Emmanuel Macron a été élu sur des promesses: fin du «clivage artificiel» gauche/droite, modernité et esprit «startup» nation. Dix ans plus tard, il suffit d’ouvrir les yeux pour mesurer l’ampleur du fiasco: dette abyssale, surenchère de normes soviétoïdes, immigration de peuplement incontrôlée, insécurité sur l’emsemble du territoire, antisémitisme arabo-musulman exponentiel, effondrement du système éducatif, perte des valeurs républicaines, services publics aux abois…
Économie: croissance amorphe, dette folle
Le volet économique, cœur du projet macroniste en 2016, devait libérer les énergies par la réforme et la compétitivité. À l’arrivée, la France apparaît en 2026 comme la lanterne rouge d’une Europe qu’elle prétendait moderniser. La dette publique atteint environ 120% du PIB (près de 3500 milliards €), soit la proportion la plus élevée de la zone euro. En 2017, elle plafonnait à 101%. La politique budgétaire s’est figée dans le « quoi qu’il en coûte » permanent : pour le Covid, certes, mais aussi par clientélisme électoral, avec la politique du chèque pour tout et n’importe quoi.

Le déficit structurel persiste malgré la hausse des prélèvements. L’État obèse dépense toujours plus, tandis que la France a perdu plusieurs rangs en productivité. Le pays reste industriellement anémié: plus de 100 usines ferment chaque année, contre 70 en 2017. La promesse de réindustrialisation « verte » s’est dissoute dans les annonces sans suite, rongée par un coût de l’énergie explosif, conséquence de l’imprudence initiale sur le nucléaire et de la dépendance vis-à-vis du gaz importé. La charge des intérêts de la dette dépasse désormais 62 milliards € par an… Autant que le budget de l’Éducation nationale ! Une folie.
Ce tableau de recul industriel et de dette chronique illustre une France en voie de paupérisation : les Français sont écrasés par l’explosion des prix (dont celui de l’énergie, bravo pour Fessenheim) et la hausse constante de la fiscalité. Cette hausse globale des impôts, prélèvements et taxes déguisées rend probable une légitime rébellion populaire de type gilet Jaune. Et pire, à un soulèvement des Français qui travaillent, asphyxiés financièrement, dont le consentement à l’impôt s’effrite jour après jour.
Le déclassement éducatif et culturel
L’école française, jadis moteur de l’ascension sociale, a subi sous Emmanuel Macron une double crise : celle des résultats et celle du sens. Comme sur tous les sujets, le « en même temps » a frappé : entre le très républicain Jean-Michel Blanquer et son successeur woke Pap Ndiaye, quelle cohérence idéologique ? Les études internationales confirment la dégringolade du niveau en mathématiques et en lecture. La France, autrefois première en Europe pour sa rigueur scolaire, n’est plus qu’en milieu de classement. Le décrochage affecte d’abord les milieux populaires, révélant l’incapacité de l’école de la République à corriger les inégalités qu’elle promet de réduire.
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Le mal n’est pas seulement quantitatif : il est aussi culturel. Les réformes successives ont substitué la communication à la transmission. L’enseignement supérieur, massifié sans moyens, s’uniformise dans la médiocrité et les « bullshit studies ». Dans ce contexte, la culture française a perdu son statut de phare intellectuel. Les institutions publiques culturelles, longtemps gardiennes du patrimoine, sombrent dans l’activisme woke. L’entre-soi de gauche règne dans la culture institutionnelle comme dans l’audiovisuel public, comme l’a montré la Commission parlementaire qui vient de s’achever. La propagande éco-citoyenne et progressiste a remplacé la neutralité et l’exigence éditoriale, le tout payé par le contribuable qui n’a rien demandé.

Immigration et insécurité culturelle : la « nouvelle France » chérie par les progressistes, de Macron à Mélenchon
L’un des angles morts du macronisme est sa politique migratoire, plus marquée par la communication que par l’action. Les flux migratoires ont continué d’augmenter depuis 2017, et les retours forcés des OQTF demeurent marginaux.
Macron, en refusant de rompre avec la logique de ses prédécesseurs, a favorisé une immigration économique et familiale africaine et subsaharienne que les structures d’intégration ne parviennent pas à absorber. Et que la France n’a pas les moyens de financer, sauf par la dette publique que paieront nos enfants et petits-enfants.
Sur ce terreau, l’entrisme des Frères musulmans s’est amplifié. Les lois de 2021 sur le « séparatisme » ont certes affiché une volonté d’ordre, mais elles ne sont pas appliquées : associations dissoutes reconstituées, financements étrangers tolérés, influence idéologique grandissante. Dans les banlieues françaises, l’islam politique s’impose comme une norme sociale acceptable, avec la complaisance d’élus locaux de gauche et d’extrême gauche dépendants électoralement de ces réseaux communautaires.
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À cette sécession rampante s’ajoute la montée de l’antisémitisme de banlieue, longtemps niée par le pouvoir. Les tensions importées du Proche-Orient trouvent un écho brutal dans les cités françaises, où la haine d’Israël sert de masque à une hostilité générale envers la République et ses valeurs, dont la laïcité. Le gouvernement, paralysé entre le déni et la peur de « stigmatiser », n’a pas enrayé cette régression. Malgré les alertes de Boualem Sansal et de nombreux intellectuels spécialistes de cet entrisme, le pouvoir laisse faire. Mieux vaut vanter les mérites de la créolisation du pays à marche forcée que de passer pour un « islamophobe ». A cet égard, Macron ne vaut pas mieux que Starmer, Sanchez, et Merkel avant eux. Cette lâcheté se paiera cher.
Institutions verrouillées et effondrement démocratique
Le macronisme devait « libérer » la République de ses vieux carcans. Il aura au contraire multiplié les verrouillages. Dans la haute administration comme dans les grandes entreprises publiques, les nominations politiques ont consolidé un système de cooptation idéologique, tourné presque exclusivement vers des profils issus de la technostructure ou de la gauche sociale-libérale. De l’ARCOM au Conseil constitutionnel, en passant par la Cour des comptes et France Télévisions, les postes stratégiques sont entre les mains de fidèles et des compagnons de route de la gauche.
Cette concentration du pouvoir, alliée à l’usage inflationniste du 49.3 et à deux gouvernements censurés, a creusé un fossé inédit entre le pouvoir et les Français. Le pays cumule désormais déficit économique, déficit démocratique, instabilité politique et perte de confiance : près de 80% des Français affirment que « la démocratie ne fonctionne plus ».
Un pays déclassé
Emmanuel Macron restera le président de l’illusion réformatrice. Son règne aura marié la rhétorique du progrès et les résultats d’un déclin. La France qu’il laissera en 2027 est plus endettée, plus fracturée, moins instruite, moins confiante dans son avenir que sous François Hollande. Une forme d’exploit dans l’échec. Le prochain président — qui espérons-le sera libéral et rationnel —aura du pain sur la planche pour enrayer l’effondrement général du pays, et la radicalité politique qui fracture la société. Il devra redonner la parole aux Français, par la voie du référendum, sur tous les grands sujets évoqués plus haut, sur lesquels ils n’ont jamais été consultés. Ainsi seulement pourra-t-on sortir le pays du fossé, et calmer la fièvre insurrectionnelle qui monte dans les rangs de la majorité silencieuse.
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