A sept mois de la présidentielle, la gauche aura sa primaire, la droite et le centre auront leurs candidats. Edouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau persistent à jouer leur partition en solo.
Qu’allez-vous faire si… ? Ma question s’adresse à Gabriel Attal et à Bruno Retailleau. Elle concerne aussi Édouard Philippe. La droite et le centre, pour l’instant, sont emplis seulement de la volupté de l’autonomie et de l’indépendance. Édouard Philippe décline, mais reste aujourd’hui celui qui a les meilleures chances d’être au second tour. Gabriel Attal est talentueux et déploie avec beaucoup d’énergie ce que d’aucuns qualifient de simple sens de la communication, condamné à la superficialité. Bruno Retailleau a fait la démonstration du caractère irremplaçable de sa personnalité politique et humaine, mais sur le fond, actuellement, sa radicalité de gouvernement laisse encore l’électeur sur sa faim.
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On pourrait me reprocher de m’attacher à ce trio alors que, par exemple, nous avons eu droit, le 15 septembre sur BFMTV, à une prestation de François Hollande qui, sur le plan international, a développé une vision et une analyse impeccables, crédibles et convaincantes. D’autant plus que, ce même soir, sur La Chaîne parlementaire, une émission et un débat ont montré que, président, il avait sans doute eu, par sa psychologie, son pragmatisme et son refus du moindre affect dans les relations internationales, l’approche la plus efficace pour notre politique étrangère. Et il n’avait pas tremblé face à Poutine ! Malgré l’importance que vont naturellement prendre la vie internationale et ses dangers lors de la campagne de 2027, François Hollande reste, sur beaucoup de sujets essentiels, socialiste, et sa rigueur à l’égard de Jean-Luc Mélenchon ne peut pas tout lui faire pardonner…
Trois ambitions, un problème
Revenons à notre trio, que j’aimerais qualifier de magique.
Alors que la gauche va donner le bel exemple d’une primaire – ils seront cinq à se battre pour être le candidat socialiste en 2027, Philippe Brun ayant été exclu au nom de la défense des droits des femmes -, la droite, entendue au sens large, en sera privée à cause d’Édouard Philippe. On peut regretter le manque de courage de ce dernier : s’il avait remporté cette joute collective, il en aurait tiré une formidable légitimité, qui lui manque aujourd’hui. Exit donc la primaire.
La hantise Mélenchon
Sans contester la possibilité de bouleversements — sondages et argumentations compris —, François Hollande imagine une décantation en décembre, et plus encore en février 2027. Il est possible qu’alors Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne soient pas forcément plus avancés dans leur campagne et qu’à un certain moment ils soient contraints de s’interroger. L’électeur désireux de voter pour la droite ou le centre, obsédé par la hantise d’un Jean-Luc Mélenchon au second tour et doutant fortement de la fiabilité du couple politique Le Pen-Bardella pour diriger la France et lui garantir une place respectable dans le monde, quel choix pourra-t-il faire si la configuration actuelle demeure la même ?
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Face à ce constat, Bruno Retailleau et Gabriel Attal — et je pourrais y inclure tous les candidats appartenant globalement à cette mouvance politique et persuadés de pouvoir faire cavalier seul — pourront-ils faire autrement que d’appeler à voter, par responsabilité et souci de sauvegarde démocratique, pour Édouard Philippe si celui-ci est toujours, au moment clé, en meilleure position que les autres ? Sans enthousiasme, mais par devoir républicain. C’est pourquoi je leur pose cette question : qu’allez-vous faire si… ?
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