente secondes près, les policiers auraient pu empêcher la fuite des voleurs ! » C’est ce que déclarait sans rire le directeur de l’inspection générale des Affaires culturelles, après le fric-frac du Louvre le 19 octobre 2025, et le vol des bijoux de la Couronne. À trente secondes près, c’est ballot. Or, ces secondes perdues sont devenues des minutes, puis des heures, des journées et des mois, sans que réapparaissent les bijoux de famille. Certes quatre personnes ont été arrêtées, des monte-en-l’air qui, redescendus sur terre, ont oublié le nom de leur commanditaire, s’ils l’ont connu un jour. C’est promis, plus jamais ça. Le 29 juillet, le ministère de la Culture a dévoilé un « Plan d’action de sûreté des établissements patrimoniaux et des lieux de conservation de biens culturels » en 33 mesures. La première donne le tempo : « Mettre à l’abri, dans des lieux adaptés […], les objets les plus vulnérables dans l’attente de la sécurisation de leur présentation » ! C’est ce qu’a fait le directeur du Louvre en 1939, avant l’arrivée des Allemands, en transférant les plus belles pièces du musée dans des cachettes en province.
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Le reste est un empilement de bonnes résolutions, d’autant plus gratuites que le plan n’est pas budgété, car suspendu à une loi qui sera votée un jour. Bref, ce plan est un trompe-l’œil pour amuser la galerie. Mais le tableau est le même partout. Quand la France brûle, le gouvernement découvre que le bois est combustible et annonce un plan pour développer des forêts plus résilientes, de quoi faire rire les vieux chênes. Quand on apprend que les hackers se promènent sur les sites de l’État comme des touristes sur les Champs-Élysées, on promet un plan pour lutter contre la cybercriminalité. C’est le modèle Macron, avoir toujours un coup de retard. Il a cependant tenu à être le premier à féliciter l’astronaute Sophie Adenot pour sa sortie dans l’espace. Si on mettait sur orbite les présidents sages après coup, Macron n’aurait pas fini de tourner.





